Le grand bazar

Me revoici devant mon ordinateur sous l’escalier près de la caisse du chat. Oui la pièce où je travaille est toujours en travaux et vu que je suis le seul ouvrier resté sur le chantier, les retards s’accumulent. A ma décharge il faut tout de même préciser qu’un ouvrier n’a pas à faire la cuisine, le ménage , les courses, les lessives et les trajets chez le kiné

Je suis donc bien en retard mais je ne désespère pas d’y arriver. C’est vrai que les gens normaux ont des amis pour les aider, moi je n’en ai pas, du moins pas du genre de ceux à qui je pourrais faire cette demande.

Du coup je n’ai pas d’autres solutions que de travailler plus longtemps et si il le faut pendant la nuit. Pour être sûr de retrouver une maison rangée je me suis fixé des délais. Aujourd’hui mardi je dois aller chercher le papier peint et jeudi je dois commencer de retapisser. Je dois aussi trouver une autre armoire plus grande pour ranger les appareils photo qui me reste, mais ça c’est un autre problème qui n’est pas prioritaire. Non par pitié tout sauf taper un autre message dans ces effluves ammoniaquées d’urine de vieux chat aux reins bousillés.

Dans cette maison tout est foutu et en décomposition, moi y compris. C’est donc un Halloween perpétuel, dommage qu’il fasse trop peur aux enfants qui cette année encore ne sont pas venus sonner à ma porte. Je n’aurai jamais cru me sentir à ce point seul et méprisé par cette absence. Bref je vais bientôt arrêter de taper car sinon mes doigts vont une fois de plus m’entrainer vers mon coté sombre et déprimé.

Mais en dépit du passage à l’heure d’hiver qui voit le triomphe des ténèbres et ce contexte aussi morbide qu’inquiétant, je reste relativement serein car les ténèbres je les connais bien et parce que la vie m’apporte parfois des petites consolations comme par exemple les sorties au pub avec ma voisine d’en face, les coup de main du copain qui m’a aidé par exemple à changer mes roues et bien sûr quelques cartes pokemon achetées pour avancer dans ma collection. Que cela soit du superflu, de l’illusoire ou du vital comme les liens sociaux, je mets tout cela dans le même sac, celui des choses qui me font tenir et espérer.

En espagnol, le verbe « esperar » est un faux ami qui veut dire attendre, j’ai toujours aimé cela car finalement l’espérance ce n’est que cela, de l’attente, de la foi certes, mais surtout de l’attente. Du coup je suis là dans mon bordel innommable en train de chercher comment m’organiser au mieux tout en espérant le retour de la lumière. 😎

Parfois une photo vaut mieux qu’un long discours…

Je suis rentré du travail bien fatigué par une journée épuisante et je devrais écrire un truc mais voilà je suis toujours en plein travaux et mon bureau sous l’escalier avec la caisse du chat qui pue pas loin n’est pas un endroit où j’aime travailler. J’espère que pendant cette semaine de vacances laborieuses qui commence demain, je serai en mesure de reprendre le cours de ma vie et de remporter par la même occasion une grande bataille contre les choses en procédant à un grand rangement/nettoyage par le vide. En attendant bonne soirée et bonne nuit !

Pas mieux voire pire…

Lorsque je regarde mes statistiques je vois que c’est le mardi que j’ai le plus de visites. Peut-être des gens qui se demandent si je vais finir par me suicider… Alors non je ne vais le faire ces temps-ci et non je ne vais pas mieux. Mes pensées ce soir sont encore plus sombres que celles de la semaine dernière. J’ai donc appliqué le même remède, une bouffe bien grasse et répugnante dont l’achat a été facilité par l’apparition au village d’un nouveau food truck. Du coup au lieu de vous faire peur avec la noirceur de ce que je porte en moi, je vous montre les photos de ce que j’ai dégusté ce soir: un burger décadent fait avec des viandes locales d’un boucher traiteur très réputé de ma région. Notez le niveau de la présentation, ça vaut des points ! La bière du patelin du coin est quant à elle hélas un peu loupée. Son acidité relevée sur trois canettes montre sans équivoque une contamination du brassin aux ferments lactiques, un incident très commun chez les petits brasseurs qui ne stérilisent pas assez leur matériel. Cela a été maladroitement camouflé par un ajout de sucre mais bon ça passe et le goût est au final intéressant. 🙄

Pauvre

Je reviens du travail, en dépit d’un bon repas ce midi, j’ai décidé de passer au Mac Do pour acheter quelques sandwichs. D’habitude je mange un petit sandwich tout en conduisant mais là c’est tout le menu qui y est passé.

