Half-life

Comme je l’ai peut-être déjà raconté, mon métier d’éducateur fait que depuis une douzaine d’années j’accompagne des enfants en situation de handicap dans une école primaire. Parmi les enfants avec lesquels je travaille, il y a ce garçon de 10 ans qui présente une très forte surcharge pondérale et qui est obnubilé par les jeux vidéos et la culture You Tube.

Et allez savoir pourquoi, depuis la rentrée il ne fait que de me parler en boucle d’un jeu vidéo très ancien, si ancien que moi-même j’y ai joué, c’est le jeu Half-Life.

Après l’avoir entendu me parler de ce jeu et de ses multiples versions depuis le début du mois, voici qu’en allant faire un tour à un vide grenier dans un village à coté je tombe sur le coffret collector de ce jeu et de ses trois variantes, 4 CD en tout le tout à 1 euro. Alors oui je l’ai acheté même si je sais que je dois utiliser un PC sous Windows XP pour le faire tourner. Cela ne pose aucun souci j’en ai une demi-douzaine de disponibles et je dois en refaire un pour brancher le scanner Nikon en SCSI.

Mais bon je m’égare…

Pourquoi est-ce que le gosse me parle sans cesse de ce jeu ? pourquoi l’ai-je trouvé dans un vide grenier où il était le seul jeu PC à vendre ? Pourquoi est-ce que je vois un peu partout des logos qui sont très proches de celui de cette franchise historique du jeu vidéo ?

Alors non, je ne vais pas faire comme les anglais et chercher des signes partout, non je ne voudrais pas le faire… Mais voilà…

Half-Life ça veut dire demie-vie et cette expression m’évoque ce que je traverse en ce moment. Les soucis familiaux avec la santé de ma mère, mon métier d’éducateur qui n’est pas simple et qui va changer avec l’arrivée d’enfants avec de lourdes difficultés, les signes inquiétants qui pleuvent tous les soirs au moment des informations, mon régime et mes problèmes de santé qui le motivent, le fait que je n’arrive plus à boire d’alcool et au bout de tout ça une perte de joie de vivre qui se décline dans beaucoup d’aspects de ma vie y compris dans ma musique qui devient terne et boiteuse comme moi…

Oui ce « half-life » qui surgit de partout semble être là pour attirer mon attention sur le fait qu’à bientôt 50 ans j’ai perdu toute envie de vivre. Je suis en panne de projets et de toutes ces choses qui font que l’on peut vivre sa vie de mortel en trouvant des moments de plaisir.

Par contre le coté positif, c’est que ce qui me fait penser à tout ça est l’expression « Half-life » et non « Half-dead ». Alors si signe il y a, le fait de considérer le verre à moitié plein est peut être la seconde partie du message, celle qui dit que tout n’est pas perdu ?

Alors qui vivra verra… 🙄

L’heure des choix

Aujourd’hui j’ai une fringale pas possible je n’ai commencé mon régime, ou devrais-je dire ma rééducation alimentaire, depuis jeudi seulement. Mais voilà, j’ai les crocs ! Je dois me réhabituer à cette sensation, la gérer, l’accepter et la tromper en buvant pas mal d’eau.

En sortant du travail j’ai du faire quelques courses et vu que c’était dans le coin du Mac Do j’ai du vraiment me battre vraiment très fort pour résister à l’envie d’aller manger un petit hamburger.

Mais je n’en ai rien fait car oui voici qu’à présent a sonné l’heure des choix.

  • Continuer ce régime en résistant à toutes les tentations ou me remettre peu à peu à mal manger et m’enfoncer dans l’obésité morbide.
  • Continuer la musique ou tout envoyer balader et revendre ce que je peux revendre.
  • Laisser ma mère décider seule en son âme et conscience si elle veut passer ce scanner vendredi, un examen médical qui n’apportera que de mauvaises nouvelles alors qu’elle va plutôt bien et qui donc la fera déprimer et accélérera la maladie. Dois-je la forcer à y aller?

La vie est faite de choix mais le dernier est vraiment trop lourd pour moi car il engage la vie de la personne avec qui je vis depuis 50 ans. Je suis un peu perdu mais bien au delà de la tristesse oud e la peur, je suis déjà en état de choc.

Ce qui ne m’empêche pas d’avoir faim.

La semaine dernière j’aurai résolu ce problème en buvant trois bières et en allant me coucher, mais là mon corps et mon esprit se sont liés pour me faire détester l’alcool et la bière en particulier.

Je dois donc me montrer à la hauteur des circonstances et affronter seul cette situation cauchemardesque.

Il disait quoi déjà Nietzsche ? 🙄

Passage en caisse

Voici quelques semaines que j’ai des douleurs intermittentes au niveau des jambes et surtout sous les pieds. Depuis que j’ai repris le travail et que j’ai fait plusieurs marches dans la chaleur avec les enfants, ces douleurs sont devenues insoutenables. Je n’arrive presque plus à poser mes pieds quand je dois marcher et le pire c’est de me remettre sur pied après avoir passé quelques instants assis. Je suis donc arrivé au point où je dois passer en caisse pour payer mes excès en tout genre.

Je transpire tout le temps, je respire mal, mes jambes et mes pieds sont rouges et enflés, ma peau est graisseuse et luisante et lorsque j’appuie avec un doigt un cratère se creuse. Bref j’ai tous les symptômes d’une rétention d’eau. Cela semble se confirmer lorsque je bois deux litres d’eau en moins d’une heure et que dans la même journée je n’en expulse que 500ml en plusieurs fois.

J’ai bien sûr tenté de joindre mon médecin qui bien entendu ne peut me recevoir et qui va encore partir en vacances la semaine prochaine. Bref je suis mal barré avec mes douleurs.

Du coup je suis de mauvaise humeur, je me fâche notamment contre collègues et responsables qui rigolent en pensant que je fais l’andouille en marchant n’importe comment.

Marre de voir que l’accès aux soins n’est plus un droit mais un privilège… Je vais essayer de trouver un médecin dans une ville proche du village qui accepte de me prendre comme patient.

Et sinon ?

Et bien vivement la vraie rentrée, la rentrée scolaire de jeudi dans notre école où je me sens bien mieux, car même s’il y a pas mal d’escaliers qui vont m’en faire baver, ce n’est qu’un moindre mal comparé au plaisir de retrouver ma grande salle de classe. 😎

Y’a du changement !

La journée a bien commencé avec ce matin au réveil une très bonne nouvelle que j’ai annoncée à tout le monde quitte à passer pour un fou : ma mante religieuse a enfin fait sa mue ! 😀

Sinon ? Et bien j’ai reçu mon premier album de Rammstein (je compte presque tous les acheter) et ah oui c’était la rentrée des enfants !

J’ai été très heureux de tous et toutes les revoir, ils sont bien reposés de bonne humeur et aussi très content(e)s de nous retrouver. L’année ne sera pas simple alors pour le moment nous en profitons pour sortir le plus possible au parc avant le retour à l’école.

Sinon plus proche de ma personne j’ai de plus en plus de remarques sur mon poids de la part de collègues et amis qui s’inquiètent.

Des amis proches me conseillent de me faire réduire l’estomac, d’autres me le déconseillent…

Au final ce qui compte c’est mon ressenti et c’est vrai que j’en ai marre d’avoir mal aux pieds et d’avoir le souffle court.

Je vais donc faire ce que j’aurai du faire depuis le début, aller voir une diététicienne, ou plutôt un homme car les bonnes femmes femmes qui causent régime ça me gave et le gavage c’est contraire à mes objectifs. 😆 Allez, je finis de taper ces lignes et je cherche un nom de praticien sur le net ! Chiche ! 😎

Un mardi un peu trop émotif…

Aujourd’hui au travail nous avons dit au revoir à 4 jeunes qui ont travaillé avec nous pendant 10 ans, ils ont fait un discours très émouvant car totalement sincère et non préparé, j’en avais la larme à l’œil… J’ai aussi revu une jeune fille que j’accompagnais il y a deux ans, elle a bien changé et n’a pas trop apprécié que je la serre dans mes bras, mais bon voilà fallait me prévenir j’ai été trop ému !

Et c’est aussi ce soir que j’apprends que la cousine est arrivée à bon port à Kiev et que sa sœur est venue nous dire au revoir. Elle aussi rentre au pays, elle part demain matin à 7h00 et ce même si ses deux enfants ne veulent pas rentrer car ils ont plein d’amis qui ont pleuré toute la journée sous leurs fenêtres. Mon tonton ne veut pas non plus qu’ils rentrent, mais voilà, la mère et son ex mari, père de ses enfants ont décidé le contraire.

Mais ce soir je m’en fous de leurs états d’âmes, je ne vais même pas vérifier si ils sont rentrés sains et saufs, c’est leur problème j’ai autre chose à gérer, et puis il y a beaucoup de cinéma dans tout ça, les gens du village ne connaissent pas leur façon de jouer les mélodrames, moi si.

Alors adieu la cousine et ses enfants qui lui ressemblent déjà bien trop, je sais bien que ce n’est pas au revoir pas un « paka » (à plus) comme celui qu’elle m’a jeté avant de partir mais bien un adieu.

Et c’est très bien comme ça car vivre avec eux dans ma maison et tenter de partager des choses avec eux après qu’ils aient eu leur appartement n’a mené à rien, pas de bonheur, pas de volonté de vraiment partager de bons moments ni de m’aider à progresser en russe ou juste passer un moment à discuter autour de la table. Non ce que je retire ce cette aventure c’est une image de moi même encore plus dépréciée. Non Laurent on ne veut rien faire avec toi car tu es trop nul et en plus tu bois avec tes amis à la terrasse du café. Ce n’a pas été dit comme ça mais c’est comme ça que je l’ai reçu. Alors foutez le camp, sortez de ma vie, dorénavant je ne consacrerai mon temps et mon argent qu’aux personnes qui le méritent c’est à dire ma famille proche et une pincée d’amis.

Demain je ne vais pas me réveiller avec un pincement au cœur mais bien avec un sentiment de soulagement. Allez rôtir dans votre pays de comédiens dirigés par un acteur, un simulacre de démocratie qui ne sera bientôt plus qu’une province de la Russie qui finira quant à elle par mener notre monde au bord du gouffre.

Reste ma mère qui était contente d’avoir la visite de ma cousine la journée, c’est sûr ne plus la voir va être un peu dur pour elle. Mais comment lui dire que ses visites étaient uniquement dues au fait que sa machine à laver était en panne… En ce qui concerne ma mère je ne veux pas lui détruire ses dernières illusions de bonheur et de sollicitude familiale, et puis dès demain je serai là tous les jours jusqu’au 22 août elle ne sera donc pas trop seule. Moi par contre je vais devoir m’organiser pour ne pas déprimer pendant ce cinquième été sans vacances ni sorties… 🙄

Ce blog va faire partie de mon plan, à partir de demain je passe en mode vacances, je ne taperai que ce que j’ai envie d’écrire en éclatant le schéma habituel que je ne reprendrai que le 23 août.

On a les vacances que l’on mérite…

Gros

Il y a une semaine c’était la fête de la musique. Je savourais avec un ami le dernier concert d’un groupe local de métal que j’avais soutenu depuis des années. La soirée était géniale, j’avais commencé à regarder mes photos et vidéos prises à cette occasion et pour moi tout était très prometteur.

Mais voilà que hier j’ai eu la mauvaise idée d’aller sur Facebook pour regarder les photos des autres photographes. Oui c’était à priori une mauvaise idée mais pas pour les raisons que vous imaginez.

Pour faire court je suis tombé sur cette photo :

Et là j’ai eu comme une nausée, cet hyper-obèse au premier rang avec des appareils photos autour du cou c’est moi. Une autre photo me montre de profil et c’est encore pire.

Alors oui, il y a toujours un décalage entre la façon dont on perçoit son corps et la réalité de ce dernier. Voir mon corps en entier dans deux position à travers l’objectif d’un autre photographe a donc été pour moi un choc proche du traumatisme.

Quand je me regarde je comprends pourquoi j’ai du mal à respirer à bouger, pourquoi on ne respecte ni ma personne ni ma parole. Une personne si difforme ne peut être prise au sérieux.

Bon et passé le choc alors ?

Et bien profiter de cet été pour retrouver une alimentation et une hygiène de vie plus saine. Cela va être compliqué car de l’autre coté je dois m’occuper de faire manger ma mère de façon suffisante, mais voilà les enjeux sont trop importants je dois faire quelque chose.

Je devrais avoir honte de penser à moi dans le contexte actuel mais je suis bien obligé de le faire car personne ne va le faire à ma place.

Manger et boire de la bière ont été des plaisirs qui m’ont permis de tenir bon et de ne pas sombrer, mais à présent je dois trouver autre chose dans ma vie. La musique, m’occuper de ma famille ukrainienne qui le mérite, mon travail… J’ai tant de choses pour remplir ces vides lancinants ! Des choses certes moins agréables à court terme mais bien plus saines et positives pour moi et les autres. 😀

Faites de la musique

Lorsque je m’installe devant mon clavier le mardi soir, en général je ne sais pas trop de quoi je vais parler et je finis par laisser sortir des idées très noires de mon esprit ténébreux. Vu le contexte actuel je pourrais me laisser aller sans honte, mais voilà, ce soir c’est différent.

Différent car ma mère va bien, différent car j’ai donc décidé de mettre mes soucis en vacances et enfin différent car ce soir j’ai des tas de sujets possibles à évoquer.

Je pourrais commencer par parler de ma soirée de hier où après être rentré bourré comme une huître, j’ai balancé des vérités crues et blessantes à ma cousine ukrainienne venue une fois de plus faire sa lessive chez nous. Je lui ai dit que maintenant qu’elle allait rentrer dans son pays nous n’avons pas profité du temps passé ensemble pour vivre des choses sympas et qu’elle a toujours dit non à ce que je lui proposais. C’est alors qu’elle m’a balancé un truc du genre « Toi ce que tu aimes c’est boire aux terrasses des cafés ». Dire cela c’est attaquer mon mode de vie et ça je m’en fous mais c’est aussi dire du mal de mes amis qui eux aussi aiment discuter sur une terrasse, et ça je n’ai pas aimé. Du coup j’ai fait comme Vladimir Vladimovitch, j’ai sorti la bombe nucléaire en lui disant en substance :

« Je voulais aussi te dire que concernant ta décision de rentrer en Ukraine est-ce que tu as bien réfléchi ? Je trouve que tu prends tes décisions sous la pression de tes amis de Facebook et non pas en réfléchissant. »

Et là elle explose de colère en me disant « Moi je ne voulais pas venir en France, je voulais rester en Ukraine » (ben voyons avec les soldats russes qui débarquent dans la maison de campagne c’est fou comme on se sent en sécurité) « Tu ne te rends pas compte de ce que c’est de quitter son pays ».

Et moi de lui répondre du tac au tac : « Ce que tu ne veux pas voir c’est que la guerre ne fait que commencer et ce pays que tu as quitté n’existe plus, tu vas trouver tout changé, tout sera très difficile, tu n’es pas prête pour ce que tu vas trouver là-bas. »

Et là elle est partie fine énervée pour aller bouder comme quand elle était ado. Moi de mon coté j’avais le sourire aux lèvres, non pas car je l’ai fait craquer, mais bien car je m’étais libéré d’un poids en lui disant cette vérité blessante mais hélas bien réelle. J’ai dit ce que j’avais à dire, elle est adulte, mère de deux enfants, elle doit réfléchir à ce qu’elle doit faire et pour cela elle doit avoir un autre avis que ceux donnés par ses « amis » des réseaux sociaux. Qu’elle fasse ce qu’elle veut, ça n’est pas mon problème j’en ai bien d’autres plus graves et plus urgents.

Cette parenthèse de ma vie se termine donc dans une avalanche de regrets. Je n’aurai rien tiré de la présence de mes cousines sinon l’image de moi-même qu’elles m’ont renvoyée, une image d’un pauvre type perdu et isolé incapable de changer sa vie. C’est en général de cette façon que les égoïstes jugent les gens, les autres, c’est à dire les personnes plus ouvertes, compatissent avec celles et ceux qui deviennent aidants par respect pour leurs parents et qui acceptent de mettre leurs envies et projets en suspens.

Ah oui et le titre du coup ? Et bien c’était un des sujets possibles pour ce soir mais je vais arrêter là pour aller vivre cette fête de la musique au lieu d’écrire dessus. Une fête bien triste puisque ce soir c’est un des derniers concerts d’un groupe de métal local. Mais ça c’est une autre histoire ! Je garde aussi au frais un autre sujet plus actuel…

Bon assez radoté, je vais me faire exploser les tympans, le bide et le sang qu’il me reste. :mrgreen:

Le point sur la situation

Demain je vais enfin avoir le temps d’aller jusqu’à l’hôpital à 50km d’ici pour prendre le rendez-vous pour l’IRM de ma mère. Mais c’est dur, je traîne des pieds car pour l’instant mis à part ses rhumatismes elle va bien et a toute sa tête. l’annonce de la maladie va mettre un terme à tout cela, mais bon je n’ai pas vraiment le choix…

De mon coté je tente de rationaliser mes peurs et de me préparer pour le pire deuil de mon existence tout en me disant que d’une part elle n’est pas encore morte et que d’autre part accompagner ses parents vers leurs derniers instants de vie fait partie du destin de chaque humain.

Du coup je sors un peu de mes pensées sombres tout en passant des nuits très courtes, hier j’ai failli avoir un incident grave car manquant de sommeil, mon attention a été captée et voyant que j’allais percuter à 50km.h les voitures devant, j’ai du piler très vite faisant caler la voiture.

Plus de peur que de mal mais les freins n’ont sans doute pas aimé.

Sinon niveau cousines c’est un peu n’importe quoi, celle qui habite dans mon village vient à la maison quand je ne suis pas là pour faire ses lessives et sabote toutes mes tentatives pour faire une sortie avec sa famille. Elle se prépare aussi à renter en Ukraine en juillet. Elle ne reviendra pas, c’est de l’histoire ancienne. Sa sœur qui vit dans la ville d’à coté avec son fils désire quant à elle rester en France, elle veut exercer son métier de diététicienne. Son fils par contre ne sera pas recruté par le gros club de foot local car ils ont trouvé qu’il y avait un problème avec son physique. C’est vraiment n’importe quoi car le gosse est très doué.

Et sinon et bien ce sont les dernières semaines de l’année scolaire avec leurs lots de travaux urgent et de contraintes, bref une année comme les autres et ça aussi ça m’aide pas mal à tenir debout. ça et les coups de pouce des amis et collègues qui par leurs initiatives et leurs bonne humeur m’aident à penser à la suite sans trop m’angoisser. 🙂

Bref je vais mieux et je suis prêt pour la suite. Enfin comment peut-on être prêt pour ça ?

Perdu

Je recommence le billet d’aujourd’hui pour la troisième fois. Mes pensées sont sombres très sombres et je ne veux pas inquiéter mes lecteurs surtout mes proches en laissant sortir toute cette noirceur qui ne demande qu’à couler de mon cerveau à mon clavier.

Non ce soir je ne reparlerai pas de la situation actuelle, ma mère va bien pas de signes cliniques et tant que l’IRM n’est pas faite, nous vivons une parenthèse, un sursis.

Alors du coup ce soir parlons d’autre chose comme de ma journée passée à faire un gâteau avec trois enfants qui n’ont ni langage oral ni compétences de base ne serait-ce que celle du stade de l’imitation pour faire de cet atelier un vrai apprentissage.

Bref vous l’avez compris, aujourd’hui j’ai fait de l’occupationnel. Ce genre de chose a un sens pour les psychiatres et est une réalité pour les professionnels qui accompagnent des enfants en grande difficulté. Fort heureusement, mes collègues mettent aussi en place d’autres activités porteuses de sens et génératrices de progrès.

Il n’en reste pas moins que la notion « d’activité qui a un sens » se résume souvent à la seule perspective du professionnel qui la met en place. Les projet sont élaborés de façon unilatérale et même si cela change peu à peu, sans un écrit qui vient exposer leurs buts et leurs apports.

Bref oui, ces temps derniers le travail est la seule chose qui m’aide à tenir bon et même là je me pose des questions sur la solidité de l’édifice. Ce genre de questionnement n’est pas nouveau pour moi, un bon professionnel est toujours en questionnement, mais après une après midi passée à faire de l’occupationnel, la peur d’avoir consacré ma vie à des chimères remonte très fort.

Mais au final une seule chose reste sûre, authentique et positive, ce sont tous les bons moments passés avec les enfants, la complicité, les yeux qui s’illuminent lorsqu’une petite réussite se produit et parfois la sensation d’avoir touché le cœur de l’enfant par une parole qui va l’aider dans sa vie, bref, tous ces instants magiques et merveilleux que personne y compris mon pessimisme et mon désespoir ne pourront me prendre. Oasis dans mon désert affectif balayé par les vent du désespoir, tous ces beaux instants je les garde précieusement dans mon cœur et je les emporterai avec moi lorsque souviendra le grand silence.