Une visite au musée

A chaque fois c’est la même chose, le centre régional d’art contemporain contacte l’école pour nous proposer une visite avec un thème et des explications alambiquées, je rigole en me disant « mais c’est quoi que ce délire et quel intérêt ça peut avoir pour les enfants » et une fois que j’y arrive, c’est la grosse baffe. Je découvre des choses géniales ainsi que des idées et l’envie de prolonger ces expériences avec des activités pour les enfants.

Cette fois-ci le nom de l’exposition que seuls les enfants ont pu voir (musée fermée au public mais pas aux classes allez comprendre la logique derrière tout ça…) enfin bref, le titre de l’exposition était « Prismatique ». C’était une exposition collective d’artistes travaillant toutes et tous sur des polyèdres et d’autres formes en trois dimension en sculptures et installations ou en peintures et photos.

Allez je vous emmène avec moi !

Des simples panneaux gris posés d’une certaine façon au sol et dans l’angle du mur blanc suffisent à tromper ma vision et à déformer les perspectives. La mesure de lumière de mon bridge a aussi été abusée ce qui a donné cette vision très graphique.

Alors oui j’ai adoré cette petite exposition que j’ai entièrement photographié. Les dames du musée nous ont donné des plans pour assembler des solides et les rassembler en une œuvre collective, ce que nous avons fait. Et même si ce soir je suis crevé d’avoir assemblé une vingtaine de tétraèdres et cubes ou pavés, je dois avouer que le résultat est vraiment sympa.

Les enfants aussi ont adoré, l’un d’entre eux qui devient de plus en plus dur à gérer a fait plusieurs colères avant de jeter sa chaussure au milieu de la grande salle du musée (photo ci-dessus). Là aussi c’était très graphique, du coup je le soupçonne d’avoir voulu faire un happening. 😆

Voilà c’est la fin de la visite n’oubliez pas le pourboire pour le guide, un petit commentaire est le bienvenu ! 😀

Insolence insolite

Aujourd’hui au lieu de vous parler d’un gars qui s’est fait pincer avec des pinçons dans son pantalon à pinces (dommage c’était marrant comme info et comme formule) j’ai envie de vous montrer ce qui se passe vers chez moi. Car oui dans le Haut Doubs on a pas beaucoup de moyens mais pas mal d’idées et d’esprit rebelle pour faire ce genre de sketch qui fleure bon l’accent et les expressions bien de chez nous.

Dans ce court vous verrez aussi les youtubeurs franc comtois les plus connus dont le fameux Morille qui est un vrai cliché sur pattes et notre gloire locale la Madeleine Proust qui a une renommée qui dépasse de très loin notre région.

Du coup ça me donne une idée; faire une semaine thématique sur la franche comté ! C’est ti point une bonne idée ? 😆

Une photo recto verso

Vu que cette photo faite avec mon Aero Ektar et ma Pacemaker est devenue la photo de couverture du premier roman d’un copain sorti cette semaine (le livre pas le copain 😆 ), je me suis dit que c’était le moment pour la présenter surtout que j’ai retrouvé une autre photo que j’ai faite de l’autre coté et qui montre de quoi il s’agit.

Pacemaker 4×5, Aero Ektar 180 pleine ouverture et bascule réduisant la profondeur de champ

Cette photo a donc été faite avec ma Pacemaker une chambre de presse américaine comme celle qu’on les journalistes dans les films des années 50 sur laquelle est monté un objectif qui à l’origine équipait les avions américains pour la photo aérienne pendant la seconde guerre mondiale. Sa très grande ouverture et la possibilité de faire une bascule produisent une image très typée où le fond disparait et où la zone de netteté est si réduite que le regard s’y accroche et que l’on croit avoir par contraste, un rendu très détaillé.

J’ai fait cette photo dans le parc d’un restaurant, on peut penser que ce sont deux enfants assis sur un banc et photographiés de dos, mais en fait ce n’est pas vraiment ça. :mrgreen:

Car oui voici la réalité que j’ai photographiée avec mon Rolleiflex en passant devant le banc:

Rolleiflex T de 1945, Film HP5 120

Et oui, il s’agit d’une statue. Les gens dans l’arrière plan ce sont les forumeurs d’un des deux forums photos auquel je participe, ils étaient en train de s’extasier sur le dernier jouet de mon ami le professeur.

