Holiday # 14 : Chronophage

Aujourd’hui je me suis levé à 5h00 du matin pour faire cuire un blanc de poulet pour mon chat en fin de vie mais qui tient bon. J’ai aussi établi le contact avec un éleveur de siamois typés comme le mien, le gars vit vers le lac Léman et demande 1500 euros pour un chat ce qui est je vous l’accorde une somme folle surtout pour un travailleur social aux lendemains incertains mais bon… Quand on a eu un jour un siamois, on ne peut pas avoir un autre chat, c’est comme ça !

Ma démarche est sans doute stupide et très chronophage vus que j’ai passé des heures à discuter par messagerie et à attendre ses réponses. Mais le titre du mot d’aujourd’hui ne découle pas de ce caprice puéril de ma part mais bien d’une autre perte de temps encore plus stupide et illogique : j’ai regardé un film français.

Le cinéma français contemporain mis à part de très rares pépites n’est plus constitué que de deux blocs, des comédies de mœurs stupides jouant avec les stéréotypes et des films de cinéastes qui pensent avoir une vision artistique, un talent, une sensibilité alors qu’ils ne font que brasser du vide.

J’ai donc tenu bon malgré la chaleur pour visionner le film de la petite terroriste en pensant tomber sur une comédie légère sur une gamine qui embrasse des idéaux sans les comprendre. Mais hélas non, ce film est un grand foutoir qui tente de traiter plusieurs sujets à la fois sans jamais réussir à même effleurer l’un d’entre eux.

On se retrouve face à une gamine qui a été sensibilisée aux idéaux communistes et libertaire par une grand mère vis à vis de laquelle elle n’arrive pas à faire son travail de deuil. Très jeune fille de 11 ans qui décide de partir le plus loin possible à l’Est pour aller sur les pas de son idole : Rosa Luxemburg. Une gamine qui est la seule adulte face à des personnages disparates souvent peu crédibles comme ces douaniers qui au lieu de l’arrêter pour la protéger la font passer en Pologne. Elle rencontre également des personnes non acteurs qui racontent leurs vraies vies. Bref une constellation de personnages bidons et de personnes réelles évoquant leurs vraies difficultés. La gamine croise ainsi de multiples visages de la misère humaine les immigrés illégaux, les pauvres en HLM, les mères abandonnées, les femmes battues, emprisonnées enceintes, des ouvriers ou des mineurs qui n’ont pas surmonté les fermetures de mines ou la perte d’emploi, des personnes âgées souffrant de troubles liés à la sénilité, des nostalgiques du communisme….

Lorsque ces personnages ne sont pas des vraies personnes ce sont de mauvais rôles sans crédibilité à l’image de la guichetière SNCF qui au début du film donne un billet pour aller de Clermont-Ferrand à Berlin pour 20 euros à une gamine seule non accompagnée. Cette absence de liens avec le réel pourrait passer si le fond même du film n’était pas si bancal : comment voulez-vous qu’une gamine de 11 ans aussi attachée à sa grand mère qu’elle puisse l’être, puisse développer une conscience politique assez forte pour décider de partir en Allemagne avec 25 euros en poche et sans que bien sûr rien ne lui arrive.

Je suis sans doute sévère et c’est vrai qu’au niveau photographie ce film tourné en caméra subjective offre tout de même de beaux instants hélas très mal exploités vu que le film, une fois de plus, court après plusieurs lapins à la fois.

Au final je vais sans doute me fixer une règle : ne plus regarder de films français qui datent de moins de 30 ans ou alors seulement ceux qui ont de bonnes critiques…

Holy day # 12 : Samaritains

C’est donc la troisième semaine de vacances qui commence pour moi, le chat va de mieux en mieux en restant dans un état critique. Ce léger mieux c’est sans doute à cause des tenders de poulet du Pascal, de la malbouffe si pleine de graisse qu’elle a transformé mon siamois moribond en siamois zombie, c’est peu comme progrès et c’est un peu débile, mais bon il ne veut manger que ça alors c’est pas grave, comme a dit le véto vu là où il en est…

Ce matin après avoir fait l’infirmière à chat et m’être occupé de faire un peu de ménage (deux vieux chats pas très en forme c’est très sale), j’ai donc repris mon gros travail de rangement en me disant que j’avais également à faire le travail du dehors.

