L’effet synthèse

Ce soir je suis dévasté, au bout du rouleau et pour mes collègues c’est pareil. Alors non rien à voir avec le virus, enfin si dans un sens car c’est un petit virus de sept ans qui ne va pas bien du tout qui nous a épuisé. Il refuse la moindre demande des adultes, s’oppose comme un tout petit et fait de graves crises de colère avec distribution de coups et mise en danger de sa personne. C’est un enfant immature, instable et colérique, bref un enfant en grande difficulté.

Hier soir nous avons rencontré pour la seconde fois les parents pour leur expliquer comment nous travaillons avec l’enfant et pour les rassurer face à un progrès que nous avions constaté et aujourd’hui comme pour nous dire qu’il refusait ce constat, son comportement s’est violemment dégradé. C’est ce que nous appelons l’effet synthèse, après une réunion de synthèse, les enfants adoptent un comportement en totale contradiction avec ce qui a été dit à cette réunion. Pour ce jeune garçon ça a commencé dès le matin avec le refus de me laisser lui prendre la température avec le thermomètre sans contact (obligation posée par l’A.R.S), puis des violences contre ma personne avant de s’en prendre et là c’est grave à ses camarades. Arrivé dans ma salle d’activité après avoir traversé les couloirs en hurlant, il retourne les fauteuils et continue à hurler de plus belle.

A ce moment je me demande ce que je dois faire, je décide de tenter la douceur, plus exactement la main de fer dans un gant de velours. Je lui dit qu’il aura une grande punition de récréation mais que si il accepte de ranger la salle et de présenter ses excuses je suspendrai la sanction. Il hurle se jette sur le canapé du coin lecture puis commence à se calmer, je lui rappelle les options avec encore plus de douceur et là il se met à ranger et me demande pardon pour ses coups et le reste. La suite de l’activité se passe très bien mais en seconde partie de matinée il part en classe là où la demande et le cadre sont plus forts et du coup mes collègues ont droit à un feu d’artifice.

Crises à midi, crise l’après midi et au moment de prendre le taxi pour rentrer chez lui il refuse de monter dans le véhicule. Il part en courant, escalade la grille de l’école, enfin tente de le faire avant que je le rattrape pour éviter qu’il ne tombe de l’autre coté c’est à dire de deux mètres sur le macadam. Je l’emmène vers le véhicule et là sa colère monte encore , il refuse de monter une fois posé de force refuse de s’assoir, frappe les autres enfants rampe sur le plancher. Il ne reste plus qu’une chose à faire, appeler le père.

Celui-ci arrive et quand l’enfant voit son père il devient encore plus violent et hurle « Non!!! taper !!! » Cet enfant sait très bien parler, lorsqu’il va bien il raconte plein de choses avec un langage riche et structuré, mais là il ne reste plus que la colère et la peur car oui je me demande si en rentrant il ne va pas se prendre une bonne fessée…

Du coup ce soir je me sens pas très bien, et écrire cela me permet d’y voir plus clair. Je vais organiser une entrevue spéciale avec la psychologue pour tenter de comprendre ce qui s’est passé et si cet enfant a d’autres raisons que le handicap et l’immaturité pour manifester un tel comportement.

Et je vais aussi soigner mes bleus aux jambes, ce petit garçon censé être hypotonique a un bon coup de pied ! 🙄

Un coup de téléphone qui rapporte

La scène se passe vendredi dernier dans le Missouri. Rudy Mendez, un habitant de Foristell était arrivé dans la ville de fenton lorsque son téléphone se mit à sonner. Ne disposant pas de kit et afin de respecter la loi, ce brave Rudy décida de se garer sur le parking d’un petit commerce pour répondre en toute sécurité à cet appel. Tout en parlant avec son interlocuteur, il entra dans la supérette et sur un coup de tête s’acheta un billet à gratter. Le billet étant gagnant de quelques dollars il décida d’y retourner et de prendre un autre ticket le 200X, un jeu de grattage qui permet de toucher jusqu’à 10 millions de dollars.

C’est alors qu’en grattant Rudy découvre qu’il a gagné 200 dollars, ce qui est déjà pas mal, mais en fait son pouce cachait la vraie somme et en l’enlevant Rudy vu qu’il avait en fait gagné deux millions de dollars. C’est à ce moment qu’il raccrocha le téléphone pour faire scanner son billet par le commerçant pour être sûr d’avoir décroché le jackpot. Depuis sa femme et lui réfléchissent à la façon dont ils vont dépenser cet argent.

