J’ai beaucoup aimé la poésie de ce court d’animation. C’est une certaine façon de voir… 😉
¡¡¡ ʇuɐsɹǝʌuǝɹ ʇsǝ,ɔ
Ne cherchez pas à retourner votre écran, ceci n’est pas une panne de votre moniteur, nous avons le contrôle des verticales et des horizontales…. 😆 Qui se rappelle de cette série ?
Bon, venons-en au cœur du sujet de ce jour. Voici donc un petit site à la fois drôle, intéressant et pratique. fliptext.org vous permet en effet de retourner un texte avant de le copier pour l’utiliser ailleurs.
Vu que mon navigateur considère ces mots à l’envers comme des fautes, je pense qu’il s’agit donc d’une police particulière que l’on fait passer comme une écriture d’une langue étrangère non romane.
A quoi cela peut-il servir ?
Et bien par exemple pour créer un effet rigolo et inhabituel sur un blog ou sur les réseaux sociaux histoire de rigoler et aussi pour attirer l’attention.
Dans mon cas, cet après midi je vais vendre du matériel photo (pour financer l’achat de la guitare basse de mes rêves) sur un site d’amateurs qui brasse des dizaines d’annonces chaque jour, ce petit gag va attirer l’attention et les commentaires et va ainsi permettre à mon annonce de rester au dessus de la liste bien visible pendant bien plus longtemps.
Reste à tester si les caractères spéciaux de notre langue sont acceptés et si cette langue inversée passe sur tous les sites fonctionnant avec d’autres langages de codage.
Mais quoiqu’il en soit, au final ce genre de petite astuce me fait bien rigoler, j’espère que vous aussi. 😉
A toute chose malheur est bon…
Cette expression un peu désuète m’a trainé dans la tête toute la journée. Car oui tout le monde se plaint de la crise sanitaire, de ses conséquences néfastes bien réelles sur nos vies voire sur nos psychismes mis à rude épreuve. Mais bizarrement personne n’ose évoquer les quelques bonnes choses qui découlent de ce malheur qui nous frappe. C’est pour cela que ce soir je vais m’y essayer.
Sur le plan planétaire, les confinements ont fait baisser la pollution parfois de façon spectaculaire dans certains endroits nous laissant entrevoir la possibilité d’une planète plus propre. D’autres façons de travailler se sont aussi développées sous ces contraintes.Ainsi, lorsque la pandémie sera derrière nous, le télétravail aura profité de cette crise pour se développer durablement réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Une fois que nous connaitrons enfin les vraies raisons qui ont créé cette abomination de virus, nous remettrons peut-être en cause soit la sécurité des laboratoires (hypothèse d’un virus échappé d’un labo qui ces dernières semaines refait surface dans les médias crédibles) ou remise en cause de l’élevage intensif sans contrôle des règles d’hygiène (hypothèse de la zoonose). Bref, peu importe la vraie origine de cette catastrophe, une fois qu’elle sera enfin révélée, des moyens seront mis en place pour éviter une nouvelle pandémie tout en améliorant, enfin je l’espère, le bien-être humain et animal.
Vis à vis de nos comportements et de notre notion de l’hygiène, les gestes barrières appris et pratiqués pendant plus d’un an laisseront des traces et nous aideront à être plus vigilants vis à vis des situations de promiscuité et également à nous laver plus souvent les mains, ce qui même en l’absence de pandémie est une bonne chose notamment dans les périodes où les gastros font des ravages.
