Mercredi 11 mars 2009
Conciliabule
Issu du développement de hier soir, cette photo que je trouve très sympa.
Un grand merci à Martine, une de nos plus fidèle lectrice, de m’avoir laissé jouer au photographe mardi dernier.
Exhumation d’un article de mon ancien blog
Ce soir une archive bien dépassée et bien futile. Mais voilà je joue le jeu. En 5 ans de blog je n’ai jamais les 4 mars, parlé de choses plus en rapport avec l’actualité, du coup reste ce sujet que j’ai relu avec le sourire.
Cher Francis,
Je suis encore sous le choc de la nouvelle donnée hier soir aux informations. Les CD et DVD après étude en laboratoire n’ont une espérance de vie que de 10 ans maximum, et ce pour les produits les plus onéreux à base d’or conservés dans des conditions très strictes. Avec les CD et les DVD, le disques optique inscriptible et réinscriptible est aujourd’hui le support le plus pratique, le plus économique et le plus universel pour sauvegarder documents, musiques, vidéos ainsi que nos photographies numériques. Les petites galettes devenaient le support de stockage idéal : pas chers, lisibles partout et quasiment inaltérables. Parfait pour conserver tous vos souvenirs pour de longues années.
Une étude menée par IBM au début de l’année 2006 a démontré que la durée de vie des CD et DVD gravés étaient de 2 à 5 ans, suivant la qualité du média. Cette durée est toutefois à relativiser car l’étude visait à promouvoir les bandes magnétiques comme support de sauvegarde, domaine où IBM est particulièrement productif.
Néanmoins, c’est un fait, les CD/DVD gravés ne dureront jamais aussi longtemps que les CD/DVD pressés du commerce, La faute à la couche organique des CD/DVD vierges qui a tendance à s’altérer plus vite avec le temps.
La longévité des CD/DVD gravés dépend du type du média ainsi de sa condition d’utilisation. Stocker les CD et DVD à l’abri de la lumière et de l’air et être attentifs pendant leurs manipulation, augmente leur espérance de vie.
A mon niveau cette nouvelle m’inquiète car j’ai de très nombreux fichiers vidéos et audio que j’espère garder avec moi pendant les années à venir que je me surprend à espérer longues. A mon niveau je n’ai pas d’autres choix que de préparer l’achat d’un disque dur externe de 500 Go que je changerai tous les dix ans.
Je vais aussi me remettre aux disques vinyles et regarder où en sont mes cassettes audio qui résisteront bien mieux à l’usure du temps que les supports numériques…
Mais ce qui m’inquiète le plus est la conséquence de cette information au niveau national.
Qu’il s’agisse des archives du monde culturel, des données administratives, et des autres productions de notre culture, tout est sauvegardé sur ces fameux CD/DVD. Notre civilisation toute entière se retrouve ainsi face à une précarisation de sa pérennité.
Mais cela faisait rire le journaliste auteur du sujet qui annonçait cette nouvelle sur un ton très anodin et enjoué.
La morale de tout ça est encore la même, différence entre progrès et modernisme.
Je commence à croire que les CD/DVD ne sont qu’une preuve de plus d’une technologie qui se révèle fragile et faillible.
Mais en même temps, ne soyons pas dupes. Les vraies raisons qui commandent les critères de qualité de ces produits ainsi que les reportages et les articles sur Internet évoquant leur défauts, sont des raisons commerciales.
Cette nouvelle est ainsi sans aucun doute un peu exagérée. J’ai fait le test sur de nombreux CD/ DVD et seul un petit nombre semble altéré alors que certains d’entre eux ont plus de 6 ans et ne sont pas des modèles de luxe à base d’or.
Des CD pas si DCD en somme…
Un premier contact dans le jargon des films de science fiction que j’aime tant (Star Trek en tête) c’est la première rencontre entre deux races ne vivant pas sur la même planète, en vue d’établir des relations de coopération.
Le hasard fait qu’aujourd’hui je célèbre les 12 ans du premier contact de mon groupe avec le milieu scolaire ordinaire. Je m’en suis souvenu grâce à cet article qui du coup est une archive de choix pour aujourd’hui.
