Rêves de gloire…

Archives du 17 mai 2006 :

Mercredi 17 mai 2006

Cher Francis,

       Je ne sais pas si tu l’as remarqué mais nous sommes de plus en plus lus. Si nous étions encore au début de nos rendez-vous je me lancerai dans un message noir et désespéré pour te parler de cette très mauvaise journée qui marque encore un échec dans mes relations humaines. Mais à présent je ne puis me le permettre sinon je vais encore affoler des gens…

Bon alors aujourd’hui au pays merveilleux tout a été magique, j’ai eu de profondes et enrichissantes conversations avec une multitude de personnes, j’ai été écouté par tout ceux à qui j’ai parlé et ma participation à l’atelier théâtre a aidé tout le groupe à progresser. Puis je suis rentré j’ai fait du jardin avant de boire un grand verre d’eau et d’aller me coucher avec un livre forcement très instructif.

Que la vie est belle dans ce monde qui ne sera jamais le notre !!!

Une archive qui est tellement moi…

Au moment de chercher une archive de 10 mai, j’ai choisi un passage assez anodin, une tranche de vie dans laquelle je me reconnais très bien.

C’est mieux que mes propos peu documentés sur des grands soucis devenus encore plus problématiques (OGM et autres).

C’est donc parti pour un saut dans le temps.

Mercredi 10 mai 2006

Cher Francis,

       Le temps maussade, la fatigue qui m’a encore poussé à m’endormir à l’école ainsi qu’un cours très dérangeant sur les troubles alimentaires ont fait de cette journée un moment assez difficile. Là encore j’ai été marqué par le fait que mes collègues de promos remarquent ma baisse de moral et que l’un d’entre eux m’adresse quelques mots de réconfort. 

Ce matin j’ai voyagé avec la prof qui nous faisais cours l’après-midi. Cette dame m’a alors signifié que je la connaissais bien avant vu que nous avions fait des sorties entre collègues avec elle… Moi je l’avais oublié… Mais bon cette relation inattendue m’a permis de négocier mon départ de cours 15 minutes avant la fin pour prendre le premier train et arriver chez moi deux heures plus tôt.

C’est alors que je me retrouve dans cette grande maison vide, même le chat dort sans me prêter attention. A ce moment je décide de mettre en œuvre le cours de ce matin en prenant mon bolide pour descendre tel un fou à la ville du bas pour acheter de quoi me faire une orgie de chips américaines, bière australienne et jambon de chez moi…

J’arrive donc dans la grande surface et je laisse mes instincts les plus bas guider mes achats. C’est alors que je tombe sur la mère d’un ami que je n’ai pas revu depuis plus de dix ans. Cette dame m’annonce que son fils attend un second enfant…

Voilà une nouvelle qui me réjouit mais qui en même temps me plonge dans le désarroi. Tous ces gens qui autour de moi se bâtissent des vies sociales affectives et familiales pendant que je…

Et si je prenais un autre pack de bière?

13 ans plus tard rien n’a changé, ma baisse de moral de mardi dernier et le fait de consommer plein de vidéos de Boris sur le tube, ont fait que je me suis acheté une bouteille de vodka russe.

Pitoyable, mais tellement moi…

Archive de philo positive…

Cette semaine je ressors une archive du mercredi 3 mai 2006. A l’époque j’étais encore en formation d’éduc et j’étais dans une phase de socialisation positive et peut-être pas très réaliste, mais qu’importe j’ai aimé relire ce texte que j’ai écrit il y a 13 ans et je suis encore plus content de le partager aujourd’hui.

Mercredi 3 mai 2006

Cher Francis,

       La journée d’aujourd’hui a été marquée par de nombreuses choses.

En premier lieu j’ai eu droit à un retour inattendu, celui de tous les philosophes qui m’avaient été présentés lors de mes années de lycée. Ils me sont tous tombés dessus à commencer par Descartes avec son cogito puis Rousseau puis Kant… Ces grand hommes se sont rappelés à mon bon souvenir par le biais d’un génial cours philosophique sur la place du sujet dans la relation éducative.

