Chobits, un anime thérapeutique

Le Japon est souvent montré comme un pays peuplé de pervers alors que cela ne correspond pas vraiment à la réalité. Le Japon est avant tout un pays qui a beaucoup souffert des conséquences de la fin de la seconde guerre mondiale et ce sur plusieurs plans y compris le plan intime des relations hommes/femmes. Il faudrait bien relire le livre d’Agnès Giard pour bien comprendre tout cela mais pour résumer, les mutations violentes du Japon d’après guerre ont bousculé cette société notamment en donnant un nouveau statut aux femmes qui parfois vient intimider les hommes. (Bon c’est un résumé très grossier, désolé…).

Du coup les animes qui sont une importante part de la culture populaire tentent de rabibocher (un mot bien de chez nous) les hommes et les femmes à travers des métaphores. Et c’est justement le cas de Chobits, une série mythique qui se déroule dans un univers dystopique où les humains utilisent des androïdes sophistiqués (persocom qui se traduit par ordinateur personnel) pour les aider dans leurs vies quotidiennes.

Et là on voit tout de suite là où les créateurs de la série veulent aller, le persocom du sexe opposé est semblable à un être humain mais en reste très éloigné, du coup le shujinko (personnage principal de la série) en entrant dans une relation affective avec cet objet le transforme en amie puis en partenaire en construisant une relation amoureuse qui lui permet de surmonter sa peur du sexe féminin. Le génie de cette série est d’autres animes est de passer de la femme objet de désirs fantasme de l’otaku, à la vraie femme reconnue pleinement comme un être humain à part entière.

Bon c’est ainsi que j’ai compris la série que je regarde au moins une fois par an, vous avez le droit de ne pas suivre ma lecture.

Mais bon d’accord ou pas, il reste les magnifiques chansons de Nino and the round tables. Cet anime est un grand classique et mérite d’être découvert.

Voyage immobile

Vous connaissez tous Google Earth et Google street et peut-être que vous utilisez déjà ces ressources pour explorer la planète.

Du coup vous aimerez peut-être le site mapcrunch.com qui utilise les mêmes cartes mais qui vous envoie au hasard quelque part sur la planète. 

Avoir la surprise de voir où l’on tombe me semble très amusant et si on se lasse ou que l’on est déçu de l’endroit proposé, il suffit d’appuyer sur le bouton vert pour être propulsé vers une nouvelle destination. A voir et peut-être à tester ?

Devenir humain

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Je suis un grand fan de science fiction, de vrai science fiction celle qui fait réfléchir et non pas celle qui enchaine les combats manichéens sans nuance et sans saveurs. Je suis donc un trekkie un vrai fan de Star Trek, une race très rare en France, pays gangréné par star wars, cette franchise devenue assez pourrie pour être bouffée par la souris boulimique de Dysney.  😈

Bon maintenant que j’ai craché ma méchanceté du jour, je reviens à mon propos. Oui j’aime Star Trek son univers cohérent, ses personnages forts et surtout cette problématique centrale que l’on retrouve dans chacune des séries. Que cela soit un extra terrestre dont la race à refoulé les émotions, un androïde sophistiqué, un être mi-humain mi-machine, un simple programme qui se matérialise en hologramme tangible (oui bon c’est le futur, hein…) et bien tous ces personnages ont le même projet, la même ambition celle de devenir humains.

Les humains sont d’étrange créatures, alors qu’un chat nait chat alors qu’un poulain se lève très vite une fois sortie de l’utérus de la jument pour devenir cheval à son tour et alors que d’autres formes de vie ont une mémoire chimique qui leur est transmise les rendant 100% opérationnels à l’instant même de la naissance, l’être humain ne nait pas humain mais doit apprendre à le devenir au prix de multiples interactions plus ou moins directes avec ses semblables et surtout avec lui-même qui vont lui apprendre à parler puis à développer une personnalité et enfin à se socialiser.

La plupart du temps ça marche, l’humain grandit se fait aimer, donne de l’amour en réponse et parvient à entrer dans l’état de psychose borderline nécessaire pour croire en des concepts étranges comme la confiance, l’espoir, l’amour…  Cela lui permet de se construire une vie sociale et de consommer pour atteindre ce qu’il pense être le bonheur (autre concept pour psychotiques débutants) alors qu’il ne fait qu’enchainer des satisfactions de besoins créés par l’industrie, réel moteur de notre modèle social. Plus tard, un savant mélange de masochisme et d’inconscience le pousse même à se reproduire histoire d’augmenter ses chances de gâcher sa vie et l’avenir de la planète qui étouffe d’être bientôt huit fois milliardaire.