Mes pelouses étaient presque tondues mais l’une d’entre elle me résistait et vu la chaleur et ma corpulence ce n’était tout juste pas possible de faire face sans risquer le malaise. Au moment où j’écris ces lignes je suis en train de transpirer à grosses gouttes alors que je ne fournis aucun effort en particulier. Du coup j’attendais un peu de fraîcheur et je commençais à désespérer lorsque deux jeunes du village sont arrivés.

Ces deux gosses de 16-18 ans sont donc venus sonner chez moi avec un flyer et je leur ai demandé combien ils prendraient pour me donner un coup de main. Quand ils m’ont annoncé la somme ridicule qu’ils avaient en tête, j’ai tout de suite accepté mais en arrondissant.

Alors oui c’est peut-être débile, mais bon je trouve cela bien pour deux jeunes de vouloir travailler et aider les gens qui comme moi sont en difficulté pour entretenir leurs jardins. Ils ne sont pas très causants mais c’est pas grave. Ils ne sont pas fan de pokemon ni musiciens mais ce n’est pas grave non plus ! Ils bossent bien pour pas cher et grâce à eux j’ai eu le courage de me mettre enfin au boulot.

Pierre le plus grand des deux est un jeune homme très posé très professionnel et sérieux, un gosse bien élevé pour qui le travail a un sens. le plus jeune est plus bavard et un peu moins précis(je vais attendre qu’ils partent pour faire les finitions) mais peu importe grâce à eux me voici sorti d’affaire !

Comme ça quand samedi le copain suisse va venir, je n’aurai pas honte de mon jardin vu qu’il ne sera pas en mode forêt vierge et je serai aussi très heureux de boire une tourtel au balcon en regardant un terrain enfin propre ! Bref, une bonne journée ! Allez j’y retourne ! Une tourtel les jeunes ? :mrgreen:

Holy day # 11 : Malbouffe

Voici donc le temple de la malbouffe tenu par des ami(e)s. Un endroit où j’aime rester accoudé au comptoir pour discuter dire des bêtises, tout en les regardant travailler comme des fous. En ces périodes de solitude traîner là bas me fait le plus grand bien.

Car oui, la malbouffe a de l’avenir surtout sur le plateau.

Enfin malbouffe c’est un peu exagéré, Pascal fait de très bonnes pizzas avec de la pâte qu’il fait lui-même et des garnitures de qualité ! En plus de ça ils arrivent à honorer leurs commandes ne sont jamais en retard, bref des pros ! 😀

Holy Day # 10 : Last exit

Hier soir le chat remange un peu mais bon je ne me fais pas d’illusion. ma mère déprime et moi aussi j’ai bien envie de me laisser aller surtout qu’un gars dont j’ai dépanné l’ordi est venu m’offrir une bouteille de prune à 49 degrés.

Mais hier soir alors que je suis allé chercher des tenders pour ma mère et mon chat, j’ai vu deux types bourrés à la terrasse du snack. C’est con, stupide et triste et encore plus quand l’un d’entre eux tombe raide sur la place du village et que l’on est obligé d’appeler sa mère pour qu’elle vienne le chercher.

Mais je n’ai pas eu besoin de voir ce spectacle pour ne pas avoir envie de toucher à cette bouteille. Car non, et ça j’en suis convaincu, l’alcool n’est pas une solution juste un pansement provisoire à l’image de ces heureusement rares soirées où je bois trop de bières avec des amis. Alors on passe un bon moment mais après le sentiment d’ivresse il ne reste plus que les maux de ventre, la honte et une tristesse encore plus grande. Non depuis quelques jours mon corps et mon esprit semblent me dire de concert de ne plus y toucher et pour une fois je les écoute. La preuve, une bouteille de vodka ouverte au frigo depuis un mois qui est encore pleine jusqu’au goulot, plus de bières à la maison et je ne vais pas aller en racheter car je n’ai plus envie d’en boire. Hier je suis allé au pub invité par ma gentille voisine et avec elle j’ai pu commander une pinte de limonade sans passer pour un casse-couille.

Reste cette bouteille rare et unique, de l’eau de vie artisanale qui tire à 49 degrés.

Je vais en goûter un dé à coudre avant de la ranger au fond du meuble à bouteille qui chez nous, faute d’invités, reste fermé en permanence. Et après ? Et bien je vais faire comme tous les jours depuis que je suis sur cette terre, je vais tenter de survivre en pensant à autre chose, genre le boulot que je dois encore faire en plus de mon rôle de soignant.

