Le point sur la situation

Demain je vais enfin avoir le temps d’aller jusqu’à l’hôpital à 50km d’ici pour prendre le rendez-vous pour l’IRM de ma mère. Mais c’est dur, je traîne des pieds car pour l’instant mis à part ses rhumatismes elle va bien et a toute sa tête. l’annonce de la maladie va mettre un terme à tout cela, mais bon je n’ai pas vraiment le choix…

De mon coté je tente de rationaliser mes peurs et de me préparer pour le pire deuil de mon existence tout en me disant que d’une part elle n’est pas encore morte et que d’autre part accompagner ses parents vers leurs derniers instants de vie fait partie du destin de chaque humain.

Du coup je sors un peu de mes pensées sombres tout en passant des nuits très courtes, hier j’ai failli avoir un incident grave car manquant de sommeil, mon attention a été captée et voyant que j’allais percuter à 50km.h les voitures devant, j’ai du piler très vite faisant caler la voiture.

Plus de peur que de mal mais les freins n’ont sans doute pas aimé.

Sinon niveau cousines c’est un peu n’importe quoi, celle qui habite dans mon village vient à la maison quand je ne suis pas là pour faire ses lessives et sabote toutes mes tentatives pour faire une sortie avec sa famille. Elle se prépare aussi à renter en Ukraine en juillet. Elle ne reviendra pas, c’est de l’histoire ancienne. Sa sœur qui vit dans la ville d’à coté avec son fils désire quant à elle rester en France, elle veut exercer son métier de diététicienne. Son fils par contre ne sera pas recruté par le gros club de foot local car ils ont trouvé qu’il y avait un problème avec son physique. C’est vraiment n’importe quoi car le gosse est très doué.

Et sinon et bien ce sont les dernières semaines de l’année scolaire avec leurs lots de travaux urgent et de contraintes, bref une année comme les autres et ça aussi ça m’aide pas mal à tenir debout. ça et les coups de pouce des amis et collègues qui par leurs initiatives et leurs bonne humeur m’aident à penser à la suite sans trop m’angoisser. 🙂

Bref je vais mieux et je suis prêt pour la suite. Enfin comment peut-on être prêt pour ça ?

Perdu

Je recommence le billet d’aujourd’hui pour la troisième fois. Mes pensées sont sombres très sombres et je ne veux pas inquiéter mes lecteurs surtout mes proches en laissant sortir toute cette noirceur qui ne demande qu’à couler de mon cerveau à mon clavier.

Non ce soir je ne reparlerai pas de la situation actuelle, ma mère va bien pas de signes cliniques et tant que l’IRM n’est pas faite, nous vivons une parenthèse, un sursis.

Alors du coup ce soir parlons d’autre chose comme de ma journée passée à faire un gâteau avec trois enfants qui n’ont ni langage oral ni compétences de base ne serait-ce que celle du stade de l’imitation pour faire de cet atelier un vrai apprentissage.

Bref vous l’avez compris, aujourd’hui j’ai fait de l’occupationnel. Ce genre de chose a un sens pour les psychiatres et est une réalité pour les professionnels qui accompagnent des enfants en grande difficulté. Fort heureusement, mes collègues mettent aussi en place d’autres activités porteuses de sens et génératrices de progrès.

Il n’en reste pas moins que la notion « d’activité qui a un sens » se résume souvent à la seule perspective du professionnel qui la met en place. Les projet sont élaborés de façon unilatérale et même si cela change peu à peu, sans un écrit qui vient exposer leurs buts et leurs apports.

Bref oui, ces temps derniers le travail est la seule chose qui m’aide à tenir bon et même là je me pose des questions sur la solidité de l’édifice. Ce genre de questionnement n’est pas nouveau pour moi, un bon professionnel est toujours en questionnement, mais après une après midi passée à faire de l’occupationnel, la peur d’avoir consacré ma vie à des chimères remonte très fort.

Mais au final une seule chose reste sûre, authentique et positive, ce sont tous les bons moments passés avec les enfants, la complicité, les yeux qui s’illuminent lorsqu’une petite réussite se produit et parfois la sensation d’avoir touché le cœur de l’enfant par une parole qui va l’aider dans sa vie, bref, tous ces instants magiques et merveilleux que personne y compris mon pessimisme et mon désespoir ne pourront me prendre. Oasis dans mon désert affectif balayé par les vent du désespoir, tous ces beaux instants je les garde précieusement dans mon cœur et je les emporterai avec moi lorsque souviendra le grand silence.

