Rencontre imprévue

Avant de raconter ce que je viens de vivre, je me dois déjà de rassurer les ami(e)s et personnes de ma famille. Je vais mieux depuis que j’ai parlé à mon frère et à ma sœur qui m’ont rassuré par rapport aux méchancetés de mon autre sœur, nous avons parlé à cœur ouvert, ils savent ce que je traverse avec notre mère, ont confiance dans mes capacités à gérer la situation et me soutiennent faute de pouvoir faire plus car eux aussi ont leurs soucis.

Il n’en reste pas moins que je vais faire très attention à mon argent en arrêtant d’acheter. Concrètement si j’ai besoin de quelque chose et bien je devrais vendre d’autres objets pour faire d’autres acquisitions. C’est pour cela que j’ai passé ces deux derniers jours à faire des photos et des annonces de vente afin de financer l’achat de ma Beat buddy dont j’ai parlé dans cet article.

La bonne nouvelle c’est que j’ai réussi, je vais donc commander cet instrument de musique demain matin. Bon j’ai vendu à perte mais ce n’est pas grave du tout, c’est du matériel que je ne sers pas et des films que je peux remplacer par d’autres qui sont dans mon congélateur. Oui les films ça se congèle pour les faire durer car le support de l’émulsion, la gélatine est de nature organique. Avec un peu de chance je vais donc pouvoir m’amuser à faire de la musique avec les enfants dès la semaine prochaine. 😀

Mais bon ce n’était pas la seule bonne chose de la journée. Sur ce blog je vous ai parlé de l’home qui avait mangé un clown. C’est un artiste humoriste qui habite dans un village que je traverse pour aller au travail et qui a recouvert sa maison de panneaux et installations mettant en avant des blagues ou des jeux de mots parfois un peu lourds mais bon moi ça me fait rigoler et je regarde toujours.

Et bien aujourd’hui figurez-vous que ce brave homme est passé dans le journal, du coup vu que c’est les vacances et que la lumière était très bonne, je me suis dit que c’était le moment idéal pour prendre mon fidèle fuji 6×9 afin de photographier les derniers délires de l’artiste.

Et voici par exemple ce qu’il a installé sur le trottoir devant sa maison :

Oui c’est un radar fantoche qui ne flashe que les blondes c’est à dire selon un humour maladroit, les personnes assez stupides pour croire qu’il s’agit d’un vrai radar. Son gag lui a valut un article dans le canard local hier (lien ici).

J’étais donc là sur le trottoir en train de m’approcher pour faire ma photo lorsque j’ai vu une femme sortir de la maison de l’artiste. Vu que je suis quelqu’un de sociable et de poli je me suis donc adressé à cette personne pour lui demander si elle m’autorisait à photographier cette installation (le radar à blonde). Cette dame très sympathique était étonnée car apparemment les gens viennent faire des photos sans rien demander, je lui répond que c’est tout de même normal en mode « Je suis un gentil garçon bien élevé ».

C’est alors que l’artiste sort de sa maison, un homme qui approche la soixantaine avec une belle moustache. Je lui adresse tout de suite la parole pour lui expliquer que je fais des photos car j’aime bien ses délires. Et c’est là que tout a dérapé puisque je suis resté chez lui pendant près de deux heures. 😆

Son garage, sa cour derrière sa maison, les pièces au dessus de son garage sont entièrement remplis d’objets et de panneaux humoristiques de sa fabrication. La grande majorité reposent sur des jeux de mots niveau CP mais franchement j’ai bien rigolé notamment avec un panneau Djamel deux bouses qui se présente comme une pancarte avec deux étrons factices mais bien dégoutants collés dessus (tiens je fais le lien avec le sujet de hier). Plus complexe un cœur en bois sur lequel sont vissés des vis placo formant la lettre « L ». A vous de deviner le message. 😉

J’étais vraiment heureux de découvrir tout ça et de rigoler comme un gamin de CP à toutes ses blagues et de lui raconter les souvenirs que j’avais de ses anciens gags, lui aussi était content de voir que j’avais fait attention à son travail. Il m’a même payé une bière à moi ainsi qu’un un type du village qui voyant que j’avais sympathisé avec le bonhomme a fait de même. arrivé à ce stade de mon récit, je me rends compte avec une immense honte que je ne lui ai même pas demandé son prénom et que je ne me suis pas présenté non plus… Tu parles d’un gentil garçon bien élevé ! 😆 Disert mais pas si bien élevé du coup !

