Le pitre de service

Cette semaine je déterre ce que j’ai écrit le 8 février 2008, il y a 11 ans donc…

Encore de l’introspection, flûte ! 😆

Vendredi 8 février 2008

Cher Francis,

       Je suis un éducateur spécialisé. Ce matin notre chef de service a demandé à rencontrer les éducateurs spécialisés par rapport à une situation difficile. Nous sommes en quelque sorte les oies blanches de la basse cour, ceux qui de par leur formation, font autorité.(En théorie)

Avec mes deux collègues du même niveau hiérarchique, nous sommes appelés vers plus en plus de responsabilités. C’est l’un de nous trois qui par exemple doit s’occuper d’une petite fille qui arrive dans quelques semaines car son cas est très lourd.  

Alors voilà, je suis dans la cour des grands. Je dois donc devenir plus sérieux, plus organisé, plus méthodique et surtout plus crédible en arrêtant mes idioties sur mon lieu de travail.

Mais ce soir, avant de partir, j’ai accroché une peluche de Babar sur le mur en lui mettant un masque de grenouille et j’ai trouvé ça hilarant. Les enfants apprécieront sans doute aussi…

Je ne changerai donc pas si facilement que ça ! Voilà qui me rassure…

190208

Je me trompais car onze ans plus tard, et bien oui j’ai changé. Je ne fais plus de blagues car je suis devenu moi même un sujet de blagues. Ma directrice m’a envoyé le mot « vieux garçon » pendant une réunion à trois reprises en riant très fort.

Je n’ai plus droit au respect, je suis juste un vieux dinosaure qui a oublié de monter en grade, d’évoluer du reptile à l’oiseau pour devenir un rapace.

Mais je m’en fous, je continue à avoir le même plaisir à travailler avec les enfants et je pense faire du bon boulot même si on ne le dira jamais à un « vieux ». J’ai été le premier à bosser avec les instits, j’ai été le seul à monter des projets d’exposition publiques pour valoriser le travail des enfants, je n’ai jamais compté mes heures, mais voilà les mecs plus jeunes avec leur grandes gueules et leur mentalité de ne pas donner une minute de leur temps libre pour leur travail, ont la cote alors que moi je suis devenu « has been ».

A force de me demander pourquoi,  j’ai commencé à soupçonner que c’est mon physique et mon statut qui pose problème. Je suis un anormal chez ces pères et mères de famille amincis par une consommation exagéré de tabac. Alors que faire ? perdre trente kilos ? Me trouver une femme qui va me rendre malheureux et lui faire des enfants qui souffriront dans ce monde à venir très sombre ?

Très peu pour moi, je resterai un « vieux gars » car c’est mon choix assumé et parce que que je le sais bien, au travail comme dans le reste de ma  vie, je n’ai pas le droit au bonheur.

Oups…

bed

Décidément les jeudis c’est compliqué de tenir ce blog surtout quand je passe au pub pour découvrir les nouveaux brassins du copain. Du coup pour ce soir et bien c’est encore une fois Joker. De toute façon les animes ça n’attire pas grand monde, en même temps c’est normal, j’ai des gouts atypiques. 😆

Sombre tube…

Parfois en se promenant sur les sites hébergeant des vidéos comme You Tube ou autres, on peut parfois tomber sur des œuvres dérangeantes voire malsaines. La chaine ouverte sur You Tube par David Firth, un anglais de 36 ans, est un bel exemple de ce type de contenu.

Cet animateur, écrivain, musicien et vidéaste ne cesse de mettre en ligne des histoires sombres mettant en scène d’inquiétantes créatures. Une de ses création la plus aboutie reste la saga de « Salad fingers » qui vient de s’enrichir d’un onzième épisode.

Je vous laisse la découvrir et si vous accrochez comme moi à ce genre de création, n’hésitez pas à visiter le reste de sa chaine.

Mes doléances

190205

Alors que dans les mairies, les cahiers de doléances se multiplient afin de tenter de faire taire la révolte avec une promesse d’écoute des revendications, je me suis moi-même exercé à écrire mes propres revendications.

Et si je devais l’écrire dans le cahier de la mairie ça ressemblerait un peu à ça :

– A quoi bon augmenter le pouvoir d’achat si c’est pour acheter toujours plus de choses inutiles mais rendues indispensables par la publicité? Oui je parle de ces gadgets qui ne font que gaspiller les ressources, polluer notre planète et enrichir une minorité.

– A quoi bon partir en retraite à l’age actuel ou avoir plus de temps et d’argent pour nos loisirs et vacances si les saletés présentes dans notre air, dans notre eau vont, dans le meilleur des cas, nous rendre malades et détruire notre autonomie et ainsi nos facultés de profiter de nos vieux jours ou de notre temps libre ?

– A quoi bon défendre l’avenir professionnel de nos enfants puisque nos choix actuels de société les condamnent à vivre dans un monde  bientôt mort où seuls quelques privilégiés pourront avoir accès à un environnement protégé et à de la nourriture saine ?

