La reprise de ma passion vinyle

Archive du mardi 27 janvier 2009

Mes galettes, je les aime noires

Aujourd’hui le facteur m’a encore apporté un colis.

Cette fois il ne s’agissait pas d’un article en rapport avec la photo argentique mais d’un disque vinyle neuf acheté 10 € sur EBay.

Quel plaisir de recevoir un si bel objet et de découvrir pour la première fois la qualité du son d’un disque neuf tout juste sorti du plastique ! Avec ma platine Bang Olufsen et sa pointe diamant je vais vraiment passer un très bon moment à découvrir cet album de bon rap français.

14 ans plus tard, mon amour du disque vinyle me pousse à acheter de temps à autres des albums que je découvre après coup ou au moment de leur sortie. Car oui aujourd’hui les musiciens qui se respectent sortent tous leurs nouveaux albums en vinyle histoire de laisser leurs fans les soutenir tout en répondant à leur besoin d’aller contre cette fichue dématérialisation aussi débile que dangereuse pour l’avenir de la culture, mais ça c’est un autre débat. 🙄

Lucky thirteen

Archive du vendredi 13 janvier 2006

Cher Francis, C’est aujourd’hui vendredi 13. Comme d’habitude la française des jeux en fait un argument publicitaire. Publicité largement relayée dans les médias. Ce qui est drôle c’est de se rappeler que d’une part le chiffre 13 est censé porter malheur et que d’autre part l’origine de cette superstition est religieuse, Juda qui a trahi Jésus étant le treizième apôtre. C’est ainsi que selon les personnes ce jour est soit un jour de chance soit un jour de malheur.

Pour moi cela aura été une journée agréable puisque j’ai le sentiment d’avoir assez bien réussie ma dissertation sur la toxicomanie et que j’ai vécu des moments agréables auprès de mes camarades de promo qui m’ont accueilli et réconforté vis à vis de ma souffrance de stagiaire.

Cependant pour ma mère cela aura été une très mauvaise journée puisqu’elle a bousillé le pare choc de sa voiturette sur le portail. Les réparations vont être onéreuses. Ainsi son malheur se communique à moi qui suis triste de la voir souffrir et qui vais devoir supporter moi aussi les conséquences financières de cette réparation.

Conclusion : Foin de toute superstition vis à vis de ce vendredi 13, cela aura été une journée de merde dans sa globalité… N’en déplaise à la française des jeux.

17 ans plus tard, ce soir je me suis amusé à provoquer la chance en achetant trois paquets de cartes Pokemon… Et ça a étonnement bien marché !
😯

Plaidoyer pour les films de genre

Archive du vendredi 6 janvier 2006

Cher Francis,

Hier je te parlais de mes dernières acquisitions de DVD de films d’horreur. Tu dois te demander ce qui peut m’intéresser dans ce genre de cinéma. Je vais tenter de te répondre. 

Tout d’abord il me faut procéder à une définition des genres de cinéma:

– Le cinéma fantastique : Film construit autour d’un élément surnaturel (monstres fantômes), pas ou peu de violence.

– La science fiction : Film construit autour d’une technologie imaginaire (vaisseaux spatiaux)

– Le cinéma d’horreur : Élément fantastique, violences et morts violentes

– Le cinéma gore : Multitude de morts violentes avec des effets sanglants très exagérés.

– Le cinéma d’anticipation : Vision du futur, de la société et des technologies telles qu’elles pourraient être.

Je suis un amateur de ces genres de films surtout des trois premiers et ce pour plusieurs raisons:

Tout d’abord ce genre de cinéma me procure de grandes sensations qui me scotchent sur mon siège ou à mon matelas quand je les regarde dans ma chambre. Jouer à se faire peur est un jeu aussi vieux que l’humanité. En effet, le cinéma d’horreur n’est que la version moderne des histoires que l’on se racontait jadis autour du feu pour se terroriser. De nos jours, l’homme a d’autres moyens pour jouer à se faire peur comme les manèges à sensations ou les sports extrêmes.

Alors Francis tu vas me demander pourquoi l’homme s’amuse-t-il à se faire peur. Et bien selon moi il y a déjà une explication physiologique, le corps se rappelle quand les émotions ont été fortes et nous tentons toujours de les reproduire pour faire revivre à notre corps ces moments. Ces sensations ne sont appréciées par le corps qu’en fonction de leur intensité, la notion de péril ou de morale est exclue de ces mécanismes de reproduction inconscients. 

C’est ainsi que je cherche sans doute à reproduire l’effroi que j’avais ressenti en étant enfant en regardant en cachette mon premier film de morts vivants… Je connais pas mal de gens qui aiment ce genre de films pour les mêmes raisons.

Une autre raison plus intellectuelle expliquant mon attachement aux films de genre réside dans leur faculté à aborder par le biais du fantastique certains débats ou conflits éthiques qu’un film restant dans le réel ne pourrait traiter. Certains films d’horreur comme Alien abordent ainsi le thème des dérapages de la science et développe un vrai débat dans des conversations entre acteurs, ce qu’aucun film restant dans les limites du réel ne pourrait faire. C’est ainsi qu’un grand nombre de films de genre ne se limitent pas à des divertissements mais proposent un second niveau de lecture souvent très riche. De plus au train ou le réel rattrape le fantastique par le biais du progrès scientifique bon nombres de films de genre sont devenus rétrospectivement des films d’anticipation…

Enfin troisième et dernière raison que j’évoquerai dans ce plaidoyer pour le cinéma de genre : L’évasion que procure ces films qui l’espace de 90-120 minutes nous aident à rêver à un ailleurs en occultant pour un temps le monde réel et ses préoccupations… Tout comme le besoin de terreur il s’agit d’un autre besoin physiologique…

Je termine ici ma petite dissertation le soleil brille je vais laver ma voiture avant de reprendre le travail dans ce triste monde réel… 

Aujourd’hui je continue de regarder ce genre de films mais je n’éprouve plus très souvent le plaisir de découvrir une oeuvre vraiment originale et remuante car ce qui aujourd’hui compte avant tout est la rentabilité. Nous sommes donc entrés dans un age de merde où les films de genre sont soit des suites soit des copiés collés de formules qui marchent pour un public décérébré d’américains moyens… 🙄

Archive de Noël

Archive du samedi 16 décembre 2006

Cher Francis,

       Aujourd’hui est une grande journée. Ce matin au petit déjeuner j’étais en train de disserter avec ma mère sur ces fêtes de Noël qui se résumaient à une distribution de cadeaux de part et d’autre. Elle me parlait des Noël de son enfance où elle était heureuse rien qu’en ayant une orange et un morceau de chocolat, de son adolescence passée à travailler comme couturière passant des nuits entières pour faire de beaux manteaux à des bourgeois qui par le lendemain venu refusaient de la payer de suite et ne lui donnait son dû que des mois plus tard, et encore suite à l’intervention de feu ma grand mère.

Après avoir passé en revue sa vie façon Dickens, nous avons décidé de nous rendre dans une grande surface pour acheter ces fameux cadeaux de Noël qui enlèvent tout sens à cette fête. En effet, nous offrons des cadeaux parce qu’il le faut sans tenir compte de ce que l’on offre et surtout sans l’offrir avec le cœur. Pour les enfants, cela n’est pas important, que les adultes tirent la gueule le jour de Noël se demandant ce qu’ils font là ne leur posent pas de problèmes. Ils joueront en poussant de grands cris avec leurs jouets si convoités avant de les abandonner dans l’heure suivante puis de les briser briser une semaine plus tard. Quand à moi comme chaque Noël je n’attends rien, ni cadeaux, ni marque d’affection, ni bons moments. Finalement on en revient à Dickens…

Alors pour expulser mes frustrations je me défoule en m’amusant avec les vendeurs des grandes surfaces. Sur le chemin du retour je m’arrête chez Darty pour voir le prix des DVD vierges en vue de fabriquer mes cadeaux de Noël. Le prix est là encore prohibitif, je me dirige donc vers la sortie en grommelant lorsque mon regard est attiré vers un paquet de personnes qui est collé autour d’un vendeur devant la vitrine des lecteurs mp3 de poche. Amusé et intéressé moi aussi par ce genre d’article, je m’approche à mon tour en étant à peine décalé. Sur ce un vendeur me repère et cherche à me faire l’article de l’un de ses produits (dans l’autre sens ça marche aussi), je repère les jolis I pod que la dizaine de personnes convoite. La tentation est trop grande, je ne puis résister à l’envie de taquiner ce vendeur trop entreprenant.

– Oui alors le mieux vous voyez c’est les I pod !

-Moi: C’est vrai que c’est joli pratique compact et performant mais les batteries sont amovibles?

– Le vendeur: euh en fait non…

-Moi: Alors au bout d’un an ou deux lorsque la batterie est usée à force d’être rechargée il ne reste plus qu’à balancer le I pod à la poubelle ?

– Le vendeur: bien euh… en fait … oui…

Bien entendu j’avais parlé à voix haute, en écoutant notre conversation le petit groupe de personne réagit très vivement, je les entend répéter ce qu’il viennent d’apprendre par la bouche même de l’autre vendeur. Quelques minutes plus tard les deux vendeurs se retrouvent seuls devant leur jolie vitrine.

Et oui mon bon Francis, on s’amuse comme on peut…

Archive de dégoût

Archive du vendredi 9 décembre 2005

Cher Francis,

Chaque jour qui passe me dégoutte encore un peu plus de la nature humaine.

C’est le cas par exemple lorsqu’une mère dépose au centre d’hébergement de sa fille de 12 ans  des cartons remplis de toutes ses affaires qu’il s’agisse de dessins, de photos ou d’habits de bébé… Enfin en un mot tout ce qui restait à sa mère comme preuve de son existence.

La pauvre jeune fille était en pleurs par ce geste sa mère lui envoyait un message encore pire que si elle lui avait dit en face »ma fille je te renie » . Cette femme va refaire sa vie avec un autre homme et oublier complètement sa fille sans tenir compte de sa détresse.

Au delà de la colère ce genre d’action me pose un problème d’ordre moral et pratique. devant tant de cruauté que faire pour limiter les dégâts? n’est-il pas possible de travailler avec la mère pour lui faire comprendre la portée de son geste? et enfin et surtout comment aider cette jeune fille à surmonter cette épreuve ?

Mon cher Francis j’aime beaucoup ce métier mais par ailleurs je déteste les frustrations et les horreurs qui l’accompagne… Parfois je me dis que je suis trop sensible pour exercer ce job…

Jardinier philosophe

Archive du Samedi 25 Novembre 2006

Cher Francis, 

          Encore une journée au jardin, les mains sont bien propres mais mes ongles sont encore un peu crottés de terre. Si l’on me le fait remarquer avant que je n’ai eu le temps de me faire une manucure je dirai que je les garde ainsi pour me rappeler d’où je viens et où je me dirige.

Toute vie est appelée à finir en fumier, la mienne y compris…

Bon, pour ce soir je pense avoir mérité une petite séance de cinéma…

A demain. Je ne voudrais pas arriver en retard et faire faux bond à James.

Et oui le samedi 26 novembre j’allais voir Casino Royal, le nouvel essor des films de James Bond au cinéma… Pour le reste et bien ça reste moi, hélas…

Archive de passion passée…

Mercredi 18 Novembre 2009

Transmettre une passion, faire vivre un projet

Aujourd’hui au travail, notre petit groupe a commencé le travail de labo avec un développement d’une pellicule noire et blanc faite quelques heures auparavant.

Mon projet entre donc dans une autre phase. A présent les enfants vont apprendre une autre étape du processus argentique et la semaine prochaine nous essayerons le tirage.

Mais tout cela n’est qu’accessoire, la photo argentique n’est qu’un outil qui me permet de travailler d’autres choses avec les enfants comme l’émergence d’un désir, la valorisation, le respect, l’ouverture aux autres…

Bon je laisse ça pour mon écrit sur ce projet que je n’ai toujours pas terminé de rédiger.

En dehors de mon travail, voir l’émerveillement des enfants découvrant leur premier négatif après l’avoir développé eux-mêmes est vraiment émouvant.

Ils sont à fond dedans…

Comme qui vous savez !

13 ans plus tard, le public a changé, notre labo est devenu une salle d’archive, et les possibilités de faire ce genre d’activités avec les enfants avec lesquels je travaille en ce moment ont fondu comme neige au soleil… 😥

Portrait d’un de mes voisins

Archive du mercredi 21 octobre 2009

Non, ce n’est pas un photo blog ! C’est vrai que ces temps derniers je montre plus que je ne raconte mais c’est parce qu’entre la photo et mon travail, le temps que je peux consacrer à mon blog devient de plus en plus rare.

Patience, les vacances approchent et amèneront pas mal de nouveautés !

En 5 années d’archives je n’ai rien trouvé de mieux à la date du 21 octobre, il faut croire qu’il ne se passait jamais rien à cette époque de l’année… 🙄

Distanciation

Archive du vendredi 14 octobre 2005

  Cher Francis,

      Ce soir est un soir à marquer d’une pierre blanche… après deux mois de recherches et de devis j’ai enfin réussi à commander mon premier ordinateur portable !!! Cette petite bête de course arrivera chez moi dans 9 jours. 

Ce jour a aussi été le jour où j’ai dit au revoir et sans doute adieu à une jeune fille qui fréquentait l’école spécialisée où je travaille. Après avoir été son éducateur référent et l’avoir accompagné toute une année j’ai cru que son départ allait me causer une grande peine. J’ai été ainsi surpris de constater que cela n’a pas été le cas. Mais quelles sont les raisons qui expliquent cela ?

En premier lieu il y a l’attitude de la jeune fille qui était très joyeuse de partir. Elle quitte un bloc HLM pour habiter dans une maison près du reste de sa famille. D’autre part il y a le contexte des adieux… pas de discours ni de larmes mais une fête où cette demoiselle nous a offert un numéro de danse avec deux de ses copines… Enfin, et c’est là le plus important je crois, ce départ a été indolore pour moi grâce à un travail personnel que j’avais achevé sans m’en rendre compte.

Les travailleurs sociaux qui œuvrent dans le domaine humain doivent gérer les affects et admettre les sentiments d’amitié voire d’amour qui les unissent aux personnes avec qui ils travaillent. Cependant il faut aussi pour nous éviter de tomber dans trop d’affectif menant à une relation fusionnelle destructive pour les deux parties… trouver le compromis c’est trouver la bonne distance.

Cette bonne distance n’est pas définie. Bien au contraire cette notion ne cesse de varier selon les circonstances et les limites des personnes. Selon Alexandre Jollien la distance froide de certains travailleurs sociaux  ayant travaillé avec lui a été pour lui la pire des maltraitance. En ce qui me concerne je crois avoir avancé dans la découverte de ma bonne distance.

Pour moi les enfants dont nous nous occupons ne font que passer par nous, ils nous sont confiés le temps d’un cursus afin de progresser aidés par des projets. Leur départ nous montre qu’ils sont prêts à passer à autre chose et qu’ils doivent rencontrer d’autres personnes pour continuer d’avancer sur le chemin de la vie. Je dois donc être heureux de les voir partir. De plus la relation que j’avais avec eux continue, seuls les lieux changent.

Merci donc à toi chère Demoiselle, ton départ m’a aidé à faire le point sur cet aspect important de mon travail… J’espère que tu resteras aussi heureuse que tu l’étais cet après midi.

Au revoir et adieu

La distanciation est devenue plus que naturelle pour moi, la preuve, je ne me souviens même plus de qui était cette gamine… Je me détache de toute émotion humaine, mes pairs m’ont trop fait souffrir…