Que de bons souvenirs…

Au final je suis content que cette photo serve à quelque chose, un tel usage d’une de mes création est une nouveauté plutôt agréable pour mon ego malmené. 😆

Dans la lune…

Il s’est passé beaucoup de choses cette semaine, la rentrée, une visite au musée (ben oui trois-quatre personnes dans un musée c’est interdit mais une classe c’est autorisé), l’achat de la carte pokemon (251 euros pour un bout de carton, je ne m’en remets toujours pas) qui vient achever ma première et je l’espère dernière collection de ce genre, la sortie du livre d’un copain avec une de mes photos comme couverture, et tous ces petits riens que j’aime tant comme ce que je récupère sur la carte mémoire de mon bridge après avoir laissé les enfants jouer avec.

Bref des choses importantes pour moi ou juste sympathiques mais pour la plupart tout cela n’est que du matériel, du terre à terre mercantile ou non.

Alors du coup j’ai voulu prendre de la hauteur et j’ai fait cette photo en début de semaine pendant la lune rousse juste avant que les nuages ne viennent gâcher toute occasion de le faire. J’adore la lune et je rêve de faire un jour un vrai « moonscape » sur film. En attendant j’utilise mon bridge au maximum de son zoom matériel et numérique pour avoir cette image de mauvaise qualité mais qui suffit à me faire rêver un peu. En arrondissant l’image avec les fonctions de base de WordPress je fais même croire que j’ai utilisé un télescope ce qui bien sûr n’est pas le cas ! 😎

Archive satyrique

Archive du mardi 30 avril 2008

La fable du corbeau et du lapin

Cher Francis,

       Afin de finir ce joli mois d’avril dans la bonne humeur, j’éviterai d’aborder les sujets qui fâchent ou ceux qui inquiètent.

Ce soir je préfère te livrer une gentille petite fable patronale qui circule sur Internet :

Le corbeau et le lapin

Le corbeau sur un arbre perché
Ne foutait rien de la journée.
Le lapin voyant le corbeau
L’interpella et lui dit aussitôt:
Moi aussi, comme toi, puis-je m’asseoir
Et ne rien foutre du matin jusqu’au soir?
Le corbeau lui répondit de sa branche:

Bien sûr, ami à la queue blanche,
Dans l’herbe verte tu peux te coucher
Et ainsi de la vie profiter.
Blanc lapin s’assit alors par terre,
Et sous l’arbre resta à ne rien faire,
Tant et si bien qu’un renard affamé,
Voyant ainsi le lapin somnoler,
S’approcha du rongeur en silence,
Et d’une bouchée en fit sa pitance
 
Moralité :
Pour rester assis à ne rien branler
Il vaut mieux être très haut placé…

Tout sauf une bande de bêtas !

Ce soir je fais court, je vous laisse découvrir ou je l’espère redécouvrir le riche travail expérimental du Beta band, un groupe aujourd’hui dissout par la faute de leur propre label qui leur a réclamé 1,2 million de livres Sterling ! 😯 Steve Mason un des leader du groupe a même été obligé de travailler sur des chantiers pour épurer une partie de cette dette. Depuis il tente de reprendre bien que mal une carrière solo…

Tout cela est vraiment triste surtout lorsque l’on écoute cette chanson, une vraie chanson d’amour puisqu’elle ne se limite pas à dire que la fille est belle en la limitant à son simple physique ou sa façon de paraitre et de se vêtir, mais chante comme un mantra que la fille aimée est tout simplement formidable. 😀

Jeunes filles en fleurs prenez-en de la graine ! exigez d’être qualifiées de formidables car vous le valez bien et c’est sincère vu que ce n’est pas une marque de cosmétique qui vous le dit, mais un homme qui travaille entouré de femmes parfois manipulatrices et détestables mais globalement wonderful ! 😎