Aujourd’hui nous avons comme prévu passé une première journée avec 12 enfants dans une école élémentaire de la ville. Les enfants étaient vraiment très heureux et ça me faisait vraiment plaisir de les voir jouer avec d’autres enfants et ce, même si ces autres enfants étaient en fait plus petits qu’eux.
Au niveau des adultes, nous ne nous sentons pas spécialement très bien accueillis. Il n’y a pas d’hostilité mais pas non plus de mains tendues. C’est vrai que pour Sylvaine notre institutrice les contacts sont plus faciles avec ces collègues mais de mon coté j’ai l’impression que l’entrée d’un éducateur dans l’école n’est pas simple.
Au delà de mon ressenti personnel, que j’espère contraire à la réalité, force m’est de constater au hasard de quelques remarques des enseignants et des animatrices, que notre arrivée n’a pas vraiment été préparée ni du coté des professionnels, ni du coté des parents.
Mais bon, il y a tout de même quelques sourires et quelques personnes qui semblent intéressées par ce que nous faisons au point que nous pensons que des échanges seront bientôt possibles.
En attendant, à nous de faire des efforts entre adultes responsables pour surmonter les incompréhensions mutuelles du genre de celle lancée cet après-midi : « Pourquoi vous venez ici? vous n’étiez pas bien chez vous ? »
Heureusement que les enfants s’entendent très bien entre eux malgré quelques petites difficultés qui commencent à se manifester. Pas besoin de longs discours pour sympathiser, quand on est un enfant, un ballon ou une corde à sauter suffisent. La socialisation secondaire semble possible sauf pour quelques uns des enfants du groupe pour qui cela prendra plus de temps.
Enfants ou adultes, nous allons tous devoir rassembler notre courage mais nous y arriverons.
En septembre 2016, suite à des ouvertures de classe nous avons changé d’école primaire pour intégrer une autre école primaire dans un quartier plus populaire à 800 mètres de l’autre établissement. Là nous nous sommes très vite sentis accueillis et comme faisant part à part entière de l’école comme n’importe quelle classe. J’ai même développé des liens d’amitiés avec certains enseignants au point de réfléchir à des projets communs notamment basés sur la musique. Six ans plus tard, c’est donc toujours le même enthousiasme avec l’intensification des scolarité partagées qui font tant de bien aux enfants avec lesquels nous travaillons. Pourvu que ça dure ! 😎
Les réseaux sociaux créés sur Internet ont le vent en poupe. Sur la toile de nombreuses communauté d’utilisateurs se forment autour d’une idée, d’un projet et proposent une foule de services gratuits à ceux qui les rejoignent.
« Copains d’avant », « My Space » et le fameux « Facebook » ne sont que des exemples de ces nouveaux réseaux qui pullulent.
Mais hélas, sur Internet comme dans le vrai monde, la gratuité n’existe pas, les créateurs de ce genre de sites sont loin d’être des philanthropes et ont bien au contraire des motivations parfois très ambigües. C’est ce que vient nous apprendre aujourd’hui l’affaire face book.
Facebook, pour ceux qui ne le connaisse pas, est un site fondé il y tout juste 5 ans par Mark Zuckerberg alors âgé de 19 ans. Après une inscription « gratuite » chaque membre se voit accorder le droit de constituer sa page perso avec ses textes, ses photos, ses vidéos et tout contenu personnel conforme au règlement.
En cinq ans, suite à un vrai effet de mode ce sont plus de 175 millions de personnes qui ont ainsi constitué le réseau Facebook.
Ce genre de site, bien loin d’être l’œuvre de bienfaiteurs, sont des machines bien rodées permettant la réalisation de gros profits. En premier lieu, la publicité apporte de juteux bénéfices sur ces sites très fréquentés, mais ça c’est encore normal, il faut bien payer les frais… Par la suite, les données personnelles des utilisateurs dont les e-mails sont revendues à des sociétés qui par la suite se manifestent à vous en vous envoyant des messages publicitaires bien ciblés.
