Tuto : visiter une collègue en arrêt

Hier je me suis rendu chez une de mes collègues de très longue date. La pauvre a fait une mauvaise chute et est immobilisée chez elle. L’usage dans ce genre de situation c’est d’amener un petit cadeau. Je me suis donc plié à cet usage mais en m’amusant un peu histoire de donner un exutoire licite et constructif à mes pulsions sadiques. 😈

Je lui ai donc trouvé un livre avec un titre évocateur, et j’ai ajouté une boite de mouchoir car le livre est triste et une grosse boite de nounours à la guimauve pour l’aider à se remettre de ses émotions. 😆

J’ai improvisé ce geste loufoque en cherchant des idées au supermarché et j’ai trouvé que cette petite tranche de vie serait bien plus sympathique qu’un énième atermoiement ou une autre séance d’introspection. :mrgreen:

Poke déchéance

Ces temps derniers je ne vais pas très bien. Mon moral est vraiment très bas car à bientôt 48 ans j’estime que ma vie est un échec et que finalement passer une vie entière sans jamais avoir été aimé, ce n’est pas quelque chose que l’on peut souhaiter à son pire ennemi. Je regarde aussi mes raisons de tenir bon, les choses positives que l’avenir pourrait m’apporter, mais là encore il n’y a rien. Ce qui m’attend ce ne sont que des catastrophes qui vont bouleverser ma vie.

Bref, mon moral est très bas, ma solitude et les souffrances des enfants au travail et l’absence de solutions pour y répondre n’arrangent pas les choses. C’est une sale période.

Du coup pour survivre je fais comme tout le monde, je cherche des petits morceaux de bonheur. Je ne les cherche pas dans les bouteilles car c’est triste de boire seul, mais dans des plaisirs régressifs très communs chez les personnes qui comme moi ont de graves manques affectifs, bref oui, je collectionne.

C’est ainsi que je suis tombé dans le piège des pokemon (pas de « s » à pokemon car même si c’est un mot composé anglais, ça reste japonais). A force de regarder des vidéos sur You Tube tournées par des acteurs influenceurs qui trouvent sans cesse des trésors (des cartes rares valant plusieurs centaines d’euros), j’ai fini par vouloir tenter l’aventure et sur deux mois ce sont plusieurs centaines d’euros qui sont parties dans cette folie.

Ces histoires de cartes sont des arnaque bien huilées qui jouent avec les désirs et les rêves des personnes fragilisées par leurs vies de merde. Ce qui m’a fait mettre le pied à l’étrier c’est d’avoir trouvé une de ces cartes mythiques le 28 novembre dernier et depuis je continue à y croire et surtout à être accroc à cette ce minute de suspens lorsque j’ouvre un paquet de cartes. C’est le même plaisir que les quelques secondes que l’on passe à gratter un billet de loterie, un court instant magique pendant laquelle tout est possible jusqu’à ce que la réalité revienne et nous laisse un ticket à mettre à la poubelle ou des cartes en double. Et naturellement c’est devenu une addiction qu’il me faut combattre avant que cela tourne mal.

J’ai donc décidé d’arrêter d’acheter des paquets de cartes et de chercher les cartes manquantes des trois séries pokemon que je tente de compléter en m’interdisant de commencer d’autres collections. Je compte aussi vendre es doubles et remettre l’argent de ces ventes sur mon compte d’épargne.

Au final, cette addiction que je tente de contrôler est une honte mais c’est aussi une façon de plus de contrôler mes faiblesses histoire de survivre aux séismes multiples qui se préparent pour moi.

Souhaitez-moi bonne chance dans ma guerre contre moi-même… 🙄

J’ai testé pour vous…

… Les fleurs comestibles !

En allant en courses samedi, je suis tombé sur des barquettes de fleurs comestibles, une offre spéciale St Valentin. Alors vu que je suis d’un naturel très curieux surtout pour tout ce qui relève de la nourriture, j’ai voulu essayer de manger une barquette de pensées.

Verdict : au début ça a un gout de salade amère, genre pissenlit, mais très vite surtout après avoir mangé une barquette entière de ces pensées, l’amertume devient très forte au point de brûler le palais. Un petit verre de vrai kirsch à 40° ne résout rien. j’imagine que c’est comme pour le piment et qu’il faut donc manger quelque chose pour se débarrasser de cette brûlure amère.

Pourtant même si les pensées ont un sale goût, elles n’en sont pas moins très chargées en vitamines A et C, en sels minéraux et plus intéressant, elles peuvent aussi renfermer de l’acide salicylique qui à petite dose est un désinfectant naturel si efficace qu’il suffit dans certains cas à faire tomber la fièvre en réduisant une infection. L’aspirine est d’ailleurs une substance dérivée de ce très ancien remède que l’on tirait autrefois de l’écorce des saules d’où le nom.

Ceci écrit, les pensées c’est tout de même très désagréable à manger et je ne comprends pas pourquoi j’ai mangé la barquette entière. Par contre là vu qu’aujourd’hui c’est Carnaval et que ce goût atroce est encore bien présent, je vais m’envoyer des tas de choses pour chasser cette désagréable sensation à commencer par les traditionnels beignets maison ! 😆

Il suffirait de quelques flocons…

Cela devait être une très bonne semaine. L’école pour nous tous seuls, plein d ‘idées et de projets sympas à faire avec les enfants. J’arrive donc de bonne humeur au boulot le matin mais je me retrouve très vite, trop vite face à la stupidité de certaines personnes qui ne méritent même pas d’être mentionnées.

Et vas-y que je te refile une stagiaire surprise avec un « prenez votre stagiaire » balancé comme si la pauvre fille était un paquet de linge. Et vas-y que l’on m’interdit de faire des croque-monsieur (oui pas de « s » j’ai vérifié) avec une machine sécurisé comme celle que l’on utilise dans notre cuisine au travail pour les gamins qui ont donc, par ce jour d’hiver froid et humide, mangé leurs sandwichs froids au lieu d’avoir un repas chaud et débarrassé des virus par la chaleur de la cuisson. Mon projet musique pendant les vacances est à l’eau aussi pour des raisons encore plus stupides. Bref ce qui devait être quatre jours géniaux est devenu un cauchemar sordide et agaçant.

Du coup j’étais d’une humeur massacrante et contrairement à mes habitude je n’ai pas été cordial avec la nouvelle stagiaire. Et puis bon les stagiaires qui passent à un rythme de plus en plus soutenu, j’ai ai aussi un peu marre. Marre aussi des parents qui nous envoient leurs gosses comme si nous étions un club franca. Et puis tant qu’à faire, marre de faire ce boulot en mode parano virus renforcé. Marre de mes collègues femmes qui parlent de moi dans mon dos, marre de tout en fait !

Ce soir je commence à comprendre ce qu’est le burnout mais je m’inscrit en faux contre ce terme qui suggère que le problème vient de l’intérieur de la personne. Je suis un éducateur passionné et plein de projets mais là je n’ai plus rien envie de donner car je me rends compte que plus je m’investis, moins on me respecte. Le vrai burnout c’est ça, c’est la conséquence au mieux d’une absence de reconnaissance ou au pire un dénigrement des efforts consentis par un professionnel.

Dans mon secteur professionnel on devrait tous porter des chemises roses pour symboliser le fait que nous les éducateurs, ne sommes que des feuilles de papier hygiénique que l’on utilise pour ramasser la misère excrémentielle de la France d’en bas avant de nous évacuer en nous jetant dans la cuvette sans même un regard et encore moins un merci sincère.

Bref, ce soir je suis comme mon mirabellier sous la neige que j’ai pris en photo en rentrant. Tout comme lui je suis fait de bois tendre, alors des jours comme ça il suffirait de quelques flocons de plus pour me faire craquer. Mais le printemps est encore loin, je me dois donc de tenir par respect pour les enfants et pour certaines familles avec lesquelles on peut encore travailler. 🙄

Sur un air d’anthropophobie…

Samedi alors que je devais faire les courses, j’ai vécu une expérience des plus troublantes. Alors que je quittais le parking d’un supermarché, en voyant arriver des personnes masquées comme il se doit, je me suis mis à paniquer et je me suis engouffré si vite dans ma voiture que ces quidams l’ont remarqué et me l’ont fait comprendre à travers leurs regards amusés.

Plus tard dans un autre supermarché qui diffusait en boucle un message qui disait qu’il respectait les nouvelles mesures en limitant le nombre de personnes dans le magasin, j’ai eu d’autres mouvements d’évitement et de fuite dont l’intensité augmentait encore si il s’agissait de jeunes personnes.

Alors oui, je réalise que la pandémie par le truchement de mes peurs et névroses m’a transformé en une personne qui aura bien du mal à revivre de façon normale lorsque tout cela sera terminé (ce dont je commence à douter).

Du coup en attendant la suite, je réduis encore plus mes sorties au point de ne plus en avoir. Je n’ai plus vu une seule personne en dehors de mon travail depuis plus de six mois. Les voisins je leur parle de loin avec un masque. Les courses toutes les deux semaines au pas de course avec un masque FFP2 avant de passer une heure à nettoyer tous les emballages avec des lingettes désinfectantes. Lorsque j’achète du pain, je le repasse au four et de façon générale je ne mange rien que je ne peux soit nettoyer soit cuire. Je ne fais confiance à aucun commerçant.

Bref, je vis en mode « parano plus » mais la chose la plus inquiétante dans tout ça c’est que je m’y suis habitué très facilement.

Trop facilement même car je pense que lorsque les choses seront plus calmes, je serai bien tenté de garder le même comportement de fuite vis à vis des autres humains. Après tout mes relations avec les autres peuvent très bien se faire à travers le grand hygiaphone (Internet), non ?

Mais hélas je suis éducateur, je pratique un métier pour l’humain avec des humains alors je me dois de sortir à un moment donné de cette tentation de repli sécuritaire. Cet été si tout va bien, je vais d’ailleurs devoir organiser une exposition publique avec les photos faites par les enfants dans mon atelier photo et pour moi-même si je veux refaire des photos des gens il faudra bien que je réapprenne le goût des autres… 🙄

Musique

Cette année, je prends le travail à 11h00 le lundi matin. Ce lundi en partant vers 10H00 de chez moi, je passe devant la porte de la salle du bas où est installé mon matériel musical et j’observe amusé que pour des raisons qui m’échappent un peu, un arc en ciel se dessine sur le mur tout près de la basse de Sarah.

Alors est-ce un petit coucou d’outre tombe de la part de ma nièce ou juste une diffraction de la lumière causée par le double vitrage? Hélas étant rationnel je connais la réponse. Reste le symbole. Bibliquement l’arc en ciel est un symbole d’alliance (facile de comprendre pourquoi ce pont de lumières multicolores entre deux lieux mal définis évoque ce concept) mais plus prosaïquement c’est aussi un symbole de bonheur voire de richesse pour celles et ceux qui ayant gardé leurs âmes d’enfants, imaginent un pot d’or censé se trouver à une extrémité de l’arc coloré.

Cet événement banal quoique mâtiné de rêveries est le point de départ d’une réflexion que je mène ce soir afin d’utiliser ce blog pour faire le point sur un aspect important de ma vie.

Car oui depuis le premier confinement, la musique s’est replacée au cœur de ma vie me poussant à prendre des cours de guitare et de basse. Mon prof de guitare me donne aussi des cours d’harmonie pour m’aider à comprendre l’art de la composition afin de me permettre de terminer ce morceau de musique entamé en mars dernier alors que je pensais que le monde allait s’écrouler. Je suis donc à fond dedans et avec ma nouvelle discipline d’emploi du temps, je trouve davantage de temps disponible pour m’entrainer et étudier la théorie et le solfège musical.

Mais hélas tout cela n’est pas si simple et parfait et ma quête d’apprentissage butte sur de nombreux obstacles. Le premier réside dans mes limites intellectuelles et mes difficultés de raisonnement, celles-là même qui ont fait de moi un littéraire malgré mon amour de toujours pour les sciences. La musique étant très mathématique je suis donc parfois obligé de recourir à des dessins pour reposer les choses pour pouvoir les comprendre et ce alors que je n’en suis qu’au début de l’étude du solfège. J’ai aussi des soucis de mémoire car je vois beaucoup de choses qui font appel à de la mémoire visuelle qui m’a toujours fait défaut, mes fichues gammes que je n’ai pas travaillé depuis un mois sont donc oubliées et je vais devoir me les remettre en tête. Une autre de mes difficulté réside dans les douleurs au niveau de mes mains. Ces tortures sont le fruit de ma vieillesse qui commence à se manifester mais aussi comme le disent mes profs de mes rigidités de guitariste qui a travaillé seul pendant bien trop longtemps et prenant des habitudes dommageable pour ma progression et pour la santé de mes articulations.

Si j’ajoute à cela la frustration et la honte que je ressens chaque fois que je n’arrive pas à réussir un exercice imposé au point d’en pleurer parfois, et bien je me demande pourquoi je m’accroche encore à ce projet musical.

Et là j’ai beau me poser la question tous les jours de ma vie ou presque, la réponse se manifeste invariablement en mon fort intérieur, la musique a sauvé ma vie en mars dernier lorsque je touchais le fond et continue de faire vibrer toute mon âme, au point de vouloir la faire découvrir aux enfants avec lesquels je travaille. La musique c’est une amie sincère et exigeant qui vous renvoie toujours au visage vos pires faiblesses et défauts tout en se rendant indispensable à votre bien-être. Une fois que l’on décide de voyager avec elle et ce peu importe la durée du trajet que l’on décide de faire, il devient difficile d’abandonner ce périple en la plantant en cours de route sans perdre une partie de son âme.

Je suis donc condamné à poursuivre mes apprentissages pour atteindre mes objectifs en trouvant toujours plus de temps et de moyens pour progresser au prix de serrages de dents et de larmes refoulées édulcorées par quelques moments de grâce dont la très grande rareté en font un met d’une saveur divine.

Emploi du temps, suite !

Bon et bien j’ai tenté de faire un emploi du temps très détaillé pour traquer le moindre de mes temps libres afin de le rentabiliser.

Et le moins que je puisse dire c’est que le résultat est impressionnant !

J’ai multiplié au moins par deux, surement plus le temps disponible pour jouer de la musique et étudier la théorie tout en réduisant de façon drastique le temps que je passe sur Internet.

Hélas ce beau résultat doit être nuancé par les imprévus qui viennent exploser cet emploi du temps qui manque peut-être un peu de flexibilité et par la difficulté de se livrer à de l’auto discipline surtout quand la journée a été difficile et que l’on souhaite se faire plaisir en se vidant la tête avec des bêtises et non en la remplissant avec des choses intelligentes.

Mais je tiens bon, la preuve, j’écris ce message en 15 minutes chrono avant mon repas du soir.

Et du coup pour cette semaine je m’arrête ici !

A table et au lit à 21h00 pour un lever à 6h00. Oui je me fais une cure de sommeil ! 😆

Tempus fugit (Sur une idée de Corinne)

Aujourd’hui j’ai été obligé de me fâcher vis à vis d’un des enfants de mon groupe qui avait fait un tatouage maori à un de ses camarades à coup de chaussure dans la tête. Avec ma fichue mémoire auditive je me réentends lui dire que grandir c’est apprendre à maitriser sa colère et à obéir aux règles.

Cette affirmation bien que péremptoire n’est pas totalement fausse mais elle néglige d’évoquer l’un des défis les plus importants à relever afin de mener à bien nos projets de vie. Car oui, savoir se maitriser et se conformer de façon autonome aux exigences de la vie en société ne sert à rien si l’on ne parvient pas à relever le challenge ultime qui existe entre nous et nos ambition. Cette grande épreuve perpétuelle pour chacune et chacun d’entre nous c’est bien sûr celle de la maitrise du temps.

Et c’est là où le bas blesse.

Notre époque avec son développement technologique qui ne cesse de faire muter nos modes de vies, nous permet à la fois de gagner énormément de temps libre tout en nous poussant à perdre cette denrée précieuse dans des activités aussi chronophages qu’improductives. Concrètement entre les machines qui nous permettent de travailler plus vite, voire qui travaillent pour nous et la diminution du temps de travail, nous avons gagné beaucoup de temps libre comparé à celui dont disposaient nos ancêtres. Le drame c’est qu’au lieu de faire fructifier ces moments gagnés pour réaliser des choses profitables aux autres ou à nous-mêmes, nous passons de plus en plus de ces instants précieux devant nos écrans.

Je ne sais pas où vous en êtes par rapport à cela mais chez moi le bilan est plus que catastrophique. Tout en écrivant ce message je laisse le tube me diffuser les chansons choisies par l’algorithme de ce site de streaming pour me piéger le plus longtemps possible afin de me fourguer un maximum de publicité. Et bien que ne vois jamais de publicités grâce à mon bloqueur intégré dans mon navigateur, force m’est de constater que je reste de longs moments à écouter ces chansons qui s’enchainent les unes après les autres tout en me poussant à découvrir des nouveaux artistes.

Dans quelques instants j’enverrai cet article et je fermerai l’onglet pour me retrouver sur la page du tube qui continue à se la jouer jukebox. En voyant les miniatures j’aurai encore envie d’entendre d’autres chansons ou de découvrir d’autres groupes. Ce faisant j’aurai dépensé trois heures de temps libre à écouter des chansons que je connais que trop et à écrire un nouveau texte avec mon style bancal et maladroit. Dans un monde parfait, j’aurai passé au moins les deux tiers de ce temps à faire mes exercices de musique ou soyons fou à me caler dans un fauteuil pour lire un livre.

Puis vers 21h00 je vais avoir froid (ça chauffe mal dans cette pièce en bas) et j’aurai donc envie d’aller me coucher et là une fois bien calé dans mon grand lit après avoir réprimé les frissons de l’entrée dans les draps froids je me mettrai en chien de fusil pour mettre en marche l’ordinateur sur ma table de chevet pour regarder une nouvelle série ou un nouveau film avec le service dont le nom évoque l’Amérique du sud.

Parfois je me demande à quoi ressemblerai ma vie si je n’avais pas été un des premiers à sauter sur Internet… J’aurai sans doute encore 10/10 aux deux yeux et je serai peut-être devenu assez bon musicien pour sortir et jouer avec d’autres. Ou alors pas… Impossible de le savoir mais une chose reste certaine, les écrans dévorent mon temps libre en me procurant ce que je crois être un plaisir immédiat et un sentiment de détente alors qu’en fait il ne s’agit que de très courte satisfaction que je paye au prix d’une très lourde fatigue nerveuse.

Ce soir en écrivant cela je me mets moi-même en position de devoir faire un choix. Je dois en effet décider si je continue de mener ce style de vie stérile et malsaine ou si je veux essayer de changer les choses.

Vu la place de plus en plus grande que prend la musique dans ma vie avec quelque part le fol espoir que comme la photo elle me permette un jour de vivre avec les autres et non pas à coté d’eux, j’opte bien sûr pour une volonté de changement. Mais c’est là que tout devient étrange puisque pour y arriver je ne vois qu’une seule solution, devenir mon propre éducateur en me fixant un emploi du temps aussi strict que précis.

Vu que demain je n’ai pas de réunion, je vais donc avoir mon après midi pour travailler « I feel good » à la basse, un morceau moyennement facile pour un débutant comme moi mais qui, coaché par un prof qui ne me laisse rien passer, se doit de le bosser à fond.

Je vais donc traquer sans pitié le moindre temps libre dont je dispose chez moi et enfermer tous ces instants dans des cages horaires aussi précises que non dérogatoires. Une fois revenu de cette chasse cruelle, j’exposerai mes trophées sous la forme d’un emploi du temps que j’afficherai sur le mur devant moi avant de tenter de le respecter avec dévotion.

Allez chiche ! Bilan de ma tentative la semaine prochaine.

Bon, là ça caille c’est donc le moment de rouler le jambon dans la serviette ! 😆

Choco sagesse

Les fêtes de fin d’année sont déjà derrière nous. Les enfants commencent à regarder différemment leurs jouets tant désirés reçu ce Noël. Les grands ont aussi parfois leur part de désillusions en faisant le bilan des festivités très spéciales de cette année. Les sapins sont dépouillés de leurs décorations comme des généraux frappés d’infamie avant d’être jetés sans ménagement dans un quelconque mouroir à conifères ou d’être lâchement abandonnés dans la rue.

Bref, il ne reste plus grands chose de ces moments si précieux et tant attendus mis à part quelques souvenirs immortalisés par des photos prises au téléphone et balancés sur les réseaux « sociaux » dans le cadre de tacites compétitions de bonheur. Regarde mon bonheur en photo je suis sûr qu’il est plus beau plus grand que le tien…

Et pourtant si l’on y prête attention, il existe une petite chose (et oui encore une petite chose) négligée à tort alors qu’elle porte en elle des trésors de bonheur et de sagesse. Cette petite chose ce sont les petits mots dans les papillotes. 😀

Je ne sais pas ce qui est le plus risible entre mon attachement à ces petits écrits et mon idée d’en faire un sujet pour ce mardi, mais voilà j’ai trouvé l’idée originale et surtout positive, deux qualités dont nous sommes si avides au début d’une année sur laquelle nous fondons tant d’espoirs.

Les petits mots dans les papillotes forment un univers étrange ou se mêlent des belles choses écrites par des inconnus, des banalités attribuées à des célébrités, des citations plus ou moins connues sorties de leur contexte, des proverbes maladroits, ou construits sur le modèle éculé de la double opposition (pour entrer dedans il faut déjà sortir dehors), des blagues qui ne font pas rire, des devinettes qui ne font pas réfléchir le tout enrobant du chocolat qui lui fait bel et bien grossir. 😆

Cet univers bizarre où le grandiose et le pathétique vivent en harmonie est devenu mon terrain de jeu le jour où j’ai vraiment commencé à m’ennuyer à table. J’aurai pu fuir mais hélas mon âge et quelques coutumes tacites m’obligeaient à rester à table et à dodeliner de la tête en faisant semblant d’écouter les sempiternels récits familiaux ressassés pour donner une illusion d’unité du clan. C’est dans ce contexte que ces petites bandes de papier sont devenues non seulement une échappatoire aux tortures de la bienséance mais aussi et avant tout un trésor merveilleux pour l’éternel enfant que je suis encore. Je le reconnais volontiers, il en faut peu pour m’émerveiller ce qui explique qu’aujourd’hui encore je garde une pile des meilleurs morceaux de « choco sagesse » épinglée sur le mur derrière mon écran.

Hélas je me dois de relever une grande injustice sociale, la dose de « choco sagesse » (et accessoirement la qualité du chocolat) varie selon le prix que l’on met dans ses papillotes. Les grands philosophes semblent ainsi dédaigner les papillotes des discounts alimentaires et préfèrent frayer avec le clan REVILLON. Je soupçonne donc les grands esprits de s’être faits acheter par le bon chocolat. Mais cela est bien compréhensible vu que vis à vis du chocolat le monde est divisé en deux; ceux qui aiment cette douceur et ceux qui mentent en prétendant le contraire.

Ceci écrit, mon article vient donc dénoncer un autre déterminisme social aussi injuste que choquant, les familles pauvres n’ont que quelques papillotes pauvres en choco sagesse (et accessoirement en goût) tandis que les plus riches reçoivent sagesse et érudition tout en se régalant de chocolat de qualité supérieure. Les papillotes sont-elles responsables de l’accroissement du fossé entre les classes sociales ? Sont-elles un autre outil de contrôle des foules par l’abrutissement des plus pauvres ? Moi président, je distribuerai des papillotes de riches aux familles pauvres ! 😆

L’autre travers des petits papiers dans les papillotes c’est leur relative inconséquence. Et si ceux qui les lisaient les prenaient au premier degré voire comme des injonctions? Je suis par exemple tombé sur un mot qui disait « fais ce que tu aimes et fais-le souvent » Alors oui pour moi cela veut dire focalise toi sur la musique et boss régulièrement, mais pour un tueur en série psychopathe cela revient à lui ordonner d’augmenter le nombre de ses victimes, non ? 😆

Et combien de foyers ont été détruits par la lecture de petits mots ayant bouleversés les certitudes de ceux qui sont tombés dessus au point de leur faire quitter la table pour acheter des cigarette et ne plus jamais revenir ? Nous sommes donc toujours à le recherche de Jean-Michel qui a quitté sa famille après avoir lu dans une papillote que l’on avait deux vies la seconde commençant au moment où l’on comprend que l’on n’en a qu’une… Et oui 2500 ans après sa mort ce philosophe et politicien continue de faire des victimes et de briser des foyers. Ah on me susurre dans l’oreille qu’il serait chinois… Encore les chinois !!! 😈

Bon, il est tard (presque 11 heures) je vais donc arrêter (à regrets) mon délire chocolaté. C’est étrange mais j’ai encore pas mal d’idées pour le prolonger avec cet humour au second degré, je me dis qu’il y aurait même de quoi écrire un sketch complet sur ce sujet ! Hélas cet exercice ne m’est pas familier…

Cependant avant de nous séparer je tenais tout de même à partager avec vous quelques perles de « choco sagesse » 😎

« On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin » (Von Goethe)

« On a deux vies, la deuxième commence le jour où on réalise qu’on en a juste une » (Confucius)

« La véritable indulgence consiste à comprendre et à pardonner les fautes que l’on ne serait pas capable de commettre » (Victor Hugo)

« Tout portrait que l’on peint avec âme est un portrait non pas du modèle mais de l’artiste » (Oscar Wilde)

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux » Marcel Proust

Pour rassembler ces cinq citations j’ai du manger trois kilos de papillotes avec ce que cela a de mauvais pour ma santé, alors faites-en bon usage 😆

Et là j’arrête pour de bon d’écrire des bêtises et je file me coucher.

Bises chocolatées !