Emotional week #1: La boude

Canonet QL17 GIII HP5

Ce dimanche, histoire de fêter le printemps et tout le reste, je lance une semaine émotion. je démarre donc cette thématique avec cette photo faite il y a bien longtemps dans un établissement accueillant des enfants en situation de handicap mental. L’enfant que l’on voit de dos avait été puni pour une bêtise causée par sa maladresse et s’était recroquevillé dans cette cage d’escalier. La scène était intense, on voit sa souffrance tandis que la rampe d’escalier enferme le sujet. bref une photo importante qui à l’époque avait eu un certain succès somme toute bien relatif. Ah, et ce garçon va bien même si ces dernières années il a perdu tour à tour son père et sa mère. Il a commencé de travailler et semble être en bonne voie pour trouver sa place et fonder une famille.

Archive asiatique

Archive du Lundi 19 mars 2007

Cher Francis,

       En premier lieu ce soir, je voudrais te signaler que l’actualité d’aujourd’hui vient donner une résonance particulière à mon très long message d’hier. En effet je viens d’apprendre qu’un grand film documentaire révisionniste sur le massacre de Nanjing est en cours de tournage au Japon. Le film japonais, dont le titre provisoire est « La Vérité sur Nankin », sera dirigé par Satoru Mizushima, le président d’une chaîne de télévision satellite privée d’obédience nationaliste.

        Selon M. Mizushima, au moins sept films consacrés à Nankin doivent sortir sur les écrans mondiaux pour le 70e anniversaire de la chute de la cité chinoise, l’un d’eux sera présenté au Festival du film indépendant de Sundance (États-Unis). « Si nous gardons le silence, la propagande anti-japonaise va se répandre dans le monde », s’est inquiété le réalisateur, en présence de ses partisans. « Il est important est de corriger les erreurs historiques et de transmettre les bons messages », a-t-il ajouté, lançant un appel aux dons publics pour l’aider à mener à bien son projet d’ici la fin de l’année.

Des nouvelles comme ça, ça donne vraiment envie de vomir… Ce film ne suscitera sans doute aucune réaction au Japon vu que l’opinion publique n’a pas réagi lors de l’annonce du projet. 

Mais je garde espoir qu’il existe encore des japonais qui refusent cette politique révisionniste, en fait j’en connais deux plus ou moins indirectement qui m’ont affirmé qu’ils étaient eux aussi dégoûtés par ces manipulations de l’histoire.

En second lieu je voudrais te raconter qu’aujourd’hui j’ai mangé dans un endroit étrange, un boui-boui tenu par des vietnamiens où le prix des plats est si bas que l’on peut se faire un vrai festin pour moins de 10 euros. En ce qui me concerne j’ai opté pour le menu suivant: Grosse assiette de riz cantonnais, pâtes à la vietnamienne et enfin escalope de dinde à la crème avec des frites. Le tout bien sûr arrosé d’une Tsing Tao en bouteille de verre…   J’ai tout bâfré en moins de 20 minutes et là j’ai de nouveau faim…

J’aime cet endroit étrange, cette petite friterie à la forme d’un couloir étroit dans lequel se réunissent chaque jour habitués et étudiants fauchés. Les uns jouent au Rapido ou à des jeux de grattage tandis que les autres avalent des sandwichs aux compositions improbables. Lorsque le grand fils fait une pause dans son service il regarde en riant des séries américaines pseudos humoristiques ou alors des vieux animes du club Dorothée rediffusés jusqu’à la nausée…

Partout sur les étagères se trouvent des objets censés porter bonheur aux affaires, on y trouve notamment l’inévitable chat doré sino-nippon qui lève la patte pour faire venir l’argent, j’ai bien sûr nommé le fameux Maneki Neko.

Maneki Neko

Je reconnais aussi Ganesh, Bouddha et, coincée entre un autre bouddha jovial et un dragon, une vierge en plastique de Lourdes…

C’est vraiment trop drôle comme cadre, j’aimerai prendre une photo mais cela serai mal interprété par les restaurateurs. Les gérants sont sympas, la femme du propriétaire a téléphoné pendant plus de 30 minutes à Hanoï, seul mot que j’ai compris dans cette langue qui ne ressemble vraiment à rien de ce que je connais, c’était sympa ça mettait de l’ambiance. En fermant les yeux je me serai cru moi aussi à Hanoï… Si il n’y avait pas cette stupide TV… Enfin bref, la nourriture est très bonne surtout les pâtes à la vietnamienne, une fois de plus c’est vraiment pas cher… Il ne manquerai qu’une chose pour que ce soit parfait: des amis à ma table.