Holy Day # 9 : volutes

Il est 15h00, j’ai fait sauter mon cours de basse car entre mon nouveau travail d’infirmier en soin palliatif pour chat et mes autres pensées noires et angoisses je n’ai pas du tout envie de me traîner jusqu’à la ville pour faire des plock-plock…

Et là je tente de faire quelque chose au lieu de rester collé à mon écran pour ce blog et deux trois services comme envoyer les photos de l’animation équestre de ma nièce.

Entre cette canicule qui me colle au corps et mes inquiétudes diverses à court et à long terme, je n’arrive pas à me motiver pour faire la moindre chose alors qu’il y a tant de travail à faire. Pour moi c’est clair je suis dans une phase de déprime voire de dépression qui ne dit pas son nom. Le genre de moment dans la vie où l’on envoie plein de messages de mort à son corps.

Je suis vide, perdu et dans mon cœur comme dans ma tête il n’y a plus rien…

Rien que des volutes…

Holy Day # 8 : Palliatifs

Ma journée de hier a été un peu trop intense, entre mon chat qui commence les soins palliatifs, la séance de photos chez ma nièce pour l’aider à illustrer ses activités équestres, récupérer le chat après être rentré par une route de montagne terrifiante et ce avant d’avoir essuyé un long orage de grêlons gros comme des cerises. Puis aller chez une amie qui me confie en prêt très longue durée sa guitare électrique et un ampli avant de me donner plein d ‘autres choses. Puis retour à la maison pour m’occuper de faire manger mon chat à la seringue et ma mère avec une pizza achetée au pizzaiolo du village.

Au bout de tout ça j’ai eu moi aussi besoin de soins palliatifs.

Je suis donc allé boire un coup chez le copain histoire de pallier à mon dégoût de la vie. Puis des autres copains sont arrivés et je me retrouve chez moi à deux heures du matin avec le ventre en vrac. C’est le prix à payer pour quelques instants de bien-être ? Non, ce n’est qu’un autre épisode de dipsomanie que j’assume pleinement !

La suite ? Il y a quelques heures ma voisine est venue pour m’aider à déballer le colis d’épicerie argentine que nous avons acheté en vue de la préparation d’un repas argentin. Des biscuits locaux salés bien connus, une boisson non alcoolisée aux herbes macérées de la forêt, des chocolats bien prometteurs, des spécialité au lait, du mais salé, des épices, de la sauce piquante au nom si sympa de « Chimichurri » et un paquet du fameux mate, une boisson nationale qui est une infusion d’une plante nommée yerba et qui a un effet excitant bien connu. Oui c’est bizarre, mais ça fait un moment que je rêve d’y goûter.

Au final tout ce bazar finira en séance de dégustation avant un repas avec juste une bière et une bouteille de vin rouge à trois. C’est raisonnable, non ? Du coup vais-je enfin trouver après cette expérience culinaire un palliatif acceptable aux mauvais sentiments qui m’accablent? Vais-je enfin réussir à faire des empanadas dignes de ce nom ? Est-ce que je vais devenir accroc au mate ? Le suspens de ce blog est incroyable ! Je le recommande en lecture de plage ! 😆

Holy Day # 7 : Sacerdoce

Aujourd’hui au réveil, je découvre que mon vieux chat siamois ne va pas bien, il n’a rien mangé et il est tout sec, déshydraté. Alors oui, il a 18 ans il est aussi en insuffisance rénale mais bon je ne vais pas le laisser souffrir. Je tente donc de joindre un vétérinaire et là c’est la catastrophe. Mon véto habituel me fait patienter trente minutes au standard téléphonique avant de me raccrocher au nez. Je contacte un autre vétérinaire qui me promet de me rappeler, j’attends toujours…

Alors quel rapport avec le titre ? patience, j’y viens !

