Archive à huit pattes…

Archive du mercredi 4 octobre 2006

Cher Francis,

       Aujourd’hui j’ai trouvé un message des plus étonnant dans ma boite aux lettres électronique. Ce courriel m’a été envoyé par une maîtresse d’école qui a attrapé une araignée genre tégénaire dans sa classe et qui l’a mise dans un aquarium sans eau afin de l’observer.

Cette personne me demandait de l’aide pour maintenir son invitée en vie.

Bien sûr je me suis pressé de lui répondre du mieux que je le pouvais en lui donnant le plus d’informations possibles.

Cependant je m’interroge…

Quelle peut être l’intérêt pédagogique d’un tel projet vu que les tégénaires ne sont actives que la nuit? De plus s’agissant de jeunes enfants la pauvre instit va sans doute se retrouver avec une horde de parents angoissés qui vont lui ressortir le délire des araignées qui pondent sous la peau. D’un autre coté je me rappelle avoir reçu un message d’une autre personne, une dame qui avait gardé une telle araignée dans un terrarium pendant deux ans et qui m’en parlait comme d’un animal domestique usuel.

En ce qui me concerne mon cher Francis, tu le sais bien je ne suis pas du genre à enfermer mes spécimens dans des bocaux. Je sais où elles ont choisi de vivre et je me rends sur leurs biotopes pour les observer. Et oui… Je respecte plus facilement tout ce qui a plus de deux pattes….

 

13 ans plus tard je viens de trouver tout juste avant d’écrire cette article, une grande tégénaire femelle dans un tiroir d’un meuble d’une pièce du sous-sol. Cette jolie Tegenaria atrica était épuisée. je lui ai donc trouvé une mouche et demain je l’installerai autre part.191004

Et oui les araignées restent pour moi des totems importants, les voir me rassure et me fait du bien…

Et pour moi ce sont les arachnophobes qui doivent se soigner, la science et le bon sens sont de mon coté.  😈

Google archive

Voici ce que j’écrivais pour l’anniversaire de Google en le 27 septembre 2007 :

 

Jeudi 27 septembre 2007

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Cher Francis,

Parmi les anniversaires, beaucoup passent inaperçus. C’est le cas de celui de notre bien aimé moteur de recherche qui aujourd’hui fête ses neufs ans d’existence. Alors que j’avais découvert les recherches sur Internet avec Altavista puis avec le logiciel Copernic, je dois avouer qu’aujourd’hui je ne travaille plus qu’avec Google.

En effet pour moi comme pour les autres internautes, Google est devenu en quelques années le partenaire incontournable de tous les internautes débutants ou experts. Gratuit, rapide, efficace, ce moteur de recherche a tout pour séduire.

Cependant, Google tout comme macdo est un géant américain qui en devenant de plus en plus grand commence à faire peur à pas mal de monde. Te souviens-tu de l’affaire des livres numérisés ? Google avait avec beaucoup d’indélicatesse et de culot, décidé de copier sans autorisations certaines œuvres protégées par les droits d’auteurs. La sympathie pour ce moteur de recherche avait, à l’époque, déjà été entamée. Aujourd’hui, c’est une autre forme de littérature que Google menace : la presse écrite, déjà bien en difficulté. Pourquoi ? Parce que la firme entend désormais autoriser les commentaires sur les articles directement via Google News. Un autre aspect controversé de ce géant naguère si sympathique concerne les inquiétudes autour de la gestion des données que la firme rassemble auprès des utilisateurs et de ce qu’elle en fait. L’année dernière le sympathique logiciel « Google desktop » était accusé avec preuve à l’appui de comporter plusieurs failles de sécurité pouvant autoriser des pirates à consulter l’inventaire de l’ordinateur que le logiciel dresse pour un accès facilité. Face à ces menaces des organismes ont dans le monde entier demandé à Google d’effacer les milliards de données ainsi recueillies. En France, la CNIL est montée au créneau pour la même raison. Le 15 mars 2006, une directive européenne a même été votée pour que les pays membres de l’Union se prononcent avant 2009 sur la durée de conservation des données électroniques. La directive leur propose une fourchette de 6 à 24 mois. Au-delà, il sera illégal de stocker toute information.