Non père

Aujourd’hui encore certains enfants du groupe que j’accompagne à l’école m’ont touché par leurs demandes simples et belles et par ces petites attentions et gestes affectifs discrets qu’ils ont à mon égard. Que cela soit pour leur lire une histoire ou pour discuter de pokemon et de culture geek, le fait de m’assoir près d’eux et de ressentir le bien-être que je peux leur apporter en leur racontant une histoire ou tout simplement en les écoutant, me touche énormément. Sans vouloir juger leurs parents qui sont souvent plus en difficulté que leurs enfants, je suis obligé de constater que bon nombre des jeunes que j’accompagne n’ont jamais eu ce qui pour la plupart des parents coule de source.

Alors oui, nous les éducateurs travaillons avec les familles pour les aider dans leur rôle de parents, mais hélas entre la mauvaise foi de ces derniers et les limites de nos actions, bien souvent nos beaux projets de soutien ne restent qu’à l’étape des vœux pieux.

Vous commencez à comprendre.. D’un coté vous avez des enfants avec parfois une histoire de vie proche de la mienne et de l’autre un éducateur qui bien que chevronné reste un être humain marqué par ses propres traumatismes et ses manques affectifs passés et actuels. Alors sans entrer dans le piège d’une relation fusionnelle qui serait dommageable pour tous adultes comme enfants, et bien que très conscient des mécanismes de transfert et de contre-transfert, et malgré les collègues qui voient tout cela et pensent de temps à autres à se poser en tiers, au terme de telles journées, je me mets à rêver de devenir père pour pouvoir vraiment porter un enfant dans la vie et non pas l’accompagner quelques années avant de rompre tous les liens comme l’éthique de ma pratique professionnelle l’exige.

Mais cela n’arrivera jamais. Tu ne m’appelleras pas « papa » car faute de pouvoir trouver une femme capable de m’aimer plus que je me déteste, je ne rencontrerai jamais ta mère. Je ne connaitrai donc jamais l’amour qu’un père porte à son enfant et ce qu’il reçoit en retour, pas de moments de tendresse ni de grandes colères, les conflits de l’adolescence… Non rien de tout ça. Puis je ne te verrai pas grandir et devenir tout ce que je ne suis pas avant de finir par poursuivre ton chemin en osant faire des choix le tout avec ma bénédiction plus ou moins tacite mais de sûr mon soutien inconditionnel.

Non, mon enfant, nous ne connaitrons jamais tout cela. Je suis donc condamné à être le père symbolique et professionnel de quelques centaines d’enfants, un rocher sur lequel les éponges qu’ils sont vont se coller pendant un moment en prenant des petits bouts de ma personne loufoque et passionnée pour se se construire des personnalités autonomes et individuées.

Alors oui, au terme de telles journées ponctuées de rires de complicité et de petits gestes de tendresse retenus mais bien repérés comme quand ils m’appellent « papa » sans faire exprès, je souffre de ne pas pouvoir devenir parent.

Mais bon, aurai-je été un bon père ? Les éducateurs ne sont-ils pas de piètres parents en vertu de l’adage selon lequel « les cordonniers sont les plus mal chaussés » ?

Il vaut mieux ne pas prendre de risques, quitte à bousiller une vie avec mes non-choix autant que cela soit la mienne et pas celle d’un autre être qui mérite tout sauf cela.

Alors au bout du compte, mon enfant, s’il te plait, reste dans le néant.

Et sois reconnaissant, car au fond si tu réfléchis bien, je t’épargne un aller-retour.

Plus blanc que blanc !

Histoire de ne pas toujours rapporter que des bêtises ou des non informations le lundi, voici une nouvelle qui sous des dehors de prime abord un peu farfelus est en fait une grande découverte scientifique.

Mais tout d’abord un petit rappel de physique, la lumière du soleil apporte de la chaleur aux objets. L’ensemble des rayonnements émis par le soleil (ultraviolet, visible et infrarouge) sont ainsi des rayonnements thermiques. Cependant la couleur de la matière joue un rôle important puisqu’elle est de nature à absorber ou à réfléchir ces rayonnements. En clair plus vos habits sont clairs et proches du blanc, plus ils renvoient la lumière du soleil et plus ils sont rafraichissants. A l’inverse porter du noir un jour chaud et ensoleillé est très déconseillé.

