La petite dernière…

C’était hier juste avant un orage mémorable. Mon prof de basse est venu pour le cours avec dans ses mains cette petite basse qu’il m’a proposée à petit prix pour mon projet avec les enfants. C’est une basse 3/4 pour petites mains (enfants et adultes à petites mains) mais d’un niveau de qualité très au dessus de celui de la basse « Encore » achetée en Angleterre. J’ai tout de suite craqué pour ce bel instrument et payé mon prof.

Alors bienvenue à la petite dernière et ce dans tous les sens du terme.

Car oui je ne rachèterai plus d’instruments pour mon projet avec les enfants au travail puisque je ne suis pas sûr du tout de pouvoir reconduire cette activité très spéciale l’année prochaine faute de place et surtout de soutiens voire tout simplement de volonté.

Il y aura toujours un placard plein d’instruments dans la salle dans laquelle je travaille et je vais acheter un nouveau crochet pour cette belle basse, mais les mercredis avec la musique à fond je pense que c’est râpé…

En même temps, je me connais, je sais que je vais me battre, trouver des solutions, faire des écrits pour faire changer les mentalités, je suis éducateur, je veux être dans une vraie d’apprentissage de la musique et pas animer un groupe d’enfants plus en difficulté en leur faisant taper sur des tambours et en applaudissant de façon hypocrite à chaque fois qu’ils font un son…

Non je veux être sincère avec les enfants, avec la musique et avant tout avec moi-même.

A suivre… 🙄

Blessures théâtrales

Archive du dimanche 4 juin 2006

Dimanche 4 Juin

Cher Francis,

       J’ai beaucoup de mal à t’écrire aujourd’hui car les doses massives d’aspirine que j’ingurgite afin de tenter de retrouver la santé pour demain m’assomment. Je vais devoir baisser les doses pour pouvoir prendre le volant demain.  

Alors pour le théâtre, c’était bien, tout le monde a adoré, nous avons déliré sur scène avec le jeu des petits mots à placer dans nos répliques. Moi je devais placer bouse. Alors dans une de mes tirades décrivant un champs j’ai placé bouse de vache. Ca a fait rire le public. 

D’ailleurs j’ai remarqué avec stupeur que les choses qui nous faisaient rire pendant la répétition n’étaient pas drôles pour le public et vice-versa. Il me faudra réfléchir la-dessus.

J’avais pris mes affaires pour passer la nuit sur place mais à la fin du spectacle la tristesse de voir cette belle aventure se terminer, les compliments dithyrambiques que j’ai reçu de la part d’une dizaine de personne ainsi que les volutes de fumées de cigarettes ont eu raison de mon envie de faire la fête avec mes camarades. Mon ingestion passive de tabac avait accéléré l’avancée de mon rhume de cerveau provoquée par une semaine de travail dans des locaux non chauffés. Je savais que si j’étais resté je n’aurais pas été capable de reprendre la route le lendemain matin. J’avais raison.

Je regrette juste de ne pas avoir été capable d’expliquer tout cela à mes comparses de crainte qu’ils ne me forcent à rester. J’apprécie de plus en plus leur compagnie, alors j’aurai sans doute accepté ce qui aurait eu des conséquences très dérangeantes pour tous lorsque je me serais réveillé le lendemain avec plus de 40 de fièvre.

Pour l’instant je suis à 39 C° autant dire que je ne souffre pas trop.

Une tristesse indicible me déchire les entrailles, je repense à mon personnage que j’ai joué sur scène, cet être imaginaire si proche de moi et dont les répliques me hanteront à jamais:

« …je ne vivais plus avec les gens mais à coté d’eux »

 » Si vivre c’est marcher droit vers la mort, autant y courir de suite »

« …Je me demandais si j’étais bien dans la vie et ce que j’y faisais moi spécialement »

Quand je pense que certaines personnes m’ont dit que grâce à ma performance d’acteur elle avaient pu me découvrir autrement, alors qu’en fait je jouais mon vrai moi. Quelle cruelle ironie…

Au terme de cette expérience très difficile pour moi, j’ai tout de même envie d’en tirer quelque chose d’autre que tristesse et regrets. En premier lieu je pense que cette expérience aura fait évolué favorablement les relations entre moi et mes camarades en nous permettant de mieux nous connaître.

Et si j’allais plus loin?

Et si je profitais de la mort d’Alex Roux ( mon personnage dans la pièce) pour tenter une fois pour toute de rompre avec mes blessures du passé? Et si je tirais un trait sur mon ancien moi pour changer en moi et vis à vis des autres et pour ainsi bénéficier une nouvelle identité? 

Chiche !!!

Bon je change la photo de la semaine et je retourne me coucher évacuer le reste de fièvre.

Humeur du soir, bonsoir !

Ce soir je rattrape mon « absence » de hier en partageant une vidéo qui est à la fois une belle porte d’entrée dans le monde musical des Dead Pirates et une court d’animation illustrant l’univers cartoonesque très influencé par Max Fleischer qu’affectionne tant le leader du groupe, qui au passage est un français qui vit à Londres et fait le métier d’animateur en plus de celui de musicien. Les gens doués ça me hérisse… 😆

Mes trente glorieuses ?