Face à cette image ternie Google cherche à rassurer les utilisateurs en se rangeant du coté des internautes contre les pouvoirs publics. Dernier exemple en date: Le 25 juin dernier en Allemagne un projet de loi évoque l’idée d’interdire les comptes e-mails anonymes. Google se joint alors au tollé général et déclare qu’il supprimera Gmail en Allemagne dans le cas ou cette loi serait votée.

Là encore si Google peut parader devant l’Allemagne, la firme est au contraire bien embêtée face à la Chine. L’année dernière, l’organisation Reporters sans frontières est écœurée d’apprendre que Google décide de lancer en Chine une version censurée de son moteur de recherche. Désormais, les internautes chinois devront se contenter des contenus validés par les autorités de Pékin. Exit les informations sur le Tibet, la démocratie ou les droits de l’homme en Chine. Pourquoi cette obéissance vis à vis des autorités chinoises? tout simplement parce que aller contre le régime de Pékin aurait empêché la firme de faire ses affaires dans ce pays en perpétuelle croissance économique.

Les droits de l’homme, la protection des idéaux… Tout cela pèse si peu face à l’appât du gain…

 

12 ans plus tard alors que Google fête ses 21 ans et son omniprésence voire son monopole d’Internet, les inquiétudes que je soulevais dans ce textes se sont concrétisées en polémiques bien présentes mais stériles face à la main mise de ce géant sur Internet. D’un autre coté l’essor de petits moteurs de recherches développés par des passionnés soucieux de protéger  les données des utilisateurs pourrait nous rassurer mais à chaque fois on en vient à se demander si ils sont vraiment dignes de confiance. Du coup ma politique est de continuer à utiliser Google mais en faisant très attention aux informations que je diffuse. C’est sans doute prétentieux de ma part mais au moins j’aurai essayé… 🙄

Archive pantouflarde

Archive du 20 septembre 2006

 

Mercredi 20 septembre 2006

Cher Francis,

       Je n’ai pas grand chose à te raconter concernant la réunion d’hier mis à part peut être son cadre inhabituel. Nous étions chez un paysan qui vit sur des terres isolées par rapport à un village lui aussi très en retrait des routes connues.

J’ai ainsi découvert que tout au long des routes départementales il existe des intersections qui nous emmènent dans de minuscules hameaux auxquels on ne peut accéder qu’en empruntant une seule voie qui bien souvent prend la forme de chemins de terre sinueux.

Arrivé là haut, alors que je pensais trouver des vieilles fermes isolées et en ruine, je fus choqué de voir de grandes maisons modernes, le prix du terrain a sans doute amené un petit nombre de personnes à s’établir dans ces contrées reculées.

J’aurai voulu  en savoir plus sur ces lieux de vie que je considère, sans doute à tort, exceptionnels. J’aurai aimé savoir comment la vie est possible en plein hiver lorsque la neige tombe en gros paquets sur la route unique coupant les personnes du reste de la civilisation. En cas de panne de téléphone et d’électricité… en cas de tempête… tant de questions restées sans réponses car notre hôte qui animait la réunion refusait de s’écarter du sujet qu’il avait choisi. Je suis donc resté ignorant et frustré sans autre recours que de laisser mon imagination me représenter la vie dans ces localités reculées. 

Vois-tu Francis ce qui me fascine le plus dans ce genre de patelin paumé c’est justement cette chance que l’on peut avoir de temps à autres, cette opportunité d’oublier le reste du monde et de rester à la maison bien au chaud en regardant la neige tomber un verre de whisky dans une main et un bon livre dans l’autre. 

Flûte j’ai oublié le grand fauteuil, les pantoufles, le chien et la cheminée… Mais je pense que tu auras rectifié tout ça…

J’ai 33 ans et je rêve déjà de retraite, c’est grave docteur ?