Cet homme lutte depuis des années pour avoir l’autorisation d’ouvrir un genre de musée du rire pour exposer ses gags mais le maire refuse sans doute parce qu’il a peur de la réaction des bien pensants de la cancel culture… Mais qu’importe je compte bien le soutenir et aller le revoir ne serait-ce que pour lui donner une impression de la photo que j’ai faite de lui avec mon Fuji 6×9 sur de la Portra 160. Ce sera peut-être la photo de dimanche…

Voilà c’était le récit d’une journée un peu folle… C’est vrai qu’en plus de tout ça je me suis inscrit sur un site de passionnés de véhicules militaires pour aider un copain qui retape une MUTT en écrivant une lettre de motivation dans mon plus bel américain. Non, franchement je me suis tant amusé aujourd’hui comparé à ma déprime de la semaine dernière que je vais finir par croire que je suis maniaco-dépressif ! 🙄

Un lundi de merde ^_^

Quand je regarde les stats de mon blog, je vois que c’est le lundi qu’il y a le moins de passage. C’est dommage car ce sont les articles des lundis insolites qui me demandent le plus de travail de recherche mais bon passons…

Notre époque est juste très bizarre, tout peut se vendre ou presque y compris les excréments humains. Alors non je ne vais pas parler des donneurs de selles sélectionnés qui gagnent jusqu’à 1000 euros par mois en vendant leurs excréments dans le cadre de greffe de flore intestinale qui ont pour but de guérir certaines maladies comme les colites en rééquilibrant le microbiote des patients.

Non, cette semaine nous allons en Corée du sud sur le campus de l’université de sciences d’Ulsan où le professeur Cho Jae-Weon a inventé un dispositif pour créer à la fois de l’énergie et de la richesse pour tous.

Son invention ce sont des toilettes high tech comme il y en a tant en Corée et au Japon (au fait au passage sachez qu’en Corée on n’a pas le droit de mettre le papier toilette sale dans la cuvette car ça risque de bloquer l’évacuation car en Corée les chasses sont peu puissantes, du coup il y a des poubelles spéciales pour ça dans les toilettes coréennes) Bon bref, ces toilettes nommées BeeVi, récoltent les matières fécales, les stockent dans un réservoir qui par fermentation va produire un dégagement de méthane. Une fois obtenu, ce gaz est utilisé comme bioénergie et biocarburant.

Après avoir déposé ses amis à la piscine :mrgreen: , et que ces toilettes aient pesé les excréments, un QR Code s’affiche. La personne le photographie et une application sur son smartphone le convertit en Ggol, une monnaie virtuelle crée pour l’occasion. Il s’agit de petites sommes mais il y a assez pour s’acheter un sandwich ou une boisson dans une vingtaine de magasins qui sont situés sur le campus et qui acceptent ce moyen de paiement. Je me demande si un étudiant en payant avec ses fèces (non pas de jeu de mot, la prostitution étudiante ce n’est pas drôle) pourrait manger gratuitement ainsi… peut être pas, mais il n’empêche qu’en ce moment, 1000 personnes sur le campus utilisent ce système. 😯

C’est le moment de ma phrase de conclusion… Je ne vais pas faire dans l’originalité, en plus d’autres ont fait cette blague avant moi, mais voilà j’y vais… Oui, il va falloir revoir le proverbe qui dit que l’argent n’a pas d’odeur… 😈

Dada d’Août

Comme chaque année il y avait ce mercredi le rassemblement des éleveurs de chevaux comtois, comme chaque année j’y suis allé en retard sans rien avoir préparé et comme chaque année j’ai du faire des photos à l’ombre des arbres.

Je reste constant dans la médiocrité.

Et à vrai dire ce n’est pas grave, car je m’amuse bien. Je vous ai même fait la version XXXL, cliquez sur la photo pour la voir en 2400px de large. 😎

Fujica GSW 690 65mm, HP5 sortie à l’Ilfotec HC ce matin avec ma Jobo.

かぞく

C’était mercredi, la fête du cheval. J’ai photographié une famille d’éleveurs qui étaient tous rassemblés pour faire juger leur travail. Toute la famille était là de la gamine surexcitée à la grande sœur qui semblait s’ennuyer en passant par les beaufs un peu à l’écart mais bien là quand même. C’est ça une famille…

Archive sociétale de bord de mer

Archive du mercredi 13 aout 2008

Cher Francis,        

Dans le but de relier la plage au village afin que les commerçants hors sable puissent eux aussi profiter de la manne touristique, la municipalité a mis en place une navette. Ce mini-bus d’une quinzaine de places assises fait une boucle de la gare à la plage en passant par le centre commercial et le village. Le ticket ne coûte que 50 centimes, le tarif n’a pas changé même avec l’explosion des coûts du pétrole, c’est un peu normal vu qu’il n’est pas fait pour être rentable de suite. Ce transport qui est bien pratique pour ma mère ainsi que pour moi aussi lors de mes jours de fainéantise, remplit aussi d’autres fonctions.