Encore plus fort, dans les conditions d’utilisation ( le truc que l’on ne lit jamais avant de cocher la case oui ):
« En publiant un Contenu utilisateur sur tout ou partie du Site, vous concédez expressément à la Société, et vous garantissez détenir les droits nécessaires à cet effet, une licence irrévocable, perpétuelle, non exclusive, transférable et pour le monde entier sans rétribution financière de sa part (y compris le droit de concéder des sous-licences), d’utiliser, copier, représenter, diffuser, reformater, traduire, extraire (en tout ou partie) et distribuer ce Contenu utilisateur, à des fins commerciales, publicitaires ou autres, sur le Site ou en relation avec le Site (ou dans le cadre de sa promotion), de créer des œuvres dérivées du Contenu utilisateur ou de l’incorporer à d’autres créations, et d’en concéder des sous-licences des éléments cités. »
Avec cette disposition, les exploitants de Facebook ont toute liberté pour revendre par exemple une photo personnelle en vue d’une exploitation commerciale et ce sans que le détenteur des droits ne soit payé ni même consulté
Cette condition contraire au droit français avait été très critiquée à l’époque et faisait débat depuis plusieurs mois. La CNIL s’était elle aussi penchée sur la régularité de ces termes.
Suite à ces débats de nombreux utilisateurs avaient quitté Facebook en supprimant leurs comptes.
Hier les dirigeants n’ayant décidément pas froid aux yeux, en remettaient une couche en tentant de faire passer en douce une modification du règlement pour préserver leurs intérêts et leurs bénéfices financiers :
« À tout moment, vous pouvez supprimer votre Contenu utilisateur du Site. Si vous choisissez de supprimer votre Contenu utilisateur, la présente licence prendra fin automatiquement, mais vous acceptez que la Société puisse conserver des copies archivées du Contenu utilisateur supprimé. »
Ce n’est que ce soir que les dirigeants de Facebook ont cédé à la levée de boucliers et ont accepté de retirer ce paragraphe du règlement. Les utilisateurs quittant Facebook peuvent à présent être sûr de ne pas se faire voler leurs données et leurs apports personnels.
Toute cette histoire est une bonne piqûre de rappel , Méfiez vous de la gentillesse des étrangers. Sur Internet comme dans la vie, rien n’est vraiment totalement gratuit et chaque service à sa contrepartie. Chaque internaute doit donc être extrêmement prudent avec les informations qu’il divulgue en ligne et doit veiller à protéger sa vie privée.
Mon site n’est pas un bon exemple…
Sources :
Le point.fr: Comment-face book-utilise-les-données-personnelles-de-ses-amis/1387/0/318307
Site ZD net : Conditions d’utilisation, face book recule sous les critiques
13 ans plus tard cette archive me fait sourire, tout le monde ou presque connait aujourd’hui les risques et dérives de ces réseaux sociaux mais personne ne semble pouvoir s’en passer. Je me suis moi même inscrit sur Facebook pour avoir accès à une bourse d’échange et de vente de cartes pokemon et surtout pour garder un lien avec ma famille d’Ukraine mais je ne poste presque rein sur ma page et je fais très attention à ce que je fais en ligne.
Cher Francis,
Bon et bien comme une bonne action est toujours punie, me voici donc enrhumé après avoir trop traîné dehors par ce temps étrange et incertain.
Ma petite santé ce n’est pas grand chose, je vais m’en remettre assez vite mais ce qui m’inquiète le plus c’est de constater que la nature observée autour de ma maison semble avoir perdu la tête.
Les perce-neige poussent, les mouches sortent de leur hibernation, les araignées aussi… (je viens de voir un saltique adulte, Marpissa Muscosa,chasser sur le mur).
A quand le retour des hirondelles ? Pour les abeilles la pollution humaine semble avoir réglé le problème.
Si je n’avais pas autant de fièvre j’aurai pris mon appareil photo pour te montrer photo à l’appui que je n’exagère pas. Cependant je crois que pour aujourd’hui je vais devoir encore déclarer forfait, je n’ai que cette photo de Marpissa prise à la va vite je ne sais plus quand…
Bon je crois que je ferai mieux de retourner me coucher.
