Métallisation !

Ces temps derniers j’étouffe d’une rage que je peine à contenir, trop de frustrations au travail avec des collègues qui sont soit dans l’injonction soit dans les micro agressions. Du coup je craque, dès que je suis seul je me mets à hurler pour sortir toute cette haine qui s’accumule en moi.

La musique étant toujours au centre de ma vie, elle a donc suivi cette dégradation de mon moral et est devenue sombre et maléfique. Oui, petit à petit je me cherche une identité de gros métalleux que l’on respectera enfin et que l’on emmerdera pas. c’est stupide et puéril mais en attendant mon excursion sans cesse repoussée dans le territoire du métal me fait découvrir pas mal de choses intéressantes. Mon oreille commence à se former à ces nouveaux sons pour ne pas rester bloqué sur la violence des morceaux mais pour bien percevoir l’harmonie du morceau.

Et ça marche plutôt bien. A une époque où on trouve toute la musique gratuitement et légalement sur You Tube et où cette fichue dématérialisation fait que l’on trouve des CD à 1 euro, j’ai eu vite fait de me faire une petite discothèque d’albums incontournables, certains CD ne sont pas encore ouverts car j’ai eu la version MP3 en les achetant sur Amazon.

Mais au bout de tout ça est-ce que je deviens plus violent ?

Non, pas vraiment, au volant peut être mais dans la vie réelle je n’ai encore agressé personne, je reste un gentil qui aime vibrer avec de nouveaux sons et qui a besoin de revêtir un moment cette identité métal pour survivre à toute cette fange autour de moi. 😈

Pan solo

Chaque année la petite ville de Benicia dans la baie de San Francisco organise un grand concours d’épouvantails entre ses commerçants. Catherine Pervan, de la boulangerie « Our House » adore ce rendez-vous annuel et y participe toujours sur le thème de la science fiction.

Cette année; Catherine aidée par sa mère qui est aussi la cogérante de la boulangerie, ont décidé de frapper fort en recréant un Ian Solo congelé dans la carbonite (cf. épisode V de la saga). Pour ce faire ces deux dames ont passé des semaines à mouler chaque partie de ce chef d’œuvre en utilisant du pain sans levure et saturé de sucres pour prolonger sa conservation.

Cette superbe pièce surnommée « Pan Solo » par ses créatrices est exposée depuis la semaine dernière devant la boulangerie mais va finir par se décomposer et devra être compostée. Dommage, mais bon, il restera les photos… 🙄

Une belle personne

Aujourd’hui j’ai du faire les courses, une corvée d’autant plus fatigante que cela faisait trois semaines que je ne les avait pas faites. Le magasin était rempli de personnes laides et stupides, je grognais comme un animal pour qu’elles s’écartent de moi. Puis tout d’un coup j’ai vu cet homme entre deux rayons. J’ai osé le photographier en mode discret. J’ai flouté son visage par respect bien sûr mais croyez moi avec son pantalon rouge, son sac en cuir, ses belles bretelles et son regard bleu c’est un rêve pour un portraitiste.

Ce genre de personne c’est vraiment ce qui me faudrait pour avoir le courage de me remettre au portrait.

Dommage je n’ai plus du tout de foi en l’espèce humaine et j’en ai marre de me prendre des refus dans la tronche. 🙄

Distanciation

Archive du vendredi 14 octobre 2005

  Cher Francis,

      Ce soir est un soir à marquer d’une pierre blanche… après deux mois de recherches et de devis j’ai enfin réussi à commander mon premier ordinateur portable !!! Cette petite bête de course arrivera chez moi dans 9 jours. 

Ce jour a aussi été le jour où j’ai dit au revoir et sans doute adieu à une jeune fille qui fréquentait l’école spécialisée où je travaille. Après avoir été son éducateur référent et l’avoir accompagné toute une année j’ai cru que son départ allait me causer une grande peine. J’ai été ainsi surpris de constater que cela n’a pas été le cas. Mais quelles sont les raisons qui expliquent cela ?

En premier lieu il y a l’attitude de la jeune fille qui était très joyeuse de partir. Elle quitte un bloc HLM pour habiter dans une maison près du reste de sa famille. D’autre part il y a le contexte des adieux… pas de discours ni de larmes mais une fête où cette demoiselle nous a offert un numéro de danse avec deux de ses copines… Enfin, et c’est là le plus important je crois, ce départ a été indolore pour moi grâce à un travail personnel que j’avais achevé sans m’en rendre compte.

Les travailleurs sociaux qui œuvrent dans le domaine humain doivent gérer les affects et admettre les sentiments d’amitié voire d’amour qui les unissent aux personnes avec qui ils travaillent. Cependant il faut aussi pour nous éviter de tomber dans trop d’affectif menant à une relation fusionnelle destructive pour les deux parties… trouver le compromis c’est trouver la bonne distance.

Cette bonne distance n’est pas définie. Bien au contraire cette notion ne cesse de varier selon les circonstances et les limites des personnes. Selon Alexandre Jollien la distance froide de certains travailleurs sociaux  ayant travaillé avec lui a été pour lui la pire des maltraitance. En ce qui me concerne je crois avoir avancé dans la découverte de ma bonne distance.

Pour moi les enfants dont nous nous occupons ne font que passer par nous, ils nous sont confiés le temps d’un cursus afin de progresser aidés par des projets. Leur départ nous montre qu’ils sont prêts à passer à autre chose et qu’ils doivent rencontrer d’autres personnes pour continuer d’avancer sur le chemin de la vie. Je dois donc être heureux de les voir partir. De plus la relation que j’avais avec eux continue, seuls les lieux changent.

Merci donc à toi chère Demoiselle, ton départ m’a aidé à faire le point sur cet aspect important de mon travail… J’espère que tu resteras aussi heureuse que tu l’étais cet après midi.

Au revoir et adieu

La distanciation est devenue plus que naturelle pour moi, la preuve, je ne me souviens même plus de qui était cette gamine… Je me détache de toute émotion humaine, mes pairs m’ont trop fait souffrir…

Un truc débile pour tuer le temps

Alors qu’on nous parle sans cesse d’économiser l’énergie, je balance mon boulet contre l’édifice pour vous présenter un site débile et inutile qui ne peut amuser qu’un gosse ou un adulte qui en est resté un.

Patapap.com est bien ce qu’il prétend être, un site Internet sur lequel on se branche pour déclencher des tas d’animations et de sons aléatoires en frappant les touches du clavier.

Alors oui c’est très bête et je me demande comment vont réagir les enfants au travail quand je vais leur montrer ce truc. Ils vont sans doute en avoir marre au bout de dix minutes ! 😆

Mes limites

Aujourd’hui je me suis fâché contre un enfant qui m’a bien vite fait comprendre que ce n’étais pas la bonne façon de faire avec lui. Plus tard pendant mon cours de musique j’ai passé une heure à essayer de faire un exercice que je n’ai toujours pas compris.

Oui aujourd’hui a été la journée où je me suis pris mes limites en plein tronche.

En général je m’en fiche de savoir ce que je vaux et si je suis moyennement intelligent ou juste un type très stupide qui a eu assez de chance dans sa vie pour décrocher un CDI, mais voilà, ce soir je suis vraiment démoralisé car mes limites que je ressens de plus en plus fort, m’inquiètent face aux nouveaux enjeux que je vais devoir relever.

Les enfants que nous accompagnons sont de plus en plus en difficultés avec des troubles très graves et perturbants et pas mal de violences physiques et morales contre les autres enfants, les adultes et avant tout eux-mêmes.

Ces jours-ci je n’aime plus mon travail comme avant car ces nouveaux enfants avec lesquels je n’ai pas encore réinventé ma pratique m’inquiètent. Je ne les trouve pas non plus attachants, l’humour ne sera plus possible, bref l’avenir me semble bien terne.

Mais cela n’a pas empêché ma directrice de me confier un nouveau projet, monter un groupe de musique avec une quinzaine de jeunes de l’établissement et de la ZUP. Elle me sort cela cet après-midi devant la responsable du centre social, je suis donc obligé de dire oui, mais bon, une fois de plus je me sens vraiment très minable et limité ces jours-ci alors je me demande bien ce que tout ça va donner.

Un joli projet que l’on va mettre en devanture, mais pas de reconnaissance ni de moyens supplémentaires pour moi. Une fois de plus je reste mon pire ennemi.

Qui suis-je ? qu’est-ce que je vaux et que vais-je devenir avec tout ça ?

Bof, on verra bien…

Justice est faite !

C’est en découvrant, scandalisé, que le record du monde de la plus grande choucroute était détenu par des lyonnais que Jean-Michel Kruth, le directeur de « La Maison Adam, Les Charcutiers d’Alsace » a décidé de « ramener la coupe à la maison » en fabriquant ce week-end à Haguenau (Bas Rhin) la plus grosse choucroute au monde. 😯

C’est donc avec une armée de bénévoles que 2.363,46 kg de ce plat a été fabriqué et vendu sous barquettes et tout ça avant midi ce dimanche. Les ingrédients avaient été offerts par des producteurs locaux et le bénéfice de la vente a été reversé à une association qui vient en aide aux femmes atteintes par le cancer du sein.

Alors oui, plus d’une tonne de chou, 200 kg de pommes de terre, 400 kg de viande et 5.000 knacks ça fait beaucoup mais rien n’a été gâché et cela a aidé une association d’utilité publique…

Pour une fois que la fierté des alsaciens produit quelque chose de positif… 😆

Quant à moi, et bien le même jour je dégustais la meilleure choucroute de ma vie, fabriquée sur place (choucroute fermentée maison) et cuisinée à la graisse d’oie dans les règles de l’art de notre variation nord comtoise (saucisses de Morteau, Montbéliard et Knack plus palette et lard). Et là encore, rien n’a été perdu, le souvenir de ce plat divin entrera dans un de mes mausolée mémoriel où ne trônent qu’une demi-douzaine de plats… 🙄