Le début de la fin

Lorsque j’ai pris la décision de reprendre ce blog, je ne m’attendais pas à toutes les choses sombres que j’allais y raconter. Entre mes idées noires et les choses graves qui se passent dans ma vie, la page du mardi est devenue un espace que je ne souhaiterai sans doute pas relire plus tard.

Et aujourd’hui je dois raconter ce qui se passe, un évènement grave que je redoutais depuis des années.

Vendredi soir après une bonne journée avec des amis le téléphone sonne, à l’autre bout du fil le médecin qui m’informe que selon les résultats des analyses de sang de ma mère faites le matin même, deux marqueurs sont inquiétants et montrent qu’elle a développé un cancer.

Nous avons rendez-vous mercredi.

Je ne sais pas comment gérer cela, comment nous allons l’annoncer à ma mère avec le médecin et depuis ce coup de téléphone je suis sous le choc, je ne dors plus je ne mange plus.La journée de travail m’a bien aidée à penser un peu à autre chose mais j’ai tout de même informé mes collègues et du coup le sujet a été soulevé plusieurs fois dans la journée avec à chaque fois des informations pénibles à donner car oui je n’ai pas encore accepté ce nouveau coup du sort.Ma mère quant à elle va bien, elle s’occupe comme d’habitude ne semble pas souffrir autrement que de son dos, elle mange même mieux que moi.

Encore quelques instants de répit avant d’entrer dans une période très sombre de nos vies.

C’est le début de la fin.

Géraniums

Aujourd’hui en sortant du travail je suis allé chercher 6 pieds de géraniums pour les mettre dans les deux jardinières sur le balcon. Pourquoi ? Et bien parce que tous les voisins affichent leurs géraniums et aussi parce que ce geste annuel fait partie de ces choses que l’on fait chaque année à l’identique prétendument par habitude ou par tradition alors qu’en fait nous les exécutons comme un rituel magique nous permettant de ne rien changer d’une année à l’autre. Le mot d’ordre implicite est donné : reproduire le passé dans les moindres détails et surtout éviter toute innovation déstabilisante.

Alors voilà, j’étais là les mains dans le terreau quand ma cousine est arrivée pour récupérer une lettre vu que son courrier continue d’être envoyé chez moi malgré mes démarches. C’est à ce moment qu’elle me parle de ses enfants qui se plaisent tant dans les écoles de mon village et qui s’y font pas mal d’amis tout en commençant à baragouiner quelques mots de français. Nous parlons de leurs facéties, des autres familles ukrainiennes bizarres qui sont dans le village d’à coté et que ma cousine fréquente de moins en moins car à chaque fois elle est à deux doigts de se faire arnaquer (le coup de « ma carte bancaire ne marche pas »). je lui conseille de faire le tri et de prendre ses distances. Je tente aussi de savoir ce qu’elle fait pour elle-même…

Et à force d’insister je finis par comprendre que ma cousine souffre du même problème que le mien, elle s’interdit d’être heureuse. Elle est logée gratuitement dans un très bel appartement, ses enfants sont scolarisés et apprennent plein de choses en vivant de beaux moments, je suis juste à coté en cas de soucis, mais non, rien n’y fait, elle n’exprime au mieux qu’un soulagement de se retrouver dans le cadre calme et paisible d’un village bourgeois muni de solides infrastructures mais ne dira jamais que la vie est belle et qu’elle désire tenter de faire de cet exil temporaire non pas une épreuve, mais une chance de vivre avec ses enfants une expérience qui à posteriori se révélera enrichissante pour tous.

Alors ce soir, histoire de bien me faire comprendre son trouble, elle parle dans un article sur le réseau social des vieux (Facebook) de ce conflit entre ce sentiment de bien-être et la culpabilité qui l’empêche de le ressentir puisqu’elle pense constamment à son pays qui est actuellement en pleine russification.

Et là je me dis qu’il faudrait qu’elle trouve un travail d’aide à la personne pour arrêter de s’apitoyer sur elle-même et profiter de ce qu’elle a en ce moment. Mais bon, si je veux vraiment être honnête mon idée est débile vu que pour moi ma carrière toute entière au service des plus malheureux que moi ne m’a absolument jamais aidé à savourer ma chance et à m’autoriser d’être heureux. A vrai dire, ces dernières années c’est même le contraire puisque je commence même à perdre tout espoir dans la nature humaine en voyant que d’année en année les visages changent mais que les tragédies restent les mêmes. On peut changer les prénoms mais pour changer les destins c’est bien plus compliqué et l’état actuel du secteur médico-social exsangue de financements ne va rien arranger.