Et parfois comme dans mon cas, ça ne prend pas. Et les gens comme moi se retrouvent en spectateurs désabusés et prennent parfois un clavier un mardi soir pour évoquer la réalité de leurs existences… Les gens comme moi ne montrent pas leurs différences, ils savent vivre avec les autres humains en cachant leur alterité et ont appris de multiples stratagèmes pour survivre dans ce monde qui parfois leur échappe.

Cependant, et c’est là le seul problème, contrairement aux marginaux qui fuient le monde ou aux psychopathes et sociopathes qui veulent le détruire ou du moins créer de la souffrance, notre plan à nous est tout autre. Nous aimerions devenir comme vous pour un jour vivre avec vous au lieu de simplement exister à coté de vous.

Ce « nous » car oui je ne suis pas le seul, j’en suis convaincu, je peine à le décrire et encore plus à lui donner un nom car nous ne sommes pas une tribu bien délimitée pour être exploitée par l’industrie marchande, nous n’avons pas de T-shirt à notre effigie et pas de groupe Facebook.

Nos perceptions trop réalistes du monde et de son destin nous font passer pour des pessimistes ou des adeptes des thèses complotistes. Nos questionnements font rire ou parfois créent des malaises. Nous aimons être avec les autres mais pas de trop et nous sommes capables d’aimer et d’entrer en profonde empathie avec nos presque semblables. Il serait prétentieux de nous coller l’étiquette de « penseurs » ou « d’intellectuels » nous sommes justes éveillés à certaines réalités présentes et à des menaces à venir qui nous empêchent d’être pleinement avec vous. Je réfute aussi le terme d’angoissés car nos perceptions actuelles et futures sont construites et validées par de vrais intellectuels et penseurs qui font autorité dans toutes les époques. Allez, bon du coup je nous désignerai par le terme certes pédant de « éveillés ». Et flute je viens de voir le visage de Jean Claude Van Damme avec son « be aware » 😆 C’est bon, je laisse tomber n’en déplaise aux amateurs d’étiquettes.

Mais qu’importe les vocables car au bout de tout ça le résultat est le même, notre différence nous éloigne des autres et nous rend même incapables de nous associer entre semblables car elle prend en nous la force d’une passion ardente parfois militante qui vient consumer les fragiles liens qui nous unissent encore aux autres mortels. J’imagine mal Greta Thunberg se préoccuper de fringues et de garçons comme la plupart des filles de son age ou Dian Fossey négocier un plan retraite (pour elle en plus c’est malheureusement trop tard) ou enfin moi-même faire une boutique de fringues de luxe en y prenant du plaisir.

Au bout du compte (car oui j’ai envie de remonter sur le voyager pour parcourir la suite de la quatrième saison, je dois donc conclure) sommes-nous si malheureux d’êtres différents ? Notre altérité est-elle vraiment subie ou n’est-elle pas choisie ? et surtout est-il possible de vivre une vie entière dans ce paradigme ?

A bientôt 47 ans, je n’ai toujours pas de réponses à ces questions et je ne voudrais pas non plus parler au nom de personnes que je devine sans les connaitre. Une chose est sûre, nous sommes là et nous venons en paix alors n’ayez pas peur et venez de notre coté pour nous comprendre un peu mieux histoire de nous redonner foi en notre espèce pour que nous trouvions enfin le courage de revenir pleinement vers vous .

Watanuki à Voyager, paré pour téléportation. 😎

Souvenirs de guerre (des bons pour une fois)

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Nous sommes le 11 novembre c’est sans doute pour ça que j’ai cherché une nouvelle insolite récente en lien avec la grande guerre, et coup de bol j’ai trouvé !

En 1917, alors qu’il faisait route vers la Finlande, chargé de biens destinés à la Russie tsariste, Le navire Kyros avait été coulé au large de l’île d’Åland par un sous-marin allemand. Le 22 octobre dernier, Ocean X, une entreprise spécialisée dans la chasse aux trésors marins et tout spécialement dans le renflouage d’alcools rares a retrouvé l’épave et a pu ainsi remonter après des jours de travail un incroyable trésor : 600 bouteilles de cognac et 300 de Bénédictine.