Sur le plan professionnel, le midi vu que je ne mange plus à la cantine ( je refuse de la faire dans une salle non ventilée avec trente personnes sans masques), et bien j’en profite pour faire de l’individuel en apprenant à un petit de mon groupe à manger sans mettre sa main dans l’assiette. Bizarrement aussi, depuis que je ne mange plus à la cantine du fait de la situation sanitaire inquiétante et de l’absence de mesures de protection, ma santé se porte bien mieux. Allez savoir pourquoi… Au niveau de mon groupe d’enfants, le fait de ne plus pouvoir retourner à l’établissement et de rester à l’école y compris le mercredi où nous avons l’école toute entière pour nous tous seuls a eu pour effet de cultiver une certaine culture scolaire liée à une forte appartenance à l’école qui nous accueille. L’objectif de socialisation est donc retravaillé de façon très forte et cela se ressent sur le mental des enfants qui progresse avec notamment bien plus de maturité notamment chez les plus jeunes. Certains de mes collègues me disent que c’est horrible de ne plus nous voir à l’établissement et que nous leur manquons, mais c’est bizarre ils ne m’ont jamais téléphoné pour me faire part de ces faux atermoiements de façade dont la vraie raison d’être est de trouver un exutoire plein de fausse bonne foi à leurs frustrations non assumées.
Sur le plan personnel enfin, le premier confinement que j’ai vécu dans la peur ne m’a pas hélas permis comme à certains de développer de nouvelles aptitudes mais m’a aidé à retrouver la musique et avec elle l’envie de prendre des cours de façon suivie ce qui est encore le cas aujourd’hui. Sur un autre plan, le solitaire que je suis n’a plus besoin de trouver des excuses pour ne pas avoir à trainer avec des couples ou avec des gens qui pensent être heureux car ils se retrouvent pour boire. Ce confinement qui ne m’autorise qu’à travailler et à consommer un peu est aussi un formidable alibi pour cacher mes tendances à la procrastination. Oh j’aurai tant voulu partir faire des photos loin dans la forêt avec du matériel lourd, mais voilà hélas je suis confiné c’est interdit ! Rahhhh !!! Sanglots !!! 😆
Alors oui, je pourrais continuer comme ça assez longtemps tout en sachant qu’en dépit du nombre de points positifs plus ou moins fallacieux que je trouverai, la balance bénéfices/souffrances penchera toujours du coté de ces dernières.
Mais voilà, pour ce soir seulement, trouver quelques raisons de légèrement relativiser l’épreuve que nous traversons tous à des degrés différents, regarder ce qui reste dans le verre et ce qu’il y a de sympa sur la table autour au lieu de se focaliser sur ce qui manque dans ce récipient et surtout commencer dès à présent de réfléchir sur ce que cette crise nous aura appris histoire d’en sortir plus fort lorsque nous retrouverons les eaux calmes afin que toutes ces souffrances ne soient pas en vain… (oui le présent, car on est encore dedans).
Et là pour conclure et bétonner mes propos, je me sens obligé de citer Murakami dans son livre « Kafka sur le rivage » mais avec une petite correction de traduction sur la fin :
« Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour y survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu’elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d’une chose : une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même et c’est bien ça le vrai pouvoir des tempêtes. »
Un avant-goût de Noël 2020
A l’heure où j’écris ces lignes (dimanche à 18h10) notre président n’a pas encore pris la parole pour expliquer la suite des évènements concernant le confinement et les autres joyeusetés de cette chère COVID-19.
Par contre en Europe, certaines initiatives rigolotes semblent donner la couleur de ce qui nous attend pour ce Noël qui risque d’être plutôt insipide…
En Grèce, Pays très touché par la seconde vague, et actuellement en confinement jusqu’à la fin du mois de novembre, Alexios Gerakis, un fabriquant de bougies artisanales dans la ville de Thessalonique a décidé de faire des bougies de Noël avec des père Noël portant un masque. Son but est de sensibiliser les gens sur le besoin impérieux de porter le masque et de transmettre un message selon lequel la santé passe avant tout le reste».
En Hongrie (pays cher à mon cœur), dans la petite ville de Lajosmizse à 70km de Budapest, Laszlo Rimoczi un chocolatier luttant pour maintenir son magasin à flot après la vague COVID de mars dernier, a eu l’idée il y a quelques semaines d’ajouter un petit masque en pâte d’amande à ses père Noël en chocolat histoire de relativiser la crise du Corona et de faire sourire ses concitoyens. Pour Laszlo, le personnage du père Noël se doit de montrer l’exemple c’est donc normal qu’il porte le masque.
Ce qui n’était qu’une petite blaguounette locale est devenue une « success story », car depuis beaucoup de personnes s’arrachent ses pères Noël masqués qu’il vend à présent en ligne. Après avoir simplifié leur design, Laszlo en fabrique à présent une centaine par jour à base de chocolat italien sans gluten. L’engouement pour ses pères Noël masqués l’a même poussé à mettre des masques sur les grands modèles qui jusque là n’en avaient pas.
Mais ce que j’ai le plus aimé chez ce sympathique hongrois c’est ce qu’il a dit à la fin de son interview, un joli message d’espoir qui peut se résumer ainsi :
Cette histoire de pères Noël masqués a été une grande aide pour son entreprise menacée mais il ne compte pas sur cela pour la maintenir à flot car il espère que les vaccins viendront à bout du virus afin que pour Noël 2021 il ne vende que très peu de pères noëls masqués. Puisses-tu avoir raison Laszlo ! 😀
Évasion printanière
Bientôt je n’aurai plus l’excuse du confinement pour ne pas partir en forêt faire des photos de ce genre mais en mieux. Bientôt après un court hiver, le printemps va revenir et le grand soleil qui l’accompagnera nous poussera vers la vie. En attendant je vous livre cette photo en guise de promesse d’évasion : 😀
Œufs en neige…
Mardi matin à 7h30 sur le chemin du travail, mon regard a été attiré une fois de plus par le paysage sur ma gauche. Car oui, Gargantua avait encore remis ça ! Le géant avait renversé ses blancs montés en neige sur les vallons en contrebas.
Le spectacle est saisissant et à chaque fois je regrette d’être sur le chemin du travail et donc de n’avoir ni le temps ni le matériel pour faire une photo correcte. Du coup vu que là j’avais un de mes bridges autour du cou et que personne n’était derrière ou devant moi dans cette longue ligne droite, je me suis permis de ralentir et de faire cette photo mal cadrée et mal exposée en baissant la vitre conducteur. Mon sujet est au fond de la photo, je n’ai bien sûr pas utilisé le zoom. C’est une photo faite sans viser pour garder le contrôle de ma voiture et mon attention sur la route.
J’aimerai tant faire cette photo correctement… Si j’avais un de mes boitiers de qualité chargé dans la voiture, je ne pourrais tout de même pas faire cette photo faute de pouvoir garer la voiture sans créer d’accident. Faire cette photo le matin en allant au travail me mettrait aussi en retard et ça ce n’est pas mon genre vu que j’arrive au boulot en général trente minutes avant mon horaire pour gérer les imprévus.
Reste une solution, tenter de comprendre les raisons scientifiques qui produisent ces immenses nappes de brouillard dans la vallée du bas pour savoir à quel moment pendant un jour de congé je peux faire cette fichue photo.
En clair faire un gros travail de recherche pour après faire une photo avec du matériel très lourd (chambre 13×18) que je devrais trimballer le long d’une route très fréquentée avant d’installer le matériel dans le champs et me faire klaxonner et injurier par les automobilistes qui ralentissent voire freinent prenant ma chambre sur son trépied pour un radar ! C’est hélas ce quia rrive chaque année au printemps sur la même route quand je vais photographier un cerisier au tronc torturé pendant sa pleine floraison. Oui au village aussi les gens sont cons et méchants.
Rien que d’écrire ça, j’ai la motivation qui baisse et la flemme qui me submerge ! Mais il faudra bien que je la fasse cette fichue photo qui me hante depuis des années! Maudit sois-tu Gargantua !!! 😆
Une mauvaise journée en archive
Archive du lundi 20 novembre 2006
Cher Francis,
A l’heure où je tape ces lignes il est 23h24. Je reviens d’une réunion de formation mais pas de celle que tu crois… Je scrute l’horloge de mon ordinateur en espérant voir minuit s’afficher.
A minuit cette journée de cauchemar sera terminée.
Tout a commencé ce matin en arrivant à la gare de Mulhouse, je tombe en haut des escaliers. Je me rattrape mollement mais mon très lourd attaché-caisse m’échappe et dévale ces grands escaliers comme une luge sur une pente enneigée en faisant un vacarme assourdissant et en manquant renverser une personne à son arrivée sur le quai.