Demain à midi c’est le pont, l’occasion de faire de la musique, du rangement et surtout du jardin, c’est aussi surtout et avant tout l’occasion de passer du temps avec un ami ou deux histoire de croire l’espace de quelques instants au jour où moi aussi je mériterai de devenir quelqu’un dont on apprécie la compagnie.

Quelques instants passés la tête hors de l’eau en ayant des rapports normaux et de riches interactions avec diverses personnes juste avant de replonger dans les eaux froides et sombres de cette solitude; naguère fidèle compagne, mais qu’à présent je rejette violemment après avoir expérimenté le mirage de la famille ukrainienne qui m’a rappelé de façon agréable puis très douloureuse un fait central dans ma vie qui se résume en une courte et abrupte constatation : j’ai oublié de vivre.

Changements…

Alors voilà, ma cousine Oksana est donc revenue dans mon village et ce depuis vendredi soir. Elle l’a fait car au final la vie en ville dans un quartier populaire n’est pas si plaisante que ça surtout à partir du moment où elle a décidé de scolariser ses enfants.

Car oui, cette fois je pense que nous y sommes enfin, elle comprend qu’elle ne rentrera pas la semaine prochaine mais peut être en automne si la guerre se termine ou si les troupes russes sont repoussées pour de bon à la frontière.

Sa grande fille a commencé le collège aujourd’hui et a fait un effet « bœuf » comme on dit chez nous. Tous les jeunes de sa classe se sont agglutinés autour d’elle pour l’accueillir et l’on kidnappé à la fin des cours pour l’emmener traîner au terrain de jeu. Je pense qu’elle est ravie et j’espère que passé ce premier jour elle se tissera de vraies amitiés qui l’aideront à supporter son exil et à apprendre le français comme l’a fait sa mère dans la même collège il y a 23 ans. Et oui l’histoire se répète…

Son petit frère commence l’école primaire jeudi matin et là non plus je ne me fait aucun souci, à sept ans la différence de langage n’est pas un problème pour jouer entre jeune enfants et lui aussi va vite apprendre le français car ce sont des enfants sérieux et doués pour les langues comme leur mère.

De l’autre coté du ring mon autre cousine continue à faire des grands voyages gratuits pour de prétextes fallacieux et surtout pour faire une dizaine de selfies par jour. Demain je vais une fois de plus traîner avec son grand fils, le champion de foot sauf que là il va y avoir des changements.

Après une très grosse facture de garagiste totalement imprévue, je suis tout bonnement ruiné. Je vais donc cesser de dépenser des petites sommes pour tout ce beau monde. fini les mac do et autres services comme des convoyages ou pire encore, l’achat de denrées alimentaires.

En effet, je sais pertinemment qu’ils ont bien plus d’argent que moi, qu’ils profitent de ma générosité et qu’une fois la guerre terminée ils reviendront dans leur pays et m’oublieront.

Mais voilà ce que j’ai fait, je l’ai fait non pas uniquement pour de l’affectif mais bien par sens du devoir, ce même sens du devoir qui me fait accepter ma vie actuelle sans vacances ni sorties depuis plus de six ans.

Mes nouvelles limites ne seront pas non plus uniquement budgétaires, je vais devoir aussi me repositionner par rapport à ma cousine qui vit à 600 mètres de ma maison, ne pas aller chez elle, ne pas lui demander de passer, la laisser gérer tout cela selon ses envies. De toute façon ses enfants auraient trop honte de moi, le vieux gars qui vit chez sa mère âgée et qui n’est même pas marié…

Au bout de tout cela c’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre devant moi, je n’en attend pas grand chose mis à part cette sensation enivrante d’avoir enfin une vie avec une famille présente et proche qui a besoin de moi, raison pour laquelle je dois me montrer très attentif pour ne pas me faire prendre au jeu en me souvenant que même si ma vie change un peu, mon sort restera le même, je serai toujours seul car je ne suis pas digne d’être aimé.

Je finirai donc ma vie comme je l’ai commencé non pas avec les autres mais à coté d’eux.