Alors oui, au risque d’énerver pas mal de monde je soutiens que la vraie urgence n’est pas de donner quelques miettes au bon peuple pour le calmer et l’empêcher de casser ou de virer vers le populisme.

Non, la vraie urgence c’est une vraie politique écologique. Une remise à plat des décisions et des manières de faire pour que l’on commence enfin à gérer notre pays, voire notre planète, sur le long terme en pensant aux générations futures et non sur le court terme en pensant aux actionnaires.

C’est mon avis et je le partage comme dirai l’autre !

Mais bon, c’était tout de même sympa de toucher 100 euros de plus ce mois-ci au titre de la prime d’activité. Avec ce bonus inattendu je me paierai un peu plus d’alcool pour tenter d’oublier que je suis sur un caillou peuplé de beaucoup trop de fous adeptes de l’auto-destruction. 😡

Et la marmotte…

190204

Une fois de plus ce lundi insolite nous ramène en Amérique du  nord. Parmi les tradition étranges partagées par certains pays de ce morceau de continent, se trouve celle du jour de la marmotte. Vous avez sans doute vu le film « un jour sans fin » dont le titre original est « The groundhog day » c’est à dire le jour de la marmotte.

Selon la tradition, si une marmotte en sortant de son terrier, aperçoit son ombre et s’empresse d’y retourner, cela signifie qu’il va y avoir encore six semaines de froid et donc un printemps tardif. A l’opposé, si la bestiole ne voit pas son ombre et ne retourne pas tout de suite dans son trou, le printemps est proche.

C’est ainsi que ce weekend au Canada, plusieurs parcs animaliers ont organisé leur jour de la marmotte, mais cette année ces évènements ont tourné au drame car oh horreur oh damnation, les deux marmottes les plus célèbres du pays ont fait des prédictions opposées !

Ce fait d’hiver ou fait divers nous rappelle que non les animaux n’ont pas vraiment de talents de météorologues mis à part quelques exceptions expliquées par la science comme par exemple pour les hirondelles qui font du rase-motte avant un orage.

Dans les faits, selon David Phillips, le climatologue auteur du livre  « The Day Niagara Falls Ran Dry » les marmottes n’ont raison que dans 37% des cas. Ce qui est tout à fait normal vu que contrairement à nos hirondelles, cette tradition n’a aucun fondement scientifique et sert uniquement à distraire les population entre Noël et Pâques. Tiens…On devrait peut-être leur exporter notre chandeleur… 😆

Le phare, encore… Mais cette fois en diapo 13×18

Lorsque l’on commence l’argentique, chaque petite étape que l’on franchit est un événement riche en émotions. Développer son premier film en noir et blanc, développer son premier film 120, son premier film couleur puis ses premiers plans films…

Hélas plus on en fait, plus cela perd de sa magie, le travail au labo finit même parfois par devenir mécanique, redondant, voire ennuyeux.

Par contre développer un film diapo ça c’est autre chose. Lorsque l’on sort son film ou plan film du dernier bain et qu’on le contemple à la lumière, l’image apparait tout de suite visible à nos yeux sans avoir besoin de passer par un agrandisseur ou un scanner et un écran d’ordinateur. Ma photo est là comme le jour de la prise de vue avec ses couleurs chatoyantes et sa belle lumière qui semble illuminer la pièce. La diapo c’est comme une parcelle du passé arraché à notre souvenir pour être fixée sur film.

Alors ça oui, on ne peut pas s’en lasser surtout quand on peut le faire dans des formats de 13×18 cm.

Les mauvaises nouvelles du coté de Tetenal me font craindre le pire, mais qu’importe. Si il faut stocker de la chimie j’en stockerai.

Ceci dit, cette semaine je présente une fois de plus une photo du phare de Port la Nouvelle que je ne reverrai peut-être plus jamais vu que je n’irai plus en vacances pour des raisons pratiques et une perte d’intérêt croissante.

J’ai pris cette photo sur la jetée avec ma Sinar Norma 13×18. Beaucoup de gens m’ont photographié en plein travail avec leurs portables et quelques un ont osé s’approcher pour discuter, j’ai fait le prof… Mais bon qu’importe, je n’étais pas là pour eux…

P190203

Sinar Norma 13×18, Super Angulon MC 120mm à F22, Plan film Astia 13×18 développé et scanné maison.

Et pour voir cette photo en version XXL et bien il suffit de cliquer ici.

Tuto Chandeleur

Il est tard, trop tard pour monter et envoyer la vidéo « tuto crêpe » que je viens de faire, du coup en attendant sa diffusion demain, je vous raconte les origines oubliées de la Chandeleur.

La Chandeleur est fêtée chaque année le 2 février soit 40 jours après noël.