Au village une nouvelle doctoresse fille du pays, a pris ses fonctions il y a un an avec plein d’avantages offerts par la mairie pour qu’elle s’établisse sur la commune et non ailleurs. Cette professionnelle a mis en place un secrétariat téléphonique pour poser des rendez-vous chose qui n’existait pas avant le COVID et du temps très récent de ses prédécesseurs. Du coup il faut en général un délais de deux semaines pour un rendez-vous urgent et encore faut-il ne pas tomber sur ses plages de vacances de plusieurs semaines non remplacées. Alors oui elle a beaucoup de patients, mais bon pas plus que les anciens médecins voire bientôt moins vu que de plus en plus de patients ont réussis à se faire suivre par d’autres praticiens en ville.

Bonne nouvelle ! la seconde boulangerie a ré-ouvert ses portes ! fini la queue pour acheter le pain ! Enfin non ce n’est pas une bonne nouvelle car ces boulangers modernes travaillent avec une franchise qui leur envoie des viennoiseries surgelées et de la poudre toute faite et pleine de produits chimiques pour faire de la pâte à pain. Un pain si médiocre qu’il sèche complètement au point de devenir dur en six heures.

Vous voyez où je veux en venir ?

Que cela soit les nouveaux vétérinaires ou les nouveaux médecins qui veulent travailler moins en gagnant autant d’argent et surtout garder du temps pour eux et leurs loisirs ou les nouveaux boulangers qui préfèrent nous vendre du mauvais pain plutôt que de pratiquer le métier difficile et exigeant de boulanger, tout cela montre la même chose. la mort de la notion de sacerdoce au sens général et non religieux du terme si tant est qu’il existe ce sens…

Notre société est devenue si individualiste, matérialiste et égoïste que de moins en moins de personnes semblent vouloir se mettre au service des autres en sacrifiant une partie de leurs loisirs ou de leurs avantages pour le bien-être collectif.

Les crises actuelles du secteur médical ne seraient-elles pas en fait dues en partie à ce changement de mentalité ? On est passé du « J’exerce un métier important voire indispensable pour les gens, je dois donc faire des sacrifices » à «  »J’exerce un métier important voire indispensable pour les gens mais je refuse de faire le moindre sacrifice ».

Alors que dire ? Accepter que c’est comme ça et me comporter de la même façon ? Je pourrais par exemple ne pas faire les mises à jour du site de mon travail vu que je fais ça gratuitement. Je pourrai aussi arrêter de travailler pour préparer mes interventions en dehors du temps alloué pour le faire (quand on me le donne) ?

Est-ce que se sacrifier pour le bien d’autrui est devenu dans nos sociétés « modernes » synonyme de stupidité ou il y a t-il encore de la place dans ce monde pour l’altruisme ?

En ce septième jour de vacances, je me pose la question…

Holy Day # 6 : Progression

Aujourd’hui, jour le plus chaud de la semaine, je m’occupe en composant des petits bouts de chanson. Pour ce faire je joue des accords de quinte en mode bourrin.

C’est débile mais si ça se trouve j’ai peut-être le début d’une nouvelle chanson du genre des compositions toutes simples que j’invente pour mon projet avec les enfants.

Pour composer on prend les accords qui découlent de la gamme et on choisit un ordre, moi j’ai décidé de jouer une progression de 1 3 6 5 ce qui n’est pas une progression officielle mais qu’importe, j’aime bien comme ça sonne surtout avec la guitare à fond vers la fin de ma vidéo. Voilà je réfléchis à mes progressions mais mis à part au niveau du bruit mes progressions ne sont pas synonymes de progrès ! :mrgreen:

Holy day # 5 : Deuxième essai

Alors cette fois-ci la farce a bien eu le temps de refroidir au frigo (deux jours ça aide) et la pâtebrisée pur beurre que j’ai utilisée était aussi froid et donc plus résistante, du coup cette seconde tentative pour faire des empenadas semblait bien partie.

Bon, c’est vrai je n’ai pas encore maîtrisé la fameuse technique de pliage des bords le « repulge » qui est un vrai art puisque chez les professionnels qui vendent ce genre de street food, chaque façon de plier les bords correspond au contenu de cette spécialité.

Par contre si je n’avais pas passé trop de temps sur l’ordi en attendant que ça cuise et en oubliant le temps qui passait jusqu’à ce que mon nez me rappelle que j’avais un truc au four, et bien je n’aurai pas eu ce résultat : 😆

Bon, j’ai donc des efforts à faire pour la forme, pour le pliage (repulge) et surtout pour ne pas les oublier au four. Ces trucs carbonisés je vais bien sûr les manger.

Allez, la troisième fois sera la bonne !