Je ne touche plus terre…

Je passe pas mal de temps à aider et à parler à de nombreuses personnes et non, pas seulement mes cousines ukrainiennes. Aujourd’hui après une fin d’après midi à boire de la vodka avec un copain qui avait pas mal de choses à me raconter et à évacuer, j’ai été obligé de planter les fleurs, là j’ai à peine la force de taper ces quelques lignes avant de m’endormir. Manger ? Non pas ce soir, j’peux pas… Dodo !!!

Une soirée un peu longue…

Plus de détails demain !

Alors oui, édition de mon message de hier…

Hier une de mes cousine a voulu se rendre pour un motif futile (se faire refaire les faux-cils) dans une ville de la région parisienne, je n’étais pas rassuré, j’ai tenté de la dissuader mais non, elle a voulu y aller quand même.

Alors une fois de plus un grand merci aux personnes de la paroisse qui l’ont amené à la gare le matin de bonne heure comme ça je n’ai eu qu’à la récupérer le soir à 23h00 tout de même. 🙄

Et pendant ce temps là, son fils était seul, du coup il a demandé que je passe le prendre chez lui après le travail. Nous avons donc traîné dans les magasins de sport et autres avant de rentrer au village pour regarder un bon film en buvant du Red Bull.

Ce grand ado était content de passer du temps avec moi (et sûrement que je lui paye le mac do et un film dans lequel on voit le Kremlin partir en fumée ! :lol:) et moi du coup j’étais content de jouer au papa cool le temps d’une soirée sans les ennuis qui vont avec la gestion d’un ado… :mrgreen:

Alors oui mes cousines et leurs enfants ne vivent plus sous le même toit que moi mais voilà je me sens toujours aussi responsable du bien-être des enfants en tant qu’éducateur et surtout en tant que arrière grand oncle résidant dans le pays qui les accueille.

Ceci écrit je ne me fais pas d’illusions, lorsqu’ils repartiront ou lorsqu’ils construiront leurs vies, bref dès qu’ils n’auront plus besoin de mon aide, je n’entendrai plus jamais parler d’eux, je n’aurai même pas une bouteille de vodka ukrainienne pour me remercier et je n’aurai droit à de la gratitude de leur part que si je repars faire un voyage en Ukraine.

Alors pourquoi pas, c’est un beau projet photo et j’aimerai pouvoir parler et boire avec mon oncle ukrainien. Reste à savoir ce que l’Ukraine va devenir et ça personne ne le sait n’en déplaise aux abrutis qui défilent sur les écrans de TV et sur les réseaux sociaux… 😡

Thema : Les téléphones portables #2

Aujourd’hui j’attends un disque dur livré par Amazon avec lequel je vais refaire un ordinateur Win 7 assez puissant pour la photo et mes montages vidéo. Alors vu que j’en ai marre de rester dans mon lit à faire le mort pour ne pas répondre aux sollicitations de plus en plus égoïstes de mes cousines ukrainiennes, j’en profite donc pour exposer les raisons qui font que je hais les téléphones portables.

Pour plus de clarté je vais diviser mon exposé en trois parties, en premier lieu j’exposerai les raisons d’ordre environnemental puis les raisons pratiques et enfin les raisons psychologiques qui font que je hais ces machins.

Sur le plan environnemental les téléphones portables qui ont été fabriqués à plus de 7 milliards d’exemplaires ont un impact considérable sur l’environnement de l’extraction des métaux rares dont ils sont composés en passant par le transport du produit fini et enfin leur fin de vie, l’industrie florissante du téléphone portable est responsable à elle seule d’une grande partie de cette nouvelle pollution si coûteuse pour la santé de notre planète. En 2016 une enquête révélait que chaque français produisait chaque année de 17 à 23 kg de déchets technologique. Si vous voulez plus de détails sur le coût environnemental des portables allez donc consulter ce PDF sur le site de l’ADEME. Le marché très lucratif du téléphone portable est également responsable d’une certaine opacité sur les études relatives aux risques sanitaires de ces engins. Le lancement de la 5G qui va encore engraisser les actionnaires qui vont entasser des millions en échange d’un service non essentiel (toujours plus de débit pour des machines qui consomment toujours plus d’énergie mais pour au final un usage qui évolue peu) pose aussi pas mal de questions car au vu des profits envisagés il y a fort à craindre que les enquêtes sanitaires et environnementales soient bâclées ou truquées.

Sur le plan pratique ces machines sont pour moi une vraie ineptie responsables de beaucoup de méfaits. Les téléphones portables ne sont plus de simples instruments de communication mais sont devenus des appareils photo (en coulant les entreprises qui vendent des vrais appareils photo, Nikon et Canon entre les effets du virus et le crash des ventes du au fait qu’à présent les gens photographient avec leurs portables, bref ces entreprises sont au plus mal), des agendas, des ordinateurs portables, des porte monnaies électroniques, des consoles de jeu, des lecteurs de M3 de vidéo et tant de choses grâce aux applications qui concentrent un nombre bien trop important de fonctions importantes dans un objet petit, fragile et parfois non adapté pour les tâches qu’on lui confie. Photographier avec un téléphone aussi sophistiqué soit-il c’est pour moi comme faire cuire un croque monsieur avec un fer à repasser (oui cette vieille pub Lewis) ça marche mais l’engin n’est pas fait pour cet usage. Aujourd’hui pour les acharnés du téléphone portable, perdre leur précieux bidule c’est perdre son téléphone, son porte monnaie, son agenda, son album photo… Pas étonnant que certaines personnes n’hésitent pas à se jeter dans une fosse sceptique pour les récupérer (CF. l’article de hier). Un autre aspect dérangeant de ces appareils avec lesquels ont fait trop de choses, c’est qu’ils sont une façon bien pratique pour les pouvoirs politiques et les acteurs économiques de nous tracer et de nous surveiller. La crise du COVID et l’application tous anti covid a bien montré avec quelle facilité les téléphones portables permettent de contrôler les masses.

Sur le plan psychologique, les téléphones portables sans cesse brandis par leurs propriétaires sont devenus un puissant marqueur social. Certaines personnes avec peu de revenus s’endettent pour avoir un portable à 1000 euros dont ils n’exploiteront jamais les possibilités juste pour tenter de se persuader de leur valeur et de leur place dans la société en tant qu’être humain. Pour les enfants cet objet est le siège de tous les fantasmes, en avoir un c’est être grand et être quelqu’un. Les fonctions photo et vidéo des portables sont aussi un désastre au niveau des comportements humains puisqu’à présent à chaque catastrophe ou spectacle pitoyable, on trouve toujours un certain nombre de personnes qui se mettent parfois en danger pour rapporter des horreurs ou des comportements stupides qui vont nourrir les sites de streaming les plus abrutissants et faire ainsi encore baisser l’intelligence et la dignité humaine. Le téléphone portable est aussi un objet très narcissique qui permet à ses utilisateurs de se photographier et de se filmer en mentant sur leurs apparences par l’utilisation de filtres tout cela pour séduire dans le monde virtuel afin de là encore, tenter de se re-narcissiser. Enfin toujours sur le plan psychologique je suis toujours stupéfait de voir les jeunes qui se réunissent entre amis mais qui ne parlent pas et restent les yeux rivés et les doigts collés sur leurs portables. cet objet qui était à la base un instrument de communication est devenu une bulle individuelle dans laquelle beaucoup de personnes se réfugient pour satisfaire leurs addictions aux jeux, réseaux sociaux et fausse communication au lieu d’être en relation avec leurs proches. Sur mon lieu de travail je ne cesse pas de râler contre mes collègues qui font cela mais c’est comme cracher en l’air…

Voilà, je viens de recevoir mon disque dur qui va me permettre de remettre en route mon ordinateur photo et vidéo au lieu de le jeter. Mes anciens téléphones portables sont quant à eux rangés dans des tiroirs en attendant de trouver une façon de les vider et de les recycler de façon éthique. Mon portable actuel est un smartphone que j’ai été obligé d’acheter car mon ancien n’avait plus de son. j’ai mis des mois à choisir le modèle en prenant en compte les émissions de radiation et le prix le plus bas possible et la qualité de l’appareil photo n’a pas été un critère pour moi. Du coup j’ai un Samsung A03s 4G qui est la plupart du temps déchargé car un des autres méfaits de ce machin est de me rendre atteignable par tous peu importe le lieu où je me trouve. Oui je hais ces machins, le mal qu’ils font à ma planète, à la société et à moi de façon directe ou indirecte. Pour finir je sais que bon nombre d’entre vous vont pointer les cotés positifs des portables mais bon, il y a 20 ans quand ils n’existaient pas en s’en passait très bien, non ? :mrgreen:

Tentations caritativo-égoïstes

Ma vie reprend donc son cours habituel sans petit enfant qui me gratifie d’un beau sourire édenté et d’un vibrant « Priviet » (salut) quand je rentre. J’aimais bien lui répondre « Priviet soviet » ça le faisait rire.