Le plus incroyable dans tout ça c’est que ces bouteilles de plus de 100 ans ont été préservées d’une part par les conditions très favorables qu’offre la mer Baltique et surtout par le fait qu’elles étaient soigneusement scellées à l’étain. Ces alcools fins en cours d’analyse dans des laboratoires, ont ainsi de grandes chances d’être tout à fait consommables et seront vendus à prix d’or aux enchères internationales.

Gouter un tel alcool est un privilège rare, Peter Lindberg le responsable de l’expédition avoue en riant à moitié, ne pas avoir les moyens de se garder une bouteille pour la déguster. Et oui la chasse aux trésor suppose pas mal de sacrifices pour rester rentable.

Reste que cette activité d’aventurier fait rêver pas mal de monde… 😎

La ville d’en bas vu du haut

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Pont de Roide, Moskva 6×9 industar 105mm à F11 sur film Portra 400, dev maison scan Nikon Super Coolscan 9000

Et pour voir cette photo en version 3XL c’est ici que ça se passe : cliquer ici

Cette semaine je vous propose cette photo de paysage prise depuis un belvédère, il s’agit de la ville de Pont de Roide. Non, je ne l’ai pas faite avec une chambre ni avec un moyen format moderne et sophistiqué. Bien au contraire cette photo faite à main levée (mais appuyé sur la barrière) est l’une des merveilles que je dois à mon Moskva, un folding russe des années 50 refait à neuf par un réparateur qui a été obligé de cannibaliser trois boitiers en bon état pour avoir les pièces de qualité suffisante pour faire de ce Moskva le boitier qu’il devait être. Car oui dans les années 50 déjà, le « miracle soviétique » commençait à battre de l’aile et les ouvriers sous payés et victimes du stakhanovisme n’étaient pas très motivés pour faire un travail vraiment exemplaire.

Ce boitier je l’ai appelé Maéva, c’est un jeu de mot entre le prénom du réparateur ( Maël Bicquet) et le nom de l’appareil (Moskva). J’y tiens vraiment très fort. J’en parle aussi dans cet autre article.

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Ce qui est étonnant avec ce télémétrique moyen format, c’est qu’il est aussi bon pour des sujets proches que pour des sujets lointains, son objectif est une copie des tessars. Mais peu importe ces détails techniques l’important c’est le lien qui m’unit à cet appareil qui a été une source de frustration avant de devenir une source d’émerveillement continu. En bref il s’agit là encore d’une autre de mes histoires de persévérance qui a fini par porter ses fruits. Je prévois de publier d’autres photos faites avec ce matériel, en attendant n’oubliez pas de regarder la photo en version 3XL pour bien profiter du paysage ! 😎

La lointaine époque du chat (IRC)

Voici une archive du mois de novembre 2006, à l’époque je passais des nuits à discuter en direct avec des japonais et avec des passionnés du Japon.

Mercredi 8 Novembre 2006

Cher Francis,

       Hier soir j’ai continué ma quête de correspondant japonais en me rendant cette fois sur un site de tchat. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait cela et je me demandais pourquoi j’avais arrêté de le faire. L’endroit était sympa, j’ai été bien vite accueilli et j’ai pu apprendre énormément de choses en lisant les réponses et les questions des personnes présentes.

La discussion était agréable, nous parlions cinéma, cuisine, culture japonaise… J’étais aux anges vu que je pouvais enfin discuter de ces sujets avec d’autres personnes aussi intoxiquées que moi sinon plus. Le coté virtuel de la discussion s’effaçait devant la richesse et la chaleur des échanges, j’avais l’impression d’avoir trouvé un endroit agréable et motivant où j’allais pouvoir avancer dans ma recherche de correspondants.

Soudain une personne fit éruption sur le site de tchat avec un pseudo italien et commença à attaquer avec des insultes racistes l’un des participants dont le pseudo évoquait l’Afrique. L’absence de modérateur sur le forum fit qu’il multiplia les grossièretés fascistes pendant plus d’une heure troublant les échanges des autres membres.

Voici pourquoi j’avais arrêté les tchats il y a quelques années, j’avais été sans doute découragé par la présence de telles personnes ainsi que par l’absence de concrétisation dans le réel de ces échanges virtuels. De plus mon honnêteté et ma franchise sont de lourds handicaps pour la pratique de ce mode d’expression où tout le monde ment au moins un peu  sur son image et son vécu. Dans ces conditions le fait d’être honnête et transparent rend la personne ennuyeuse.