Bon, pour atténuer ma frustration demain je vais manger pour 30 euros au restaurant japonais… Tenu par des coréens…

Enfin signaler que la neige est revenue aujourd’hui, je regarde par la fenêtre et je vois 5 cm dans la pelouse et rien sur la route. De plus les chutes doivent cesser jeudi au plus tard donc rien de bien méchant.

Voilà le compte rendu somme toute bien banal d’une journée qui l’est tout autant…

14 ans plus tard, je ne sais plus trop où j’en suis avec ces histoires de révisionnisme japonais, j’avais réétudié la question après avoir vu le dernier Hayao Miyazaki (Le vent se lève) mais c’était prétentieux pour un occidental ne maitrisant pas l’histoire du conflit sino-nippon de vouloir se faire une opinion en consultant des sites Internet. J’ai donc laissé tomber en attendant d’avoir peut-être un jour des amis dans les deux pays pour en discuter. 🙄

La magie des anamorphoses

Une anamorphose est une déformation réversible d’une image à l’aide d’un système optique comme un cylindre en métal réfléchissant ou par un simple changement de perspective. Elle peut aussi se traduire par une illusion d’optique. En voici donc quelques beaux exemples. J’ai réalisé l’une de ces anamorphoses (le T-Rex en carton) avec les enfants de mon groupe, c’était juste bluffant ! Depuis je suis fan. 😎

L’effet synthèse

Ce soir je suis dévasté, au bout du rouleau et pour mes collègues c’est pareil. Alors non rien à voir avec le virus, enfin si dans un sens car c’est un petit virus de sept ans qui ne va pas bien du tout qui nous a épuisé. Il refuse la moindre demande des adultes, s’oppose comme un tout petit et fait de graves crises de colère avec distribution de coups et mise en danger de sa personne. C’est un enfant immature, instable et colérique, bref un enfant en grande difficulté.

Hier soir nous avons rencontré pour la seconde fois les parents pour leur expliquer comment nous travaillons avec l’enfant et pour les rassurer face à un progrès que nous avions constaté et aujourd’hui comme pour nous dire qu’il refusait ce constat, son comportement s’est violemment dégradé. C’est ce que nous appelons l’effet synthèse, après une réunion de synthèse, les enfants adoptent un comportement en totale contradiction avec ce qui a été dit à cette réunion. Pour ce jeune garçon ça a commencé dès le matin avec le refus de me laisser lui prendre la température avec le thermomètre sans contact (obligation posée par l’A.R.S), puis des violences contre ma personne avant de s’en prendre et là c’est grave à ses camarades. Arrivé dans ma salle d’activité après avoir traversé les couloirs en hurlant, il retourne les fauteuils et continue à hurler de plus belle.

A ce moment je me demande ce que je dois faire, je décide de tenter la douceur, plus exactement la main de fer dans un gant de velours. Je lui dit qu’il aura une grande punition de récréation mais que si il accepte de ranger la salle et de présenter ses excuses je suspendrai la sanction. Il hurle se jette sur le canapé du coin lecture puis commence à se calmer, je lui rappelle les options avec encore plus de douceur et là il se met à ranger et me demande pardon pour ses coups et le reste. La suite de l’activité se passe très bien mais en seconde partie de matinée il part en classe là où la demande et le cadre sont plus forts et du coup mes collègues ont droit à un feu d’artifice.

Crises à midi, crise l’après midi et au moment de prendre le taxi pour rentrer chez lui il refuse de monter dans le véhicule. Il part en courant, escalade la grille de l’école, enfin tente de le faire avant que je le rattrape pour éviter qu’il ne tombe de l’autre coté c’est à dire de deux mètres sur le macadam. Je l’emmène vers le véhicule et là sa colère monte encore , il refuse de monter une fois posé de force refuse de s’assoir, frappe les autres enfants rampe sur le plancher. Il ne reste plus qu’une chose à faire, appeler le père.

