Zut de chûtes !

Il y a deux semaines je faisais une chute qui m’a occasionné une large plaie sur le front qui se transformera en cicatrice, et avant hier c’est ma mère de 83 ans qui tombait en bas de l’escalier sur le dos.

Voici deux nuits que je la veille, elle marche et travaille et n’a rien de cassé mais elle est contusionnée et cela lui entraine une certaine gêne respiratoire et ainsi un sommeil plus compliqué. C’est pour cela que là à 9h30 du matin elle est encore couchée.

Je devrais me réjouir qu’elle n’aie rien, mais il n’en est rien, cet accident me montre à quel point ma vie est devenue fragile moi qui n’ai rien. Si quelque chose devait lui arriver que deviendrai-je ?

Impossible de la surveiller tout le temps, je travaille et bien sûr elle refuse toute adaptation de sa maison et continue à utiliser des escabeaux pour atteindre les placards en hauteur. Au quotidien je me démène pour anticiper ses besoins pour qu’elle n’ai pas besoin de prendre des risques mais cela est toujours vain, elle n’a même pas encore abandonné sa volonté de prendre sa voiture sans permis pour aller en courses.

Bref, une fois de plus je suis bien seul dans ce merdier qui va faire de ces cinq semaines de vacances un vrai enfer. 😦

L’emprise des choses

Voici plus de deux semaines que l’on m’a demandé de vider les deux endroits où je stockais (bon nous sommes entre nous donc on va dire où je cachais) pas mal de choses personnelles que j’utilisais souvent, peu ou pas du tout pour mon travail avec les enfants.

Car oui, pour mes employeurs le fait d’encombrer de façon invisible ces deux salles n’avait jamais posé de problèmes jusqu’à cette année où la féminisation des cadres et la relocalisation des services dans le même bâtiment ont fait que j’ai du laisser ma salle et vider les placards ainsi que ce qui était mon second labo photo.

Vider, trier et jeter cela m’a pris plus d’une semaine…

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Et bien sûr, ce qui pour certains est un exercice bienfaisant s’est vite transformé pour moi en expérience très désagréable.

Surtout lorsque j’ai ramené ce que je ne pouvais pas jeter pour le stocker dans mon labo, seule pièce disponible dans toute la maison. L’encombrement ainsi créé m’a bloqué l’accès à mon matériel de développement et a ainsi retardé la bonne surprise de mon dernier auto portrait en grand format.

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Cette petite chronique personnelle aussi futile que dérisoire n’est en fait que le début de ma réflexion du jour sur quelque chose qui me turlupine depuis que j’ai commencé ce que j’ai décidé d’appeler mon combat contre les choses, je veux bien sûr parler de l’emprise que les objets ont sur nos vies.

Une grande partie de notre activité humaine a pour but soit d’acquérir des biens soit de se procurer les moyens de le faire et parmi ces biens en dehors de la nourriture et des outils vraiment utiles et non redondants dans notre quotidien, aucun n’est vraiment indispensable. Oui il faut se l’avouer, nos objets sont avant tout des choses importantes pour nous mais bien souvent sans réelle utilité. Les raisons qui nous ont poussé à les acquérir sont bien souvent liées au désir d’éprouver la courte joie que l’on ressent lorsque l’on ouvre le colis où que l’on passe à la caisse. Acheter un nouvel objet non indispensable qu’il soit un objet de confort ou un outil, ne changera rien à nos vie mis à part le fait d’éprouver cette satisfaction passagère et peut-être se sentir moins vide à l’intérieur car comblé d’objets à l’extérieur. Les publicitaires qui créent les besoins pour vendre des produits qui font tourner notre système économique le savent bien.

Peu importe les raisons conscientes ou inconscientes des ces acquisition, on achète, on achète encore et encore, et là, comme dans mon cas on tente de les jeter de s’en libérer et c’est là que l’on se rend compte de l’incroyable emprise qu’ils ont sur nous. Le dessin d’un enfant, la carte faite pour mes 40 ans par les enfants et ma collègue, les cours de l’école des éducs, ce bout de métal qui est un morceau de l’école dans laquelle j’étais avant, un joli coquillage, un caillou ramené pendant d’une balade…Et tant de photos…

Non c’est impossible de jeter les souvenirs, c’est aussi difficile quand on a eu mon éducation de jeter des choses qui peuvent encore servir. Dans mon cas mon rapport aux choses est encore compliqué par le fait qu’à l’instar de certains peuples asiatiques, je leur accorde parfois une âme, un semblant de vie qui me pousse à les protéger. Enfin il existe une autre raison que l’on n’évoque jamais car trop honteuse, c’est bien sûr la flemme qui fait que l’on adopte une attitude procrastinatrice face à l’urgence du rangement et que l’on se retrouve ainsi parfois dans un terrifiant capharnaüm.