J’avais faim.

Mais pas une faim du type j’ai rien mangé à midi, non c’était une faim liée à cette sensation de vide intérieur qui se fait de plus en plus précise en moi depuis que je constate l’accélération de la désintégration de ma vie d’avant. Ma mère va finir grabataire à force de passer ses journées entre le lit et le canapé, mon chat est en train de crever vu que ses reins lâchent et que le traitement du vétérinaire n’y changera rien (il faut dire qu’il a 17 ans). Le contexte est donc morose et ma solitude n’arrange rien.

Je me sens pauvre, à vrai dire de plus en plus pauvre.

Pauvre financièrement car chaque mois je suis obligé de faire des achats qui viennent m’empêcher de mettre de coté pour les jours sombres qui approchent. Je vais donc sans doute refaire une autre salve de vente de matériel photo et autre.

Pauvre dans mon corps que je sens de plus en plus lourd fragile et abimé, ce tas de chairs en décomposition me tire chaque jour un peu plus vers la mort.

Pauvre humainement car je trouve de moins en moins d’intérêt et de plaisir à côtoyer les autres être humains qui soit m’ignorent, soit m’exploitent soit tentent de me faire croire qu’ils font autre chose de ma présence.

Pauvre intellectuellement vu que ce que je pensais savoir et avoir envie de découvrir s’avèrent être en réalité des impasses cachant la vacuité de mes connaissances.

Pauvre moralement car je n’ai plus aucun projet, plus d’envie de vivre de continuer plus loin. La seule chose qui m’empêche de me suicider en dehors de ma lâcheté c’est bien ma curiosité de voir comment ma vie va devenir de plus en plus sombre et douloureuse.

Tout contre tout, contre le rien qui m’entoure, tout contre tout, tout contre moi qui ne suis rien même en plein jour, tout va mal depuis ces derniers jours mais je ne pense pas pour autant être maniaco-dépressif, c’est juste que ma vie alterne entre signes encourageants et signes alarmants et que dans cette période d’incertitude je suis très sensibles aux deux.

Alors comment faire pour m’en sortir ?

Et bien accepter les horreurs à venir m’y préparer et imaginer ma vie d’après.

Facile à dire et encore plus à écrire…

Non, je vais digérer ma malbouffe et ouvrir une bouteille histoire d’accélérer ce film débile qu’est ma vie pour arriver à la conclusion et passer à autre chose.

Après tout qu’avais-je donc à perdre moi qui n’avais que la peur ?

Le luxe de l’ennui

Ce lundi j’ai été obligé de sanctionner un des enfants de mon groupe qui avait fait l’andouille à table en s’amusant et en amusant d’autres enfants plus en difficulté avec la prise des repas.

J’ai donc refusé de lui donner son matériel de dessin pendant la récréation après la cantine. C’est vrai que cette sanction est un peu dure mais du fond de mes tripes d’éducateur je savais que c’était la bonne décision.

L’enfant cependant n’en démordais pas, il se pend à son bras et se transforme en mitraillette à « s’il te plait » (s’il te plait lève la sanction). Je lui réponds que non et qu’il a besoin de comprendre par le biais de cette sanction. Au bout de 20 minutes le voici qui part cueillir trois fleurs de pissenlits et me les donne en accompagnant son geste d’un vibrant « Je t’aime ».

Amusé je maintiens tout de même ma position en lui réexpliquant pour la énième fois le pourquoi de la sanction et là il finit par me lancer avec un syntaxe approximative (on y travaille) : « mais je m’ennuie moi ! »

Et c’est là que je lui lance sans trop réfléchir une remarque un peu limite. Je lui rétorque donc qu’il a bien de la chance de s’ennuyer car seuls les enfants peuvent expérimenter ce sentiment.

Alors si on dépasse le débat sur la question de savoir si oui ou non je pouvais dire cela à un enfant qui ne peut pas comprendre tout à fait ce que cela veut dire, force m’est de constater que oui, en devenant adulte j’ai oublié cette sensation désagréable et déstabilisante, celle de l’ennui.

Entre mon travail, les corvées de la maison qui désormais m’incombent ( je tape ce message pendant que ma quiche finit de cuire) et mes passions que je tente de préserver, je n’ai pas une seconde à moi. C’est bien simple, j’ai l’impression de ne pas pouvoir me donner à fond dans aucun domaine mis à part le travail par manque de temps.

Car oui le temps que je passe au travail est régulé, fixe et aménagé, j’ai des temps de préparations et de rédaction des dossiers et des temps d’activités, j’arrive à tout faire car je suis à l’aise avec les écrits et parce que je connais bien les enfants que j’accompagne mais parfois je dois déborder et ramener du travail à la maison.

Mais pour le reste c’est à dire mes corvées et mes passions, cela devient plus difficile. Au niveau de mes cours de basse je stagne un peu faute à un prof parti en Grèce pendant un mois et à une désorganisation de mon temps libre. pour les corvées je m’organise au jour le jour et pour l’instant j’y arrive péniblement mais bon, la maison est encore debout.

Et là une fois de plus en lisant ce que je viens d’écrire en démarrant sur l’histoire de l’enfant qui s’ennuie (si seulement il pouvait réaliser sa chance !) et bien je commence à voir la solution à mon problème. je dois structurer mon temps libre de la même façon que mon temps de travail.

Et oui je dois me faire un emploi du temps mêlant, cuisine, lessive, ménage, et plaisirs.

Et en faisant cela je comprendrai enfin qui qui m’interdit de trouver du temps libre pour les corvées et mon plaisir.

Et il y a fort à parier qu’il s’agisse des écrans ! 😈

En quête de sens

Le fait de vivre avec une personne âgée en plein processus de sénescence est une perpétuelle souffrance ainsi qu’une source d’inquiétude lorsqu’il s’agit d’un membre de sa famille proche. Hélas c’est aussi un appel à s’interroger sur la façon dont je vais vivre ma propre vieillesse, si j’en ai une (ce qui est loin d’être sûr) et sur, n’ayons pas peur des mots, le sens de ma vie.

Et si pour une fois, allez disons juste ce soir, nous tentions de voir les choses en face ? Nous naissons en sortant d’un trou puis en vieillissant nous nous rapprochons doucement d’un autre trou creusé dans le sol avec la consolation d’avoir enfin son nom gravé dans le marbre. Une existence dominée par une seule perspective; celle de l’abîme.

Car oui, ne faisons pas comme ceux qui semblent penser que la mort est un choix qu’il suffirait de ne pas faire mais au contraire embrassons-là sans crainte comme cela était le cas dans le monde d’avant où elle avait sa place parfois célébrée à travers certains rituels.

Accepter la mort ce n’est pas penser à elle tous les jours ni déprimer, c’est au contraire être heureux de se réveiller chaque matin pour avoir une nouvelle journée pour trouver un sens à nos existences.

Certaines personnes se tournent vers la religion et tentent de faire le bien autour d’elles pour gagner une place vers le monde d’après. Je ne vais pas lancer le débat sur les religions vu que je suis plus ou moins chrétien mais je peux sans hésiter supprimer la piste religieuse du sens de la vie pour une raison simple : personne n’est apte à déterminer ce qu’est le « bien » pour autrui. Kant écrivait que  » Vouloir le bien d’autrui est la pire des tyrannies » et je suis bien d’accord avec Manu vu que j’avais écrit cette phrase sur un des panneaux de mon ancienne salle éducative.

Une autre piste celle des biens matériels est encore plus facile à éliminer comme but à atteindre dans sa vie. Amasser des trucs en répondant à des besoins créés par un modèle capitaliste autodestructeur procure un peu de joie mais jamais de bonheur et ne peut être un but dans la vie.

Avoir des amis aimer ? Là encore je raye de la liste car pour moi un meilleur ami ce n’est qu’un pire ennemi qui ne m’a pas encore trahi et faute de n’avoir jamais été aimé, pour moi le sentiment amoureux n’est qu’une forme de psychose permettant à deux personnes d’oublier quelques temps la réalité de leurs solitudes existentielles. Tous ces liens que l’on tisse dans une existence ne sont que des étincelles d’espoir dans le vide de nos vies et en dehors des amours imaginaires magnifiés dans les arts, ne survivent que le temps de passer à d’autres liens qui connaitront le même sort.

Fonder une famille ? Non ce mioche que tu attends devant la maternelle ne changera pas le monde même si c’est ce qui est écrit sur le T-shirt que tu lui a acheté, il ne fera que cracher son CO2 pendant quelques décennies et finira par trahir tous tes espoirs après avoir renié toutes les valeurs que tu auras tenté de lui transmettre. Alors bravo à ceux qui ont encore le courage de faire ce choix courageux, mais pour moi perpétuer l’espèce et transmettre mes gènes n’est pas non plus un sens à la vie.

Et là il reste quoi pour un type comme moi un peu trop lucide et désenchanté ?

Et bien il reste ma philosophie personnelle, mon unique raison de vivre et d’attendre le lendemain. Je vais donc vous donner ce qui pour moi est le vrai sens de la vie. Rien que ça !

Avouez que vous ne vous attendiez pas à ça ce soir ! :mrgreen:

Cependant bien loin d’être une blague cette théorisation et le modèle qui en est la suite logique est le fruit d’une déconstruction des mythes humains. J’ai donc mis à plat notre condition pour regarder ce que nous pouvions faire dans les limites réelles qui sont les nôtres.

Pour moi le sens de la vie se résume en trois verbes :

  • Expérimenter : c’est à dire découvrir de multiples choses à travers ses sens, nourrir chaque jour sa curiosité et garder sa capacité à s’émerveiller pour avoir envie de faire de nouvelles expériences donnant naissances à de nouveaux ressentis.
  • Apprendre : c’est donner du sens à ces ressentis les comprendre, les intellectualiser et les organiser, capitaliser les expériences pour au final comprendre et acquérir de nouvelles aptitudes et connaissances sources d’épanouissement, de compétences personnelles et de petits moments de bonheur.
  • Transmettre : car oui avec ou sans descendance, le devoir de chaque être humain c’est de passer le relais, c’est à dire permettre à d’autres qui le souhaitent de suivre nos cheminements voire nos passions. Nous en tirons une certaine reconnaissance au sens philosophique donné par Paul Ricœur et nous permettons à d’autres personnes d’acquérir dans un premier temps nos connaissances et nos techniques avant qu’elles les fassent évoluer, progresser ou disparaitre pour les adapter aux nouvelles réalités des générations suivantes.

Le sens de la vie c’est aussi simple que cela ! En plus de cela mon modèle que je nommerai eatéiste ( EAT : Expérimenter, Apprendre, Transmettre car oui les acronymes c’est trop tendance) fonctionne selon une dialectique simple, logique et efficace et est emprunt d’altruisme. C’est aussi un modèle profondément humaniste et philanthrope vu que pour expérimenter, apprendre et transmettre on a forcément besoin d’autres personnes. L’eatéisme est également foncièrement égalitaire car pour progresser l’humanité a besoin de toutes les participations eatéistes aussi modestes soit-elles. Découvrir et partager le remède contre une maladie grave et découvrir et partager le moyen de nettoyer les taches de ketchup sur les habits sont tous deux des apports eatéistes qui font progresser l’humanité car dans le futur on voudra vivre sans maladie et propres ! 😆

Bon c’est trop abstrait ? Vous voulez un exemple d’eatéisme? Et bien tiens… Prenons la musique… Tout petit j’ai expérimenté la musique en l’écoutant et plus tard en cherchant à la faire couler de mes doigts j’ai commencé à l’étudier en apprenant auprès de plusieurs professeurs et à présent à mon petit niveau je transmet à la fois ma passion pour cet art et j’apprends aux enfants qui en font la demande et pour qui cela a un sens à jouer d’un instrument ce faisant je transmet mon savoir à des enfants qui plus tard continueront peut-être à étudier la musique en se rappellent de leur vieil éducateur…

l’eatéisme tel que je l’ai théorisé ce soir est bien sûr une philosophie personnelle qui combinée à la « get down on it » attitude évoquée la semaine dernière me permet de survivre d’avancer et d’espérer. Mais faites donc l’exercice vous-même je suis sûr que vous aussi vous avez déjà expérimenté une démarche aeatéiste. Et franchement cela n’est-il pas un formidable outil (et peut-être le seul vraiment viable) pour continuer à espérer tout en donnant un sens à nos existences ?

Bon, vu que je viens de résoudre une des grandes énigmes que l’humanité s’est posée je pense avoir le droit d’aller boire une bière sur mon balcon en regardant les vaches qui au lointain vont à la traite du soir. Non ce n’est pas très eatéiste comme démarche sauf si je parviens à intellectualiser et à partager les petits moments de bonheurs qui sont logés dans ce rituel des bonnes journées. 😎

Get down on it !

En 1981 le groupe américain funk Kool and the Gang sortait un album qui allait devenir disque d’or avec notamment le titre Get Down on it. 41 ans plus tard, mon prof de basse part en tournée en Grèce et me demande de bosser à fond cette chanson à la basse. La partition est simple mais il me demande de faire attention à afin jouer comme un bassiste avec la main cassée et une perpétuelle alternance index/majeur le tout en étouffant les résonances.

Voici donc deux semaine que me suis penché dessus et ça fait vraiment du bien, je vais peut-être enfin accepter de jouer comme un vrai bassiste et ainsi crever ce plafond de verre qui m’empêche de progresser.

Ce qui est marrant c’est que les paroles de cette chanson qui tournent sans cesse sont simples mais très efficaces chez un type comme moi aussi féru de musique que de symbolisme.

« Get down on it » est une expression argotique des plus parlante, elle est visuelle et du coup si on y réfléchit, très proche de notre « penche toi sur ce problème ». La plupart des analystes de cette chanson limitent le message de la chanson à  » Si tu reste contre le mur sans danser tu ne vas pas séduire de fille alors succombe au rythme de la musique danse et emballe » Mais pour ma part j’y vois un message qui dépasse de très loin les rituels amoureux des humains qui ne diffèrent de ceux des animaux que par la musique (qui est tout de même une des plus belle production de notre humanité, non ?).

To get down on something, c’est cesser de fuir ses problèmes ou de procrastiner. C’est prendre confiance en soi-même pour régler seul ou avec l’aide de ses amis, les soucis qui nous empêchent de progresser dans la vie et d’y trouver un peu plus de bonheur que le minimum syndical.

Du coups ces derniers jours I got down on many things ! (je me suis penché sur mes soucis et j’ai résolu plusieurs problèmes). 😎

  • Ma mère ne mange plus grand chose : GET DOWN ON IT ! je suis allé faire l’inventaire du congélateur et j’ai composé un menu pour la semaine avec un repas que je prépare chaque soir et dont il reste une part pour qu’elle le mange le midi. Un repas équilibré et plein de légumes. « Légoumes » comme dit la dame de la cantine qui m’appelle « Monsieur Laurent » et qui vient tout droit du Brésil (mais ce sera une autre hsitoire !) 😆
  • Je peine à perdre du poids et je m’inquiète des recrudescences des contaminations à l’école… GET DOWN ON IT ! je vais arrêter de manger le midi à la cantine, faire un petit déjeuner riche en protéines le matin et un repas léger et équilibré le soir avec un maximum de légoumes. 😆 (Oui je suis accroc au mot légoume).
  • Les demandes de ma hierarchie au travail m’ont fait souffrir en me poussant à penser qu’ils me méprisaient moi ma personne et mon travail. GET DOWN ON IT ! J’ai coincé ma directrice adjointe un matin très tôt vu qu’elle aussi aime venir à 7h30 pour avancer dans son travail et je lui ai vidé mon sac. Du coup j’ai eu des explications qui tiennent la route et me rassurent en partie même si je reste méfiant.

« Get down on it » est donc devenu pour moi bien plus qu’un titre de chanson mais un message positif et constructiviste qui m’invite à adopter une attitude active face à mes problèmes pour les résoudre en gagnant au passage de précieux points d’expérience. Car oui le plus beau dans tout cela c’est que l’attitude Get Down on it » nous pousse à nous dépasser, à devenir meilleurs de jour en jour.

Il y a trois mois je ne savais ni repasser ni utiliser la machine à laver et je ne pouvais pas cuisiner et regardez-moi aujourd’hui je suis devenu l’homme idéal qui en plus prend du plaisir à faire ces « corvées » car j’apprends beaucoup de choses à travers mes réussites et surtout mes erreurs.

D’ailleurs je sens ma quiche saumon-brocoli qui a fini de cuire, je vais donc arrêter là ce message bien trop positif pour passer à table et forcer ma mère à en faire autant. Mais avant de partir je vous engage vous aussi à adopter la « Get down on it » attitude. Vous m’en direz des nouvelles ! 😀

Post scriptum :

Voici le résultat en image (photo faite à 7h00 ce mardi matin) de ma « get down on it attitude ». C’est l’assiette que je vais laisser à ma mère au frigo pour son repas du midi ou du matin vu l’heure tardive à laquelle elle se lève. On y voit le reste de la quiche truite brocoli que j’ai cuisiné hier soir avec le reste de mon gâteau caramélisé aux ananas de dimanche et derrière le menu de cette semaine pour ma mère le midi (le mercredi midi je mange avec elle) et ce que je dois préparer chaque soir.

En plus du plaisir de cuisiner il y a aussi celui de chercher les meilleurs ingrédients comme cette pâte feuilletée dénichée à Intermarché faite sans saletés et avec du vrai beurre, prendre de la truite française bio au lieu et non pas du saumon plein de saletés… Ma quiche était une réussite et nous a fait manger 500 gr de brocolis sans compter les apports nutritionnels de la truite ! 😀

Sur un air d’Aretha Franklin

Ce matin j’étais encore sous le choc de la journée de hier car même si je l’ai terminée à une table de bistrot devant une (une seule) bière blanche avant de manger une vraie glace de qualité « gelateria » faite par des italiens qui se sont installés au centre ville, le souvenir du martyr de ce pauvre chat ainsi que d’autres décisions abjectes prises dans le cadre professionnel ont nourris en moi une profonde colère.

J’ai besoin d’y voir plus clair.

Du coup ce matin je vais vers ma directrice adjointe et je commence par demander l’annulation de ma formation, ce n’est pas le moment de jouer à cela, la rentrée est déjà bien assez compliquée. Les formations dans le social sont souvent de piètre qualité et servent parfois d’échappatoire à des travailleurs sociaux qui veulent fuir leurs postes et se plaindre de leurs conditions de travail. Après plus de 20 ans dans le social et une bonne demie douzaine de ces formations, je n’ai appris que peu de choses intéressantes. En plus de ça la formation de jeudi et vendredi portait sur les dangers de l’informatique, je m’étais inscrit sur un coup de tête pour m’amuser mais dans les faits je n’ai pas besoin de ça, les dangers de l’informatique je les connais bien car cela fait des années que je leur ai succombé. 😈

Ma demande a donc été acceptée sans difficultés, il faut dire que depuis cette rentrée je ne suis plus un vrai éducateur spécialisé puisque j’ai été dépouillé des attributs que font la différence entre mon diplôme d’éducateur spécialisé et celui de moniteur éducateur. Pour être clair je parle du pouvoir de coordination qui se concrétise par une réunion de certains éducateurs autour de la directrice adjointe, son cercle interne pour ainsi dire…

Avoir été intronisé éducateur responsable des projets pour que je ne participe plus à ces réunions est sans doute anecdotique mais cela m’a blessé surtout que je le prends sur le plan personnel et que dire le contraire c’est dénigrer encore plus mes capacités d’analyse et de compréhension. Je dois cependant avouer qu’au delà de cette colère, au final je m’en moque car je serai payé pareil pour moins de travail et parce que certaines personnes peuvent toujours me mépriser, je sais ce que je vaux et ce que j’ai fait pendant toutes ces années sur mon temps libre et avec mon argent personnel pour mettre sur pied des projets novateurs et ambitieux, tournés vers l’extérieur, porteurs de sens pour les enfants qui en ont été les vrais acteurs et justifiés par des écrits professionnels. Je suis le seul membre de l’équipe qui ne se limite pas au cadre étriqué des activités institutionnelles et qui s’amuse autant que les enfants en lançant des idées folles.

Et tout cela en continuant à coté les activités classiques qui sont très importantes pour aider les enfants à progresser.

Alors oui on ne m’a jamais rien demandé mais je l’ai fait par passion, cette passion que je veux partager avec les enfants pour la vivre encore plus pleinement.

Je ne demandais pas grand chose à ma hiérarchie en échange, pas de reconnaissance hypocrite, pas de tapes sur l’épaule, ni de caresses de chiens, ça j’en ai déjà des caisses remplies. Pas non plus de moyens supplémentaires ça je n’en aurai jamais je l’ai bien compris, mais par contre je pensais qu’un peu de respect pour mon travail et ma personne seraient un minimum.

Mais voilà, même ceci je ne l’ai plus.

Et alors ?

Vous pensez que cela va m’empêcher d’apprendre à deux enfants de mon groupe à jouer sur guitare et basse une chanson punk que j’ai écrite pour que le projet soit amusant et à leur portée tandis que les reste des enfants vont brailler « A la récrée à la récréééé… » ?

Si vous dites que oui c’est que vous n’avez pas lu ce que j’ai écrit avant ! 😆

Je suis un passionné, un fou, un allumé ! Je veux vivre à fond mon métier et aider les enfants à évoluer en suivant leurs possibilités et leurs envies et si je peux le faire en m’amusant et bien c’est banco !

Pour le reste je ferai le dos rond devants les différentes marques de mépris tout en continuant de fournir une pratique et des écrits professionnels les meilleurs possibles.

Et peut-être qu’un jour au hasard d’une rencontre ou d’une évolution personnelle on finira par me respecter et là je serai presque heureux.

Pour y arriver, me mettre certaines limites et perdre du poids serait un bon début… 🙄

Il y a des jours comme ça…

Ce matin je me suis réveillé en retard car mon réveil avait rendu l’âme, vingt minutes pour me préparer, gérer mon chat et ses saletés, ramasser les centaines de morceaux de verre que j’ai laissé tombé…

Sur la route plein de soucis, des travaux, des circulations alternées des auto écoles…

Bref une journée bien mal commencée et la suite n’allait pas être meilleure.

En rentrant, mon ordinateur principal qui refuse de démarrer et lorsque enfin je réussis à le ramener du royaume des morts le voici qui m’annonce un autre souci.

Il faut dire que je dois faire refaire une couronne dentaire sur plusieurs dents, pour un montant de 1640 euros. J’avais fait faire un devis à ma mutuelle pour savoir comment fiancer cela et j’avais reçu non pas un mais deux devis, j’ai ouvert le dernier en date et j’étais heureux de voir que selon ce document j’allais être entièrement indemnisé. L’autre devis disait autre chose, mais ça je n’ai pas voulu le voir… J’ai inconsciemment bloqué tout ça, c’est un peu mon truc les blocages inconscients.

Mais voilà les remboursements de sécu et mutuelle sont faits (alors que le chèque n’est pas encore pris) et le couperet est tombé, j’ai 582,50 euros à ma charge.

Et c’est bien toute l’histoire de ma vie, je me fais plaisir en achetant un outil important quitte à le financer en vendant plein de choses et au final me voici puni car je me retrouve de nouveau dans une situation difficile.

Je ne vais pas débloquer mes sous ni demander l’aide de ma mère, il ne me reste plus qu’une chose à faire, et oui une fois de plus je vais devoir vendre des choses.

J’espère au moins que mon dentiste fera un bon travail car si ça casse une fois de plus, je renoncerai aux soins dentaires très chers et non garantis. 😡