Cher Francis,
Aujourd’hui mon ami le dentiste a commencé les travaux pharaoniques dans ma bouche. Je ne vais pas revenir sur les liens très spéciaux qui m’unissent à ce praticien ni te raconter ma séance de torture d’aujourd’hui. Non, je voudrais te parler d’un endroit stratégique de tout cabinet dentaire ; la salle d’attente.
Lorsque que l’on va chez le dentiste, aussi adulte que nous soyons, nous ne pouvons nous empêcher d’avoir peur. Peur de souffrir ( les produits anesthésiants ne sont pas si efficaces que ça) peur d’une mauvaise nouvelle (Une infection) et bien sûr peur de devoir payer très cher des soins non prévus (dents a couronner). En ajoutant les mauvais souvenirs d’enfants et les phobies diverses, tu as un tableau presque complet.
Confronté à ses peurs, l’être humain a toujours cherché à s’organiser en groupe afin d’être moins vulnérable. C’est le bon vieux principe d’agrégation, cette pulsion surgie de notre inconscient qui pousse un type à installer sa serviette à coté de la votre sur une plage vide et immense. Chez le dentiste ce comportement se traduit par une socialisation compulsive.
Dans la salle d’attente, les personnes ne se connaissant pas et appartenant souvent à des milieux sociaux très éloignés se mettent à nouer des conversations de façon spontanées. Ces discussions finissent toujours par s’articuler autour des soins dentaires et permet ainsi aux condamnés à la torture d’échanger des mots et de mettre du réel rassurant sur ce qui les attend.
A chaque fois je souris en voyant les expressions que prennent les personnes quand viennent leur tour. Appelées par l’assistante il se lève posent le magazine sur la table basse, saluent d’une voix basse l’assemblée et partent en traînant les pieds dans un silence qui semble dire « Bon, j’y vais, souhaitez-moi bonne chance ». Les autres regardent le ou la condamnée avec des yeux émus exprimant un sentiment d’appréhension partagé. Le cabinet du dentiste est un haut-lieu de l’empathie humaine.
Une fois le soin terminé ils sortent tout contents d’avoir survécu et de passer à autre chose.
Quant à moi, le mec bizarre qui joue avec son portable et photographie très peu discrètement le cabinet (photo ci-dessus prise ce soir), je ne dois compter que sur mon propre pouvoir de rationalisation de la douleur pour ne pas paniquer vu que je ne suis que très rarement interpellé par les autres patients. Mon autre atout c’est l’humour. Un humour souvent très décalé. Exemple d’aujourd’hui : mon dentiste me fourre une pâte bleue dans la bouche pour prendre les empreintes pour mes couronnes, alors je recrache encore des morceaux de cette saleté je lui dis : Purée on dirait que j’ai bouffé un Schtroumpf !
C’est bizarre sur le moment ça m’a fait pas mal rire et lui aussi alors que là je trouve le gag plutôt moyen… Il faut croire que j’étais stressé et que j’avais besoin de rire pour décompresser. En effet je dois l’avouer, je suis un grand douillet des dents.
14 ans plus tard mon ami le dentiste est décédé et c’est devenu très dur d’avoir un rendez-vous. Désert médical, ophtalmologique et stomatologique! Du coup cet article à la saveur amère des regrets. 😥
Chaque établissement et service du secteur médico-social est tenu par la loi d’organiser trois fois par an un conseil de la vie sociale. Il s’agit d’une réunion réunissant des délégués des usagers, des familles, de la direction et des professionnels. Dans notre cas ce sont donc trois enfants qui ont été élus par leurs camarades qui sont chargés de faire le tour des groupes pour rassembler les questions à poser.