Et c’est ainsi que le piège des choses se referme sur nous à grand coups de  « je suis un souvenir » de « je peux encore servir » ou pire de « ne me jette pas je suis un objet doté d’une âme ». La suite vous l’avez vu ci dessus, c’est le cauchemar des choses qui envahissent votre espace et paralysent votre activité sans rien vous offrir en échange que de creuses et trompeuses promesses de joies à venir.

Depuis cet incident, je ne cesse de penser à mon rapport aux choses et je réfléchis à ce que je dois faire pour m’en libérer.

  • La première idée est de se faire aider lorsque cela est possible, les femmes prennent un main plaisir à jeter les affaires des hommes car elles ont conscience des souffrances que cela engendre chez eux mais d’un autre coté cela fait d’elles des alliées précieuses dans ce combat contre les choses.
  • Avant d’acheter quelque chose de neuf ou d’occasion se demander si on a vraiment besoin de cet objet ou si ce n’est qu’une énième tentative de combler le vide par le plaisir très éphémère de l’acquisition. Ces derniers jours j’ai failli acheter une quatrième basse (j’en ai trois en comptant celle pour le projet avec les gamins) et fort heureusement c’est mon prof de basse qui m’en a dissuadé de façon très efficace.
  • Face à un objet « souvenir » se demander si ce souvenir est si clair que ça et si il l’est se poser la question de son importance ou de la façon dont on va le consulter. La carte de mes 40 ans était énorme, où pouvais-je le stocker mis à part dans un placard de l’établissement et de toute façon je n’allais pas la regarder si souvent car les enfants qui l’ont signé ne font plus partie de mes souvenirs. Du coup en faisant cet exercice j’ai réussi à la jeter.
  • Cet objet peut servir… Oui mais à qui ? quand ? n’est pas un faux prétexte pour ne pas avoir à le jeter ? Des vieux aspirateurs j’en avais déjà deux donc celui trouvé dans le labo est parti vite fait à la déchetterie.
  • Enfin quand je regarde mes livres, mes CD, mes DVD je me dis que la technologie moderne offre des possibilités de stockage qui pourraient dans l’idéal me permettre de créer un espace culture dans la maison avec un écran relié à un ordinateur doté d’un très grand disque dur et d’une connexion Internet. Mais bon je refuse de lire un livre sur écran ainsi que de ne plus avoir le plaisir de faire tourner mes vinyles, du coup cette solution serait une semi victoire me débarrassant des DVD et CD.

Ceci écrit, je sais que mon combat contre les choses pour la reconquête de ma vie ne sera possible qu’en jetant et en vendant lorsque cela est possible. Mon labo est accessible depuis samedi après-midi, cela fait une bataille de gagnée mais la guerre elle-même ne fait que commencer.

En conclusion il est clair que notre rapport aux choses vient dire beaucoup de choses sur nous-mêmes et nos conflits internes. Le fait pour moi d’écrire ce long article pour trouver la force de réduire la part des choses dans ma vie, témoigne d’une volonté de ma part de trouver enfin une petite partie de bonheur dans ma vie, un genre de bonheur à bas prix, très bas mais régulier et ne passant pas par les choses.