Cela m’a fait chaud au cœur d’avoir des nouvelles d’eux par une autre personne, mais je dois avouer que mon plaisir a été plus grand encore à la fin du cours quand ils m’ont lâchés. En effet tels des cousins qui viennent nous voir tous les 5 ans, ces grands esprits s’installent chez nous et deviennent si envahissants que l’on est au final plus heureux de les voir repartir que de les accueillir.

Mais le vrai événement marquant de la journée a été pour moi le fait d’être invité dans l’heure de midi par des collègues de promos à visiter l’appartement qu’ils occupent en collocation.

Sachant qu’ils liront ces lignes, je tiens à leur présenter mes excuses vis à vis du fait que j’aurai dû leur dire ce que je vais écrire avant de te le confier à toi, mon cher Francis. 

Le fait d’être invité à visiter leur lieu de vie commun a été pour moi un grand plaisir et ce dès l’annonce de leur intention. En effet par ce geste, mes collègues me témoignaient une attention particulière très touchante qui semblait dire que malgré ma conduite souvent exubérante et troublante, ils acceptaient tout de même de tenter de créer des liens entre nous.

Une fois arrivé à l’appartement avec cette joyeuse bande, je compris que la gentillesse de mes hôtes ne se résumait pas à cette simple attention. En effet, inviter quelqu’un chez soi n’est pas un acte anodin. 

Ouvrir sa porte à l’autre est bien au contraire un acte fort qui demande à celui qui le pose de renoncer à une partie de son intimité et de prendre le risque de laisser les lieux qu’il habite parler de lui quitte à être jugé par un visiteur crétin. Les lieux que nous habitons parlent de nous très fort, surtout lorsque comme dans le cas de l’appartement de mes collègues, ils sont investis par les personnes qui y résident.

C’est donc un très bel acte de confiance.

Je remercie donc à cette occasion tous ceux qui m’ont accueillis et qui m’accueilleront chez eux. Merci donc aux trois joyeux compères dont le lieu de vie m’a ému par sa chaleur. Je ne vais pas tout te raconter de cette visite afin de préserver l’intimité des ces personnes. Je vais juste te parler de deux murs recouverts de petits cadres en bois de couleurs différentes sur lesquels sont écris à la manière de grandes citations de personnages illustres, des phrases prononcées par leurs collègues de promo. 

J’ai ainsi passé de longues minutes à lire les traits d’humour souvent involontaires de mes comparses avant de me rendre compte que moi aussi j’étais à l’honneur sur ce tableau si drôle et si insolite.  J’ai vraiment été touché par ce geste plein de complicité. L’esprit de promo que je croyais mort était là sous mes yeux…

Sinon j’ai tenté de passer la journée à boire de l’eau, ce liquide dans lequel on se noie et qui fait rouiller… Je dois dire que j’ai bien eu du mal à finir ma bouteille…

Pour moi ça va être coton de devenir hydrophile.   ( Je vous paye le cadre ?)

En repartant vers la gare l’esprit encore chaviré par ces petits événements, je découvris le long de mon parcours que des boulangers avaient mis au point une fête du pain. J’en profitait pour acheter quelques croissants et bretzels encore tièdes et pour poser une question existentielle au professionnel très jovial qui me servait. 

Et oui Francis, j’ai encore osé poser la question du pourquoi les petits pains sont recouverts de sucre. Après avoir compris à ma physionomie que ce n’était pas une plainte mais une vraie question, ce brave homme eut un moment de silence avant de me déclarer avec un fort accent alsacien:

– Ben parce que c’est bon, pardi ! 

D’un seul coup cette question à la con qui me hantait depuis des années disparaissait annihilée par cette réponse pleine de bon sens qui lui était apportée. La logique de cet homme m’avait montré qu’à force de chercher des raisons d’être et des significations pour toute chose et pour tout acte, je commençais de perdre de vue l’essentiel.

Comme quoi les philosophes ne sont pas que dans les livres.

Eugénisme sournois

Hier c’était l’intervention tant attendue du président de la république, j’aurai beaucoup de choses à en dire mais hélas nous ne sommes pas mardi mais vendredi, jour des archives. Du coup je choisis de ressortir un article politico-social que j’avais écrit le 26 avril 2007 c’est à dire il y a 12 ans. C’était en plein débat pour les présidentielles, le favori se battait contre son opposante socialiste et certains de ses propos m’avaient inquiétés…

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Affiche de propagande eugénique aux USA : « Certaines personnes sont nées pour être un fardeau pour les autres » et autre joyeusetés dénonçant entre autres l’emploi de l’argent public pour venir en aide aux personnes en difficulté, d’ailleurs classées dans la même catégorie que les criminels… Ça fait peur et ce n’est pas très éloigné de certains discours de la classe moyenne actuelle en France.

Jeudi 26 avril 2007

Cher Francis,

       Cette campagne présidentielle a vu surgir lors des débats des théories inacceptables qui pourtant ne cesse de se développer, aidées par la pseudo science de certains pays dont les États-Unis font partie. Oui Francis, je veux te parler ce soir des propos de l’irascible personnage qui se prépare à commander notre pays. Entendre cet énergumène affirmer que la pédophilie et les autres maux de l’humanité sont déterminés dans une large mesure par la génétique est déjà inquiétant, mais lorsque ses sous fifres défendent son idée et vont jusqu’à parler de « prévention » de tels phénomènes, là il y a de quoi avoir peur…

Les théories eugénistes ne furent pas uniquement l’apanage des nazis, Dans une décision de 1927, la Cour suprême des États-Unis a considéré comme constitutionnelle, donc légale, une loi adoptée par l’État de Virginie en 1924 permettant la stérilisation forcée des jeunes femmes considérées comme « inaptes à se reproduire » (« unfit to continue their kind »), « faibles d’esprit », ou « inadaptées à la vie en société » (« socially inadequate persons »). L’inspiration de cette loi doit être trouvée dans les travaux du médecin hygiéniste américain Harry H. Laughlin, qui considérait la stérilisation obligatoire comme étant « l’application pratique des principes biologiques et sociaux fondamentaux qui déterminent l’amélioration raciale ainsi que la santé raciale – physique, mentale, et spirituelle – des futures générations ».

Très vite la machine s’enraya, limités au départ aux personnes déficientes, les stérilisations forcées s’étendirent aux sans abris, aux pauvres, bref tous ceux que la société bien pensante de l’époque voulait supprimer du pool génétique de la société hygiéniste qu’ils cherchaient à construire. Des lois identiques à celle adoptées en Virginie seront reprises dans 30 autres États américains, conduisant à la stérilisation forcée de plus de 50 000 personnes. Harry L. Laughlin, auteur du modèle de stérilisation utilisé en Virginie, mit ses travaux à disposition des gouvernements étrangers et son modèle fut prit comme base de la loi allemande sur la Santé Héréditaire adoptée en 1933 à l’arrivée des Nazis au pouvoir. Laughlin sera d’ailleurs récompensé d’un prix décerné par l’Université de Heidelberg en 1936. Lors des procès de Nuremberg, l’un des avocats des dignitaires nazis alors jugés invoqua la décision Buck v. Bell comme précédent à la stérilisation de deux millions de personnes dans le cadre de la politique d’hygiène raciale du régime.

Par cette décision, la cour suprême confirmait la stérilisation de Carrie Buck, une femme placée comme débile mentale dans un établissement par ses parents suite à un viol. En voici un extrait:

 » Nous avons constaté plus d’une fois que le bien être public appelait parfois les meilleurs citoyens à faire don de leur vie.  Il serait étrange que nous ne puissions pas demander à ceux qui d’ores et déjà sapent la force de l’État de consentir à des sacrifices moindres, souvent non ressentis par ceux qui sont concernés, de manière à nous éviter d’être submergés par l’incompétence. Il vaut mieux pour tout le monde que, au lieu d’attendre d’exécuter les enfants dégénérés pour avoir commis des crimes, ou de les laisser mourir de faim en raison de leur imbécillité, la société puisse empêcher de se reproduire ceux qui sont manifestement inadaptés. Le principe qui soutient la vaccination obligatoire est assez large pour couvrir la section des trompes de Fallope. Trois générations d’imbéciles sont suffisantes ».

Voilà… rien de plus à rajouter si ce n’est que je déplore le manque de virulence des adversaires de NS qui bien loin de relativiser ses propos continue à les assumer tout en montrant clairement qu’il ne s’en tiendra pas aux mots.

De nos jours avec le fichage informatique et la généralisation des examens médicaux, de telles théories pourraient conduire à des atrocités sans nom qui serait bien sûr amorties par une propagande d’État qui se dessine dès aujourd’hui avec la fustigation des chômeurs et des autres cibles désignées comme boucs émissaires des problèmes de la France.

Chouette programme non ?

12 ans plus tard, la question de cette politique quasi eugénique ne semble plus d’actualité surtout dans un pays où la natalité est en baisse constante. Par contre ce qui est certain c’est que le fichage des personnes par des moyens électroniques est lui devenu une réalité inquiétante vu que les objets bientôt tous connectés pourront dans un futur très proche communiquer des tas de renseignements personnels aux acteurs économiques et politiques. Big Brother ce n’est plus de l’anticipation, demain est devenu aujourd’hui et ce, malheureusement, pour le pire.

Histoire de ramener ma fraise…

Il y a onze ans, je m’inquiétais déjà des conséquences humaines et écologiques d’une certaine agriculture. Onze ans plus tard, les choses n’ont hélas pas changées…

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Samedi 19 avril 2008

Cher Francis,

D’ ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’ être mûrs, et ressemblant à des tomates. 

Avec d’ ailleurs à peu près le goût des tomates…

Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’ avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion.

À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’ échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’ une des plus fabuleuses réserves d’ oiseaux migrateurs et nicheurs d’Europe.

Il aura fallu qu’ une équipe d’ enquêteurs du WWF-France s’ intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l’ aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d’ ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu’ ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché. Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’ il s’ agisse d’ une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l’ hiver, pour avancer leur production. À l’ automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d’ ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

Qui s’en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’ œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l’ hiver. … Un écologiste de la région raconte l’ explosion de maladies pulmonaires et d’ affections de la peau.

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne l’ exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx Pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’ une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n’ importe où, soit brûlées sur place … Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de  s’ exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu’ ils ont respiré …

La production et l’ exportation de la fraise espagnole, l’ essentiel étant vendu avant la fin de l’ hiver et jusqu’ en avril, représente ce qu’ il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’ esprit du public comme notion de saison.

Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s’installer. Avant de venir de Chine, d’ où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…

PAR Claude-Marie Vadrot
Politis jeudi 12 avril 2007

Conclusion de cette édifiante information : Je vais continuer de boycotter avec une ardeur renouvelée les fraises espagnoles et marocaines, j’espère que la poignée de personne qui lit ces lignes réfléchira aussi à la question…

 

Un autre souvenir heureux…

Archive du jeudi 12 avril 2007

Jeudi 12 avril 2007

Cher Francis,

       Aujourd’hui était le jour le plus important de ma vie. J’ai eu ce que je pense être le dernier cours de ma vie? Il portait sur la décentralisation. Après plus de 30 ans d’école je n’ai plus à me conformer désormais à une obligation de suivre des cours… C’est exultant…

Par contre il me reste les examens blancs et les vrais examens qui arrivent au pas de course !!!

L’après midi nous avons eu le privilège d’assister à une conférence donnée par Robert Castel  en personne. Ce grand sociologue français nous a longuement parlé de la valeur travail et des mutations et attaques qu’elle subissait actuellement.

A la fin de cette conférence un ami de la promo d’à coté qui je le sais lit cette page (au fait Francis, c’est lui qui a choisi ton nom !!!) devait lui aussi repartir par le train vers Belfort qui se trouvait être aussi celui qui va à Paris.

Nous nous sommes donc retrouvés accompagnateurs de sociologue…

Ce vieil homme de 74 ans fume comme un pompier et est de bonne compagnie son dos courbé et ses sourcils très épais et frisés lui donnent une allure générale de maître Yoda.

Nous avons parlé un peu de politique avant de lui dire au revoir en gare de Belfort…

Sacrée journée, normal c’était ma dernière journée de cours…

Faire revivre des petits instants de bonheur…

Archive du mercredi 5 avril 2006, un petit moment de bonheur que j’avais oublié et que je redécouvre aujourd’hui… Quant à la prof dont il est fait mention, voici son portrait :

bestir

Françoise, Fujica STX 1N, funinon 50mm 1,9 HP5, tirage à l’agrandisseur sur papier RC

Mercredi 5 avril 2006

Cher Francis,

       Aujourd’hui la neige a fait son retour, ce qui n’est pas sans m’inquiéter vu que ma voiture n’est pas encore réparée et qu’en plus elle a des pneus été lisses… Mais bon je n’ai pas le choix je dois prendre le risque de descendre en ville tôt le matin pour prendre mon train et éviter les ennuis.

        Ce jour aura été marqué par le lancement de l’activité théâtre qui va nous occuper pendant 100 heures. Pour l’instant nous avons lu des textes en les choisissant pour tenter de convaincre nos camarades. Apparemment c’est le livre que j’ai choisi avec d’autres qui semble rallier le plus de suffrages. C’est une bonne nouvelle car je pense qu’il y a dans cette œuvre la matière nécessaire pour monter une pièce qui a un sens tout en permettant à chacun d’entre nous de s’éclater en trouvant le personnage qui lui plait d’incarner.

       Sinon ce matin dans les rues j’étais sous le parapluie de l’une de mes profs et en parlant de musique nous nous sommes découverts une passion commune pour Neil Young et nous avons commencé à chanter « cow girl in the sand  » tout fort en marchant dans la rue…

       Il y a des jours comme ça où je me sens moins seul… 

« All the freaky people make the beauty of the world »

Ce sont les hurluberlus qui rendent le monde si beau

Archive informatique

Mercredi 29 mars 2006

Cher Francis,

Une fois de plus je reviens d’une intervention pour dépanner un ordi rongé par des centaines de virus (enfin une douzaine de virus qui s’étaient reproduits dans la machine infectant 405 fichiers). J’ai réussi non sans mal à le nettoyer et à réinstaller une solution gratuite et efficace pour prévenir de futurs problèmes, par contre je n’ai pas réussi à réparer tous les dégâts causés par ces vermines.

C’est donc avec une grande frustration que je suis redescendu chez moi. Pendant le trajet de retour sur une route sinueuse et pentue, je me disais en moi-même que la vie est vraiment trop courte alors que nous avons tant de choses à apprendre.

Je rêve d’apprendre encore plus de choses sur les ordinateurs pour pouvoir aider encore plus de gens, je rêve de pouvoir continuer mon étude des araignées, de pouvoir apprendre d’autres langues…

Mais il me faudra combien de vies pour tout ça ?

En tout cas ce soir il me faudra une bonne nuit de sommeil pour m’en remettre…

A demain donc mon cher Francis…

Aujourd’hui, 13 ans plus tard, plus personne ne fait appel à moi pour dépanner les ordis, les gens sont devenus plus méfiants et vu que je suis bien moins disponible font appel à d’autres personnes. Moi je suis encore plus méfiant donc je n’ai jamais de soucis de ce genre du coup ma science de chasseur de virus stagne et du coup régresse, dommage.

Archive humiliante mais drôle.

Les antibiotiques qui restaient et les autres comprimés ainsi que le collyre et la solution nasale achetée en pharmacie m’ont permis de tenir voire d’aller mieux.

Youpie…

Au moment de chercher l’archive que j’allais publier aujourd’hui, je suis tombé sur ce texte du 22 mars 2007 que j’avais totalement oublié. J’ai éclaté de rire en le relisant alors du coup je vous le partage.

Jeudi 22 mars 2007

Cher Francis,

Parfois des proches se permettent de dire de moi que je suis « complexé » complexe je veux bien, mais complexé je n’en suis pas si sûr. La petite histoire que je m’apprête à te raconter ce soir en est la preuve.

Ce matin je me suis assis au premier rang comme à mon habitude près de la fenêtre. Le cours commençait et mes pensées vagabondaient nourrissant en moi de profondes angoisses qui s’exprimaient par un tremblement de mes jambes. J’avais une main sur la table et l’autre qui pendait le long de mon corps.

Le psychologue qui me regardait depuis un moment arrêta brusquement son exposé sur les traumatismes subis lors d’un viol et me demanda si j’avais fini. Voyant que je ne comprenais pas sa question il expliqua devant tout le monde qu’il avait interprété mes tremblements comme étant une masturbation ce qui n’était bien sûr pas le cas. Je me demande pourquoi je le précise d’ailleurs…

Je crois avoir rougi trente secondes mais après j’ai éclaté de rire avec mes camarades. Plus tard dans la journée le psy nous parle d’un pervers qui se masturbe dans un parc, à ce moment tous les camarades de promo tournent la tête vers moi dans le même mouvement d’ensemble. Là non plus je n’ai pas cherché à me cacher ou à faire diversion, le phénomène m’a vraiment amusé.

Que retenir de tout ça? que les psys sont tous omnibulés par le sexe ? Oui sans doute, même si dire cela revient à énoncer un truisme. Je peux aussi retenir qu’un groupe se laisse facilement influencer par une personne ayant un statut puissant comme celui de ce psychologue, peut être que ce soir certaines personnes de ma promo pensent que je me masturbe en cours ! 😯

Enfin je retiens avant tout que cette histoire ne m’inquiète pas et m’amuse au point de vouloir la partager avec toi ce soir, ce qui à mon sens ne serait pas le cas si j’étais quelqu’un de complexé. Au fond de moi je trouve même flatteur que la promo se préoccupe de ma sexualité.

Pas de photos pour illustrer ce message sans queue ni tête ( pas de masturbation et pas de grandes réflexion dans ce message).

Je vais aller me coucher et faire des rêves érotiques peuplés de psychologues barbus qui m’excitent tant !!! 😡

Ils sont cons ces psys mais Dieu qu’ils sont cons !!! 🙄

Pandémie blues

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Cette semaine en cherchant dans mes 5-6 années d’archives de blog, j’ai choisi pour la date du 15 mars de retenir mon article du lundi 15 mars 2010 qui évoque quelque chose que beaucoup de personnes ont surement oublié; la grande peur à l’automne 2010 de l’épidémie du virus HN1 et la folie qui l’avait accompagnée (achat en masse de liquide hydroalcoolique et lingettes, plans de confinements pour les malades, protocole en cas de symptômes…)

A l’époque j’imaginais une collusion entre les politiques et les laboratoires visant à transformer une mise en garde en hystérie mercantile.

Voilà donc ce que j’avais écrit à l’époque :

 

Lundi 15 mars 2010

Qui se rappelle aujourd’hui des jours d’automne et d’hiver marqués par l’angoisse de la pandémie martelée par les pouvoirs publics à travers les médias.

Et demain ?

Il y aura-t-il un jour quelqu’un pour lancer une enquête parlementaire sur les aspects étranges de cette affaire ?

Ah oui j’oubliais, nous vivons en France, c’est donc déjà affaire classée…

Ne me parlez plus jamais de justice et de pays fondateur des droits de l’homme, cette ploutocratie dans laquelle nous vivons met en prison des mères de famille qui volent de la nourriture pour nourrir leurs enfants affamés et accepte que des banquiers qui ont indirectement volé des millions d’euros d’argent public puissent échapper à toute sanctions et recevoir des primes d’un montant indigne.

Il y a des soirs comme ça où tout me revient en bloc et où je comprends les actes de certains désespérés.

Forcément.