Arrivé au centre de formation je me rends compte horrifié que je me suis trompé de date, les cours n’ont lieu que la semaine suivante. Désorienté, effrayé je me dirige d’un pas rapide vers la gare pour reprendre un train dans le sens inverse.
Revenu à la gare je découvre qu’un TGV en direction de Marseille dessert la gare de Montbéliard. Je demande au chef de quai si je dois acheter un ticket spécial, celui me dit qu’avec mon abonnement je n’ai qu’a demander au contrôleur du train de payer ma réservation et que moyennant cette formalité il me laissera monter dans le train.
Le TGV arrive, le contrôleur en sort. Il s’agit d’un vieil homme à la carrure athlétique. Son expression est sévère. Je lui demande l’autorisation de monter dans le train avec mon abonnement, il me répond d’un air courroucé qu’il refuse, j’insiste poliment en lui faisant comprendre que je suis coincé et que son collègue m’avait dit de faire comme cela, mais l’homme refuse encore plus fort, un certain plaisir pervers semble se lire sur son visage aussi ridé que livide. Ce personnage va même jusqu’à clamer haut et fort; il vous a dit cela mais ça c’est MON train c’est moi qui commande !!!
Dépité je regarde le TGV partir, me voici coincé à la gare jusqu’à midi, heure de départ du prochain train pour Montbéliard. Je téléphone une nouvelle fois à mon employeur pour l’informer de ma situation. Son ton froid me laisse présager que je vais avoir à affronter son courroux.
Arrivé sur mon lieu de travail après deux changements de train, j’arrive à l’établissement pour découvrir qu’une absence de prof pour cause de maladie a amené une réorganisation du service pour la journée et que je n’ai pas été compté. Mon chef de service très en colère, me conseille de rentrer chez moi.
Bilan de la journée:
– Plus de 50 euros de frais (repas du midi et abonnement de train pour la semaine) qui ne seront pas remboursés vu que ce n’était pas une semaine de formation.
– La perte d’un jour de récupération
– Un fouillis pas possible dans mes horaires et rendez-vous
Si j’ajoute la colère de mes supérieurs, le désordre causé vis à vis des enfants et le reste…
Et bien Francis tu comprendras pourquoi je suis si content de voir qu’il ne reste plus que 5 minutes avant que ne meure cette affreuse journée… Juste le temps d’envoyer cette mise à jour.
14 ans plus tard je lis ces lignes en souriant, je me souviens encore de ma Samsonite qui descend jusque sur le quai dans un vacarme assourdissant… Pour le reste je ne me souviens de rien même pas de la colère de mon chef de service. Comme quoi… 😆
Un court un peu étrange
Voici un court métrage récent découvert il y a peu de temps. Il y a pas mal d’humour dedans et un message un peu transversal, enfin je trouve… A vous de juger !
Une idée pour ce soir…
Confinement oblige, les sorties en soirée sont devenues impossibles encore pendant quelques temps. Nous sommes donc coincés plus ou moins volontairement chez nous. Du coup pourquoi ne pas en profiter pour regarder un bon film ?
Et là vous allez me demander: Mais où trouver un bon film ? Est-ce qu’un bon film pour les autres est un bon film pour moi ?
Et si pour une fois on laissait faire le hasard ? Enfin un hasard sans doute un peu aidé mais bon on n’a rien sans rien… 🙄
Je vous présente donc le site http://unbonfilm.com/ qui est un service gratuit vous proposant d’élargir vos horizons en découvrant des films différents mais reconnus par la critique. Il suffit d’appuyer sur le bouton et de laisser le hasard faire les choses. Le site vous propose alors le titre d’un film avec un bon résumé et des liens pour voir la bande annonce ou pour le voir sur un site de streaming légal en ligne.
Je ne crois pas au hasard, comme vous le savez bien, c’est d’ailleurs le leitmotiv de mon blog, mais là par contre je suis impressionné car ce site testé aujourd’hui m’a fait découvrir trois films que je ne connaissais pas mais qui sont proches de mes centres d’intérêts au point d’avoir acheté les DVD en ligne il y a quelques minutes ! 😯
Dans l’ordre le site m’a conseillé d’aller voir :
- La marche
- A fish story (un film japonais qui m’étais inconnu et qui semble bien déjanté)
- Coherence (un film de science fiction qui commence dans un réel bien contemporain)
Alors si vous aussi vous voulez essayer ce service, dites moi si les propositions qui vous ont été faites tiennent la route ou si elles vont à l’inverses de vos goûts.
Avec de tels site on croirait presque en la magie ! 😆
Le dégoût des autres
Attention : ce soir je me laisse aller au grès de mes envies, je vais donc écrire des choses qui peuvent être choquantes, mais sachez que je vais bien et que je suis de bonne humeur. Ce sont juste mes pensées du moment exprimées sans filtre.
Tout autour de moi mes collègues expriment leur difficultés face aux limitations de leurs interactions sociales. C’est sans doute méchant de ma part mais cela me fait sourire car pour moi la solitude n’est pas une ennemie mais plutôt une compagne de toujours. Très tôt dans ma vie, je me suis senti seul, à vrai dire depuis qu’à l’hôpital les docteurs ont coupé mon cordon, je ne me suis plus jamais senti relié à personne. J’ai aussi été très vite seul à la maison car ayant plus de dix ans d’écart avec des frères et sœurs mariées ou partis vivre ailleurs. Ajoutons à cela une mère surprotectrice et un père qui ne m’a jamais compris jusqu’à son décès l’année de mes 14 ans et on comprendra pourquoi j’ai peut être eu des difficultés au niveau de ma socialisation primaire.
Mais attention, je n’écris pas cela en mode « je suis malheureux car je suis seul » non, dans mon cas la solitude est assumée au point d’être devenue un choix de vie. Je n’ai pas vraiment d’amis, juste des collègues et des connaissances car je n’ai jamais eu le besoin de me lier à d’autres personnes pour me sentir heureux.
Dans la vie je suis extraverti, j’exprime mes émotions et idées aussi librement que je le fait sur ces pages (ce qui peut faire peur à pas mal de gens) et je suis quelqu’un de sociable et communicatif. Mais en dépit de tout ça, j’ai toujours limité mes interactions avec mes semblables et ce dès la petite enfance.
C’est toujours l’enfance qui fait mal, un peu moins chaque jour mais quand même il faut bien avouer que l’ombre de nos premiers traumatismes continue de planer sur nos vies d’adultes influençant consciemment et inconsciemment un grand nombre de ce que nous pensons être des choix libres et personnels.
Mes premiers souvenirs d’interactions avec les autres enfants remontent à la maternelle grande section. La maitresse nous faisait faire un bricolage à base de terre et je me souviens très bien l’avoir entendu dire :
–« Les enfants regardez ce que fait Laurent, et bien ce n’est pas ça qu’il faut faire ! »
Ce jour là j’ai découvert simultanément que je ne serai jamais doué pour les travaux manuels et que toute ma vie mon travail serait examiné et comparé à celui des autres pour me classer parmi les bons ou les médiocres. Et oui, tout petit déjà la lutte des classes ! 😆
Mais mon autre souvenir concomitant avec ce dernier c’est bien celui de ma réaction. J’ai serré les poings en retenant mes larmes et en continuant de faire ce vase très moche qui est toujours sur l’étagère de ma chambre.
C’est ainsi que depuis mes 5 ans j’ai appris que les opinions des autres allaient me faire souffrir et que pour éviter cela, je devais assumer mes faiblesses et faire ce que moi j’avais envie de faire quitte à ne pas avoir d’amis faute de trouver des camarades partageant mes centres d’intérêts.
Et vu que tout gamin je préférai écouter des albums de Pink Floyd sur un magnétophone étendu dans l’herbe plutôt que de jouer à courir ou au foot, et bien forcément je suis resté seul dans mon coin et j’ai été taxé d’enfant « étrange ». Un enfant qui ne cherche pas à se mesurer aux autres dans les activités physiques et sportives libres ou structurées pour trouver sa place dans la meute (et tenter au passage de devenir un mâle alpha en culotte courte), un enfant qui tout petit déjà n’en a rien à faire des autres et ne cherche qu’à trouver sa voie sans se préoccuper de leurs avis, et bien forcément ça inquiète.