Voilà, encore une bien belle histoire dans la plus grande ploutocratie du monde. Pour moi ce fait divers réel n’en est pas moins une publicité pour les jeux d’argent, le buzz autour de ce coup de pot étant plus efficace que la plupart des spots TV et autres formes de publicités. Il n’en reste pas moins que ce coup de chance a été rendu possible par la volonté d’une personne de respecter la loi et les bonnes pratiques. Alors s’il s’agit d’une vraie récompense morale divine, j’imagine que s’il n’avait pas utilisé son téléphone dans le magasin il aurait touché les 10 millions ! 😆

Le Jean-Jacques

Rolleiflex T de 1945, HP5 120

Encore une archive des jours heureux sans virus et avec un monde associatif en pleine ébullition. Cette photo est aussi assez particulière vu que j’en ai vendu un tirage à mon modèle. C’était la première fois que je touchais quelque chose avec une de mes photos. Enfin vendue… Il me l’a payé (ce tirage) avec une bière. Mais une bière à la pression ! 😆

Nous n’irons plus au bois…

… Le banc est cassé !

Donc dur de s’assoir pour se reposer.

Photo faite avec mon Lumix FZ48 mardi pendant une sortie au bois avec les enfants de mon groupe, leur maitresse, ma collègue et une animatrice qui expliquait des tas de choses et racontait des histoires à des enfants qui ne voulaient qu’une chose : jouer avec des bâtons. 😆

Archive hospitalière

Le lundi 12 mars 2007, j’amenais un jeune à l’hôpital. le pire c’est que je ne me souviens même pas de cet épisode que j’ai retrouvé dans mes archives. Je découvre même médusé que j’avais conduit une Twingo ! Comme quoi, un blog et ses archives ça sert parfois à retrouver la mémoire, enfin pas dans ce cas là car j’ai beau chercher je ne me souviens de rien et je ne peux donc que partir des faits relatés par mon moi d’il y a 14 ans pour retrouver plus de détails… Je pense que c’est tout juste impossible…

Archive du lundi 12 mars 2007

Cher Francis,

       Après avoir fait trois fois le tour du parking avec la petite Twingo, j’ai compris que je devais chercher une place ailleurs. C’est ainsi que je me suis dirigé vers les anciens bâtiments de l’hôpital et qui j’y ai enfin trouvé un endroit ou stationner ce drôle de petit véhicule. A coté de moi le jeune garçon était resté silencieux pendant tout le voyage, en scrutant son visage tuméfié je ne parvenais pas à lire autre chose que de l’indifférence vis à vis de ce qui venait de lui arriver.

Deux heures auparavant l’enfant avait été poussé par deux de ses camarades et était tombé lourdement à terre face la première. Son nez et son front étaient égratignés tandis que le reste de cette zone de son visage prenait une couleur bleu jaune.

Je suis son référent c’est donc à moi de l’emmener aux urgences enfin de couvrir l’établissement au cas où un symptôme post-traumatique devait apparaître. Je prends le jeune garçon par la main en tentant de le faire un peu rire pour détendre l’atmosphère mais je suis moi-même très tendu, sans doute plus que lui car habitué aux urgences, je sais que l’attente risque d’être longue et que le jeune garçon pourrait très bien devenir le témoin des blessures et des mutilations diverses qui sont si courantes dans ce service. Conscient de cela je l’entraîne à l’écart sur une petite table et je le fais asseoir le dos tourné au bureau d’accueil et au reste de la salle d’attente.  Ce soir, pour une fois, je suis content  d’avoir eu cette précaution.

Je m’assois face à l’enfant pour lui parler, ce faisant mon regard vient se poser sur cette petite antichambre des enfers. De nombreuses personnes sont déjà là, il y a ce couple en état de choc composé par un homme de la quarantaine plié en deux sur les genoux de sa femme, il se tord de douleur semble hurler sans pouvoir expirer le moindre son. Il se tortille depuis plus de 45 minutes quand enfin une infirmière arrive pour lui demander :  » vous avez mal monsieur?  » Incroyable… Je vois aussi cet homme avec la main enroulée dans un mouchoir sanglant, un autre homme sur un fauteuil roulant laissant traîner à terre un pied a moitié amputé  dont la couleur semble indiquer un état de gangrène… 

        Partout où mon regard se pose je ne vois que souffrance et tristesse. Les conversations entre les malades leurs familles et le personnel soignant viennent à mes oreilles dévoilant les drames à l’origine de la présence de ces individus dans ces lieux. C’est ainsi que par exemple je comprends que l’homme qui se tord de douleur a fait une tentative de suicide par médicaments…

       90 minutes plus tard, nous sommes enfin appelés par le personnel soignant, nous sommes installés dans une petite salle sans porte qui donne directement sur un couloir de l’hôpital, un axe de circulation, une veine de ce grand corps malade qui charrie un flot constant de malades poussés par des infirmiers. Le jeune garçon regarde ce spectacle étonné. Parfois un des brancards s’arrête devant l’ouverture de la salle où nous sommes et comme dans un mauvais film d’horreur un visage pâle dans lequel est planté un regard sans vie vient se poser sur nous. Je sens l’enfant à coté de moi de moins en moins rassuré, je tente de le rassurer en lui expliquant que ces personnes sont là pour être soignées et qu’elles vont aller mieux mais connaissant moi-même leurs situations, je manque de crédibilité assez pour que l’enfant s’en aperçoive. Un interne arrive enfin et examine le jeune garçon, les blessures ne sont pas graves mais des radios doivent être prises pour déceler d’éventuelles fractures. Je demande à accompagner l’enfant vers l’appareil et je reste en salle à coté du manipulateur pour regarder amusé l’image du crâne du jeune garçon diffusé en temps réel, la vision de ces os et de la vie qui les anime est un spectacle saisissant.