Vous connaissez la période dite des trente glorieuses, cette période de croissance qui a duré de la fin de la guerre jusqu’aux chocs pétroliers.

Et bien moi je suis en train de vivre des journées glorieuses puisque depuis vendredi, il ne se passe pas un seul jour sans que je ne règle un problème important.

Vendredi prise des rendez-vous parents en bloc et incroyable séance de basse avec mon prof, samedi un vrai miracle avec la tonte de ma pelouse et le nettoyage du terrain, dimanche arrachage de la dent malade du chat, (problème qui durait depuis des mois) lundi au travail grosses avancées avec les enfants… bon je ne donne pas tous les détails mais là ce soir visite chez le véto et début d’un traitement rénal pour chat âgé.

Chez ce véto j’y suis resté deux heures, j’aurai donc de quoi raconter pas mal de choses entre Balou le chien blessé à la gorge et les chats qui font miaou (le mien fait waaaaaaa car c’est un siamois).

Mais désolé pour les fan de Marc et Sophie ce soir la chronique va s’arrêter là car je dois faire un écrit important pour relever les paroles inquiétantes d’un des enfants que j’accompagne.

J’ai envie de rester dans ma lancée dynamique mais là pas pour moi mais bien pour aider ce pauvre gamin à aller mieux. Et pour ça il me me falloir être très diplomate avec les parents. On marche sur des œufs…

A mardi prochain pour la suite de mes « aventures ».

L’amour du métier et vice-versa

Pour ce lundi insolite nous repartons dans un pays dont nous avions parlé il y a quelques mois à l’occasion de la sortie d’un dessin animé reposant sur les exploit d’un homme et de son phallus. Oui souvenez-vous de ce cartoon pour enfants qui avait fait un petit tollé sur place et un gros buzz dans les autres pays.

Nous revenons donc au Danemark, pays qui semble avoir un rapport à la sexualité plutôt décomplexé.

Nous sommes le 24 mai dernier, c’est à dire il y a une semaine jour pour jour. Il est 8h30 et un reportage très spécial va être diffusé. Louise Fischer, une journaliste de la station danoise radio 4 a en effet décidé de couvrir la réouverture des clubs échangistes en allant visiter l’un d’entre eux histoire d’évoquer les ressentis des habitués face à cette nouvelle phase du déconfinement tout en voulant donner un aperçu de ce qui s’y passe vraiment. En début de reportage un message demande d’éloigner les enfants et les oreilles trop prudes du poste de radio non pas à cause de ce qui va être dit mais plutôt de ce qui va être fait.

De sa propre initiative, la reporter a en effet décidé de sauter le pas en se faisant expliquer les règles de ce type de lieu avant de se livrer elle-même à des ébats sexuels tout en continuant d’enregistrer son sujet. « Peux-tu décrire ce que tu vois juste maintenant ? », l’entend-on demander à son partenaire, au milieu de sons explicites et de commentaires salaces.

Cette affaire bien loin de mettre un terme à la carrière de Louise a eu un effet inverse. La journaliste a en effet reçu jeudi dernier les lauriers de ses chefs pour son sujet. « Je trouve que c’est bien quand nos reporters essaient d’expérimenter le journalisme de façon différente », a défendu Tina Kragelund, la responsable des programmes de Radio 4. « On peut toujours faire ce qui est attendu par les auditeurs mais aussi les surprendre et leur donner de nouveaux angles et le faire de façon nouvelle », a-t-elle raconté au quotidien Jyllands-Posten.

Pour ma part je trouve cela très courageux pour une femme d’afficher sa sexualité de façon si forte et directe mais avant tout sans vouloir être prude ce qui n’est pas mon cas, je me demande pourquoi il était si important de diffuser le reportage à 8h30… 😯

Portrait en pied d’un cousin éloigné

Macaque de Barbarie, Fujica ST801, 55mm 1,8 EBC, film diapo Velvia 100.

Une fois de plus mes envies d’exposer du film sont ruinées par les urgences passées, actuelles et à venir. Hier je devais tondre et nettoyer le terrain autour de ma maison, aujourd’hui c’est le chat qui a fini par plier sa dent qui poussait en dehors de sa gueule et demain il va donc falloir trouver un vétérinaire en urgence. 🙄

Voici donc une photo que j’ai faite dans un endroit assez particulier, il s’agit de la montagne des singes, un parc animalier à Kintzheim où j’étais allé dans le cadre d’une sortie scolaire avec la classe d’enfants que j’accompagne.

Ces animaux étaient tout sauf farouches et j’ai pu m’approcher d’eux très près pour les photographier. C’était une expérience très plaisante car contrairement à beaucoup de mes modèles ils n’ont pas trop d’état d’âme quand à ma démarche de portraitiste… Animalier ! 😆

Reste que le choix de la diapo n’était pas le meilleur vu que les zones sombres de l’animal sont bouchées.