Une archive cochonne

Archive du Jeudi 13 septembre 2007

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Cher Francis,

       Les maisons de la presse sont des endroits incroyables où l’on peut apprendre des tonnes de choses étonnantes. Rien qu’en lisant les couvertures des magazines on découvre de grands secrets du genre « Sarkozy est l’ami des patrons » ou alors des informations fondamentales sur la vie faussement privée des abrutis décérébrés de la TV-réalité.

Pourtant en m’y rendant cet après midi afin de me fournir ma dose mensuelle de bd américaine, j’étais loin de me douter qu’un autre grand mystère de la vie allait m’y être dévoilé. Et pourtant…

Alors que je faisais la queue parmi ce que je croyais être d’autres clients tout aussi ordinaires que moi, une voix s’éleva vers la caisse; 

– Ahhhhhh moi j’vous l’dit madame, mon cousin qui est paysan il dit que cette année l’hiver sera rude car ses cochons qu’il élève là haut ont déjà plein de poils tout durs !!!

Je fus comme abasourdi par la force de cette prophétie reposant sur de telles bases scientifiques incontestables. A présent je sais ce qu’il me faut faire, afin d’économiser sur l’achat de pneus d’hiver je dois aller raser les cochons des paysans ! Merci O noble prophète de la maison de la presse !

Parfois on se sent tout petit…

Arc en ciel les yeux mi-clos

Il y a 12 ans j’écrivais :

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Jeudi 6 septembre 2007

Cher Francis,

       Alors que je commençai à désespérer de trouver quelque chose à photographier pour illustrer l’article de ce soir, je découvris par ma fenêtre ce joli spectacle. Cet arc en ciel semblait être placé là comme pour fixer les nuages ocres dans la voûte céleste  en les épinglant de ses rayons multicolores. 

J’ai aimé ce que j’ai écrit hier soir car cela me ressemblait beaucoup. Par contre faire un commentaire sur ce joli arc-en-ciel sans tomber dans de maladroites platitudes bucoliques, cela j’en suis bien incapable et ce soir encore plus que les autres jours vu que mes yeux rechignent à rester ouverts…

Alors pour ce soir désolé de ne pas pouvoir tenir plus longtemps le crachoir. J’ai besoin de sommeil.   

Douze ans plus tard au terme de cette semaine des plus éprouvantes c’est la même chose: je pique du nez sur mon clavier alors bonne nuit !

Souvenirs d’éduc

Il y a 13 ans jour pour jour j’écrivais ceci sur mon métier d’éducateur :

Mercredi 30 août

Cher Francis,

       Aujourd’hui j’ai retrouvé une de mes fonctions professionnelle qui avait été mise en veille pendant une année, celle de référent.

Cette année je retrouve ce rôle auprès de cinq enfants. A ce titre je devrai remplir diverses tâches administratives comme remplir les dossiers et rédiger de nombreux écrits, mais je serai aussi l’interlocuteur privilégié des parents et des autres professionnels accompagnant ces enfants.

Mais tout cela n’est rien à coté de l’autre aspect de ce travail qui réside dans la relation particulière que le référent doit mettre en place entre lui et les enfants qui lui sont confiés. L’équipe des psys cherche à recréer ce que Freud appelle le transfert en trouvant pour chaque enfant le professionnel dont la personnalité et les qualités répondent au mieux à ses besoins même s’ils ne sont pas exprimés.

Lorsque l’équipe ne se trompe pas, le mécanisme du transfert permet à l’enfant de faire de grands progrès en vivant une relation affective de confiance avec un adulte sur lequel il bâtit de nombreuses projections.

Parfois c’est l’enfant lui-même qui choisit son référent en ignorant celui qui lui a été attribué et en investissant un autre adulte, parfois la relation ne prend pas et parfois c’est du coté du professionnel que les problèmes se posent.

