Tendre archive…

Archive du jeudi 4 décembre 2008

Sylvaine

En faisant le ménage autour de mon ordinateur j’ai découvert une pellicule qui avait été oubliée depuis plusieurs mois.

Je l’ai amenée chez un photographe express en ne demandant que le développement.

La pellicule a été malmenée avec des grosses griffures ( Ils vont m’entendre ces zèbres !!!) mais hélas il y avait une photo sur ce film qui me parle beaucoup.

Cette femme c’est Sylvaine, une institutrice avec qui je travaille. Elle ne veut pas que je la photographie alors cette photo est une photo volée que j’ai faite rapidement sans soigner mon cadrage pour ne pas éveiller ses soupçons.
Depuis elle m’a donné l’autorisation de mettre cette photo sur mon blog.

J’aime beaucoup son expression qui mêle une grande détermination avec une touche de fragilité, enfin bref cet éternel paradoxe qui rend les femmes si belles.
Demain je vais photographier à sa demande une autre institutrice. Cette autre fille est aussi très belle, mais de ces beautés déroutantes qui vous forcent à baisser les yeux et à éviter les regards. Mais je sais que je ne prendrai pas vraiment de plaisir à la photographier car je n’ai aucune relation avec elle, aucun vécu commun ne s’est encore construit entre nous. Tout l’inverse de Sylvaine en somme ! Ah si seulement elle me laissait la photographier encore et encore… En pensant à Saint Exupéry j’ai envie d’écrire  : On ne photographie bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible dans le viseur.

12 ans plus tard, nous faisons toujours équipe, ce n’est pas facile tous les jours car j’ai mes défauts et elle a les siens mais comme disent les collègues autour de nous stupéfaits de la longévité de notre duo, nous sommes un vieux couple. Il faut dire que nous travaillons ensemble depuis bientôt 20 ans ! Car oui, il nous arrive de nous disputer, de nous faire la gueule, elle me gronde souvent, s’énerve hélas souvent fort à raison de mes défauts et de mon manque de motivation pour les corriger. Mais ceci écrit elle reste une des rares personnes avec qui je travaille mais que je peux retrouver avec joie en dehors du boulot. Au fond elle est un peu comme une grande sœur pour moi, j’espère qu’elle continuera à me secouer encore quelques années ! 😆

Archive photographique

Archive du Vendredi 27 Novembre 2009

Laurent : 1 Arbre : 1  J’égalise le score ^^

Voici une des premières photos réalisées avec mon nouveau petit monstre arrivé hier de Belgique, le Koni Omega Rapid 100.  Un appareil pesant plus de deux kilos, un boitier que j’ai encore bien du mal à utiliser…

Cette photo a été faite ce matin vers 11H00 et développée tout de suite avant d’être scannée.

Qui a dit que l’argentique ça prend trop de temps ?

11 ans plus tard, ce boitier git au dessus d’une de mes armoires, je ne l’utilise plus, nous sommes en froid. Je ne peux pas non le vendre car j’ai tout de même envie de comprendre pourquoi nous nous sommes éloignés l’un de l’autre.

Et oui, ce n’est pas simple les états d’âme d’un photographe vis à vis de son matériel ! 😆

Une mauvaise journée en archive

Archive du lundi 20 novembre 2006

Cher Francis, 

       A l’heure où je tape ces lignes il est 23h24. Je reviens d’une réunion de formation mais pas de celle que tu crois… Je scrute l’horloge de mon ordinateur en espérant voir minuit s’afficher. 

A minuit cette journée de cauchemar sera terminée.

Tout a commencé ce matin en arrivant à la gare de Mulhouse, je tombe en haut des escaliers. Je me rattrape mollement mais mon très lourd attaché-caisse m’échappe et dévale ces grands escaliers comme une luge sur une pente enneigée en faisant un vacarme assourdissant et en manquant renverser une personne à son arrivée sur le quai.

Arrivé au centre de formation je me rends compte horrifié que je me suis trompé de date, les cours n’ont lieu que la semaine suivante. Désorienté, effrayé je me dirige d’un pas rapide vers la gare pour reprendre un train dans le sens inverse. 

Revenu à la gare je découvre qu’un TGV en direction de Marseille dessert la gare de Montbéliard. Je demande au chef de quai si je dois acheter un ticket spécial, celui me dit qu’avec mon abonnement je n’ai qu’a demander au contrôleur du train de payer ma réservation et que moyennant cette formalité il me laissera monter dans le train.