Me remettre à la musique ou intensifier ma pratique photographique sans acheter d’outils ou de consommables qui ne soient pas indispensables me semble être une bonne idée car cela va me procurer de bonnes vibration tout en me poussant à aller vers les autres pour apprendre et partager. 🙂

Accompagner le travail de deuil

Ce soir j’avais deux sujets à développer, tous deux me tenaient à cœur et du coup je vais jouer à pile ou face. Bon, je viens de jouer, mon combat en cours contre les choses attendra donc la semaine prochaine car là je vais vous parler d’autre chose. Et pour commencer d’en parler rien ne vaut une photo comme celle de ce que je viens de finir de fabriquer :

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Dans ma vie d’éducateur, en dépit de mes talents manuels très limités,  j’ai déjà fabriqué des tas choses. Mais là, une plaque à poser sur une tombe, c’est inédit. 😯

Parmi les douze enfants de ma « classe », une petite fille de bientôt dix ans a vécu des choses très difficiles dont la pire a été la mort de son père en février dernier suite à une longue maladie, oui LA longue maladie. Voici deux ans que je travaille avec elle et ensemble nous avons connu des moments rigolos, mais hélas des moments difficiles, des crises et des larmes partagées, bref cette gamine je devais en parler un jour car sa souffrance et son histoire me renvoient beaucoup de choses de mon propre passé et ses récentes crises de colère violente et ce qu’elle disait pendant ses colères m’ont fait comprendre que je devais l’aider dans son travail de deuil.

Car oui, suite à des histoires de famille et à pas mal de situations complexes et difficiles, la petite n’avait pas été à l’enterrement de son père (j’y était avec deux collègues pour la soutenir tandis que sa mère étaient restées chez eux). Ainsi pour elle la mort de son père n’est pas très claire et le stade de l’acceptation du décès s’est passé de façon un peu bancale. La semaine dernière pendant une crise violente, la voici qui accède au stade de la colère mais en la tournant contre elle-même :

« Si mon papa est mort c’est de ma faute car j’ai été trop méchante !!! ».

C’est là que je me suis rendu compte qu’un gros travail autour du décès de son papa devait être fait pour l’aider à passer le cap et quoi de mieux que de faire ce qu’elle n’a pas encore pu faire faute aux histoires de famille et à l’absence de moyen de transport ; aller au cimetière dans le « jardin du souvenir » où les cendre de son père sont déposées pour y laisser cette plaque fabriquée à partir d’un dessin qu’elle a créé avec moi sur l’ordinateur avant de le colorier. Je l’ai bien sûr plastifié et alourdi avec une équerre en métal pour qu’il reste debout et en place.

Voilà, et tout ça c’est le programme de demain matin et bien sûr, histoire de rajouter du symbolique, je vais être accompagné par ma collègue histoire de bien lui faire comprendre que tout au long de sa vie elle devra trouver à travers ses rencontres du « père » pour remplacer celui qui est perdu et de la « mère » pour combler les manques de la sienne.

Sa quête de l’autre ne fait donc que commencer mais ça elle le découvrira par elle-même, demain avec ma collègue nous aurons beaucoup de mots à poser et nous finirons notre travail avec elle dans un mac do ou flunch histoire de faire autre chose qu’une visite austère  dans un endroit qui nous rappelle notre propre destin.

Et tiens, pour une fois je vais m’autoriser à reprendre ce message demain histoire de vous raconter et de raconter au moi du futur ce qui s’est passé demain.

A suivre donc…

Bon voici donc la suite…

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Ce matin, mardi 8 juillet 2020, après avoir inventé et ajouté cette petite fleur bleue sur la plaque pour cacher le gros point de colle, je suis allé chercher la petite chez elle et je suis passé au travail pour rejoindre ma collègue qui m’a accompagné dans cette expédition.

Nous sommes donc arrivés au cimetière dans lequel nous sommes entrés en faisant grincer la lourde grille comme il se doit pour l’ambiance… Nous trouvons la tombe tout au fond du cimetière, c’est une sépulture familiale, les cendres du père de la gamine sont posées vers la pierre tombale dans une superbe urne en marbre. L’enfant toute excitée comme à son habitude joue avec l’arrosoir qu’elle a pris à l’entrée du cimetière, je la laisse arroser les plantes puis je prends la parole.