En effet nous aussi nous avons nos manques, nos projections. C’est ainsi que lorsqu’un enfant nous renvoie des choses qui viennent remplir nos vides affectifs, nous pouvons tomber dans un contre transfert mal vécu qui peut déboucher sur une relation trop affective voire fusionnelle ce qui bien sûr est dommageable pour l’enfant et le professionnel.

Alors Francis, au début de cette nouvelle aventure je repense à tous ces éléments pratiques et théoriques afin d’être pour les enfants qui me sont confiés une aide efficace pour les aider à grandir et enfin à atteindre le but suprême que nous recherchons tous dans notre travail, apprendre à ne plus avoir besoin de nous…

13 ans plus tard ce rôle de référent n’est plus aussi prestigieux, beaucoup de doutes, de difficultés à communiquer avec les familles et un statut d’éducateur qui se vide de son sens au fur et à mesure que le social se dilue dans l’éducation nationale.

Mais pour le reste ça va, je suis toujours en phase avec ce que j’avais écrit il y a 13 ans.

Archive sociale suite…

Voici de que j’écrivais il y a 13 ans, le 23 aout 2006, une semaine après le texte que j’ai remis en ligne la semaine dernière :

 

Mercredi 23 août 2006

Cher Francis,

       Rappelles-toi ce que je te racontais la semaine dernière à propos de la quasi-disparition du thon en méditerranée. L’actualité du jour te montre la véracité de mes dires. Le Rainbow Warrior II, navire amiral de Greenpeace est arrivé dans la grande bleue pour mener une campagne de sensibilisation sur la question tout en accusant comme je l’ai fait les pêcheurs industriels d’avoir créé cette situation en pêchant de façon excessive et (ça je ne le savais pas tout en le soupçonnant), de façon illégale c’est à dire hors quotas.  

Alors bien sûr, la réaction des thoniers marseillais était prévisible, à l’instar de gamins chopés les doigts dans le pot de confiture, ces derniers adoptent une conduite agressive de défense. Prétendant être injustement mis en cause dans cette affaire, ces derniers réagissent de façon colérique et revancharde en bloquant le navire et en menaçant de l’éperonner. C’est vrai que couler les Rainbow Warriors est une tradition républicaine bien ancrée mais bon… Leurs comportements est contraire à l’image du bon pêcheur menacé tel que je te le décrivais il y a quelques jours, les thoniers et les grands pêcheurs industriels sont en fait les premiers responsables de la situation précaire des petits pêcheurs. 

Ce que je ne comprend pas, c’est justement les raisons réelles qui motivent ces comportements. Greenpeace est une organisation qui désire seulement mettre en évidence les dégradations de l’environnement. Les membres de cette organisation ne peuvent en aucun cas imposer des mesures concrètes aux pêcheurs, leur seul pouvoir est celui d’enquêter et de dialoguer et de relever les responsabilités. C’est sans doute en relevant la responsabilité des thoniers qu’elle a déclenché cette réaction émotionnelle de la part de ces professionnels.. 

Cependant leurs actes ne font que faire le jeu de Greenpeace qui filme  en permanence tout ce qui se passe aux alentours du bateau avec un hélicoptère tandis que Greenpeace France écoute les conversations des thoniers sur la radio tout en les retranscrivant par écrit.

Ainsi peu importe ce qui va se passer les jours prochains, avec toutes les preuves écrites filmées et enregistrées qui seront très médiatisées, Greenpeace a déjà gagné la bataille même si ce n’est qu’une victoire partielle; les derniers thons de méditerranée seront massacrés mais le monde et les générations à venir en connaîtront les responsables. Sur un autre plan, c’est une fois de plus l’image de la France dans le monde qui en prend un coup. 

Alors si tu me demandes ce que je pense des thoniers marseillais, je te dirai qu’ils sont comparables à des clowns ivres perchés sur la pointe de leurs pieds au bord d’une falaise de nuit.

Cependant je ne pense pas qu’ils soient si stupides, leur réaction est sans doute le fruit d’une manipulation occulte ou motivée par la peur.