Le TGV arrive, le contrôleur en sort. Il s’agit d’un vieil homme à la carrure athlétique. Son expression est sévère. Je lui demande l’autorisation de monter dans le train avec mon abonnement, il me répond d’un air courroucé qu’il refuse, j’insiste poliment en lui faisant comprendre que je suis coincé et que son collègue m’avait dit de faire comme cela, mais l’homme refuse encore plus fort, un certain plaisir pervers semble se lire sur son visage aussi ridé que livide. Ce personnage va même jusqu’à clamer haut et fort; il vous a dit cela mais ça c’est MON train c’est moi qui commande !!! 

Dépité je regarde le TGV partir, me voici coincé à la gare jusqu’à midi, heure de départ du prochain train pour Montbéliard. Je téléphone une nouvelle fois à mon employeur pour l’informer de ma situation. Son ton froid me laisse présager que je vais avoir à affronter son courroux.

Arrivé sur mon lieu de travail après deux changements de train, j’arrive à l’établissement pour découvrir qu’une absence de prof pour cause de maladie a amené une réorganisation du service pour la journée et que je n’ai pas été compté. Mon chef de service très en colère, me conseille de rentrer chez moi.

Bilan de la journée: 

– Plus de 50 euros de frais (repas du midi et abonnement de train pour la semaine) qui ne seront pas remboursés vu que ce n’était pas une semaine de formation.

– La perte d’un jour de récupération

– Un fouillis pas possible dans mes horaires et rendez-vous 

Si j’ajoute la colère de mes supérieurs, le désordre causé vis à vis des enfants et le reste…

Et bien Francis tu comprendras pourquoi je suis si content de voir qu’il ne reste plus que 5 minutes avant que ne meure cette affreuse journée… Juste le temps d’envoyer cette mise à jour.

14 ans plus tard je lis ces lignes en souriant, je me souviens encore de ma Samsonite qui descend jusque sur le quai dans un vacarme assourdissant… Pour le reste je ne me souviens de rien même pas de la colère de mon chef de service. Comme quoi… 😆

Archive de galère

Archive du mardi 13 novembre 2007

Cher Francis,

« Galère » Ce mot est souvent employé ces temps derniers afin de décrire les difficultés entraînées par le mouvement de grève reconductible qui démarre ce soir. Le mot revient ces jours-ci en boucle, dans les journaux, à la télé, sous la plume et dans la bouche des grotesques pitres qui prétendent nous informer.
Les grèves sont des « galères », nous disent-ils, et nous ne faisons plus guère attention à ce que véhicule ce terme. La raison du recours à l’usage du mot, « galère », est de nous suggérer que les grévistes sont de sinistres gardes-chiourmes, qui vont sous le fouet nous enchaîner à nos bancs de nage. Cette affirmation est encore enrichie par d’autres termes comme « pris en otage »

Tout est fait sur le plan des médias pour organiser un authentique procès d’intention aux grévistes afin de les décrédibiliser aux yeux de l’opinion publique.(Salauds de grévistes: les journaleux couchés n’ont pas fini de leur faire payer l’instinct de liberté qui, par contraste, révèle si crûment leur propre soumission aux pouvoirs qui les tiennent.) Ce soir encore au journal télévisé, l’information autour de la grève montrait de façon évidente la compromission des médias. Sur près de 20 minutes de reportages liés à ce sujet , seules quatre minutes étaient consacrées aux revendications des conducteurs grévistes et à l’exposition rapide de leurs griefs. Ce sujet passé au début des séquences fut tout de suite suivi par des vociférations d’usagers organisés pour certain d’entre eux en associations! 

Face à ces ires, qui je dois l’admettre sont parfois bien légitimes,  le téléspectateur a vite fait d’oublier ce que le cheminot vient de dire il y a un quart d’heure sur le danger de mettre des plus de 55 ans aux commandes des trains. Je ne suis pas dupe, là encore il y a pas mal de mauvaise foi. Néanmoins j’aurai voulu que le journal télévisé de ce soir montre des usagers solidaires avec les grévistes. J’ose encore penser que dans ce pays il reste encore des personnes pour qui cette grève sera l’occasion de freiner les ambitions d’un gouvernement ultra-libéral qui ne s’arrêtera pas à cette réforme. Des gens qui supportent (à tous les sens du terme) la grève et sa « galère » .

