La vie est belle

Voici donc deux jours que j’ai repris le chemin de l’école et le moins que je puisse dire c’est que travailler dans cette période post confinement est une expérience dont je me serai passé.

J’aime cette école, les enseignants, les enfants sont tous géniaux mais la reprise de mon travail me donne une sensation horrible, celle de chausser mes bonnes vieilles pantoufles et d’y trouver de la pourriture qui vient se loger entre mes orteils en me faisant perdre mon équilibre. Désolé pour l’image très visuelle et dégoutante mais elle est parlante.

Car oui, je veux bien comprendre et accepter tous les gestes de distanciation, les marquages au sol, le lavage de mains et tout le reste mais ce qui me dérange c’est que toutes ces mesures et les interdits qui les accompagnent sont venus réduire à néant le plaisir de jouer des enfants et compliquent grandement mon travail éducatif et tout ça hélas pour rien car les enfants étant des enfants, et notre vigilance ayant des limites, la distanciation continuelle relève de la plus crétine des utopies.

Mais si il n’y avait que ça… Tandis qu’en façade (hier les autorités et les journalistes sont venus tout photographier pour des articles dans la presse) on met en place tous ces gestes et tous ces interdits, on nous oblige à manger à 17 dans une petite pièce en nous interdisant d’aller manger dehors ! Demain nous nous retrouvons à 20 pour une réunion qui aurai pu avoir lieu par visioconférence. Je l’avais demandé mais les collègues ont dit que non  : c’est plus sympa en « présentiel » Je hais ce mot …

Je ne supporte plus ces contradictions, des règles exigeantes et strictes qui viennent gâcher la vie des enfants sans vraiment les protéger et de l’autre coté au niveau des adultes le n’importe quoi constant. Demain c’est la réunion de la semaine, je vais mettre mon poing dans ma poche et me taire car dans le cas contraire ma colère accumulée  ainsi que mon absence de filtre et d’auto censure pourraient faire des ravages.

Alors histoire de finir cet article de façon plus positive, je vous montre la petite création land art fait sur le sol de la cour de récréation par une jeune fille de mon groupe.

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L’aube d’une drôle de période

Cette semaine au travail nous organisons le travail d’accompagnement que nous allons proposer aux enfants à partir de lundi prochain et cela n’est pas sans m’inquiéter un peu. En effet tout est encore très flou mais ce que je sais c’est que je vais devoir travailler dans une école en suivant des règles très strictes pour éviter les contaminations et plus compliqué, en devant apprendre à des enfants en situation de handicap mental à les suivre également.

En clair je vais devoir faire comprendre à ces enfants qui ne se sont pas revus depuis plus de deux mois qu’ils n’ont pas le droit de se toucher ou de se rapprocher les uns des autres, bref encore une mission impossible surtout qu’apparemment je serai seul avec un groupe de sept enfants plusieurs fois par semaine vu que leur maitresse doit avoir du temps pour faire la classe virtuelle pour les 5 autres restés chez eux.

Les tensions sont aussi très présentes, la peur de la contamination sur le lieu de travail, les accusations de légèreté dans l’application des consignes sanitaires et les autres griefs habituels exacerbés par le confinement et la peur de la mort qui flotte tout autour de nous, bref tout cela contribue à créer un climat à la fois tendu et anxiogène.

Du coup ma joie de revoir les enfants lundi est un peu amoindrie.

Mais voilà, je ne peux qu’aller de l’avant, on verra bien ce qui va se passer surtout que tout ce cirque risque de ne durer que deux jours si jamais le reconfinement est décidé le 2 juin… 👿

Plus toucher le sol…

Ce matin je me suis mis devant mon écran et j’allais commencer à écrire un mot sur  la pluie et sur mes ressentis mais très vite j’ai été happé par les exigences du télétravail avec plein de choses à écrire et des dizaines d’appels téléphoniques à passer avant de rédiger d’autres écrits. Là il est 17h00 et mon esprit est vide. 😦

Je ne sais qu’une seule chose c’est que je vais sans doute bientôt retrouver la moitié des enfants de mon groupe et que Jeudi c’est cuisine japonaise avec mon petit démon. 😀

Bref, la vie va reprendre ce qui n’est pas pour me déplaire. J’espère juste que ce ne sera pas une parenthèse avant une nouvelle punition collective… 🙄

Génération virus

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Bientôt deux mois sans sortir et bizarrement je continue à supporter cela sans soucis particuliers si ce n’est les petites inquiétudes du quotidien et derrière elles, les grandes craintes encore floues pour l’avenir.

Bref, rien de neuf.

Nous ne sommes pas tous égaux dans le confinement et cela bien au delà du simple confort matériel. En ce qui me concerne, je vis cette période paisiblement car pour moi elle ressemble à mes nouveaux étés sans vacances c’est à dire deux mois passés à la maison sans rien faire, sans sortir et sans voir personne.

Enfin sans rien faire, pas tout à fait vu que je continue de faire mes exercices à la basse et que mon télétravail me prend pas mal de temps y compris cette semaine où je suis censé être en « vacances ». Mais je ne me plains pas car plus je suis occupé, moins j’ai le temps de céder aux angoisses.

Désormais je peux même écouter les informations inquiétantes comme par exemple pour aujourd’hui, l’explosion du chômage en France et la remontée du nombre de mort. Je fais aussi beaucoup de recherches pour trouver une idée pour me protéger dans la perspective encore très irréaliste d’une reprise de mon travail. Je cherche des sites sérieux vendant des vrais masques et hélas je ne trouve que des faux sites d’arnaqueurs sans scrupules. J’ai fini par dépenser une centaine d’euros pour deux masques très spéciaux dont j’attends la livraison.

Au delà de ma petite personne, en discutant avec les parents des enfants que j’accompagne (je leur téléphone chaque semaine) et en consultant des articles en ligne sérieux sur des sites faisant autorité, je me suis rendu compte d’une vérité qui risque de devenir très évidente dans les mois à venir…

Les enfants d’aujourd’hui forment une nouvelle génération dont les modes de vie, les choix et avant tout la mentalité générale, seront façonnés par les catastrophes sanitaires mondiales présentes et à venir dont le COVID-19 n’est que le début. L’histoire donnera un nom à cette nouvelle génération. Génération virus ?

Il est encore difficile de pouvoir imaginer les répercussions de cette nouvelle réalité mais sur les aspects les plus concrets nous pouvons imaginer une quasi fermeture des frontières, moins de voyages, une importante diminution des contacts humains et des rassemblements, des contrôles médicaux renforcés, une vraie culture de l’hygiène et des gestes barrière, le port du masque obligatoire… Bref un important reculs des droits et libertés et tout ça dans un contexte économique en crise perpétuelle.

Tout cela va façonner des individus très particuliers. Les pulsions animales et l’instinct de préservation qui s’y rattache nous poussent vers l’égoïsme tandis que notre intellect et la conscience de notre responsabilité dans le désastre actuel nous aideront à rester solidaire et à envisager d’autres modes de vie pour enfin venir à bout des zoonoses.

Nous sommes tous face à ce grand écart, moi le premier avec mes stocks stratégiques de nourriture et ma quête de masques qui contrastent violemment  avec ce que je suis en train d’écrire.

L’avenir est encore très incertain, le confinement dont les modalités seront annoncées tout à l’heure, apparait pour beaucoup comme une erreur ou au mieux comme une grave prise de risque pour redémarrer l’économie et sauver nos institutions. Ce qui se passera par la suite façonnera à jamais les générations à venir et mettra en évidence une nouvelle société.

Car oui j’en suis certain, nous ne retrouverons plus jamais le monde d’avant avec son équilibre entre intérêts publics et égoïsmes particuliers. Le futur sera soit une sombre plongée dans l’anomie soit un nouvel age d’or pour l’humanité. Au vu de la nature humaine on pourrait craindre le pire, mais en y réfléchissant, les intérêts commerciaux publics et privés et l’incapacité pour les élites d’imaginer d’autres modèles de société  mèneront peut-être enfin à des changements positifs devenus obligatoires pour préserver nos institutions et nos conforts de vie.

Au final tout ceci reste très flou. A ce jour je suis heureux de ne pas avoir d’enfants même si mon métier et au delà mon rôle d’éducateur fait que je devrait accompagner enfants et jeunes pour qu’ils puissent vivre et participer à ce nouveau monde, je serai responsable de cette mission mais à l’inverse d ‘un parent, seulement pendant la durée de mon accompagnement. Je pense d’ailleurs déjà à ce à quoi mon travail va ressembler, j’imagine donner des cours d’hygiène et de mener des activités de distanciation… Bref tout est à réinventer pour le meilleur et le pire. Qui vivra verra. 🙄

 

 

Aux confins du confinement

Je ne sais pas si c’est l’annonce du prochain déconfinement ou les belles journées qui se succèdent dans ma jolie Franche Comté, mais voilà je ne subit plus le confinement, je commence vraiment à en profiter.

Je joue de plus en plus de guitare, j’invente des licks que je trouve sympas mais qui sont sans doute très nuls, et j’ai même commandé une vraie basse active 5 cordes car j’ai toujours aimé cet instrument et les vidéos tuto que j’avale en boucle m’ont fait franchir le pas.

Ce genre de caprice puéril et stupide va sans doute se finir par un instrument qui prend la poussière dans un coin mais en attendant le fait d’avoir de nouveau craqué et réalisé un achat à 200 euros montre que quelque chose a évolué dans mon état mental.

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 Par ailleurs je commence à envisager la fin du confinement non pas comme une joie mais comme une épreuve. Je pense que le jour venu je vais regretter de ne pas avoir réalisé plus de choses et plus de progrès notamment en musique. Je vais aussi regretter de ne pas avoir pris le temps de faire du tirage sous agrandisseur dans mon labo alors qu’il y a tant à faire. Pour le labo cependant le fait est que je me suis forcé à y aller alors que je n’étais pas encore tout à fait guéri, ma séance a été ainsi très désagréable surtout au vu des résultats obtenus, du coup l’envie d’y retourner se fait attendre.

Hier une dame du CSA m’a contacté pour faire un sondage. La brave dame commence à déballer son speech avec une voix pleine de sollicitude en me disant

« – Désolé de vous déranger dans ces moments difficiles » 

Mon sang n’a fait qu’un tour, je l’ai vite reprise en ces termes :

– Difficile ? Mais non pas du tout ! Je vis tout ça très bien ! J’ai de la nourriture, un toit, je fais du télétravail, personne de mon entourage n’est tombé malade et j’ai plein de temps pour faire des choses liées à mes loisirs ! « 

Du coup la dame a été impressionnée et m’a félicité sur mon état d’esprit.

Mais cette petite discussion m’a poussé à réfléchir sur la façon dont les personnes vivent le confinement. En dehors du confort matériel, pour certains cette expérience est plus pénible que pour d’autres car leurs relations avec les autres sont centrales dans leurs vies. Pour les personnes qui comme moi vivent depuis toujours en mode solitaire pour de multiples raisons, ce confinement est presque une bénédiction.

Ah, si je n’avais pas cette angoisse vis à vis de la pérennité de mon emploi… Je ferai la fête tous les jours!  Car au vu des écrits aussi denses que variés que je rédige à ma hiérarchie pour justifier mon télétravail, je n’ai aucun sentiment d’être payé à ne rien faire. Mon télé travail est réel, j’ai d’ailleurs eu des félicitations pour l’ampleur des tâches que je me coltine, et du coup j’ai depuis quelques temps le sentiment de mériter mon salaire et donc aussi de mériter pleinement de profiter des bons cotés du confinement.

Au final je raconte peut-être des bêtises et je risque de faire face à une grave désillusion professionnelle et personnelle lorsque tout sera terminé, mais bon, confiné ou con fini, une chose est sûre c’est que je commence à prendre gout à cette réclusion semi-consentie et que fort de cette nouvelle attitude je compte vraiment la faire fructifier.

Et si je commençais par me bouger pour perdre du poids ?  😈

 

Téléducateur

Une de mes grandes passions dans ma vie c’est d’inventer des mots. En ce moment je dois aussi réinventer mon métier d’où ce nouveau mot « téléducateur » qui me servira désormais à redéfinir ce que je suis devenu, professionnellement parlant, pendant cette période confinement qui va encore durer plusieurs semaines.

Mon quotidien est le suivant, je travaille sur les mêmes horaires que je dépasse allégrement d’ailleurs mais qu’importe. Dès 8h00 je suis devant mon ordi et soit je téléphone aux onze familles des enfants de mon groupe pour prendre des nouvelles soit je fais des écrits pour formaliser les informations ainsi recueillies ainsi que des écrits pour décrire tout ce que je fait histoire de mériter encore un salaire.

C’est vrai qu’au début inventer ce métier de téléducateur me semblait relever d’une imposture, comment fournir un vrai travail éducatif alors que je ne suis pas physiquement avec les enfants ni avec leurs familles?

Au bout de quelques jours mes réserves se sont vites dissipées car j’ai vite compris ce qu’il fallait mettre en place en dehors du travail de formalisation et de synthèse de mes interventions. Ce travail de relation avec les parents demande en effet une grande disponibilité, de bonnes capacités d’écoute, d’avoir aussi pas mal de ressources pour trouver des solutions et des conseils face aux difficultés générées par le confinement.

Mais ce qui est le plus important c’est peut-être de réaliser qu’un téléducateur intervient de façon très systémique c’est à dire en se mettant en relation avec l’enfant dans un cadre très global qui passe par sa famille, son entourage, et les partenaires qui peuvent apporter leurs aides. Je ne suis plus éducateur d’enfants en situation de handicap intégrés en milieu scolaire ordinaire mais je suis devenu éducateur conseil pour leurs familles toute entière.

Expliquer à un père qu’il ne doit pas sortir sans autorisation, lui envoyer le bon formulaire, expliquer l’assouplissement des sorties pour les personnes handicapées, trouver les informations pour une maman sur ce qui fonctionne encore au niveau de l’état civil, rassurer une autre maman pour qu’elle ose aller chez le médecin suite à une blessure à l’épaule, trouver des solutions pour les parents qui sont submergés par les mails de l’éducation nationale, leur dire comment trouver de l’encre pour imprimer, déminer des fakenews… Et puis tout simplement leur parler même si c’est pour les écouter le plus respectueusement possible refaire le monde et l’histoire dans le plus pur style comptoir de bar…

Téléducateur c’est un drôle de mot et c’est aussi un drôle de métier que nous sommes en train d’inventer mes collègues et moi. Je ne sais pas comment tout cela va se terminer mais pour l’instant une seule chose est sûre c’est que continuer à travailler même avec cette approche un peu empirique et expérimentale est sans doute ce qui me permet de tenir bon voire d’espérer qu’un jour une vie un peu plus normale reprenne son cours.

Pour finir vendredi et mardi je me suis porté volontaire pour travailler avec une petite de mon groupe qui en quelques mois a vu sa vie s’effondrer avant de voir la planète s’enfoncer à son tour dans des jours très sombres. Deux mois qu’elle est avec sa mère, j’ai insisté pour que l’on puisse l’accueillir deux journées. Elle est donc devenue prioritaire juste après les enfants du personnel médical.

Retravailler comme un vrai éducateur et non pas comme un téléducateur va sans doute me faire le plus grand bien mais là j’espère avant tout que cela va aider la petite à comprendre qu’un monde nouveau arrive après la crise et qu’il ne se fera pas sans elle et que nous sommes tous là pour l’aider à s’y préparer. 🙂

Strange days

Bon c’est mardi, c’est donc le moment de vous donner de mes nouvelles une semaine après avoir traversé cette maladie violente physiologiquement et psychiquement. Une semaine plus tard je ne sais toujours pas si c’était la maladie ou un gros pétage de plombs du aux angoisses combinées suivantes : Imaginer ma mère, mes proches mes amis mes collègues tomber victimes de ce fléau. M’imaginer perdre mon travail, imaginer devoir survivre dans un monde à la Mad Max ou mes petites provisions auraient duré quelques mois et où j’aurai été confronté à des meutes de fous face auxquelles j’aurai du faire allégeance ou preuve de combativité. Plus de nourriture, plus d’électricité plus de lois et d’autorité protectrice…Puis faute d’humain pour faire tourner les centrales nucléaires, fission des réacteurs ou apocalypse nucléaire lancée par un chef d’état devenu fou…

Oui un imaginaire de geek comme moi nourri par les films de série Z ça imagine tout de suite le pire.

Mais là depuis que je suis sous anti-anxiolytiques mes pensées ne sont plus aussi négatives, je me concentre sur mon télé travail chaque jour et du coup je pense à autre chose et je commence à espacer la prise de ce médicament. Je vais d’ailleurs essayer de le supprimer tout comme je vais supprimer le somnifère que je prends chaque nuit. Ce cocktail de médicaments me permet de dormir en trois fois de 22h00 à 00h00 de 00h00 à 3-4 h puis de 3-4H à 6h00 du matin.

Quant au confinement pour moi ce n’est pas du tout une épreuve, je ne sors jamais de chez moi en temps ordinaire et je ne vois des gens que très rarement. Du coup là tant que j’ai de quoi manger, je ne manque de rien. Je n’ai pas encore assez retrouvé le moral pour tenter de refaire de la photo ou du jardin mais avec le retour de températures plus clémentes je devrais m’y mettre ce weekend.

Bref tout va bien, je continue de vivre au jour le jour en tentant de penser à autre chose qu’à ce monde en train de mourir ou de changer.

 

Mon épreuve de ces derniers jours

Aujourd’hui après mes événements des 7 derniers jours j’ai décidé d’envoyer la lettre suivante à tous mes collègues, ami(e)s qui m’ont soutenu dans mes moments difficiles et ce afin de les informer voire de leur présenter des excuses.

Chers toutes et tous
Je vous ai peut-être effrayé après mes difficultés vécues cette fin de semaine, alors pour vous aider à comprendre et aussi pour m’aider moi aussi à y voir plus clair en relisant mes SMS des 5 derniers jours, je vais donc faire un récit rapide des événements. Je teins aussi à présenter mes excuses à celles et ceux que j’ai inquiété à tort ou à raison car oui on ne le saura pas et la décision de mon medecin de me mettre en arrêt jusqu’au 6 avril pour vous protéger si jamais je suis devenu porteur sain montre bien que les choses ne sont pas si claires. Pétage de plomb à la Laurent ou vraie maladie à vous de choisir en lisant les phases de ma maladie résumées ici :
– Lundi nous nous quittons, en partant je fais quelques courses essentielles dans trois supermarchés en évitant le plus possible les gens et avec des gants
– Mardi je commence ma quarantaine après être redescendu à l’Intermarché de Pont De Roide pour prendre des choses oubliées que ma mère réclame.
– Mercredi je commence à me sentir bizarre premiers maux de tête, frissons j’en parle à l’infirmière qui vient à domicile elle semble inquiète et me dit de vérifier l’évolution de ma température.
– Jeudi fièvre de 38-38,5 impossible de manger, douleurs derrière les mollets, maux de tête frissons, gorge très irritée et encombrée impossible de dormir plus de trois heures.
– Vendredi la fièvre continue de monter sans dépasser 39 et la nuit elle monte bien très fort puisque je me réveille 4 heures plus tard avec un lit trempé de sueur.
– Samedi je me sens fatigué mais bien mieux je recommence à manger mais la fièvre de 38 – 38-7 est toujours là.
– Dimanche après une première nuit complétement blanche je continue d’aller mieux 38 – 38-7 mais la fièvre toujours là.
– Dans la nuit de dimanche à lundi vu qu’à 4 heures du matin je ne dors toujours pas, je me force à fermer les yeux et à ne plus les ouvrir et cela a un effet étrange je me met à tousser très fort trois fois comme si j’avais des épingles dans la gorge. Quelques minutes plus tard je m’endors pendant deux heures.
– Lundi matin je suis le premier à aller voir mon médecin je lui explique mes soucis et mon stress et il me conseille de prendre des anxiolytiques , je lui demande un somnifère lourd pour la nuit qui est très difficile à traverser et il me donne aussi un traitement pour ma langue qui pique. Je rentre chez moi après deux anxiolytiques je m’écroule dans mon lit pendant 4 heures la nuit avec un somnifère je dors 4 puis 2 puis 2 heures.
– Mardi matin (ce matin) je me réveille le nez et la gorge très prises et je retourne chez le medecin pour avoir de quoi nettoyer mon nez et ma gorge. Personne au cabinet alors on parle un peu plus, les médicaments m’ont éclairci la tête et me permettent donc de mieux lui parler de ce que j’ai vécu la semaine dernière, je lui donne tous mes symptômes et il trouve cela assez inquiétant et m’a donc fait un arrêt jusqu’au 6 avril au cas où j’avais le virus car si c’est le cas je reste encore porteur et je peux transmettre. J’ai donc fait mes dernières courses et visite chez le docteur comme la veille avec masque FFP2 et gants.
Voilà de façon précise et objective mes événements de la semaine.
Au bout de tout ça deux possibilités :
– Soit j’ai fait un pétage de plomb complet et du coup je vous prie d’accepter mes excuses en prenant en compte mes symptômes bien réels (car oui j’ai vraiment été malade mais de quoi ?) et le stress que j’ai éprouvé pour protéger (à tort si je n’étais pas contaminé) ma mère de 83 ans.
– Soit j’ai vraiment été infecté et dans ce cas connaitre les phases de la maladie par mon vécu pourra peut-être vous aider.
Dans tous les cas je veux remercier du fond du cœur toutes les personnes qui m’ont soutenu dans cette épreuve, vous pouvez compter sur moi pour vous renvoyer l’ascenseur.
Bon, je me remets au travail avec la permission de la direction alors merci et à bientôt !
Je vous aime tous très fort
Laurent

Le cauchemar

Hier soir je me suis endormi en regardant pas mal de films pour tenter de chasser cette peur au ventre, cette boule qui m’oppresse depuis plusieurs jours. Le discours du président et les messages reçus sur les téléphones portables cette nuit ne calment pas les choses. Je sui terrifié pour moi et surtout pour ma mère âgée.

Ce matin au réveil je pensais ouvrir les yeux dans un monde différent pour découvrir que tout cela n’était qu’un cauchemar, mais hélas le cauchemar c’est lorsque l’on se réveille. Les films d’horreur sont devenus notre réalité.

Alors oui, il est encore trop tôt pour savoir ce qui nous attend pendant et après cette période de confinement mais une chose est sure, c’est que notre mental va être mis à rude épreuve. A mon niveau je n’ai presque rien mangé depuis 48 heures tant je suis terrorisé et des idées très noires traversent mon esprit, la solitude n’arrange hélas pas les choses.

Et ce n’est que le premier jour de la crise.

Il vaut mieux que je m’arrête ici car je ne fait qu’auto alimenter mes peurs.

Ps : Après avoir écrit ces lignes je suis allé faire un tour au village pour jeter les bouteilles. J’ai vu les boulangeries et la poste ouvertes des gens dans la rue… Bref la vie semble continuer et les placards sont pleins. Donc pour l’instant je vais respirer un peu…