Voilà bientôt 5 ans que je représente mes collègues éducateurs dans le cadre de cette réunion. Cette fois encore je me suis proposé pour ramener les enfants chez eux après cette réunion qui se termine à 19h00. Les gamins étaient tout contents car j’utilise ma voiture personnelle pour le faire. Toute la journée ils hurlaient à qui voulait l’entendre « on va monter dans la GTI de Laurent ! on va mettre la musique à fond et rouler vite ! »
Heureusement pour eux je suis un conducteur prudent seul et bien plus encore avec des enfants à bord. Ça ne les empêchera pas de raconter plein de bêtises pour faire les fiers demain, mais bon, ça fait partie du jeu !
J’étais vraiment très content de leur travail et de la façon dont ils se sont exprimés sans hésiter devant des adultes inconnus donc intimidants. Nous avons donc écouté la musique sans trop exagérer et nous avons surtout bien parlé de leur avenir et de nos projets plus proches.
J’ai remis chaque enfant aux parents en discutant avec ces derniers et à chaque fois les conversations étaient sympathiques et enrichissantes.
Je sais pas si je te l’ai déjà dit récemment, mais vraiment oui, j’aime mon travail !
Hélas ces temps derniers la joie n’est plus trop présente, je suis esseulé dans l’équipe et mes soucis familiaux ainsi que ce corps qui vieillit, commencent à faire craindre le jour où la machine dira stop d’une façon brutale. En attendant je fais de la musique punk avec les enfants ! 😆
Cher Francis,
Aujourd’hui est le dernier jour de cette jolie saison créée par le dérèglement climatique. Je propose un nom pour la désigner: printhiver. Ça sonne bien non? Dès demain cependant l’hiver va reprendre ses droits et la température va fortement baisser, des chutes de neige sont même envisagées en plaine dès mardi.
Cette chaleur sans précédent pour un mois de janvier ne semble pas troubler outre mesure nos concitoyens qui ont bénéficié de jolis dimanches ensoleillés pour faire leurs ballades ainsi que de soldes très intéressantes sur les habits chauds restés invendus. Cependant les chiffres nous montrent que le point de non retour dans la destruction du fragile équilibre climatique semble bien dépassé, pourtant la question environnementale n’est encore que peu présente dans les discours des présidentiables.
A quoi bon relancer l’économie, trouver des emplois aux gens si nous continuons de vivre en détruisant un peu plus chaque jour la nature qui est notre seule vraie source de vie?
Les chaînes de TV ne cessent de passer de vieux films moins chers à la diffusion, cependant il y en a un que l’on évite de montrer trop souvent. Il s’agit du film « soleil vert ». Et pour cause, ce film classé à l’époque comme un film de science-fiction ou plus précisément d’anticipation, est devenu à l’heure actuelle un avertissement aussi réaliste que précis.
Ce qui est troublant dans ce film montrant les humains détruisant les dernières formes de vie sur terre et réduits à dévorer leurs morts pour survivre, c’est que pour l’instant nous sommes pile poil dans la ligne scénaristique du film qui pourtant date des années 70.
Alors avant de goûter le soleil vert fait avec des restes humains je me suis offert en ce dernier jour de printhiver un sympathique repas japonais que j’ai dégusté seul vu que ma mère était invitée au banquet des 70 ans et plus organisé par la commune dans un restaurant de St Hippolyte.
Oui, c’est la nouvelle photo de la semaine. ( Le repas! quoi d’autre ?)
Cher Francis,
C’est vers midi le samedi 13 janvier que s’est éteinte la doyenne du plateau à un age très respectable de 103 ans. Dans ma campagne nous avons encore des rites funéraires plein de sens, c’est donc par devoir et par conviction que j’ai participé une fois de plus au cérémonial de bénédiction des défunts. Chez nous à la campagne les morts restent dans leurs demeurent et y sont exposés jusqu’au jour de l’enterrement pour que chacun puisse venir leur rendre un dernier hommage.
Je suis donc allé avec ma mère dans la maison de Joseph afin de lui présenter à lui et à sa femme, mes condoléances pour la mort de sa maman que je connaissais aussi. La coutume liée au respect des morts et des vivants en deuil, veut que l’on ne sonne pas à la porte. Une fois entré j’ai donc rencontré brièvement le couple endeuillé que je connais bien de par sa participation active à la vie associative du plateau, puis je me suis rendu guidé par une voisine dans le salon transformé pour l’occasion en chambre d’exposition de la défunte.