Les personnes âgées de plus de 70 ans ou handicapées ainsi que les enfants ne paient pas pour monter dans le minibus.

C’est ainsi que je me suis rendu compte en l’empruntant de nombreuses fois et en discutant avec les chauffeurs, que ce moyen de transport était devenu une navette.

Quand je parle de navette, cela ne se limite pas au fait que ce minibus fasse un trajet reliant les deux points opposés de la municipalité de Port la Nouvelle mais je vais plus loin en faisant le lien avec la navette, l’outil des tisserands qui en se glissant entre les fils du métier fabrique le tissu.

En effet, ce minibus est un vrai lieu de vie où l’on discute, où les habitués se connaissent et connaissent les chauffeurs qu’ils appellent par leurs prénoms. Les chauffeurs m’ont d’ailleurs parlé de personnes âgées esseulées qui profitant de la gratuité de la navette faisait des tours juste pour parler au chauffeurs et aux passagers. Les chauffeurs de bus devenaient donc des travailleurs sociaux sans le savoir, mais bien loin de réclamer double salaire, ces personnes semblent heureuses et fiers de faire le bonheur de leurs aînés. 

Pas de risques qu’ils deviennent travailleurs sociaux donc…

Et roule la navette de Port la Nouvelle créant à chaque tour un nouveau fil dans le tissu social qui ici semble mieux entretenu que dans ma région. Mais ce n’est là que l’avis d’un touriste, certes habitué des lieux mais touriste tout de même. La vérité n’est peu être pas si Idyllique. 

Peu importe, pour moi chaque voyage dans cette navette est une aventure croustillante pleine de surprises et d’imprévus, j’en souhaiterai presque être moi aussi une personne âgée pour y passer mes journées.

Pour l’article d’aujourd’hui j’avais le choix entre une chronique de la haine et de la stupidité survenue un autre 13 aout je me suis fait harceler par des abrutis car je promenais mon chat en laisse) et cet article un peu trop idéaliste à mon goût. Mais voilà j’ai envie de positiver alors j’ai balancé ce dernier. 😆

13 ans plus tard (décidément le chiffre 13 est très présent aujourd’hui) je sais que cette belle solidarité méridionale est dirons-nous plutôt limitée géographiquement et socialement et qu’il est impossible pour un vacancier de se créer des liens d’amitié avec les résidents de ces villes de bord de mer pour qui nous ne sommes que des envahisseurs, ce qui n’est d’ailleurs pas totalement faux. Passer ses vacances en bord de mer c’est comme décider d’aller habiter au Japon, malgré tous les efforts possibles nous restons toujours un étranger. 🙄

Écrire ces chroniques sur feu mes vacances est une vraie torture car même si je tente de toujours me consoler en mettant en avant les cotés négatifs des vacances en bord de mer, la mer et quelques autres choses continuent de me manquer cruellement… 😥

Un « must have »

Aujourd’hui je vous présente (enfin si vous ne le connaissez pas encore) un petit programme qui nous veut du bien. Il s’agit de F.lux un logiciel minuscule gratuit et sans saletés qui fait varier l’éclairage de votre écran selon le moment de la journée pour épargner vos mirettes. Il comprend aussi des fonctions de réglage des couleurs peut-être pas du niveau d’une calibration mais bon je n’ai pas encore le temps de tester. Il fait faire quelques réglages au niveau de l’installation et je ne pense pas qu’une version française soit prévue mais bon si ça vous intéresse, le lien est au dessus.

With a little help from my friends…

333ème jour de publication ininterrompue sur ce blog. Hier sous le poids de mes soucis et en proie à un sentiment d’isolement, je m’étais mis à chialer sur le muret dans mon jardin, je n’allais vraiment pas très bien alors j’ai appelé un copain qui est aussi un collègue et j’ai passé la journée avec lui.

Ça m’a fait un bien immense.

J’ai aussi pris mes problèmes à bras le corps en trainant ma mère chez le medecin pour avoir un traitement pour ses douleurs au dos si handicapantes et pour lui demander conseil sur la nutrition et le reste.

Bref, une très bonne Saint Laurent (oui c’était ma fête mais bon tout le monde s’en fout moi le premier) une journée apaisante et bien productive.