Mais bon, quand je scanne de la diapo je laisse le bord noir et du coup ça fait un joli cadre. 😎

Névrose du vendredi soir

Aujourd’hui je voulais montrer le travail que je fais autour de la maison, mais non j’ai peur que ce sujet ne fasse sortir toute la colère qui s’est installée en moi cette semaine, alors du coup en regardant les photos faites avec mon appareil photo hier, je suis tombé sur mes habituelles photos de névrosé du vendredi soir.

Alors oui je dois expliquer tout cela…

…Et pour ça quoi de mieux qu’une photo !

Voici ma salle de travail, c’est une salle de classe vu que je travaille dans une école, mais une salle de classe que j’ai aménagée avec beaucoup de soin, de réflexion et surtout d’argent. Car c’est idiot mais j’aime tant mon travail que chaque fois que je veux quelque chose pour le faire je préfère l’acheter surtout que ces temps derniers c’est toujours non quand on demande quelque chose.

Bref, ces ordinateurs que j’ai acheté un par un sur Ebay (ainsi que les instruments de musique qui sont dans le placard dans le coin de la pièce que l’on ne voit pas sur la photo) sont donc à moi et mon pire cauchemar c’est qu’ils restent allumés quand je pars le vendredi soir très fatigué par la semaine. Du coup et bien je fais toujours une photo des machines pour me rassurer. C’est devenu une habitude bien ancrée et un moyen gratuit et efficace de lutter contre mes névroses. 😎

Archive de pubs décalées…

Archive du Dimanche 28 mai 2006

Cher Francis,

       J’ai passé cette journée à la ville, la grande ville de Besançon. J’étais chez ma sœur. A mon arrivée j’ai tout de suite été frappé par un écriteau dans la cage d’ascenseur. 

Sous une plaquette de plastique, une affichette sur laquelle figurait une photo en noir et blanc qui semblait tout droit sortie d’un film de Jacques Tati. On y voyait une petite dizaine de personnes entassées dans un ascenseur avec des expressions faciales marquées par la lassitude.

Sous cette photo une diatribe que je peux hélas citer de mémoire: « Profitez de ce moment dans cette cage d’ascenseur pour parler à vos voisins, vous aurez peut être besoin d’eux un jour »

J’ai trouvé cela incroyable qu’une société d’entretien se mêle de placarder un tel message. Mais au fond le geste reste intéressant. Seul problème chez ma sœur personne ne s’est rendu compte de la présence de l’affichette. En effet les gens préfèrent lors de leurs trajets ascendants ou descendant vérifier leurs coiffures ou leurs maquillages dans la glace plutôt qu’inspecter les murs… Ah vanité, vanité … Autre problème, autre question, les relations entre les personnes dans un même immeuble sont-elles à ce point inexistantes que l’on se mette à faire de la pub pour les voisins?

En voyant ce genre de détails j’ai peur pour le tissu social… C’est vrai qu’à force de tirer dessus il va bien finir par se déchirer pour de bon…

Autre lieu plus tard, un multiplex cinéma. Je déteste ce genre de supermarché du cinéma mais bon je ne vais pas partir là dessus sinon on va en avoir pour trois paragraphes sans ponctuation. Le film était une grosse daube qui a massacré au propre comme au figuré mes héros d’enfance et d’aujourd’hui; les flamboyants X-men. Mais bon la encore je ne m’étale pas.

Par contre chose incroyable, impardonnable, inadmissible, un spot de publicité d’une audace malsaine incroyable. Tout commence par un beau paysage de nature verte, un jeune qui se balade avec un arc à poulie, un autre jeune avec un fusil… Un gros plan sur un vol de canard sauvages… 

C’était un spot de publicité fait par les chasseurs de haute Saône et adressé aux jeunes. Il se terminait par une formule que je peux là encore retranscrire de mémoire: « La chasse, pourquoi pas? »

Quand je pense au prix d’un spot de publicité au cinéma je me dis que ces personnes que je méprise doivent vraiment se sentir menacé d’extinction comme les animaux qu’ils buttent joyeusement dans nos campagnes. Quitte à être abrutis ils auraient pu par exemple utiliser un autre slogan plus proche de l’univers du cinéma dans lequel passe leur pub. Genre:

« Vous avez aimé le peuple migrateur ? Vous adorerez venir buter pour de vrai ces jolis canards sauvages, inscrivez-vous à la chasse » Là au moins le message aurait été mieux perçu par le public cible de cette activité sur laquelle je ne m’étendrai pas non plus.

Mais au bout de tout ça, je vais changer la photo de la semaine et cette fois m’étendre pour de bon, mais sur mon lit, car demain commence le marathon final pour notre troupe de théâtre. 

15 ans plus tard, j’ai toujours la même haine des chasseur faute d’en avoir rencontré qui méritent mon respect. Pour le reste la troupe de théâtre dont j’ai fait partie c’était celle très éphémère de ma formation d’éducateur. Encore des souvenirs mi-amers mi-édulcorés. 😎