Puis l’on nous demande de retourner en salle d’attente. Soudain j’entends le nom de l’enfant prononcé très fort par une voix de femme, la tante du jeune garçon a emmené sa propre fille victime d’un choc important à ta tête après un incident de roller. Cette tante appelle la mère de l’enfant qui arrive quelques minutes plus tard avec la grand mère… Du coup toute la famille se retrouve aux urgences à papoter. J’offre les chocolats que j’avais acheté en prévision de ce qui aurait put être une très longue attente. Le climat convivial qui se développe dans notre petit groupe redonne le sourire à l’enfant tout heureux de voir sa maman venir le voir aux urgences, je glisse à cette occasion le fameux  » vous savez votre grand garçon a été très courageux ».

Ce lieu comme tout lieu habité par l’homme est lieu de vie et de rencontres, un lieu improbable dans lequel tout semble possible, le pire comme le meilleur. Un endroit coupé de l’espace et du temps où chacun de nous peut atterrir d’un moment à un autre.

Mais en ce qui me concerne, je préfère rester simple accompagnateur…

Ils arrivent…

Cette semaine je vous présente une des très nombreuses vidéos tirée de la chaine de Boston Dynamics, les experts qui ont conçu les chiens robots « Spot » et qui s’amusent comme des petits fous avec leurs jouets hors de prix. Franchement je les envie, j’adore ce genre de machines et cette technologie.

Par contre le fait que ces robots aient été prêtés aux policiers de l’État du Massachusetts semble inquiéter l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) qui a appris l’engagement de Spot par la police. L’organisation a exigé des détails des autorités, qu’elle a en partie obtenus. Boston Dynamics a prêté plusieurs chiens-robots à la police de l’État du Massachusetts d’août à début novembre. Les machines ont notamment été testées par des équipes de déminage. La police s’est refusée à donner davantage d’informations, se contentant de dire que Spot avait été engagé sur le terrain lors de deux opérations réelles.

Face à cela et aux diverses questions sur les aléas de l’intelligence artificielle et de la façon dont elle jugera les questions ethniques qui posent tant de soucis aux États-Unis, la sympathique compagnie Boston Dynamics se veut rassurante et précise qu’elle refuse que spots et ses frères soient transformés en armes. Alors oui très bien mais jusqu’à quand ? En attendant, hier j’ai appris avec le reste du monde que Spot est en ce moment utilisé pour surveiller les voies de chemins de fer des CFF (trains suisses). Quand je vous dit qu’il va falloir s’habituer à eux ! 🙂

Tuto : visiter une collègue en arrêt

Hier je me suis rendu chez une de mes collègues de très longue date. La pauvre a fait une mauvaise chute et est immobilisée chez elle. L’usage dans ce genre de situation c’est d’amener un petit cadeau. Je me suis donc plié à cet usage mais en m’amusant un peu histoire de donner un exutoire licite et constructif à mes pulsions sadiques. 😈

Je lui ai donc trouvé un livre avec un titre évocateur, et j’ai ajouté une boite de mouchoir car le livre est triste et une grosse boite de nounours à la guimauve pour l’aider à se remettre de ses émotions. 😆

J’ai improvisé ce geste loufoque en cherchant des idées au supermarché et j’ai trouvé que cette petite tranche de vie serait bien plus sympathique qu’un énième atermoiement ou une autre séance d’introspection. :mrgreen:

Un gros buzz pour un toast

Cette semaine une photo tout à fait anodine a agité les réseaux sociaux. Il s’agit d’une scène où l’on voit des randonneurs trinquer avec des mignonnettes. Voici ce cliché, vous allez tout de suite voir ce qui cloche.

Et oui, le truc bizarre c’est que l’on ne voit que trois personnes alors qu’il y a 4 mini bouteilles.

La solution est pourtant simple. Vous l’avez peut-être trouvée…

Non ?

Et bien c’est que la quatrième personne qui est à gauche porte une veste camouflage dont la couleur et les motifs se confondent avec ceux du sol. Du coup son bras apparait comme invisible mais pas le gant qui tient la mignonnette.

Le plus drôle dans ce genre de photos que l’on trouve par centaines sur certains thread Reddit ou autres, c’est qu’elles sont prises de façon totalement accidentelle.

C’est ça la magie de la photo… 🙄