La famille ukrainienne a donc quitté la maison après une cohabitation de 25 jours. C’est donc le moment de mettre les choses sur table afin de savoir ce qui n’a pas fonctionné dans cette cohabitation.

Je mets bien sûr de coté la brouille entre les deux sœurs attisée par le manque de place et de commodités pour faire vivre 7 personnes sous le même toit. Mais une fois la jeune sœur partie pourquoi était-ce encore si difficile de vivre avec son aînée, ma cousine que je connais pourtant si bien depuis son adolescence ? Et bien tout simplement à cause des égoïsmes de part et d’autres.

Ma mère tout d’abord s’est comportée comme le personnage du film Tatie Danielle en protestant à chaque fois qu’une chose était déplacée dans sa maison et en accusant ma pauvre cousine chaque fois qu’elle ne retrouvait pas un objet ou un aliment. Ma mère a été odieuse et a tourmenté ma pauvre cousine qui pleurait comme une adolescente et allait parfois jusqu’à fuir dans sa chambre en claquant la porte derrière elle. J’ai eu beau lui rappeler que ma cousine et ses enfants n’étaient pas en vacances mais qu’ils fuyaient la guerre, chose qu’elle devrait comprendre puisqu’elle l’a connue en étant enfant, cela ne l’empêchait pas de dire tout haut sans se soucier de leur présence : « c’est quand qu’ils partent j’en ai marre !!! »

Face à cela ma cousine qui n’était déjà pas très intéressée de prime abord pour suivre les coutumes françaises de base du genre manger à heure fixe et ensemble, ne pas manger dans les chambres… Bref face à cette hostilité, ma cousine et ses enfants se sont faits encore plus discrets pour avoir le moins de contacts possibles avec ma mère et du coup pendant ces dernières semaines de vie commune nous avons expérimenté tous les inconvénients de la vie en grande famille sans en avoir les avantages. Chacun a vécu sa vie séparée de celle des autres sans moments sympas passés ensemble. Il y a deux semaines j’ai rompu avec cette omerta de l’égoïsme en organisant une sortie au belvédère, pendant quelques instants j’ai vu des sourires et entendu quelques rires, une vie ensemble en famille aurait-elle donc été possible sans le comportement tyrannique de ma mère de 85 ans ?

Et là je dois répondre en toute honnêteté que non, car le plus important dans une vie de famille en France reste tout de même le temps du repas et dans mon cas entre les horaires qui ne collent pas pour personne, les habitudes alimentaires des ados qui mangent à toute heure et le refus des mères de leur faire manger autre chose que des pâtes et des knacks même lorsque je préparais un bon repas, et bien au bout de tout ça vous comprenez que passé le premier soir et le repas des retrouvailles, pendant 24 jours j’ai mangé seul à table avant d’emmener une assiette à ma mère qui mangeait sur son fauteuil devant les infos.

De mon coté j’ai beau chercher, je ne vois pas où j’ai été mauvais. je me suis démené pour trouver des solutions pour tout le monde, j’ai sacrifié mon confort, vécu comme un mendiant, j’ai joué le rôle de défouloir de chaque partie et j’ai beaucoup dépensé et utilisé l’argent collecté par mes collègues et amis pour offrir un peu de bonheur, bref, j’ai été tout sauf égoïste. Mais voilà cela n’a pas suffit.

Et maintenant ?

Maintenant il y a deux choses dans ma tête, deux motivations. la première altruiste qui note que ma cousine la plus jeune est seule avec son fils sans moyen de locomotion et désire découvrir la France. Mon autre motivation, plus égoïste, repose sur un refus de laisser cette occasion de vivre des choses en famille avec des personnes qui ont besoin de moi pour découvrir mon pays et les pays autour. J’ai envie de profiter de leur présence pour sortir de chez moi, faire des virées pas forcément très chères, même gratuites si je suis fauché. Bref, marre de cette solitude, envie de vivre, de sortir surtout après deux ans de pandémie !

Et si en plus au hasard de cette sortie je peux faire quelques portraits, alors là c’est banco !

Bon, jeudi soir c’est les vacances alors y’a plus qu’à ! :mrgreen: