La ville d’en bas vu du haut

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Pont de Roide, Moskva 6×9 industar 105mm à F11 sur film Portra 400, dev maison scan Nikon Super Coolscan 9000

Et pour voir cette photo en version 3XL c’est ici que ça se passe : cliquer ici

Cette semaine je vous propose cette photo de paysage prise depuis un belvédère, il s’agit de la ville de Pont de Roide. Non, je ne l’ai pas faite avec une chambre ni avec un moyen format moderne et sophistiqué. Bien au contraire cette photo faite à main levée (mais appuyé sur la barrière) est l’une des merveilles que je dois à mon Moskva, un folding russe des années 50 refait à neuf par un réparateur qui a été obligé de cannibaliser trois boitiers en bon état pour avoir les pièces de qualité suffisante pour faire de ce Moskva le boitier qu’il devait être. Car oui dans les années 50 déjà, le « miracle soviétique » commençait à battre de l’aile et les ouvriers sous payés et victimes du stakhanovisme n’étaient pas très motivés pour faire un travail vraiment exemplaire.

Ce boitier je l’ai appelé Maéva, c’est un jeu de mot entre le prénom du réparateur ( Maël Bicquet) et le nom de l’appareil (Moskva). J’y tiens vraiment très fort. J’en parle aussi dans cet autre article.

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Ce qui est étonnant avec ce télémétrique moyen format, c’est qu’il est aussi bon pour des sujets proches que pour des sujets lointains, son objectif est une copie des tessars. Mais peu importe ces détails techniques l’important c’est le lien qui m’unit à cet appareil qui a été une source de frustration avant de devenir une source d’émerveillement continu. En bref il s’agit là encore d’une autre de mes histoires de persévérance qui a fini par porter ses fruits. Je prévois de publier d’autres photos faites avec ce matériel, en attendant n’oubliez pas de regarder la photo en version 3XL pour bien profiter du paysage ! 😎

La lointaine époque du chat (IRC)

Voici une archive du mois de novembre 2006, à l’époque je passais des nuits à discuter en direct avec des japonais et avec des passionnés du Japon.

Mercredi 8 Novembre 2006

Cher Francis,

       Hier soir j’ai continué ma quête de correspondant japonais en me rendant cette fois sur un site de tchat. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait cela et je me demandais pourquoi j’avais arrêté de le faire. L’endroit était sympa, j’ai été bien vite accueilli et j’ai pu apprendre énormément de choses en lisant les réponses et les questions des personnes présentes.

La discussion était agréable, nous parlions cinéma, cuisine, culture japonaise… J’étais aux anges vu que je pouvais enfin discuter de ces sujets avec d’autres personnes aussi intoxiquées que moi sinon plus. Le coté virtuel de la discussion s’effaçait devant la richesse et la chaleur des échanges, j’avais l’impression d’avoir trouvé un endroit agréable et motivant où j’allais pouvoir avancer dans ma recherche de correspondants.

Soudain une personne fit éruption sur le site de tchat avec un pseudo italien et commença à attaquer avec des insultes racistes l’un des participants dont le pseudo évoquait l’Afrique. L’absence de modérateur sur le forum fit qu’il multiplia les grossièretés fascistes pendant plus d’une heure troublant les échanges des autres membres.

Voici pourquoi j’avais arrêté les tchats il y a quelques années, j’avais été sans doute découragé par la présence de telles personnes ainsi que par l’absence de concrétisation dans le réel de ces échanges virtuels. De plus mon honnêteté et ma franchise sont de lourds handicaps pour la pratique de ce mode d’expression où tout le monde ment au moins un peu  sur son image et son vécu. Dans ces conditions le fait d’être honnête et transparent rend la personne ennuyeuse.

Cependant en ces temps de disette affective le moindre réconfort aussi virtuel soit-il compte alors pourquoi pas ne pas y passer de temps à autre? et qui sait j’y trouverai peut-être enfin une piste…

Aujourd’hui, c’est à dire 13 ans plus tard, je ne vais plus du tout dans ces endroits car j’ai tour à tour réalisé que je ne verrai jamais ces personnes dans la vie réelle puis plus récemment que je n’irai jamais au Japon. Du coup le lien vers ce chat est dans mes favoris, je l’ouvre en gros une fois par mois mais ça s’arrête là.

A présent je rêve d’un pays avec des gens avec qui je pourrai communiquer sans soucis, un pays où la vie serait bien moins chère et avec des grosses bestioles que j’aime tant à photographier et à manipuler. Bref oui mon nouveau rêve c’est l’Australie. :mrgreen:

 

Little wonders

Mes centres d’intérêts sur le tube sont si diversifiés que je suis abonné à beaucoup de chaines différentes. L’un d’elle a ensoleillé ma journée de lundi en me montrant une nouvelle vidéo le matin avant de partir au travail.