Merci à Sylvain (photo ci dessous) et à ma nouvelle doctoresse qui bien que jeune a des vraies valeurs et semble très compétente.

Le rocher raciste

Hélas ce n’est pas une faute ni un délire de ma part, aujourd’hui je vais bel et bien vous parler du sort d’un rocher raciste. Car oui aux états-unis même un rocher peut être raciste.

Tout a commencé sur le campus de Madison dans le Wisconsin, en octobre 1925, un rocher de plus de deux milliards d’années et de 42 tonnes est excavé puis déplacé sur la colline de l’observatoire. Jusque là rien de bien alarmant sauf que l’article de la presse locale nomme ce rocher du même nom que ces friandises guimauve chocolat que nous avons depuis rebaptisé (et c’est une bonne chose) tête de choc’. le plus déroutant reste encore que ce rocher est d’un gris assez clair (cf photo ci-dessous), mais bon, passons…

Ce rocher se trouve donc installé sous les fenêtres des étudiants et une plaque commémorative en l’honneur de Chamberlin, le grand géologue qui a été recteur de cette université, y est apposé.

Par la suite, je ne sais pas comment ni pourquoi cent ans plus tard ce rocher a continué d’attiser la colère des personnes souffrant de discrimination, aucune source ne me permet de comprendre comment un sobriquet donné par le canard local a permis à ce rocher de rester un monument du racisme pendant presque cent ans.

Mais voici qu’en janvier alors que les U.S.A sont toujours en pleine émoi suite à la mort de George Floyd étouffé lors d’une intervention de la police le 25 mai 2020, des étudiants parviennent enfin à convaincre Rebecca Blank rectrice de l’université de déplacer le rocher du campus. Finalement après pas mal de démarches et d’autorisations, l’opération d’un coût de 50 000 dollars et fiancée par des fonds privés a été menée vendredi dernier le 6 août 2021.

La plaque dédiée à Chamberlin sera refaite et trouvera une autre place sur le campus, le rocher quant à lui a été déposé sur un autre terrain appartenant aussi au campus mais en bordure du lac Kegonsa.

Lorsque j’ai entendu parler de cette information et que j’ai cherché plus d’informations pour comprendre cette démarche, j’avais trouvé de prime abord cette hsitoire d’un ridicule bien américain. mais en lisant plusieurs articles et certaines réactions de soulagement de plusieurs personnes j’ai fini par comprendre que ce rocher était devenu un symbole pesant du racisme états-unien. Dès lors je comprends pourquoi la destruction de ce symbole a été quelque chose de très positif pour pas mal de personnes.

Mais dans un second temps je me mets à penser un peu plus loin. Je suis toujours un peu critique sur la censure des abus. Que cela soit le déboulonnage des statues de Staline ou la censure des gags racistes dans les Tex Avery, détruire ces manifestation a pour effet pervers d’effacer les preuves de ces comportements et ainsi par l’oubli, de réhabiliter à postériori les responsables. On peut même aller plus loin avec la fameuse citation de Georges Santayana : « Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. » Personne ne deviendra raciste en regardant un vieux dessin animé de Tex Avery ou pro dictature en contemplant une statue de Staline, mais par contre pour quelqu’un qui n’a pas encore de position sur ces sujets et qui se construit en se forgeant des opinions, l’existence des traces honteuses du passé menant à la connaissance de leur contexte ne peut que l’aider à adhérer à des valeurs humanistes.

Si j’avais été un étudiant de ce campus, j’aurai sans doute appuyé le mouvement de protestation de ces étudiants mais je leur aurai proposé une alternative. J’aurai enlevé la plaque de Chamberlin pour la remplacer par un écriteau rappelant le surnom donné à ce rocher avec une phrase du type « Cela ne doit plus jamais se produire » histoire de transformer ce symbole négatif en symbole positif. Du coup avec le reste de l’argent et bien j’aurai fait un don à une association de lutte pour l’égalité des droits.

Mais voilà, je ne suis pas étudiant en géologie dans le Wisconsin et je ne pense pas non plus avoir entièrement raison alors lâchez vos com comme disent les jeunes !

Lydia

Sinar P 13×18, HP5 13×18, Commercial Ektar 12″ F11

Je ne suis pas d’humeur à aller au labo et encore moins à faire de nouvelles prises de vue alors du coup j’ai re-scanné un de mes anciens portraits. J’aime l’expression de cette ado qui était en 5ème quand je l’ai photographiée avec ses camarades pour un cadeau de la fête des mères. J’y vois de la colère et aussi de la peur, peu de grandir sans doute. Et avec le recul je me dis que oui elle avait bien raison.