En effet même un clown ivre la nuit se rend compte qu’il va tomber même si ce n’est que quelques instants avant sa chute. Et là ces professionnels sont les mieux placés pour savoir que la quasi disparition du thon qu’ils constatent tous les jours, les met au bord du gouffre.

Archive pseudo sociale

En 2006, j’étais allé en bord de mer avec un ordi portable pour rédiger mon article quotidien. A l’époque je ne m’étais pas imposé une règle pour fixer une thématique par jour et du coup je refaisais le monde comme au comptoir d’un bistro…  😆

Vu que je venais de décider d’arrêter de pêcher et que j’étais déjà très sensible aux causes environnementales et sociales, je m’étais intéressé au monde de la pêche.

Voici donc sans filtres ni corrections orthographiques ou de style, ce que j’écrivais le 16 août 2006. Il y a donc 13 ans jour pour jour pour ainsi dire.

 

Mercredi 16 août 2006

Cher Francis,

       La journée d’hier ainsi que celle d’aujourd’hui m’ont énormément appris de choses sur les réalités économiques et sociales de cette région de l’Aude. Le plus étrange dans tout cela est sans doute que c’est à travers une messe et une rencontre avec une sœur qui faisait visiter l’église aux touristes, que j’ai pris conscience des problèmes des gens d’ici.

La ville de Port la Nouvelle est le troisième port français sur le critère du transit de gros bateaux et sur celui de de la quantité des marchandises qui y transitent. De nombreuses personnes y exercent le dur métier de pêcheurs.

Ors, ces dernières années un grand nombre de familles de pêcheurs vivent dans la précarité et ce pour diverses raisons. En premier lieu la flambée du cours du pétrole qui a considérablement augmenté le prix du diesel. En second lieu l’union européenne a poussé les pêcheurs a acheter de gros bateaux en leur donnant de généreuses subventions. Qui dit gros bateaux dit gros moteurs donc grosse consommation… 

La dernière raison sans doute la plus grave est que la mer Méditerranée commence à afficher clairement un appauvrissement croissant de son stock de poissons. Bien sûr Francis tu va encore penser que je fabule et que j’exagère; la mer est censée être une réserve inépuisable de poissons ce qui explique entre autres choses que l’ont peut y pêcher à la canne sans permis ni carte…

Afin de bien te faire comprendre l’horreur de la situation je vais te parler de l’exemple du thon. Le thon rouge de méditerranée a été pêché sans cotas puis sans respect des cotas fixés jusqu’à la quasi disparition de ce poisson. Les pêcheurs de thon d’ici sont obligés de partir au large des côtes africaines pour pêcher ce poisson. Ainsi vu le prix en constante hausse du diesel, je te laisse imaginer dans quelles situations se trouvent les pêcheurs de thon… 

C’est ainsi que les derniers pêcheurs traquent les derniers bancs de poissons à l’aide de sonars et d’autres gadgets sophistiqués le tout appuyé par quelques avions qui survolent la mer pour repérer des taches noires à la surface de l’eau trahissant la présence de quelques groupements de rescapés.

C’est avec ces incroyables moyens techniques que les pêcheurs tirent sur la dernière catégorie de poisson encore présents en méditerranée; le poisson bleu (Sardine Anchois maquereaux… Bref les poissons qui évoluent près de la surface). Dans de telles conditions il devient tout à fait envisageable d’obtenir d’ici une dizaine d’année une mer sans poissons.

Si l’on ajoute à ce triste constat les pollutions massives d’ordre chimique (la jolie marée noire crée par les bombardements des dépôts pétroliers libanais par nos « amis » du gouvernement israélien en est un exemple récent), les pollution d’ordre végétal ou animal (Merci aux aquariums de Monaco pour l’introduction en méditerranée d’une algue qui depuis pullule en détruisant encore un peu plus l’équilibre marin) et bien sûr toutes les horreurs dont je ne suis pas informé, et bien là il y a lieu à désespérer.  