Cependant en ces temps de disette affective le moindre réconfort aussi virtuel soit-il compte alors pourquoi pas ne pas y passer de temps à autre? et qui sait j’y trouverai peut-être enfin une piste…

Aujourd’hui, c’est à dire 13 ans plus tard, je ne vais plus du tout dans ces endroits car j’ai tour à tour réalisé que je ne verrai jamais ces personnes dans la vie réelle puis plus récemment que je n’irai jamais au Japon. Du coup le lien vers ce chat est dans mes favoris, je l’ouvre en gros une fois par mois mais ça s’arrête là.

A présent je rêve d’un pays avec des gens avec qui je pourrai communiquer sans soucis, un pays où la vie serait bien moins chère et avec des grosses bestioles que j’aime tant à photographier et à manipuler. Bref oui mon nouveau rêve c’est l’Australie. :mrgreen:

 

Little wonders

Mes centres d’intérêts sur le tube sont si diversifiés que je suis abonné à beaucoup de chaines différentes. L’un d’elle a ensoleillé ma journée de lundi en me montrant une nouvelle vidéo le matin avant de partir au travail.

Mais bon là je pense que je vais perdre les deux personnes qui me lisent car je vais annoncer que cette chaine est celle d’un croate qui élève des tarentules. 👿

Une fois de plus pour moi ce sont les personnes qui ont peur des araignées qui ont un souci, pour ma part les voir me fait beaucoup de bien car elles me fascinent, pas au point d’en élever des espèces exotiques comme ce croate, mais les observer et m’imaginer en train de les manipuler suffit à me donner le sourire. Désolé c’est comme ça. :mrgreen:

 

Strange days

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Aujourd’hui j’ai passé ma journée à rire car au niveau de mon travail, les situations absurdes se sont enchainées avec une telle célérité que la seule réaction saine était d’en rire ouvertement et de bon cœur en plus de ça ! Car non, je l’affirme aujourd’hui je n’ai pas ricané ni ironisé ni même balancé de sarcasmes, j’ai juste simplement rigolé des absurdités du jour.

Aujourd’hui c’était l’exercice de confinement et j’ai passé presque 20 minutes au sol comme les enfants je devais rester couché et silencieux pendant qu’un prof qui jouait le méchant, secouait la poignée de la porte d’entrée et tapait sur les portes et les vitres.

Le genre d’exercice absurde et inefficace vu qu’un vrai assaillant défonce les portes et ouvre le feu. Du coup jouer à faire les cibles idéales au sol c’était déjà très drôle mais voir mon petit démon que je devais garder dans cette classe se tortiller et faire toute la salle en rampant était au début gênant mais au final, constatant mon impuissance à l’immobiliser vu que moi-même je ne devais pas bouger, la situation a fini par me faire rire intérieurement mais très fort quand même.

A la fin de l’exercice j’ai appris avec consternation que la porte de ma salle ouverte a permis à l’agresseur comédien de massacrer (fictivement) deux classes dont celle de Claude. Je n’ai pas vraiment assuré sur ce coup là et à présent je fermerai toujours ma salle chose que je n’ai jamais faite.

Et puis toutes ces difficultés des enfants qui se répètent et auxquelles nous apportons les mêmes réponses, ces cris, ces regards vagues et notre impuissance face à tout cela et bien là encore aujourd’hui j’ai trouvé ça drôle. Non je ne me suis pas moqué, je respecte bien trop les enfants leurs différences et leurs difficultés. En y réfléchissant, c’est de moi que je riais comme si d’un coup je sortais de mon corps pour me contempler au milieu de cette situation ubuesque tentant en vain de mettre du sens et de l’ordre avec mes outils d’éducateurs.

Écrire tout cela m’aide beaucoup car au bout du compte je pense avoir compris ce qui m’est arrivé aujourd’hui. En fait (les enfants adorent dire « en fait » quand ils commencent à parler aux adultes comme si ils avaient compris que ces deux mots sont des mots d’adultes qui fixe leur attention et rend leurs discours crédibles à leurs oreilles). Donc oui, en fait, je pense que je viens de développer une nouvelle faculté, une mutation secondaire qui fait qu’à présent je suis capable de prendre du recul et de dédramatiser les choses. Une qualité indispensable dans un métier comme le mien où l’on doit mettre de coté les grandes espérances, accepter les limites de notre action et être conscients du temps nécessaire pour que le moindre progrès soit réalisé.

Ne pas se crisper, rester calme, serein et maitre de ses émotions tout en restant attentif et bienveillant, tout cela devient donc possible avec un sourire. Je vais tenter de retenir la leçon, cette page de mon blog m’y aidera. Ou pas ? 🙄