Celui-ci arrive et quand l’enfant voit son père il devient encore plus violent et hurle « Non!!! taper !!! » Cet enfant sait très bien parler, lorsqu’il va bien il raconte plein de choses avec un langage riche et structuré, mais là il ne reste plus que la colère et la peur car oui je me demande si en rentrant il ne va pas se prendre une bonne fessée…

Du coup ce soir je me sens pas très bien, et écrire cela me permet d’y voir plus clair. Je vais organiser une entrevue spéciale avec la psychologue pour tenter de comprendre ce qui s’est passé et si cet enfant a d’autres raisons que le handicap et l’immaturité pour manifester un tel comportement.

Et je vais aussi soigner mes bleus aux jambes, ce petit garçon censé être hypotonique a un bon coup de pied ! 🙄

Un coup de téléphone qui rapporte

La scène se passe vendredi dernier dans le Missouri. Rudy Mendez, un habitant de Foristell était arrivé dans la ville de fenton lorsque son téléphone se mit à sonner. Ne disposant pas de kit et afin de respecter la loi, ce brave Rudy décida de se garer sur le parking d’un petit commerce pour répondre en toute sécurité à cet appel. Tout en parlant avec son interlocuteur, il entra dans la supérette et sur un coup de tête s’acheta un billet à gratter. Le billet étant gagnant de quelques dollars il décida d’y retourner et de prendre un autre ticket le 200X, un jeu de grattage qui permet de toucher jusqu’à 10 millions de dollars.

C’est alors qu’en grattant Rudy découvre qu’il a gagné 200 dollars, ce qui est déjà pas mal, mais en fait son pouce cachait la vraie somme et en l’enlevant Rudy vu qu’il avait en fait gagné deux millions de dollars. C’est à ce moment qu’il raccrocha le téléphone pour faire scanner son billet par le commerçant pour être sûr d’avoir décroché le jackpot. Depuis sa femme et lui réfléchissent à la façon dont ils vont dépenser cet argent.

Voilà, encore une bien belle histoire dans la plus grande ploutocratie du monde. Pour moi ce fait divers réel n’en est pas moins une publicité pour les jeux d’argent, le buzz autour de ce coup de pot étant plus efficace que la plupart des spots TV et autres formes de publicités. Il n’en reste pas moins que ce coup de chance a été rendu possible par la volonté d’une personne de respecter la loi et les bonnes pratiques. Alors s’il s’agit d’une vraie récompense morale divine, j’imagine que s’il n’avait pas utilisé son téléphone dans le magasin il aurait touché les 10 millions ! 😆

Le Jean-Jacques

Rolleiflex T de 1945, HP5 120

Encore une archive des jours heureux sans virus et avec un monde associatif en pleine ébullition. Cette photo est aussi assez particulière vu que j’en ai vendu un tirage à mon modèle. C’était la première fois que je touchais quelque chose avec une de mes photos. Enfin vendue… Il me l’a payé (ce tirage) avec une bière. Mais une bière à la pression ! 😆

Nous n’irons plus au bois…

… Le banc est cassé !

Donc dur de s’assoir pour se reposer.

Photo faite avec mon Lumix FZ48 mardi pendant une sortie au bois avec les enfants de mon groupe, leur maitresse, ma collègue et une animatrice qui expliquait des tas de choses et racontait des histoires à des enfants qui ne voulaient qu’une chose : jouer avec des bâtons. 😆

Archive hospitalière

Le lundi 12 mars 2007, j’amenais un jeune à l’hôpital. le pire c’est que je ne me souviens même pas de cet épisode que j’ai retrouvé dans mes archives. Je découvre même médusé que j’avais conduit une Twingo ! Comme quoi, un blog et ses archives ça sert parfois à retrouver la mémoire, enfin pas dans ce cas là car j’ai beau chercher je ne me souviens de rien et je ne peux donc que partir des faits relatés par mon moi d’il y a 14 ans pour retrouver plus de détails… Je pense que c’est tout juste impossible…

Archive du lundi 12 mars 2007

Cher Francis,

       Après avoir fait trois fois le tour du parking avec la petite Twingo, j’ai compris que je devais chercher une place ailleurs. C’est ainsi que je me suis dirigé vers les anciens bâtiments de l’hôpital et qui j’y ai enfin trouvé un endroit ou stationner ce drôle de petit véhicule. A coté de moi le jeune garçon était resté silencieux pendant tout le voyage, en scrutant son visage tuméfié je ne parvenais pas à lire autre chose que de l’indifférence vis à vis de ce qui venait de lui arriver.

Deux heures auparavant l’enfant avait été poussé par deux de ses camarades et était tombé lourdement à terre face la première. Son nez et son front étaient égratignés tandis que le reste de cette zone de son visage prenait une couleur bleu jaune.

Je suis son référent c’est donc à moi de l’emmener aux urgences enfin de couvrir l’établissement au cas où un symptôme post-traumatique devait apparaître. Je prends le jeune garçon par la main en tentant de le faire un peu rire pour détendre l’atmosphère mais je suis moi-même très tendu, sans doute plus que lui car habitué aux urgences, je sais que l’attente risque d’être longue et que le jeune garçon pourrait très bien devenir le témoin des blessures et des mutilations diverses qui sont si courantes dans ce service. Conscient de cela je l’entraîne à l’écart sur une petite table et je le fais asseoir le dos tourné au bureau d’accueil et au reste de la salle d’attente.  Ce soir, pour une fois, je suis content  d’avoir eu cette précaution.

Je m’assois face à l’enfant pour lui parler, ce faisant mon regard vient se poser sur cette petite antichambre des enfers. De nombreuses personnes sont déjà là, il y a ce couple en état de choc composé par un homme de la quarantaine plié en deux sur les genoux de sa femme, il se tord de douleur semble hurler sans pouvoir expirer le moindre son. Il se tortille depuis plus de 45 minutes quand enfin une infirmière arrive pour lui demander :  » vous avez mal monsieur?  » Incroyable… Je vois aussi cet homme avec la main enroulée dans un mouchoir sanglant, un autre homme sur un fauteuil roulant laissant traîner à terre un pied a moitié amputé  dont la couleur semble indiquer un état de gangrène… 

        Partout où mon regard se pose je ne vois que souffrance et tristesse. Les conversations entre les malades leurs familles et le personnel soignant viennent à mes oreilles dévoilant les drames à l’origine de la présence de ces individus dans ces lieux. C’est ainsi que par exemple je comprends que l’homme qui se tord de douleur a fait une tentative de suicide par médicaments…

       90 minutes plus tard, nous sommes enfin appelés par le personnel soignant, nous sommes installés dans une petite salle sans porte qui donne directement sur un couloir de l’hôpital, un axe de circulation, une veine de ce grand corps malade qui charrie un flot constant de malades poussés par des infirmiers. Le jeune garçon regarde ce spectacle étonné. Parfois un des brancards s’arrête devant l’ouverture de la salle où nous sommes et comme dans un mauvais film d’horreur un visage pâle dans lequel est planté un regard sans vie vient se poser sur nous. Je sens l’enfant à coté de moi de moins en moins rassuré, je tente de le rassurer en lui expliquant que ces personnes sont là pour être soignées et qu’elles vont aller mieux mais connaissant moi-même leurs situations, je manque de crédibilité assez pour que l’enfant s’en aperçoive. Un interne arrive enfin et examine le jeune garçon, les blessures ne sont pas graves mais des radios doivent être prises pour déceler d’éventuelles fractures. Je demande à accompagner l’enfant vers l’appareil et je reste en salle à coté du manipulateur pour regarder amusé l’image du crâne du jeune garçon diffusé en temps réel, la vision de ces os et de la vie qui les anime est un spectacle saisissant.

Puis l’on nous demande de retourner en salle d’attente. Soudain j’entends le nom de l’enfant prononcé très fort par une voix de femme, la tante du jeune garçon a emmené sa propre fille victime d’un choc important à ta tête après un incident de roller. Cette tante appelle la mère de l’enfant qui arrive quelques minutes plus tard avec la grand mère… Du coup toute la famille se retrouve aux urgences à papoter. J’offre les chocolats que j’avais acheté en prévision de ce qui aurait put être une très longue attente. Le climat convivial qui se développe dans notre petit groupe redonne le sourire à l’enfant tout heureux de voir sa maman venir le voir aux urgences, je glisse à cette occasion le fameux  » vous savez votre grand garçon a été très courageux ».

Ce lieu comme tout lieu habité par l’homme est lieu de vie et de rencontres, un lieu improbable dans lequel tout semble possible, le pire comme le meilleur. Un endroit coupé de l’espace et du temps où chacun de nous peut atterrir d’un moment à un autre.

Mais en ce qui me concerne, je préfère rester simple accompagnateur…