Le métier de pêcheur est difficile et très dangereux mais ne réussit plus à nourrir ceux qui l’exercent créant ainsi une grande précarité dans ce milieu socioprofessionnel.

A l’intérieur des terres, les viticulteurs connaissent eux aussi de très graves difficultés. Cette année deux viticulteurs de la région se sont suicidés car ils n’arrivaient plus à payer les charges liées à leurs exploitations. Ici les raisons du désastre sont plus économiques qu’écologiques. La politique européenne des quotas, la volonté clairement affichée de privilégier les grandes exploitations aux petites vignes familiales a mené à la perte de 8000 emplois et à la destruction de domaines entiers…

Dans le Roussillon le tocsin viticole sonne… La mort annoncée d’un patrimoine millénaire…

Dans le même temps on apprend médusé que des experts français partent au Chili pour y livrer notre savoir faire afin de mettre au point un vin au coût de production très concurrentiel… Tu peux déjà le trouver dans pas mal de supermarchés. 

Bon je ne vais pas encore en rajouter avec la situation des maraîchers… Il semblerait que seuls les professionnels de l’immobilier et certains commerçants connaissent la prospérité dans le coin. Une très grande prospérité à en juger les prix de l’immobilier dans le coin.

Voilà un département à l’image de la France de demain, une grande richesse pour un petit nombre côtoyant l’extrême pauvreté de personnes n’arrivant plus à vivre tout en travaillant…

Tout cela je l’ai appris en parlant avec des gens du pays, des pêcheurs et des membres du clergé. L’Église a ici un rôle social important des organisations telles que « la mission de la mer » apportent une aide morale, administrative ( aide pour les démarches) et bien sûr matérielle.

À la fin de la messe d’hier, un diacre travaillant au sein de cette association a interpellé très vivement les pouvoirs publics représentés par le maire et d’autres en réclamant entre autre choses la création d’un foyer pour les familles de pêcheurs en difficulté.

Alors oui, j’aurai pu te parler de la messe d’hier, de la procession, de la bénédiction d’une statue « Stella Maris » (sainte patronne des pêcheurs), de la bénédiction des bateaux et de la mer par l’évêque… J’aurai sans doute creusé la question très pertinente de la frontière entre religion et superstition… Mais bon j’ai préféré t’exposer un petit aperçu des difficultés des gens d’ici pour qui j’ai beaucoup de respect.

C’est mon coté travailleur social qui veut ça…

Archive de réac…

Archive du samedi 9 aout 2008

190809

Cher Francis,

       C’est hier que se sont ouverts les jeux olympiques de Pékin sur fond de polémique. Cela n’empêche pas les français de regarder la cérémonie d’ouverture et d’espérer avec leur chauvinisme malsain, une récolte de médailles pour la France.

J’aurai beaucoup à dire sur les jeux Olympiques notamment sur les scandales financiers qui font l’apanage de cette manifestation des plus critiquable mais je laisse ce sujet de coté car j’ai besoin de trouver les chiffres et des sources fiables pour développer une argumentation rigoureuse.

Je ne voudrais pas que l’on pense que c’est mon sentiment anti-sportif qui dictera ces lignes…

Alors en attendant mon retour à un plein accès à Internet et à la presse écrite de qualité, je vais m’intéresser au sentiment anti-chinois que manifeste mes compatriotes.

Il est en effet de bon ton de manifester en public sa désapprobation vis à vis des Jo de Pékin. Que cela soit en société, dans les conversations ou sur sa voiture comme le montre ma photo ci-dessus, de nombreuses personnes fustigent la tenue des jeux dans un pays  non démocratique.

Le sentiment anti-chinois, entretenu par une volonté de réaction  vis à vis des pouvoirs publics faisant preuve vis à vis de la Chine d’un attentisme intéressé, ne cesse d’enfler, dopé par les premiers échecs des athlètes français.

Bien loin de m’enthousiasmer, ce phénomène fait naître en moi des réflexions que j’exprimerai sous forme de réserves.