Tu sais pourquoi nous sommes là ? Nous sommes là pour que tu puisses poser cette plaque pour ton papa et pour t’aider à penser à lui. Je voudrais aussi te redire ce qui s’est passé autour de la mort de ton papa, c’est une maladie grave qui l’a tué, une maladie que l’on ne sait pas encore guérir très bien. Alors non, même si tu as fait des bêtises et si tu as été pénible ce n’est pas ça qui a causé la mort de ton papa mais cette terrible maladie… Arrête de dire le contraire quand tu es en colère et sinon aujourd’hui nous sommes sur le cimetière pour faire ce geste important mais après nous voulons que tu arrêtes de penser à la mort, tu vas avoir dix ans tu as toute la vie devant toi avec tant de choses à découvrir tant de personnes à rencontrer, donc non, même si tu penses souvent à ton papa, essaie de penser avant tout aux bons moments que vous avez passé ensemble et pas à la mort car ta vie à toi ne fait que commencer…

Je continue sur ce thème avec des mots adaptés, aidé par ma collègue qui vient naturellement compléter et enrichir mes phrases. Puis voyant que la gamine semble avoir du mal à bien écouter et commence à faire un peu n’importe quoi (en clair nous l’avons gavée), je me me souviens d’un film de Pagnol « La femme du boulanger » et du coup je décide de faire comme dans le film, je cesse de m’adresser à la petite et je parle à son papa décédé comme si il était devant moi et peu à peu les larmes me montent aux yeux…

Bonjour M…… C’est moi Laurent qui accompagne votre fille depuis quelques années, vous savez ce n’est pas tous les jours facile, mais je vous promets qu’avec ma collègue nous allons faire de notre mieux pour l’aider à se mettre au travail et à comprendre qu’elle doit faire de gros efforts en classe et en activité. Comptez sur nous pour lui dire stop quand elle fait n’importe quoi ou qu’elle se montre désagréable. Nous allons l’aider à grandir et à se préparer pour la suite de sa vie. 

La petite fille arrête de jouer et semble avoir bien écouté ma promesse à son papa, cette technique « Pagnol » a donc un double bénéfice, un premier immédiat qui est de fixer l’attention de l’enfant, et le second sur le long terme qui sera que dans les moments difficiles, nous lui rappellerons cette promesse qui bien que unilatérale n’en est pas moins sincère.

En écrivant ces mots je me rends compte que j’ai fait un genre d’entretien avec une personne décédée… C’est un peu limite d’appuyer une partie de notre légitimité sur un monologue devant une tombe, mais je fais confiance à mes tripes et mon instinct de travailleur social qui me soufflent que je n’ai pas été trop mauvais sur ce coup là…

Voilà, c’était une petite chronique que je voulais vraiment consigner ici en espérant que cette humble expérience aide quelqu’un dans le futur.

Grosse fatigue

Est-ce le contrecoup de mon weekend dans le Haut Jura ou les enfants qui aussi fatigués que moi, voire plus ont été insupportables hier ? Bref, je ne le sais pas mais il est 19h33 je me suis endormi devant la page que j’allais écrire alors pour ce soir je dis me rendre à l’évidence c’est le lit qui gagne !

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Incohérences et autres stupidités

Je viens de revenir d’un magasin de fringues bon marché et j’ai constaté médusé que pour des raisons liées à la situation sanitaire (corona virus) les cabines d’essayages sont fermées. A la caisse j’en parle à une employée qui dit que cette idée fait que de très nombreuses personnes reviennent dans le magasin pour changer leurs habits dont la taille ne convient pas. Du coup en voulant freiner le virus en fermant les cabines, ce magasin ne fait qu’augmenter les risques de contamination en multipliant les clients présents dans cette boutique (plus d’un quart d’heure d’attente aux caisses), et tous n’ont pas de masques… 👿

Alors que nous venions de retrouver le travail, on nous demandait fort à raison de respecter des tas de procédures pour se protéger des contaminations avec notamment une limitation du nombre de personnes dans une salle fermée même avec des masques. Par contre pour manger donc sans masques pendant une heure, à plus de 20 dans une petite salle, cela ne posait pas de problèmes. Encore plus fort, ma solution pour régler le problème qui consistait à aller manger dehors alors qu’il faisait très beau et que les repas étaient tirés du sac a été refusée avec force sans aucune raison valable !  👿 👿

Je continue comme ça ou est-ce que j’ai vraiment besoin d’évoquer la fête de la musique du weekend dernier ? 👿 👿 👿

Alors oui que cela soit la cupidité de certains acteurs économiques, la volonté de l’état de relancer l’économie ou tout simplement les manifestations d’autorité de petits chefs frustrés, des tas de décisions stupides et incohérentes ont été prises et continuent d’être prises chaque jour au nom de la lutte contre le virus.

Ces derniers jours nous semblons vraiment tirés d’affaire (peut-être pas pour longtemps) alors pourquoi ne pas tenter de réfléchir afin d’éviter ces idioties ?

