Cette année, je prends le travail à 11h00 le lundi matin. Ce lundi en partant vers 10H00 de chez moi, je passe devant la porte de la salle du bas où est installé mon matériel musical et j’observe amusé que pour des raisons qui m’échappent un peu, un arc en ciel se dessine sur le mur tout près de la basse de Sarah.

Alors est-ce un petit coucou d’outre tombe de la part de ma nièce ou juste une diffraction de la lumière causée par le double vitrage? Hélas étant rationnel je connais la réponse. Reste le symbole. Bibliquement l’arc en ciel est un symbole d’alliance (facile de comprendre pourquoi ce pont de lumières multicolores entre deux lieux mal définis évoque ce concept) mais plus prosaïquement c’est aussi un symbole de bonheur voire de richesse pour celles et ceux qui ayant gardé leurs âmes d’enfants, imaginent un pot d’or censé se trouver à une extrémité de l’arc coloré.
Cet événement banal quoique mâtiné de rêveries est le point de départ d’une réflexion que je mène ce soir afin d’utiliser ce blog pour faire le point sur un aspect important de ma vie.
Car oui depuis le premier confinement, la musique s’est replacée au cœur de ma vie me poussant à prendre des cours de guitare et de basse. Mon prof de guitare me donne aussi des cours d’harmonie pour m’aider à comprendre l’art de la composition afin de me permettre de terminer ce morceau de musique entamé en mars dernier alors que je pensais que le monde allait s’écrouler. Je suis donc à fond dedans et avec ma nouvelle discipline d’emploi du temps, je trouve davantage de temps disponible pour m’entrainer et étudier la théorie et le solfège musical.
Mais hélas tout cela n’est pas si simple et parfait et ma quête d’apprentissage butte sur de nombreux obstacles. Le premier réside dans mes limites intellectuelles et mes difficultés de raisonnement, celles-là même qui ont fait de moi un littéraire malgré mon amour de toujours pour les sciences. La musique étant très mathématique je suis donc parfois obligé de recourir à des dessins pour reposer les choses pour pouvoir les comprendre et ce alors que je n’en suis qu’au début de l’étude du solfège. J’ai aussi des soucis de mémoire car je vois beaucoup de choses qui font appel à de la mémoire visuelle qui m’a toujours fait défaut, mes fichues gammes que je n’ai pas travaillé depuis un mois sont donc oubliées et je vais devoir me les remettre en tête. Une autre de mes difficulté réside dans les douleurs au niveau de mes mains. Ces tortures sont le fruit de ma vieillesse qui commence à se manifester mais aussi comme le disent mes profs de mes rigidités de guitariste qui a travaillé seul pendant bien trop longtemps et prenant des habitudes dommageable pour ma progression et pour la santé de mes articulations.
Si j’ajoute à cela la frustration et la honte que je ressens chaque fois que je n’arrive pas à réussir un exercice imposé au point d’en pleurer parfois, et bien je me demande pourquoi je m’accroche encore à ce projet musical.
Et là j’ai beau me poser la question tous les jours de ma vie ou presque, la réponse se manifeste invariablement en mon fort intérieur, la musique a sauvé ma vie en mars dernier lorsque je touchais le fond et continue de faire vibrer toute mon âme, au point de vouloir la faire découvrir aux enfants avec lesquels je travaille. La musique c’est une amie sincère et exigeant qui vous renvoie toujours au visage vos pires faiblesses et défauts tout en se rendant indispensable à votre bien-être. Une fois que l’on décide de voyager avec elle et ce peu importe la durée du trajet que l’on décide de faire, il devient difficile d’abandonner ce périple en la plantant en cours de route sans perdre une partie de son âme.
Je suis donc condamné à poursuivre mes apprentissages pour atteindre mes objectifs en trouvant toujours plus de temps et de moyens pour progresser au prix de serrages de dents et de larmes refoulées édulcorées par quelques moments de grâce dont la très grande rareté en font un met d’une saveur divine.