En premier lieu je tiens à souligner que coller des affiches sur sa voiture ou hurler  « Tibet libre ! » dans un restaurant chinois ne fait avancer en rien la cause des tibétains. De telles manœuvres aussi improductives qu’absurdes ne peuvent être interprétées que comme des actes égoïstes visant à faire un nom à leurs auteurs. A une époque où les braillements chevrotants et stéréotypés passent pour des chansons magnifiques et la bouffe au micro-onde pour un raffinement culinaire, la lâcheté imbécile est cultivée en art de vivre. Mais la mode n’excuse pas tout, et encore moins le fait de faire passer pour du militantisme ces pitoyables et au fond très lâches coups de gueule.

Lorsque l’on veut s’opposer à quelque chose, il convient tout d’abord de comprendre la situation dans laquelle on désire s’impliquer. La question du Tibet ne peut se résumer aux raccourcis faits par une certaine presse. J’avoue ne pas y comprendre grand chose si ce n’est que la situation est très complexe vu que le Dalaï Lama lui-même rappelle sans cesse qu’il ne réclame ni ne désire l’indépendance du Tibet et ce, malgré les témoignages et les images des violentes répressions en pleine recrudescence avant les jeux olympiques.

Ma dernière réserve prend la forme d’un conseil; quitte à s’enflammer pour une cause valorisante mais cette fois en en maîtrisant les tenants et aboutissants, il existe en Europe ( oui pas loin en plus ! )  un pays gouverné par une ploutocratie arrogante qui vient de décider qu’à l’avenir les directeurs des chaînes de services publics de télévision et de radios seraient nommés par l’exécutif. Un pays classé 35ème pour la liberté de la presse par l’ONG reporters sans frontières, un État où peu à peu, au gré des fusions et rachats, la presse libre disparaît au profit de grands groupes de presse contrôlés par de puissants magnats en lien direct avec l’industrie et le pouvoir en place. Un pays condamné de très nombreuses fois par des associations de défense des droits de l’homme et de l’environnement…

J’arrête ma liste ici car je pense que tu as compris que cet État ultra-libéral et à dérive dictatoriale c’est le nôtre, la france, qui dans le cas présent est si salie qu’elle n’ose même plus arborer sa majuscule.

Mais c’est vrai qu’à l’heure actuelle s’opposer de façon visible et concrète aux autorités de son propre pays ferait de toi un gauchiste révolutionnaire voire un terroriste alors que beugler sur la Chine fait de toi le héros du quartier…

En conclusion, si tu parviens à comprendre ce qui se passe au Tibet et si tu désires t’impliquer dans une démarche véritablement militante et potentiellement plus efficace, je te conseille d’adhérer à Amnesty International. C’est sûr c’est moins glamour et tendance mais si tu le fais, c’est que tu as compris l’essence même du militantisme authentique ; la volonté de changer les choses efficacement et durablement sans désir particulier de se mettre soi-même en avant. 

Souvenirs de mer…

J’ai encore un peu de mal à réaliser que je n’irai plus jamais en vacances à la mer, du coup relire ce que j’écrivais il y a dix ans pile poil me fait un drôle d’effet… 😥

Archive du dimanche 2 août 2009

En guise de pardon

190802

Ce matin je me suis levé très tôt pour me promener sur la plage histoire de constater l’étendue des  dégâts de la veille. Je savais bien que je risquais de voir diverses choses échouées sur le sable mais de là à trouver de si beaux coquillages…

Mes neveu et nièce de 10 et 11 ans n’ont pas été vraiment impressionnés, ils semblent s’en taper le coquillage des coquillages. 

Pour les impressionner il faudrait que la mer rejette des jeux de PSP…

Le titre c’est une façon de dire que la mer offre des coquillage comme si elle voulait se faire pardonner de ses excès de la veille, (c’est à dire une violente tempête drapeau rouge et des drame humains). J’avais vu un gamin se faire réanimer et trois jours plus tard un nageur inconscient et refusant d’obtempérer était convoqué devant la justice…