L’année de mon bac j’ai récupéré mon dossier scolaire et j’ai lu ce que les institutrices du primaire écrivaient de moi. J’étais décrit comme un enfant solitaire et taciturne faisant des dessins torturés. Car oui j’oubliais c’est aussi très tôt que j’ai découvert que je ne savais pas dessiner mais que cela n’allait pas m’empêcher de le faire quand j’en aurais envie ! 😆
Arrivé à l’école primaire j’ai découvert que j’avais certains talents qui allaient me simplifier les apprentissages. Ma très grande mémoire auditive et mes facultés de compréhension allaient m’aider à maitriser la lecture de façon courante bien avant les autres enfants. Personne n’a jamais pu m’expliquer pourquoi on ne m’a pas fait sauter de classe. Étant tant en avance, je suis resté au fond de la salle dans le coin lecture à dévorer les bandes dessinées dans les magazines Pilote et autres. C’est un très beau souvenir et là encore contrairement à ce qui aurait du être le cas pour n’importe quel autre enfant, je n’ai jamais ressenti une quelconque tristesse d’être séparé des autres. A vrai dire les mères des enfants en difficulté envoyaient leurs enfants jouer chez moi espérant qu’à mon contact ils progresseraient plus vite.
Car oui non seulement j’avais appris à lire mais je comprenais aussi beaucoup d’autres choses comme la valeur de l’argent, les expériences de chimie de mon coffret, l’électricité avec des petits circuits fermés… Bref j’avais trouvé ma place d’intello. J’avais aussi du succès avec les filles qui venaient chaque matin chez moi pour m’accompagner à l’école. Je me souviens d’ailleurs que je détestais faire les lacets et que j’avais décidé de ne pas apprendre à les faire et que du coup ce sont les copines qui venaient me faire mes lacets chaque matin ! Non je n’ai pas honte de raconter ça, c’est un souvenir tendre et drôle et personne n’a été forcé d’être mon esclave, c’était juste un moment de ma vie où tout me semblait possible.
Hélas en grandissant les autres rattrapèrent leur retard sur moi tandis que moi je stagnais faute de ne pas avoir de nouvelles stimulations. Arrivé au collège la découverte des mathématiques abstraites et de mes difficultés de raisonnement scientifique allaient faire de moi un élève moyen jusqu’à ce que mes parents décidèrent de m’envoyer dans le privé ou peu à peu je repris confiance en moi pour enchainer le bac avec mention bien, une maîtrise en droit privé puis une entrée accidentelle dans le monde de l’éducation spécialisée qui déboucha sur un diplôme d’état d’éducateur spécialisé obtenu à Strasbourg.
Alors non, tout ceci n’est pas un CV simplifié ni mes mémoires, c’est juste un exposé rapide des phases de ma vie, avec une popularité en montagnes russes qui explique les difficultés que j’ai eu à être comparé aux autres quand j’étais en bas du fait du souvenir de mes jours glorieux et au final le mode de vie que j’ai construit afin de limiter mes interactions sociales pour ne plus jamais avoir à me comparer à personne.
Au final voilà qui je suis en toute vérité. Un type honnête mais paresseux, jovial, extraverti mais imprévisible car dépourvu de filtres au niveau de la parole et des actes, généreux mais bourré de complexes et du coup se passant très bien des autres et surtout de leurs avis de peur d’être jugé et rabaissé. Et quitte à choquer encore d’avantage, j’ajouterai que je n’ai aucun regret, j’ai toujours vécu à coté des autres et non avec eux. Mais je reçois et rends des services avec reconnaissance et plaisir, je suis aussi content lorsque quelqu’un partage mes centres d’intérêt et désire passer du temps avec moi, mais je ne me fais aucune illusion sur l’amitié et encore moins sur l’amour qui pour moi relève de la psychopathologie.
Mais ça c’est un autre sujet dérangeant que je garde pour une autre fois… 😈