En bref des gens qui se résignent être éclaboussés voire à ramer un peu pour éviter que le bateau tout entier ne coule. Il faut dire que lorsqu’un bateau sombre, plus on est au fond de la cale, moins on a de chances de s’en sortir et que chemin faisant, le bateau France ne cesse de vider son pont.

Treize ans plus tard, après les gilets jaunes (qui vont sans doute revenir en force après la crise sanitaire), ce texte est plus que jamais d’actualité dans un pays où les inégalités vont encore se creuser (le pont qui se vide et les cales qui se remplissent) suite aux conséquences économiques du virus. Je m’attends ainsi à des gestes désespérés, à des conflits violents et au final au vote populiste (en mode crétin plus) le tout suivi d’un éventuel conflit civil. C’est bien ça le drame de l’histoire humaine, les progrès sociaux ne peuvent se faire qu’au prix de violences et de sang versé. Après tout c’est normal, nous ne sommes que des animaux psychotiques… 🙄

Il y a 14 ans, la genèse d’un de mes plus beaux projets éducatifs

Archive du lundi 6 Novembre 2006

Cher Francis,

       Une fois de plus mon travail m’a aidé à sortir ma tête de mes épaules. Aujourd’hui cependant je me demande où était l’éducateur car c’est moi que les enfants ont aidé vu que je planais complètement. Je n’avais même pas remarqué que ma montre était encore à l’heure d’été ! D’où un certain égarement dans la conduite de mes activités.

Il y a aussi deux nouvelles stagiaires qui sont arrivées. 

Stagiaire: définition: des êtres interchangeables très rarement masculins dont le but est de réaliser un stage et qui se font exploiter en remplaçant parfois entièrement un éducateur sans bien sûr être payées. 

Les stagiaires, comme dirait l’autre, ça s’en va et ça revient.  Mais aujourd’hui pour la première fois leur présence m’intéresse.

Je vais en effet réaliser un vieux projet en profitant du fait qu’elles encadrent le temps de récréation. Je vais partir avec quelques enfants qui ont besoin d’exercice pendant une demi heure après le repas et je vais leur demander de prendre des photos argentique avec un de mes vieux appareil. L’intérêt de cet atelier est multiple; bien être, lutte contre le poids, goût de la marche, autonomie en milieu urbain, gestion des dangers, expression artistique, apprentissage de qualités propres à la photographie comme la patience et la  précision et surtout le désir d’offrir à ces enfants la possibilité de nous montrer le monde tel qu’il apparaît à leurs yeux en nous dévoilant leur regards à travers leurs clichés.

C’est pour cela que j’ai choisi de travailler en argentique, je veux qu’ils ressentent la photo qu’ils vont prendre sans avoir à passer par le biais d’une interface numérisée qui volera leur regard.

Et après bien sûr, exposition !!! Chouette programme non ?

14 ans plus tard, le bilan de ce projet est très positif, des centaines de photos faites par les enfants et partagées sur le panneau d’affichage ou sur nos deux blogs, trois expositions publiques et une cinquantaine de tirages soignés affichés un peu partout dans l’établissement. Mon projet continuait à prendre de l’ampleur grâce à une collaboration avec les Franca d’une ville d’à coté. Un groupe mêlant les enfants que j’accompagne avec des enfants du groupe Franca avaient fonctionné pendant plusieurs mois et une nouvelle exposition se profilait, mais la suite vous la connaissez… Virus…Confinement… Pause de tous ces beaux projets. 😦

Archive au choix…

Petit rappel : Le vendredi je m’amuse à ressortir les archives du blog que je tenais de 2005 à 2009. A l’époque je programmais moi-même mon site avec des scripts trouvés sur Internet et du coup même si mon blog n’est plus en ligne, il me reste un dossier dans lequel toutes mes pages de cette époque sont stockées en HTML avec leurs fichiers liés.

Le reste, vous le savez bien, c’est que depuis que je me suis remis à bloguer, chaque vendredi je vais piocher dans ces 5 années d’archives pour ressortir sans tricher l’article de la date du jour qui me semble le plus intéressant.

Aujourd’hui pour ce premier jour du second confinement, j’ai hésité entre deux archives, celle de 2007 qui est un coup de gueule un peu prétentieux et celle de 2009 qui n’est qu’un souvenir anecdotique mais plein de tendresse et avec un peu d’humour.

Du coup aujourd’hui je vais mettre les deux en ligne en commençant par l’archive mignonne, comme ça si vous voulez rester sur quelque chose de positif ne lisez pas la suivante qui parle des aspects commerciaux de Noël et de la notion de bonheur.

Bon, et bien c’est parti !

Archive du vendredi 30 octobre 2009

Suivez le guide !

Fujica ST 801 Fujinon 50mm 1,8 Fuji 400, scan de négatif.

Un conseil : Si vous avez un neveu, ne le suivez jamais dans la forêt en lui demandant de vous amener au pied d’une montagne située à trois kilomètres de chez lui. ^^

C’est ce que j’ai compris, hélas trop tard, ce vendredi là lorsque Dimitri 10 ans à qui j’ai demandé de me montrer le sentier qui mène au grand Môle, un moyen sommet de Haute Savoie, m’a fait descendre plusieurs kilomètres d’un sentier escarpé avant de comprendre qu’il ne connaissait pas vraiment le chemin et de se vexer.

J’aurai dû me douter que l’on trouvait rarement des sommets de montagnes en descendant des sentiers… Mais bon je ne voulais pas froisser son jeune égo.

Ce jour là je n’aurai pas eu la chance de monter sur cette montagne et de tester ma nouvelle endurance engendrée par ma perte de poids mais il me reste un bon souvenir et quelques photos dont celle-ci que j’aime beaucoup.

Archive du mardi 30 octobre 2007

Cher Francis,

       Mon remède de cheval m’a aidé à aller beaucoup mieux ce qui me permet de traîner dans la pièce du bas devant mon ordinateur. Il est à présent plus de 22h00. Je viens de passer des heures devant l’écran à contempler des reflets de mon passé à travers des vidéos en ligne. Je pourrais rester ainsi une vie entière. Cependant je ne céderai pas à la tentation de vouloir faire durer les bonnes choses.

 Je ne veux pas me laisser enterrer dans le passé car ce n’est pas ainsi que je trouverai le bonheur.

Mon époque ne cesse cependant de me décourager. Il me suffit d’allumer le poste radio ou de sortir faire une course en ville pour découvrir un nouvel exemple de l’insolente vacuité de la société dans laquelle j’évolue. Ce matin en me rendant à Montbéliard pour aller chercher des photos de vacance miraculeusement retrouvées par le magasin qui les avait égaré, j’ai photographié ces ouvriers en train de mettre en place des décorations de noël dans la rue piétonne. 

Dans les magasins, les armées de jouets attendent patiemment de lancer leurs offensives concertées sur les porte feuille des parents. Ces derniers quant à eux se sont rendus, vaincus par la publicité qui a transformé leurs enfants en zombies consommateurs de vide. Ce n’est pas là non plus que je trouverai le bonheur.

Mais au fait monsieur le marchand, vous préparez noël alors que la Toussaint n’est pas encore passée ?

– Foin de ces repères vieillots, derniers vestiges d’une religion qui se meurt !   Nous sommes ici sur terre pour consommer car le bonheur voyez vous monsieur ça existe ! si si si!  En douze fois sans frais après acceptation du dossier ! Alors laissez nous, nous les gentils marchants vendeurs de bonheur vous donner un nouveau calendrier. Noël ? c’est de novembre à janvier !

Le recul de la religion et l’effondrement de nos valeurs devant l’anomie qui règne en maître, ont permis aux marchands de récupérer les grandes fêtes et de s’en servir pour augmenter leurs profits. Pourtant, préparer Noël en novembre ne me rempli pas le cœur de joie, pas plus que la perspective de convaincre ce qu’il me reste de famille de m’aider à financer l’achat d’un autre objet couvrant un autre de mes besoins putatifs. Le bonheur ne se résume pas à une succession de plaisirs mais réside dans ces rares moments où l’on est en paix avec soi-même. Cependant, nous nous interdisons de nous considérer vraiment heureux dans l’instant car nous attendons toujours une plus-value qui ne viendra jamais, nous courrons ainsi après le  » grand Bonheur » qui ne peut être atteint vu qu’il s’agit d’un idéal.

C’est cette perpétuelle quête inconsciente qui nous empêche de savourer sur le champs nos petits bouts de bonheurs dissimulés dans nos instants de vie. Ces instants précieux nous ne réalisons les avoir vécu qu’après qu’ils soient passés. 

Nous ne sommes jamais vraiment heureux, tout au plus nous nous rappelons rétrospectivement l’avoir été, un peu.

Puissions-nous saisir à pleines mains ces multiples souvenirs épars afin de nous rappeler que nos morceaux de bonheur ne sont pas une question « d’avoirs » mais avant tout une question « d’être ». Ne laissons donc pas ce système économique moribond nous convaincre du contraire et refusons ses diktats déguisés en bonnes intentions vis à vis des consommateurs. Laissez-nous donc célébrer les fêtes de la Toussaint que vous dédaignez car elles ne sont lucratives que pour les fleuristes. Permettez nous de saisir le rappel de cette fête religieuse pour ouvrir, un peu plus que d’habitude, nos cœurs aux souvenirs de nos proches défunts sans avoir à subir à la même époque vos techniques agressives de marketing de Noël.

Il est 23h 45, je termine ce message qui ce soir m’a donné toute satisfaction. Je caresse l’espoir de découvrir plus tard que des morceaux de bonheurs étaient glissés entre les touches de mon clavier alors que je le composais.

Treize ans plus tard, mon constat sur l’agressivité économique des fêtes de Noël est hélas encore plus d’actualité, mais loin de moi la volonté de fustiger les petits commerçants qui faute à ce second confinement vont passer de très mauvais moments tandis que les GAFAM vont devenir encore plus puissants, enrichis dans des proportions encore inimaginables, suite aux très nombreux achats en ligne de biens et services qui se feront pour les fêtes.

Vis à vis des fêtes de la Toussaint, suite aux nombreux décès dans mon entourage et à ma culture rurale et religieuse, mon attachement à cette célébration est resté intact avec peut-être une dimension plus positive qui transcende l’idée de mort que l’on associe un peu à tort à cette fête. La Toussaint ce n’est pas seulement poser des fleurs sur la tombe des proches mais pour les vivants c’est aussi le moment d’être « tous un » c’est à dire de nous rendre compte que malgré nos différences nous sommes tous semblables dans nos conditions d’êtres mortels et que nous tendons tous à trouver une partie de bonheur dans nos vies.

Le bonheur, pour moi aujourd’hui reste un idéal, quelque chose que l’on ne peut atteindre vu qu’il signifierait vivre une perpétuelle plénitude ce qui est contraire aux réalités de notre condition d’êtres humains dont le fonctionnement physique et psychologique repose sur le manque. Par contre le petit bonheur qui nous fait tenir chaque jour face aux difficultés et souffrances de nos vies, et bien ce bonheur là existe bel et bien et est simple à atteindre. Il suffit de faire l’exercice qui consiste à trouver dans nos vies de chaque jour des petites miettes de bonheur par exemple dans le sourire d’un enfant, dans la contemplation de la beauté de la nature et bien sûr dans cette nouvelle période de confinement, dans le souvenir des moments passés entre proches saupoudré d’espoir bien réel de bientôt les retrouver en sortant enfin de ce cauchemar en plusieurs épisodes.

Courage à toutes et à tous !

Laurent

Archive en lien avec mon loupé de hier…

Parfois le hasard fait bien les choses, c’est pour cela que je présente aujourd’hui un texte que j’ai écrit le 23 octobre 2008.

Futilités

Je me fait piéger à chaque fois et pourtant je retombe toujours dans la même arnaque. C’est vrai que cela part de bons sentiments et d’une certaine recherche d’harmonie entre les personnes, mais une fois arrivés sur place on se rend compte que l’on n’a pas envie de parler de soi ni à l’autre et surtout pas du vrai « soi » à l’autre. Du coup, pour meubler les silences gênants et dénonciateurs, l’option retenue par tous de façon tacite est de ne parler que de travail. Un sujet neutre qui permet de faire passer le temps sans se mettre en danger en se dévoilant un peu.

Les pots entre collègues c’est vraiment une perte de temps voire une mauvaise expérience quand l’hypocrisie est de mise. En tout cas c’est trop cher payé pour sauver les apparences.

En rentrant chez moi mon téléphone portable sonne et j’entends au bout du fil un ancien ami du temps de la fac de droit, il me propose d’aller voir une avant-première d’un film fantastique très attendu. Mais c’est demain soir et demain soir… rebelote…

Suis-je donc masochiste ?

Non, bien sûr que non, je ne suis que lié par les règles de vie en société et par mon vœux pieux de voir un jour des collègues capable de parler d’autre chose que de travail. je continue de rêver donc, jusqu’au jour où je comprendrai que les collègues ne peuvent être des amis surtout si le futur vient transformer notre sympathique groupe en panier de crabes.

Douze ans plus tard je suis devenu un des crabes du panier mais vu que mes pinces sont acérées on me fout la paix. Les pots ne se font plus que dans le cadre formel des départs de collègues qui quittent la structure, c’est à dire sur le lieu de travail avec peu d’alcool et la hierarchie bien présente. Reste la collègue qui habite dans le même village que moi et son homme qui est un vrai pote et qui m’appelle toujours pour aller boire des binouzes au pub. Et la concernant ce que j’ai écrit au dessus reste d’actualité : crustacé et Workaholic (ce mot est bien plus parlant que sa fausse traduction française (bourreau de travail).

Archive sentimento-naturiste

Archive Du Dimanche 16 octobre

  Cher Francis,

         Encore un dimanche passé à traîner dans la maison… J’érige la paresse en art de vivre glissant du lit à l’ordinateur remplissant ma boite crânienne de milliers d’images et de sons mis au point à l’autre bout de la planète pour cacher aux masses nippones la vacuité de leurs existences.

         Dans ce paisible delirium qui résume mon week-end  je n’ai pas vraiment envie de disserter sauf peut-être pour parler de mon angoisse naissante devant le progressif endormissement de ma grande amie et maîtresse; mère nature.

          En ce dimanche ensoleillé j’ai passé de longs moments à regarder impuissant le spectacle des feuilles qui tombent, de la canopée qui brunit, des grands rapaces migrateurs qui se rassemblent au dessus de ma chère montagne, profitant des derniers courants ascendants de cette chaude journée pour planer au cœur de l’azur avec une grâce inégalée. Plus proche de moi la grande épeire de mon balcon dévore avec appétit la mouche que je lui ai balancé dans sa toile. Mon admiration pour ces créature me laisse imaginer sur ce qui lui tient lieu de visage, une reconnaissance, un sourire complice. Elle semble me dire tout en boulottant sa moumouche « merci gars file moi en une autre !! » Ce splendide arachnide est trop primitif pour se rendre compte que sa vie va se terminer dans deux semaines lors des prochaines gelées.

       Et oui Francis! Ainsi va la vie en ce triste automne. Pour le naturaliste que je suis cette période est constituée d’une succession de deuils de plus ou moins grande ampleur. Des deuils qui demandent un travail d’acceptation et d’intériorisation afin de laisser entrer en moi la promesse d’un nouveau printemps dont la chaleur m’accompagnera tout au long de l’hiver.

Et le deuil de la moumouche que j’ai balancé à ma copine? ben je vais contacter mon assurance afin que ses 247 asticots puissent avoir une bourse d’étude…

Ce soir au moment de rédiger mon blog et de fouiller dans mes archives du 16 octobre, j’ai trouvé ce texte tout bête. 15 ans plus tard je rigole en me relisant, c’est tellement moi tout ça… J’aime toujours autant les araignées (que j’observe là où elles vivent sans les mettre en terrarium je précise) et je continue à observer la nature et ses cycles ainsi que hélas, ses symptômes de plus en plus criants. Mais bon c’est vendredi alors restons optimistes. 😉

L’ambition en archive

Archive du 9 octobre 2007

Cher Francis, 

       Une fois de plus je rentre très tard du travail. Cette fois c’était pour la réunion du conseil de la vie sociale. J’ai porté mon joli costume que j’exhibe sans vergogne sur la photo ci-dessus.

En même temps cette journée a été marquée par une découverte importante, le salaire d’un chef de service. Du coup j’ai envie d’arrêter de faire l’andouille et de plaisanter pour avoir une chance d’arriver un jour à une telle position voire au delà. Pour l’instant mes collègues et supérieurs m’ont bloqué au poste de plaisantin, de boute-en-train. Il faut dire que mes facéties les y ont aidé grandement. Mais comme ces derniers disparaissent petit à petit il me reste peut être une nouvelle chance de faire bonne impression avec des personnes différentes surtout au niveau des cadres. Mais est-ce vraiment ce que je désire? faire du papier et ne plus être avec les enfants? L’argent est-il devenu ma seule priorité? D’un autre coté, gagner 1300 euros après neufs ans d’efforts constants ne suffit plus à me motiver à aller plus loin.

A suivre donc…

Mouhais là c’est vite vu, 13 ans plus tard je suis éducateur diplômé avec un salaire de 1780 euros nets par mois et sans aucune envie de me retrouver dans un bureau à faire des papiers. Je m’éclate bien trop dans mon travail pour ça ! :mrgreen:

Archive ésotérique (ou presque)

Archive du mardi 2 octobre 2007

Cher Francis,

       Voici bientôt deux heures que je suis devant mon ordinateur et je n’ai toujours pas trouvé de sujets pour le message d’aujourd’hui. J’ai tenté de chercher de l’inspiration en me baladant sur Internet, mais je n’ai rien trouvé qui puisse résonner avec mon ressenti de ces derniers jours.

Je n’ai pas non plus envie de te parler de moi et de mon travail, du moins pas tout de suite car les choses doivent se décanter dans mon esprit fatigué par le travail et les nuits grises. ( Pour faire une nuit grise, il faut prendre une nuit blanche et imaginer que l’on a tout de même dormi quatre heures)

Ah bon… Si! j’ai bien une chose à te raconter, une chose bien étrange et ce, même selon mes standards. Figure-toi que l’un des enfants du catéchisme a réussi à me faire presque peur. 

Il y a quelques heures, alors que nous étions en train de parler, ce garçonnet âgé de 11 ans, se tut brusquement et me regarda fixement avant de dire d’une voix à la fois réjouie et inquiète: ah ça y est ! Je la vois enfin !

Alors que je lui demandai de me donner des explications, le jeune garçon m’expliqua qu’il était capable de percevoir comme un halo autour de la tête des gens, une sorte de fumée circulaire dont la couleur n’est jamais la même. Dans mon cas il verrait du jaune. Curieusement ses camarades ne se moquèrent pas de lui, cependant après l’avoir écouté je lui demandai d’arrêter de parler de ça.

       Bien entendu mon esprit encore imbibé des lectures de livres concernant le paranormal n’a fait qu’un tour. Cet enfant serait-il capable de voir les auras ? L’aura est selon les croyances des temps anciens une sorte de halo de lumière émanant des champs d’énergies vitales et entourant chaque être vivant, la couleur variant selon les personnes. Il existe même un appareil photo spécial inventé par un nommé Kirian qui est capable de prendre des clichés de ce phénomène. Les spécialistes du paranormal avancent d’ailleurs que les jeunes enfants voient les auras de façon presque naturelle grâce à leurs regards périphériques car leur vision centrale est peu développée.

       Alors que penser ? Comme Fox Mulder j’ai envie de dire: « I want to believe » mais d’un autre coté je sais que toutes ces histoires d’auras reposent sur des principes de médecine chinoise traditionnelle (les couleurs d’énergies des organes du corps) montés en mayonnaise par une bande de charlatans. D’autre part comment ce gamin aurait-il eu accès à de telles connaissances sur le paranormal. Son imaginaire ?

En faisant des recherches sur le sens de la couleur jaune dans les phénomènes d’auras j’ai découvert que cette teinte était celle que l’on apercevait autour des personnes qui ont une âme d’enfant, plein de joie et d’humour, très ouverts vis à vis des autres.  Le Jaune serait lié à la bile et à l’énergie vitale, cette couleur marquerait chez les personnes l’éveil, l’inspiration, l’intelligence et la créativité le tout dans une joie de vivre communicative et teintée d’humour partagé… Les jaunes auraient aussi des tendances à fuir ou à éluder les problèmes ainsi que les engagements trop contraignants, ceci expliquant qu’ils préfèrent rester célibataires!

J’arrête là car la suite est encore plus troublante et proche de ma personnalité, et ce, en bien et en mal. 

Je ne sais pas si cet enfant voit vraiment les auras ni même si il existe une part de vérité dans ces théories ésotériques. Cependant une chose reste sûre, c’est que je ne me permettrai pas d’en parler avec lui vu que ce phénomène, réel ou non, ne peut qu’interférer avec son développement psychique et son épanouissement.

13 ans plus tard rien à ajouter ci ce n’est que je n’avais pas oublié cet épisode étrange, une petite parenthèse déstabilisante qui aujourd’hui encore m’aide à rêver un peu à un monde moins rationnel… :mrgreen: