Grosse fatigue

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Après avoir toussé comme un tuberculeux toute la nuit, j’ai finalement décidé de me rendre (les bactéries ont encore gagné) chez le médecin.

Ce dernier m’accueille avec un grand sourire. Il me connait bien, il sait que je viens pour ma pharyngite annuelle de printemps. Il lui suffit de tapoter sur son ordi pour me prescrire les mêmes médicaments que chaque année.

Par contre il ne s’arrête pas là, ce médecin en bon praticien s’inquiète de ma prise de poids. Il me demande si je fais des panées du sommeil et évoque une solution chirurgicale pour réduire mon estomac.

Et voilà, j’en suis là… 45 ans, 135 kilos pour 1,85m

Et pourtant mis à part une bière tous les deux trois jours, je ne fais aucun excès. Je ne grignote pas (rien dans la baraque) et je ne mange pas de choses sucrées.

Je pourrais consulter un spécialiste de la diète mais cela ne changerai pas grand chose, mon problème est simple, je ne bouge pas, je suis aussi actif qu’un grabataire…

Ce ne sont pas les occasions ou les raisons de me bouger qui manquent, prise de vue photo, jardin, rangement de mon labo photo… Mais hélas ce n’est pas possible car je suis toujours très fatigué de transporter ma grosse carcasse de bas en haut de ma maison.

Tout ça me déprime, je vais donc aller me recoucher… 😥

Une gentillesse sans limites

Dans ces pages, je fustige souvent de façon humoristique, sarcastique voire amère, les travers de la nature humaine. Mais samedi dernier, enfin dimanche matin à 1h00, j’ai eu une belle leçon de vie qui m’a aidé à remettre les choses en perspective. :mrgreen:

Car oui, dimanche matin, un homme que j’ai rencontré deux fois dans ma vie m’a prêté sa chambre Sinar P 8×10 ! 😯 Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle c’est un appareil photo sur trépied qui permet d’exposer des plans films de 25×20 cm. C’est un matériel rare, lourd et très cher (3000 euros) et il m’a été prêté en échange d’une simple adresse sans limite de temps.

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Alors oui ce prêt a eu des conséquences un peu violentes comme l’achat de plus de 300 euros de films et de châssis grande taille, mais tout de même, se faire prêter ce genre de chose c’est comme si quelqu’un que vous connaissez à peine vous prêtait sa voiture.

Je suis donc stupéfait, sonné par cet acte aussi généreux qu’altruiste.

Reste à faire quelque chose avec ce matériel, vu le prix unitaire de la photo, je vais bien réfléchir avant d’en faire une. 🙄

J’aime pas l’amour

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Ce titre emprunté à la chanson d’Olivia Ruiz met tout de suite l’ambiance. En cette semaine de la Saint Valentin je vais donc m’attaquer à cette illusion, cette psychose à deux que l’on appelle l’amour. 😈

Après demain nous aurons donc droit à une nouvelle célébration de ce sentiment magnifié à travers les siècles par la mémoire humaine et les arts, cet amour qui en fait n’est qu’un placebo de plus ingurgité par l’humain malade de ne pas pouvoir accepter qu’il n’est qu’un animal qui a été chassé par l’évolution du grand tout universel, cet amour qui est aussi le prétexte permettant à une industrie bien rodée de faire des fortunes en vendant ces jours-ci dans le monde entier des produits que les amoureux dignes de ce nom sont obligés d’acheter. La Saint valentin se transforme vite pour les couples influençables en Saint Cent Euros de dépense… 

Je hais l’amour, cette haine est due en partie à la frustration de n’avoir connu l’amour que de façon unilatérale et d’avoir ainsi amassé assez de râteaux pour ouvrir un magasin de jardinage. Mis à part deux épisodes de trois jours avec deux femmes différentes, je n’ai jamais été aimé et ces deux parenthèses étaient plus liées à ma libido qu’à une recherche de l’âme sœur.  Mon rejet du sentiment amoureux a également été nourri par  l’influence de mes grands maîtres en philosophie sans doute aussi frustrés que moi mais avec le talent en plus, Donatien Alphonse François, Arthur, Friedrich Wilhelm, je pense à vous qui sans doute auriez hurlé en voyant le grand déballage de la Saint Valentin. 🙄

L’amour c’est se mentir à soi-même en pensant que celui que l’on a choisi « librement » met fin à nos manques et nous plonge dans un sentiment de félicité que l’on veut éternel. En vérité le choix du partenaire est tout sauf libre puisqu’il est souvent une résurgence de nos problèmes œdipiens (le partenaire est choisi car il rappelle quelque chose de sa mère ou de son père). Quand à la torpeur que l’on voudrait éternelle, celle-ci se termine vite en divorce lorsque l’on ne dit plus « je t’aime » comme au début mais que l’on se force.  Les statistiques sur le divorce montrent bien que le sentiment amoureux a perdu de sa superbe, on ne se met plus en couple dans une logique de projet familial mais pour faire comme les autres (parce qu’on s’aiiiiiiiime) et à la moindre difficulté on se sépare au lieu de tenter de réparer. L’amour a donc fini par être lui aussi régi par les règles de notre société « moderne » : consommer toujours plus pour être dans la jouissance permanente et jeter quand ça ne marche plus car le SAV n’est pas rentable.

Au fond, l’amour n’ est que la cristallisation d’un instant où quelque chose ressemblant au bonheur semble avoir été atteint. Il suffit d’observer les amoureux dans les parcs pour s’en convaincre.  Les amants les yeux dans les yeux, les mains jointes se retrouvent dans cet état de grand détachement pendant que le temps passe autour de leur couple enlacé. L’amour est donc pour cette raison et pour d’autres une maladie mortelle:

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Les amants ci-dessus semblent morts de s’être trop aimés. Leurs restes enlacés dont l’age est estimé à 6000 ans, ont été retrouvés dans le nord de l’Italie le 6 février 2007 et sont à présent exposés dans un musée. Quelle que soit la raison pour laquelle ils ont été mis en terre dans les bras l’un de l’autre, il y avait forcément un sentiment entre eux. La forme dessinée par le contour de leurs deux cranes qui se font face, évoque un cœur… Ce témoignage d’un grand sentiment d’amour qui a traversé le temps deviendra au final une attraction touristique… J’espère juste que les visiteurs du musée verront en les regardant autre chose que des os exposés de façon bizarre.

Voilà quitte à parler d’amour, je préfère le faire de façon trash. Les zombies romantiques c’est pas mal non plus…  😎

Mes doléances

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Alors que dans les mairies, les cahiers de doléances se multiplient afin de tenter de faire taire la révolte avec une promesse d’écoute des revendications, je me suis moi-même exercé à écrire mes propres revendications.

Et si je devais l’écrire dans le cahier de la mairie ça ressemblerait un peu à ça :

– A quoi bon augmenter le pouvoir d’achat si c’est pour acheter toujours plus de choses inutiles mais rendues indispensables par la publicité? Oui je parle de ces gadgets qui ne font que gaspiller les ressources, polluer notre planète et enrichir une minorité.

– A quoi bon partir en retraite à l’age actuel ou avoir plus de temps et d’argent pour nos loisirs et vacances si les saletés présentes dans notre air, dans notre eau vont, dans le meilleur des cas, nous rendre malades et détruire notre autonomie et ainsi nos facultés de profiter de nos vieux jours ou de notre temps libre ?

– A quoi bon défendre l’avenir professionnel de nos enfants puisque nos choix actuels de société les condamnent à vivre dans un monde  bientôt mort où seuls quelques privilégiés pourront avoir accès à un environnement protégé et à de la nourriture saine ?

Alors oui, au risque d’énerver pas mal de monde je soutiens que la vraie urgence n’est pas de donner quelques miettes au bon peuple pour le calmer et l’empêcher de casser ou de virer vers le populisme.

Non, la vraie urgence c’est une vraie politique écologique. Une remise à plat des décisions et des manières de faire pour que l’on commence enfin à gérer notre pays, voire notre planète, sur le long terme en pensant aux générations futures et non sur le court terme en pensant aux actionnaires.

C’est mon avis et je le partage comme dirai l’autre !

Mais bon, c’était tout de même sympa de toucher 100 euros de plus ce mois-ci au titre de la prime d’activité. Avec ce bonus inattendu je me paierai un peu plus d’alcool pour tenter d’oublier que je suis sur un caillou peuplé de beaucoup trop de fous adeptes de l’auto-destruction. 😡

Tendre menace…

Alors oui, j’aime les oxymores et autres procédés littéraires, d’ailleurs après avoir écrit ce billet j’irai écrire un autre article sur un autre blog avec une allitération pour titre afin de chroniquer mon activité bricolage de ce matin. (Ces superbes serpents !)  🙂

Aujourd’hui je voudrais raconter une expérience professionnelle récente. C’était hier, alors que je tentais, inflexible, de faire travailler un petit démon sous forme de fillette, cette petite chose fini par se jeter à terre avant de ramper sous un meuble un feutre et un bout de papier chiffonné et déchiré dans la main.

Après quelques efforts prudents pour ne pas la blesser, je fini par la débusquer de son antre. Le petit monstre toujours aussi agité me présente alors l’œuvre qu’elle vient de commettre, un très beau dessin représentant mon meurtre et ma décapitation ainsi que sa satisfaction suite à son acte. 😮 (Tiens, on reste dans la décapitation, hier déjà avec le Dr Canavero…) Elle me dit : « ça c’est toi et là c’est moi je t’ai tué ! »

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Alors qu’elle me regarde mi-effrayée par ma réaction à venir et mi-amusée par ma perplexité, en mon fort intérieur je me retiens d’éclater de rire. Ce dessin est juste superbe et rend avec justesse les émotions complexes et contradictoires qui animent la petite fille. On remarque aussi l’intelligence de cette gamine de 8 ans qui a assimilé les codes de la bande dessinée (les croix à la place des yeux pour symboliser la mort). Je remarque aussi que même mort et décapité j’ai la bouche ouverte comme si je continuais de parler. Car oui, elle sait que même si elle me tuait, la parole éducative qui cherche à lui poser un cadre structurant continuerai de se faire entendre à travers d’autres voix.

Ceci dit, je vous rassure tout de suite, je ne m’inquiète pas de cette manifestation de colère et de cette projection morbide vis à vis de ma personne. Non, cette petite fille est bien ancrée dans le réel et doté d’une très grande intelligence avec un QI sans doute plus élevé que le mien. Ni elle ni moi ne risquons rien en terme de violence réelle et physique. Reste la violence morale et symbolique qui hélas rythme le quotidien de la relation éducative surtout lorsque comme c’est le cas ici, on tente de sortir un enfant de la toute puissance (je fais ce que je veux, je ne travaille pas) pour l’aider à accepter la loi qui va lui permettre de vivre en société de façon autonome. Dans son cas, le combat c’est aussi l’aider à se détacher des liens fusionnels et régressifs générés par une situation familiale hélas aussi complexe que douloureuse.

Alors oui, pour elle c’est violent voire douloureux de m’avoir sur le dos tout le temps et de devoir aller contre sa volonté vers une loi qui libèrera enfin son formidable potentiel. Mais vu les grands moments de complicité que nous passons entre ses crises lorsque j’écoute ses histoires et que je répond à ses questions toujours plus nombreuses et précises, je sais qu’au fond elle apprécie mon aide et ma présence.

Ceci dit, vous comprendrez donc le titre du billet d’aujourd’hui. Car oui, je ne m’inquiète pas de ce dessin et je le prend au contraire comme un signe de la pertinence de mon acharnement éducatif pour cette petite fille qui n’a pas fini de m’étonner. 😀

En attendant la neige…

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Ce matin j’ai passé un bon moment avec les enfants en leur proposant une fois de plus un travail très cadré pour les aider à progresser sur le travail manuel fin (découpage, coloriage…) C’est très valorisant de mener à bien un tel travail, c’est aussi relativement épuisant. mais qu’importe, j’aime mon travail même si je sais que les pouvoirs publics cherchent à détruire mon emploi et celui de mes collègues en prétextant l’égalité des chances des enfants en situation de handicap.

Alors oui, il est clair que la France a construit son modèle scolaire en rejetant bon nombre d’enfants dans les établissements spécialisés mais cette ségrégation souvent mal vécue est en train de disparaitre. De nos jours, les établissements envoient les enfants dans les écoles ordinaires avec un enseignant spécialisé, un ou plusieurs éducateurs et un plateau de spécialistes. Mais cela ne s’arrête pas là puisque les enfants envoyés dans les écoles vont peu à peu entrer dans les classes ordinaires avec un éducateur pour les suivre dans cette expérience.

Le but est donc de supprimer les places en établissement et de mettre un maximum d’enfants dans le circuit ordinaire. Personnellement je pense que c’est une très bonne chose mais je m’inquiète de savoir si cette progressions sera une marche forcée à des fins d’économies budgétaires ou un travail en lien avec les familles et tenant compte des besoins et des capacités réelles des enfants. Je m’inquiète aussi pour l’avenir de ma profession. Du coup aujourd’hui je frissonne devant mon ordi, car oui le chauffage a des ratés, mais pas seulement. J’attends la neige et avec elle la fin d’une époque, mon époque. Ce qui pourrait apparaitre comme une fin pourrait en fait être un nouveau commencement ? D’accord, je vais essayer d’y croire.

Rencontre inoubliable

C’était vendredi dernier, un invité de haut rang était présent pour une soirée organisée afin de rendre hommage à son œuvre cinématographique. Cet homme accompagné de sa compagne réalise des films d’horreur aussi cultes que fauchés depuis 40 ans. 😎

Ces films qui, il y a 40 ans déjà, ne se limitaient pas à faire de l’humour potache mais dénonçaient la pollution, les magouilles, la drogue, la violence sociale et les autre fléaux de la société américaine, sont hélas devenus bien trop modernes et pertinents.

La photo ci dessous n’est pas un montage, j’ai bien rencontré le grand Lloyd ! 😯

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Cela explique un peu le tuto de samedi dernier qui est en fait la seconde place d’un concours organisé par Lloyd et sa joyeuse bande. C’est à découvrir ici.

J’ai toujours aimé le cinéma de genre et ses monstres imaginaires qui sont souvent plus humains et plus rassurants que certains humains bien réels. 😆

Par contre je n’aime que les films qui ne sont ancré dans l’imaginaire et le fantastique, je pense que les gens qui aiment regarder des films où des humains bien réels torturent d’autres humains, ont des questions à se poser. 🙄

Cette soirée restera pour moi inoubliable car ce n’est pas si souvent que l’on peut rencontrer un réalisateur de films et discuter avec lui tout en le félicitant pour son travail. Avant de nous quitter Lloyd m’a gratifié d’un « Stay toxic Laurent » Ce à quoi j’ai répondu que j’étais toxique depuis ma naissance et que je n’allais pas changer à mon age.

Voilà, pour une fois raconter un truc perso et sympa, ça change du discours de comptoir que je limite volontairement au mardi. 😀

 

Mauvais départ…

Sale journée au travail, un petit monstre déguisé en petite fille m’en a encore fait baver ce matin avec ses hurlements, ses coups et ses insultes.

Mais je l’aurai à l’usure car je ne cède pas d’un pouce.

Il est 16h30 et je suis toujours devant mon écran sans avoir assez de motivation pour écrire quelque chose de personnel aujourd’hui. Mes yeux se ferment, je n’ai dormi que trois heures la nuit dernière à cause de soucis de dossiers mal ficelés, alors du coup pour aujourd’hui je m’arrête là. Tous mes dossiers sont maintenant en ordre je vais pouvoir dormir paisiblement.  Au lit à 17h00 ça ne me fait pas peur !

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Nouvelle année…

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Après avoir passé trois jours à faire du rangement rituel à la mode japonaise (osôji), j’ai donc fêté le nouvel an comme chaque année seul avec ma vieille mère en regardant en coin l’animateur un peu lourdingue et vieillissant présenter son dernier cabaret.

France télévision l’a viré mais il faudra plus que ça pour que ce média dépassé qu’est la télévision survive à la nouvelle époque qui se dessine.  😈

Pendant ces trois jours de rangement j’ai fait aussi du ménage dans ma tête en faisant le point sur ma situation en tant qu’être humain. :-/

Ce n’est pas très reluisant vu les options limitées qui s’offrent à moi mais au lieu de me plaindre et de cataloguer mes craintes pour ma planète, mon pays et ma personne, je préfère commencer la nouvelle année de façon plus positive en envisageant les bonnes choses qui m’attendent.

Cette année je compte bien mettre en place des projets bien ficelés au travail et ainsi aider les enfants et leurs familles du mieux que je peux. Niveau personnel, je suis comme dégouté par la bière et j’ai une motivation renouvelée de perdre du poids de façon significative afin de retrouver un peu de capital santé, le pré-requis de base pour mener à bien tous mes projets. 😉 De ce coté ça se présente bien vu que je n’ai pas fait de vrai repas depuis plusieurs jours et que je n’ai plus d’appétit en ce moment. Mon estomac est donc en phase de réduction et c’est très bien ainsi.

Cette année j’espère pouvoir voyager un peu, faire d’autres photos notamment des portraits en me bougeant pour trouver des modèles acceptant de poser en grand format.

Enfin pour cet espace, et bien j’espère pouvoir trouver autant de plaisir à le remplir chaque jour. Je ne sais pas encore si je vais faire de la pub ou le laisser en semi-privé comme c’est le cas en ce moment, je verrai ça plus tard… 🙄

Bon et bien je vais manger un petite tranche de la traditionnelle buche de Noël faite maison (en photo ci dessus) avec un bon champagne (je ne bois qu’une bouteille par an, je suis donc exigeant sur la qualité).

Bonne et heureuse année à toutes et à tous ! 😀

Alors comme ça c’est Noël…

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C’est le matin de Noël, il est sept heures et je suis descendu vers mon ordi pour écrire ce billet. Il fait froid car le chauffage ne s’est pas encore lancé, du coup je regrette d’être torse nu et en caleçon, surtout au moment d’ouvrir la porte fenêtre pour laisser son altesse le chat siamois inspecter son territoire.

Alors oui c’est Noël (ah le chauffage vient de démarrer) et alors ? Pour moi cela n’apporte rien si ce n’est le souvenir amer du temps où cette fête m’apportait un peu de joie passagère par le biais de jouets et d’un repas en famille.

Les repas en famille ont été eux remplacés par un repas de famille où ma fratrie et sa progéniture se réunissent par obligation et passent un après-midi à éviter les sujets qui fâchent tout en buvant du vin en jouant les sommeliers et en mangeant de la nourriture préparée au micro-onde en prétendant être des cuisiniers. Après quelques verres , ça ne parle que de travail avant que les conversations s’orientent toutes vers l’argent, c’est le moment pour moi de me barrer avec mes neveux avant que l’on me rappelle que je suis le plus pauvre de la famille et que mon boulot c’est de la merde.

Ce repas de famille est aussi et avant tout hanté par l’absence de Sarah ma nièce qui a choisi de nous quitter il y a trois ans de cela. Cette absence, qui se fait encore plus cruelle en période de fêtes vu qu’elle nous a quitté un 2 janvier, ajoute encore un malaise sur cette réunion de personnes qui au fond n’ont pas envie d’être ensemble.

Cette année la sœur qui ne veut rien donner a exigé que ce soit un Noël sans cadeaux. J’ai bien tenté de faire comprendre l’importance des cadeaux (donner pour rappeler les liens surtout dans une famille où l’on ne dit jamais je t’aime) et que l’on pouvait s’offrir des choses sans dépenser d’argent, mais non cela n’a convaincu personne.

Entre cette mauvaise ambiance, les tensions familiales et l’absence de cadeaux, ce Noël va être une fois de plus un très mauvais moment à passer.

Aujourd’hui je n’ai plus de surprises, plus de cadeaux depuis des années, même ma vieille mère me donne un billet de 50 euros et les bonnes années une boite de chocolat. Le fait de ne plus avoir de cadeaux est triste non pas à cause d’un manque matériel mais bien du fait du manque affectif que cela traduit.Car oui Noël c’est surtout et avant tout une fête qui rappelle aux personnes isolées ce qu’elles manquent sur le plan humain.

Alors comme chaque année, j’ai mes tactiques pour minimiser ce malaise et survivre à cette période dite des fêtes. Sur mon forum j’organise un échange de photos qui me permet d’envoyer et de recevoir des tirages surprise. En janvier quand mes comptes sont faits je m’offre quelque chose à moi-même histoire de me faire du bien.

Mentir aux autres, se mentir à soi-même, Noël ne fait que mettre au grand jour la misérable réalité de nos existences d’animaux psychotiques.

Puis viendra le jour où Noël ne sera pour moi qu’un jour comme les autres et où je serai totalement seul.

J’espère juste qu’à ce moment là je ne regretterai pas ces noëls foireux dont je viens de dresser le portrait. Ce blog est là pour éviter cela.