Ah, euh désolé je viens de relire ce que j’ai écrit juste au dessus sur les raisons de ces incohérences, du coup voire la raison et la logique triompher face aux intérêts économiques, sociétaux, étatiques et face à l’égo des petits chefs est purement illusoire.

L’humanité ne mérite pas d’être sauvée, j’en suis de plus en plus convaincu.

Retour à l’anormal

« Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu’elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d’une chose : une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même. et c’est bien cela le vrai pouvoir des tempêtes »

Haruki Murakami – Kafka sur le rivage fin de la citation retraduite par mes soins.

La vie reprend donc son cours et ce de plus en plus rapidement. Retour des enfants à l’école, réouverture des frontières, il n’y a plus que les monde du spectacle qui n’a pas encore repris le travail, et encore…

Mais chose étrange, peu de personnes évoquent ce qu’elles ont vécu pendant le confinement avec notamment cette peur omniprésente amplifiée par les médias et d’une certaine manière, instrumentalisée par les pouvoirs public.

Je constate aussi que les belles résolutions des particuliers comme des responsables politiques promettant pour leurs personnes et pour leurs pays de tirer des leçons de la crise sont restées lettres mortes. Dans les faits la levée du confinement puis de quasiment toutes les restrictions s’est traduit par ni plus ni moins qu’une volonté de faire tout ce qui n’avait pas été possible de faire et ce de la façon la plus intense et rapide possible.

Niveau pollution c’est reparti comme avant enfin non plus grave qu’avant vu que de nouvelles pollutions générées par la crise viennent aggraver la situation comme ces masques chirurgicaux (non biodégradable faut-il le rappeler) que l’on retrouve par terre devant les supermarchés. Bref retour à la normale, enfin disons plutôt à l’anormal de cette situation ubuesque où une race évoluée refuse de progresser et de sauver sa planète préférant lorgner du coté des ténèbres et de la destruction.

Donc non, désolé Murakami San, les tempêtes ne sont plus ce qu’elles étaient, la seule façon de sauver l’humanité de son auto-destruction auto programmée est d’attendre la prochaine pandémie, celle que l’on ne pourra pas contrôler en confinant les personnes et les esprits et qui fera des ravages suffisants pour enfin aboutir à une vraie remise en cause planétaire suivie d’effets concrets.

En attendant à mon petit niveau je reste dans mes engagements pris en temps de crise en continuant de travailler ma musique chaque jour. J’ai d’ailleurs récupéré et envoyé la basse de Sarah chez le luthier pour faire vivre ma promesse et le souvenir de ma nièce partie bien trop tôt…

 

The Toshiyuki effect

C’est donc vendredi que j’ai enfin retrouvé un être cher, ma 309 GT plus connue dans ces pages sous son nom, c’est à dire Toshiyuki.

La voici photographiée moins d’une heure avant la mise en ligne de cet article.

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Je ne vais pas réexpliquer le lien très spécial entre cette voiture et moi, je ne vais pas non plus rappeler que cette voiture âgée de 34 ans me véhicule sans avoir eu la moindre panne depuis bientôt 15 ans…

Non, ce soir une fois de plus débordé par le travail et face à une certaine fatigue, je vais me contenter d’évoquer ce qui me fascine le plus chez elle. Car oui en dehors de son pouvoir de transporter des choses encombrantes et longues (aujourd’hui un grand écran de projection vintage sur pied ) de sa faculté de me faire revenir dans les années 80 (j’ai même fait installer l’auto radio Blaupunkt sans lecteur cassette qui était en série sur ce modèle de luxe), de sa manière de me faire prendre conscience de la vitesse, de l’inconfort et les deux mélangés, du danger… Bref en dehors de tout ça et de bien d’autre choses, son vrai pouvoir n’a jamais été évoqué.

Cette faculté incroyable réservée aux machines et objets dotés d’une âme est la suivante : lorsque je suis avec elle, même la plus périlleuse des journées devient un jour positivement mémorable.

Car oui la nuit dernière ma nuit a été courte et tourmentée car j’ai été convoqué avec ma nouvelle collègue, une éducatrice compétente et géniale pour entendre la décision de notre hiérarchie quant à notre affectation pour la rentrée prochaine. Nous étions ainsi tous deux très inquiets à l’approche de ce mercato du social, le matin j’avais encore une grosse boule au ventre, mais après avoir retrouvé les sensations incroyables apportées par les 105 chevaux très nerveux du carburateur double corps monté sur le 1,9 litre essence, j’avais retrouvé toute ma joie de vivre et arrivé dans le bureau avec ma collègue j’ai su avant que la porte ne se ferme que le résultat de l’entretien serai positif.

Et ça a été le cas ! nos responsables constatant notre bonne entente et les nouveaux projets que nous mettons ou allons mettre en place, ont décidé de renoncer à leur plan d’envoyer l’un ou l’une d’entre nous sur le groupe du collège. Nous allons donc passer une année très riche avec la maitresse des écoles qui fait équipe avec moi depuis plus de 15 ans… Le reste de la journée tout content de cette bonne nouvelle et en contemplant depuis la fenêtre l’agréable anachronisme de mon véhicule adoré, j’ai fait une très bonne journée avec notamment une petite séance de musique avec une jeune fille qui ce soir va s’endormir avec des envies de guitare !

Et en parlant d’instruments à cordes, je ferai bien d’arrêter de radoter pour mettre cet article en ligne et reprendre mes exercices de gamme pentatonique majeure sur ma basse ! :mrgreen:

Retour à la normale

Passer une bonne journée avec les enfants, sortir du boulot, aller acheter diverses choses dont des livres en librairie puis rentrer au village et voir que le pub est ré ouvert avec des terrasses accueillantes… Descendre deux pintes manger (car je ne mange pas le midi ni le matin) et finir devant cet écran…

C’est clair tout est redevenu comme avant.

Deuxième vague s’abstenir ! 🙄

It’s just another day…

Au travail et dans ma tête, tout devient confus et angoissant mais je n’ai pas envie d’en parler, du moins pas ce soir.

Non, là après une journée de travail et des courses assez compliquées, je suis rentré chez moi pour cueillir un panier de cerises chez mon voisin suisse allemand.

C’est juste un jour de plus, rien de bien intéressant mais un souvenir sympa ! Un beau panier de cerises rouges. 2020 année de merde mais pas pour les fruits.

La vie est belle

Voici donc deux jours que j’ai repris le chemin de l’école et le moins que je puisse dire c’est que travailler dans cette période post confinement est une expérience dont je me serai passé.

J’aime cette école, les enseignants, les enfants sont tous géniaux mais la reprise de mon travail me donne une sensation horrible, celle de chausser mes bonnes vieilles pantoufles et d’y trouver de la pourriture qui vient se loger entre mes orteils en me faisant perdre mon équilibre. Désolé pour l’image très visuelle et dégoutante mais elle est parlante.

Car oui, je veux bien comprendre et accepter tous les gestes de distanciation, les marquages au sol, le lavage de mains et tout le reste mais ce qui me dérange c’est que toutes ces mesures et les interdits qui les accompagnent sont venus réduire à néant le plaisir de jouer des enfants et compliquent grandement mon travail éducatif et tout ça hélas pour rien car les enfants étant des enfants, et notre vigilance ayant des limites, la distanciation continuelle relève de la plus crétine des utopies.

Mais si il n’y avait que ça… Tandis qu’en façade (hier les autorités et les journalistes sont venus tout photographier pour des articles dans la presse) on met en place tous ces gestes et tous ces interdits, on nous oblige à manger à 17 dans une petite pièce en nous interdisant d’aller manger dehors ! Demain nous nous retrouvons à 20 pour une réunion qui aurai pu avoir lieu par visioconférence. Je l’avais demandé mais les collègues ont dit que non  : c’est plus sympa en « présentiel » Je hais ce mot …

Je ne supporte plus ces contradictions, des règles exigeantes et strictes qui viennent gâcher la vie des enfants sans vraiment les protéger et de l’autre coté au niveau des adultes le n’importe quoi constant. Demain c’est la réunion de la semaine, je vais mettre mon poing dans ma poche et me taire car dans le cas contraire ma colère accumulée  ainsi que mon absence de filtre et d’auto censure pourraient faire des ravages.

Alors histoire de finir cet article de façon plus positive, je vous montre la petite création land art fait sur le sol de la cour de récréation par une jeune fille de mon groupe.

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