Mais bon là je pense que je vais perdre les deux personnes qui me lisent car je vais annoncer que cette chaine est celle d’un croate qui élève des tarentules. 👿

Une fois de plus pour moi ce sont les personnes qui ont peur des araignées qui ont un souci, pour ma part les voir me fait beaucoup de bien car elles me fascinent, pas au point d’en élever des espèces exotiques comme ce croate, mais les observer et m’imaginer en train de les manipuler suffit à me donner le sourire. Désolé c’est comme ça. :mrgreen:

 

Strange days

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Aujourd’hui j’ai passé ma journée à rire car au niveau de mon travail, les situations absurdes se sont enchainées avec une telle célérité que la seule réaction saine était d’en rire ouvertement et de bon cœur en plus de ça ! Car non, je l’affirme aujourd’hui je n’ai pas ricané ni ironisé ni même balancé de sarcasmes, j’ai juste simplement rigolé des absurdités du jour.

Aujourd’hui c’était l’exercice de confinement et j’ai passé presque 20 minutes au sol comme les enfants je devais rester couché et silencieux pendant qu’un prof qui jouait le méchant, secouait la poignée de la porte d’entrée et tapait sur les portes et les vitres.

Le genre d’exercice absurde et inefficace vu qu’un vrai assaillant défonce les portes et ouvre le feu. Du coup jouer à faire les cibles idéales au sol c’était déjà très drôle mais voir mon petit démon que je devais garder dans cette classe se tortiller et faire toute la salle en rampant était au début gênant mais au final, constatant mon impuissance à l’immobiliser vu que moi-même je ne devais pas bouger, la situation a fini par me faire rire intérieurement mais très fort quand même.

A la fin de l’exercice j’ai appris avec consternation que la porte de ma salle ouverte a permis à l’agresseur comédien de massacrer (fictivement) deux classes dont celle de Claude. Je n’ai pas vraiment assuré sur ce coup là et à présent je fermerai toujours ma salle chose que je n’ai jamais faite.

Et puis toutes ces difficultés des enfants qui se répètent et auxquelles nous apportons les mêmes réponses, ces cris, ces regards vagues et notre impuissance face à tout cela et bien là encore aujourd’hui j’ai trouvé ça drôle. Non je ne me suis pas moqué, je respecte bien trop les enfants leurs différences et leurs difficultés. En y réfléchissant, c’est de moi que je riais comme si d’un coup je sortais de mon corps pour me contempler au milieu de cette situation ubuesque tentant en vain de mettre du sens et de l’ordre avec mes outils d’éducateurs.

Écrire tout cela m’aide beaucoup car au bout du compte je pense avoir compris ce qui m’est arrivé aujourd’hui. En fait (les enfants adorent dire « en fait » quand ils commencent à parler aux adultes comme si ils avaient compris que ces deux mots sont des mots d’adultes qui fixe leur attention et rend leurs discours crédibles à leurs oreilles). Donc oui, en fait, je pense que je viens de développer une nouvelle faculté, une mutation secondaire qui fait qu’à présent je suis capable de prendre du recul et de dédramatiser les choses. Une qualité indispensable dans un métier comme le mien où l’on doit mettre de coté les grandes espérances, accepter les limites de notre action et être conscients du temps nécessaire pour que le moindre progrès soit réalisé.

Ne pas se crisper, rester calme, serein et maitre de ses émotions tout en restant attentif et bienveillant, tout cela devient donc possible avec un sourire. Je vais tenter de retenir la leçon, cette page de mon blog m’y aidera. Ou pas ? 🙄

 

 

Burger watching

Cette semaine, les lundis insolites nous emmènent en Islande, un pays connu entre autres choses pour être un des seuls pays en Europe à ne pas avoir de Mac Do sur son sol. Car oui cette firme courageuse et vertueuse avait fuit le pays lors de la grande crise économique de 2009. Le 31 octobre de cette année-là, juste avant la fermeture des trois restaurants encore en exploitation, un islandais, Hjörtur Smarason achète un menu et décide de le mettre sous cloche pour la symbolique et pour vérifier si ce genre de nourriture ne se décompose pas comme le prétend la légende.

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Au début Hjörtur le laisse trainer dans son garage puis cette « œuvre » est accueillie au musée national d’Islande avant de continuer son trajet dans une auberge puis dans une maison d’hôtes à Thykkvibaer, dans le sud de l’Islande.

Aujourd’hui, c’est à dire dix ans plus tard, ce menu est devenu un peu moins présentable (cf.ma capture d’écran plus bas) mais n’est toujours pas décomposé, à priori à cause de l’absence d’humidité dans l’air. Le plus insolite dans tout ça c’est que vous pouvez surveiller son état en vous branchant sur le site de la maison d’hôtes qui l’abrite et qui le filme en temps réel : https://snotrahouse.com/last-mcdonalds/ Pas sûr que ce genre de publicité soit du goût du roi de la malbouffe… 😆

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Aux nouveaux commencements…

Aujourd’hui est un jour un peu spécial, c’est la fin de mes vacances pendant lesquelles je n’ai vraiment rien fait (même pas honte) mais c’est aussi le jour des nouveaux commencements. 😎

J’explique. Un de nos plus fidèle lecteur qui se reconnaitra m’a offert son aide ses compétences et sa vue meilleure que la mienne pour que je puisse enfin utiliser pleinement  mon scanner professionnel Quatographic Pro 42 ! La qualité de cet outil va enfin me permettre de scanner avec une bonne qualité mes plans films notamment les plus grands (13×18 et 8×10). Alors un grand merci à toi Claude !!!  😀

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Du coup, histoire de mettre une bonne couche de symbolique lourdingue, pour la photo de ce dimanche j’ai décidé de scanner le tout premier plan film que j’ai exposé il y a de ça plus de dix ans. J’avais juste posé ce cher M Lapin sur une chaise et j’avais utilisé ma Linhof Color et ce bon vieux Tele Arton 240 à pleine ouverture et sans mouvements ce qui explique les zones de flou mal posées. Et oui, en même temps c’était mon premier plan film alors… 😆

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Et en version 3XL pour bien voir les performances du scanner sur la zone nette (le ventre) et bien c’est ici qu’il faut cliquer.

 

Tuto spécial Halloween :Faire un remake de film d’horreur avec les moyens du bord.

C’est donc le moment de clore cette semaine Halloween avec ce tuto.

Voici une incroyable démonstration des frères Mase qui sont bien français en dépit des apparences et qui n’ont utilisé que des choses dans la maison et leur imagination pour refaire le trailer de Chucky II plan pour plan.

Un seul mot : Génial !  😎

Tous un dans la mort à venir (archive)

Mercredi 1er Novembre 2006

Cher Francis,

       Cette Toussaint 2006 est des plus contrastée. A l’extérieur la chaleur et la lumière intense ainsi que ce léger vent donnaient à ce jour une brillance très particulière que j’aurai bien aimé fixer sur pellicule argentique avec mon attirail de reporter de guerre. Dans mon esprit par contre, de la pluie, des nuages et de grandes incertitudes tout cela causé par le fait de penser une fois de plus à la mort.

Un tour sur le cimetière pour voir les gens se presser autour des tombes puis le retour au foyer en buvant un thé d’Amsterdam au fort goût boisé accompagné de scones (biscuits secs traditionnels d’Écosse). Une petite virée dans l’espace sur l’Enterprise suivi d’un petit somme et me revoilà devant mon clavier. Cette fois cependant je suis dans la pièce du bas.

Une telle journée ne m’a laissé que très peu de temps pour méditer sur le sujet préoccupant du jour; la mort. De toute façon vu que je t’en parle très régulièrement, il n’y a pas de raisons d’en dire encore plus en ce jour. Enfin si, peut-être…

Je voudrais juste te dire que pour cette Toussaint 2006 la mort se fait vraiment très pesante et vient ternir cette belle journée non seulement à travers les différents rites qui me rappellent que parmi les miens nombreux sont ceux qui s’en sont allés avant l’heure, mais aussi à travers la grande campagne médiatique en cours sur les dégradations irréparables subies par l’environnement. La Toussaint 2006 s’impose donc comme une bonne cuvée macabre.

En ce jour j’ai pris conscience d’être un être mortel sur une planète qui se meurt, victime après des millions d’années d’évolution d’une forme de vie devenue assez puissante pour tout anéantir en moins de 100 ans, et ce, avant de succomber elle -même des conséquences de sa propre folie destructrice.

Mais avant cela, nous allons devoir suivre les derniers soubresauts des humains qui tels des insectes nécrophages continueront à pulluler sur ce cadavre de planète jusqu’au jour où il ne leur restera plus rien à assimiler. Fort heureusement les programmes spatiaux ont été fortement ralentis, il y a ainsi de bonnes chances pour que cette infection reste en quarantaine dans ce quadrant avant de disparaître dans le néant sans avoir pu envoyer d’autres représentants sur d’autres planètes terraformées.  

En attendant, nous voici condamnés à être les spectateurs frustrés et démunis des différents événements qui s’annoncent sur la grande scène. Les famines, les guerres, les catastrophes naturelles, les images quotidiennes de ce monde à l’agonie… Enfin tous ces signes avant coureurs du grand final qui nous empêchent d’espérer autre chose que la non-existence de la réincarnation.

Préparons-nous donc Francis, la grande Toussaint approche, celle qui ne laissera ni tombes, ni fleurs, ni visiteurs du premier novembre…

13 ans plus tard, à la lumière des catastrophes écologique et économiques imminentes, mon texte est malheureusement encore plus d’actualité. De quoi bien saper le moral. Désolé mais moi aussi je préfère quand j’ai tort. 😥