A l’origine de cette fête se trouvent des rites païens romains et celtes liés aux récoltes. Les paysans des premiers siècles organisaient des processions à travers les champs en portant des flambeaux pour demander à la déesse qu’elle purifie la terre.

Au cinquième siècle l’Église pour affermir son autorité va lutter contre ces anciennes coutumes et va les éradiquer en les remplaçant par des fêtes religieuses. Les célébrations païennes autour du solstice d’hiver sont remplacés par la fête de Noël (et c’est la seule raison pour laquelle Noël est célébré le 25 décembre vu que personne ne connait la date de naissance de Jésus). Les rite païens autour des récoltes sont eux remplacés par le pape Gélase 1er  qui va associer au 2 février la présentation de Jésus au temple et la purification de la vierge Marie (rite juif auquel doit se soumettre une femme 33 jours après son accouchement pour retrouver la pureté, 66 jours si elle a accouché d’une fille).

C’est ainsi que l’on remplace les torches dans les champs par des chandelles bénies dans les églises dont la lueur éloigne le mal et rappelle que le Christ est la lumière du monde. Les chrétiens rapportaient ensuite les cierges chez eux afin de protéger leurs foyers. Ces célébrations faites aux bougies et chandelles expliquent ainsi l’origine du mot « Chandeleur ».

Alors vous allez me dire : Et les crêpes dans tout ça ? Ne vous inquiétez pas, on y arrive.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, la confection des crêpes remonte à très loin. Au temps jadis, les chrétiens après avoir utilisé le blé pour les semailles d’hiver, prenaient le restant des grains pour le moudre, en faire de la farine et confectionner des crêpes, symboles de prospérité pour l’année à venir. On raconte également que le pape Gélase 1er avait instauré la coutume selon laquelle les pèlerins arrivant à Rome le 2 février devaient se faire offrir des crêpes.

Sur un plan plus symbolique, les crêpes par leur forme ronde et dorée, rappellent le disque solaire et évoquent le retour du printemps après l’hiver sombre et froid.

Il existe encore de nos jours toute une symbolique liée à la confection des crêpes. Il est ainsi recommandé de faire sauter les crêpes de la main droite en tenant une pièce dans la main gauche afin de connaître la prospérité pendant toute l’année. On dit aussi que la première crêpe confectionnée doit être envoyée sur une armoire et qu’ainsi les prochaines récoltes seront abondantes.

Les crêpes sont pour moi un sujet sur lequel j’aime étendre non seulement de la confiture mais aussi des hypothèses. Ces disques de pâte cuite existent dans tous les pays, à toutes les époques.

Le tour du monde de la crêpe serait un bon sujet pour un article, mais je dois à présent aller à table terminer celles que je viens de faire. 😀

 

 

Vile ville…

Cette semaine je déterre ce que j’avais écrit il y a de cela 11 ans et tiens, c’était aussi un vendredi… Il s’agit d’un texte bizarre bourré de métaphores maladroites mais qu’importe, même après toutes ces années j’assume tout ! 😆

Vendredi 1er février 2008

190201

Cher Francis,

       Ce matin au volant de ma voiture je suis passé comme chaque jour dans le petit village qui sur mon parcours vers mon lieu de travail fait frontière entre le monde rural et le monstre urbain. Cette commune est perchée en haut d’une route très pentue qui à elle seule explique que nous disons « je descends en ville » chaque fois que nous prenons cette direction.

Il était 7h30, les premières lueurs de l’aube naissante exhumaient des entrailles du ciel éteint une masse sombre et inquiétante ; la ville. Tel un animal feignant la mort, elle gisait sur la vallée en contrebas des Vosges.

Ses lueurs électriques lui donnaient  des allures de feu de camp mal éteint. Comme un vilain tas de cendres abandonné à la hâte par des campeurs négligents, la ville menaçante semblait n’attendre qu’un souffle pour laisser ses braises redonner vie à des flammes dévastatrices.

Je déteste la ville, son air putréfié m’empoisonne chaque jour un peu plus et je crains qu’un jour je ne finisse par pâtir des prémices de son auto-annihilation. J’aimerai tant devenir richissime pour ne plus y aller et rester sur ma verte montagne sylvestre.

Mais je dois hélas continuer à m’y rendre 5 jours par semaine en me préparant mentalement à l’affronter. Aucun vent de révolte ne soufflera jamais assez fort sur mes braises métaphoriques pour la détruire ou l’embellir. Le fort vent d’hiver qui hurle en ce moment n’amènera même pas assez de neige pour la cacher l’espace de quelques jours sous un voile de pureté blanche…

Tel le fumier, la ville est une pourriture puante en décomposition qui reste cependant nécessaire afin de cultiver le jardin de nos ambitions professionnelles. C’est pour cela que pour toute la durée des longues années d’épandage qu’il me reste encore à vivre, je continuerai à utiliser une pelle avec un très long manche et que je refermerai soigneusement le sac chaque soir avant de le ranger le temps d’une nuit réparatrice dans le grenier de mon oubli.