C’est donc sur la base de cette expérience que nous avons toutes et tous faite un jour ou l’autre qu’un groupe d’ingénieurs de l’université de Purdue dans l’Indiana s’est fixé comme but de créer la peinture la plus blanche possible. Et non, n’en déplaise à Coluche, le résultat est tout sauf du gris clair.

Xiulin Ruan, professeur d’ingénierie mécanique tient dans ses mains un panneau peint avec cette nouvelle peinture qui renvoie 98,1% de la lumière du soleil. Cette peinture utilise le sulfate de baryum, ce qui n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est le processus qui a permis de maximiser l’effet réfléchissant en optimisant avec une très haute précision la taille des particules de cette substance dans le mélange.

Le groupe d’ingénieur a ainsi constaté que leur peinture pouvait garder les surfaces 4,4 C° plus froides que leur environnement vers midi quand le soleil est au plus fort.

Cette ruée vers la couleur la plus ultra-blanche est tout sauf un passe-temps de passionnés, les enjeux environnementaux sont juste immenses. Concrètement, un immeuble peint avec cette peinture ultra-blanche limiterai son recours à l’air conditionné et économiserai ainsi beaucoup d’énergie. Une généralisation de cette couleur dans les bâtiments d’une ville où l’air conditionné est très présent aurait donc un impact très positif sur l’environnement.

Cette idée est tout sauf de la théorie car dans les faits, Certaines villes peignent déjà les toits en blanc pour économiser de l’énergie. New York, par exemple, a récemment peint 929 000 mètres carrés de toits en blanc. Selon la BBC. Les scientifiques envisagent également la possibilité d’utiliser la peinture pour refroidir la planète en peignant des grands panneaux qui serait disposés sur de très grandes surfaces dans des zones inhabitées. D’après les calculs de l’équipe de l’université de Purdue, recouvrir ne serait-ce que 1% de la surface du globe en ultra-blanc réduirai le réchauffement climatique. Avec la fonte des glaciers c’est hélas l’exact opposé qui se produit en ce moment.

Tout aussi impressionné que je le suis par cette nouvelle ( j’imagine déjà avoir un déflecteur ultra-blanc pour faire du portrait grand format en extérieur), je me dois tout de même de relativiser l’efficacité de l’ultra-blanc dans le temps. Car oui tout comme les voitures et les habits le blanc est très salissant, alors l’ultra blanc devient très vite blanc avant de devenir plus foncé. Mais ceci écrit, l’ultra-blanc est tout de même 10% plus rafraichissante que les peintures les plus blanches utilisées actuellement.

Les recherches sur les couleurs se font aussi ailleurs et dans l’autre sens. En 2014 des chercheurs britanniques ont ainsi inventé l’ultra-noir qui absorbe 99,9% de la lumière visible. Nommé « Vantablack », ce produit n’était au départ ni une peinture, ni une couleur mais un revêtement issu d’un processus de fabrication ultra complexe. Ce procédé a été médiatisé lorsqu’il a été très partiellement achetée par Anish Kapoor un artiste qui détient désormais le droit de l’utiliser pour son art. En 2017, des chercheurs ont trouvé un moyen de pulvériser le Vantablack comme n’importe quelle peinture et ont ainsi peint divers objets. Le Vantablack n’est presque pas visible pour l’œil humain et si on fixe son regard sur un objet qui en est recouvert, ses dimensions disparaissent. Un ballon recouvert de Vantablack s’est ainsi transformé pour ses observateurs en un cercle plein. Cela donne l’impression que l’on est en face d’un vide abyssal, un gouffre dans l’espace, bref cela revient à regarder un trou noir ce qui doit être plutôt déstabilisant.

Alors à présent je n’attends qu’une seule chose c’est que cet artiste ait l’idée de créer une œuvre mélangeant l’ultra-blanc et le Vantablack pour créer le contraste ultime. Allez chiche ! 😀