Au moment d’entrer dans la pièce j’étais suivi par un couple et une jeune adolescente venus de Haute Saône. Arrivé sur le seuil de la petite pièce je fus aussi surpris que la jeune fille.
La défunte était là, étendue paisiblement sur un lit d’une place. Elle était habillée avec une robe bleue et une chemise au style ancien avec de gros boutons. Un drap brodé la recouvrait jusqu’à la ceinture. Ses mains blanches étaient nouées d’une façon étrange, ses longs doigts dont la pâleur se confondait avec celle des ongles prenaient des angles improbables comme s’ils étaient en caoutchouc. Sur la visage de la défunte certes un peu tiré se lisait une paix intense.
Après avoir signé la défunte avec un rameau de buis trempé dans l’eau bénite, j’attendais en silence que ma mère finisse de discuter avec une proche parente de la maison. Ces dix minutes devinrent pour moi une éternité alors que je contemplais le visage de la mort qui une fois de plus apparaissait devant moi.
Ces instants de méditation et de recueillement ont été pour moi une source de sérénité absolue. Il est bon parfois d’être confronté à la mort afin de se rendre compte de la vacuité profonde de nos ambitions terrestres. Je pensais aussi très fort à cette grand mère que j’avais visité il n’y a pas si longtemps et qui avait encore toute sa tête. J’imaginais les tonnes de savoirs qui venaient de disparaître avec son décès, je pensais à ceux qui autour d’elle sont dans la peine.
Et puis j’ai quitté la pièce en disant « au revoir » à la mort.
Ce rite est le dernier rite de passage, celui où l’on dit adieu à une existence humaine. Là encore son sens profond n’est pas individuel mais collectif. Il créé une ambiance chaleureuse autour des personnes endeuillées qui évitent ainsi de se retrouver seules et il rappelle à l’ensemble de la communauté que la mort existe et qu’il faut apprendre à l’accepter.
Prendre le temps de s’arrêter et de réfléchir à la mort qui est devenue un des grands tabous de notre société moderne, voilà quelque chose de précieux de rare et de censé. Ce rite loin d’être une épreuve est une expérience paisible où l’on se rend compte en les consolant de l’importance que l’on a pour ceux qui sont dans la peine, et où l’on se réconcilie avec notre propre mortalité. Tout cela en faisant mémoire d’une personne qui nous quitte.
Alors au revoir Zoé… Tu nous manques déjà.
Cher Francis,
Ce que j’aime dans mon travail c’est que je ne sais jamais ce qui va me tomber dessus. Ce matin par exemple je me suis retrouvé avec un stagiaire en plus de la jeune fille qui m’avait été confiée. Je dois donc accompagner et me faire suivre dans mon travail par deux personnes.
L’une est une charmante jeune fille, (vivement le printemps) et l’autre est un homme de la quarantaine aux cheveux grisonnants tatoué de partout. J’ai donc passé une partie de la matinée à rigoler face à cette situation ubuesque. En effet imagine toi ton serviteur suivi dans tout l’établissement par deux personnes comme un cadre assisté de deux secrétaires…
Le plus drôle reste à faire, comment en effet vais-je m’organiser pour caser ce bonhomme? à qui vais-je le fourguer?
Me voici devenu trafiquant de stagiaires !
14 ans plus tard je continue d’accueillir jusqu’à deux stagiaires par an mais lorsque je regarde la photo de Marion, je me souviens qu’elle restera pour moi la meilleure stagiaire. L’homme, dont je ne me souviens même pas du nom, était une vraie calamité, il ne voulait qu’observer et refusait de participer au travail d’accompagnement ! Bref, beaucoup d’autres stagiaires sont passé(e)s auprès de moi avec leurs limites et leurs atouts, mais jamais je n’ai retrouvé le niveau de compétence et de bienveillance de Marion. Un jour prochain peut-être ? 🙄