La peur

190416

Elle me colle à la peau depuis ma naissance

Elle m’a gâché tous les bons moments de ma vie

Elle m’a empêché d’oser et de découvrir des tas de choses

Elle est tout ce qui foire dans ma vie

Elle a fait le vide autour de moi

Elle me rend malade

Elle me tue à petit feu

Mais tant qu’elle est avec moi ça veut dire que je suis vivant, ou presque…

 

 

Chemise rose

190409

Chaque semaine, lorsque vient le moment de rédiger mon billet du mardi, je me laisse aller et je commence à écrire avec mon clavier sans mettre de titre. C’est toujours assez amusant, voire excitant, de voir où mes pensées vont me conduire et sur quelle actualité ou quel sentiment personnel va se construire le sujet de ce mardi.

Cette semaine cependant, pas besoin de réfléchir pendant des heures, mes doigts pleuvent sur le clavier avec une vitesse peu ordinaire pour faire sortir quelque chose de lourd et de pesant; mon impuissance face aux souffrances des enfants dont je m’occupe.

Bien loin de moi l’idée de vouloir sauver le monde. Non, je n’ai pas le complexe du messie et je suis d’accord pour dire que le travail d’un éducateur n’est pas de se substituer aux parents des enfants mais de travailler avec eux, si ils sont d’accord, pour les soutenir dans leur parentalité. C’est ce que j’ai encore fait aujourd’hui.

Mais une fois ceci dit, il faut bien se rendre compte de la réalité des choses. Sur un groupe de 12 enfants en situation de handicap mental, j’accompagne aussi bien des enfants présentant des troubles du comportement qui se traduisent par des crises violentes, des enfants présentant une psychopathologie ou des troubles de la personnalité, des enfants présentant une grande immaturité affective donc relationnelle, des enfants déficients, d’autres qui ne le sont que du fait d’un manque de stimulation…etc… Bref, un important éventail de difficultés diverses pour lesquelles nous devrions donner une solution au cas par cas et non tenter de répondre de façon globale. Mais voilà nous sommes deux et en dépit de notre expérience et de nos efforts, nous n’avons toujours pas réussi la quadrature du cercle.

Ainsi du coup je me rend compte de mon impuissance surtout lorsque comme en ce moment, les enfants cessent de progresser faute d’une réponse vraiment adaptée et personnalisée apportée à leurs problématiques.

Au final je les vois se débattre avec leurs difficultés comme des alpinistes en train de dévisser sur une falaise alors que moi je n’ai qu’une seule corde bien usée à leur tendre.

Leurs souffrances m’inquiètent et leurs avenirs  me préoccupent. Le tournant ultra libéral du gouvernement actuel qui veut tous les mettre avec le moins de moyens possibles dans les écoles ordinaire pour réduire les dépenses publiques tout en prétextant une vision humaniste, m’inquiète encore plus.

Donc non, une fois de plus je ne veux pas sauver le monde, j’aimerai juste avoir un peu de soutien et des conseils pour faire avancer les choses et réduire les difficultés. Travailler l’autonomie et l’expression comme je le fait depuis des années ne suffira pas pour les aider à trouver un peu plus de stabilité et de bonheur.

Et en attendant des jours meilleurs je compatis au sens étymologique du terme, c’est à dire que je souffre avec eux en partageant en silence leurs diverses douleurs.

Parfois je me dis que je devrais porter des chemises roses pour symboliser le fait que je ne suis qu’une feuille de papier hygiénique que l’on sert pour torcher la misère du monde jusqu’au moment où recouvert de toute cette merde je ne finisse par craquer… Mais bon, la dépression ça je me l’interdit car ça n’aiderait pas plus les enfants pour qui faute d’être un éducateur miracle, je reste au moins un point de repère important.

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190401d

Hier c’était mon anniversaire (en fait là je tape la veille donc c’est toujours mon anniversaire) :mrgreen:

Après une agréable matinée avec les enfants et les collègues qui me souhaitent un joyeux anniversaire avec des mots, des chansons et de dessins, vient le moment de la cantine avec un menu pas très anniversaire. Pour rigoler les dames de la cantine me mettent une bougie sur une moitié de pêche au sirop, une des gamines dont je m’occupe, prend la photo avec mon portable.

Que de joie, que de rires, que de plaisirs !

En fait non…

Je déteste ce jour qui revient chaque année surtout quand je suis obligé de le passer au travail et ce pour de multiples raisons :

– C’est le seul jour de l’année où mon frère et mes deux sœurs pensent à moi et m’envoient un message (SMS) vite fait dont ma réponse ne donne aucune suite.

– C’est le jour où normalement les gens passent un bon moment avec des proches et célèbrent ça au restaurant ou en famille. Moi je n’ai droit à rien car je suis seul, c’est donc l’occasion de me rappeler à quel point j’ai loupé ma vie.

– C’est le jour de toutes les hypocrisies où même les gens qui me détestent se sentent obligés de faire un sourire et de m’adresser un « joyeux anniversaire »

– C’est le jour où ma pauvre mère me file un peu d’argent car elle sait que j’en ai besoin.

– Et c’est enfin le jour le plus difficile de l’année où j’ai envie de boire jusqu’à m’en rendre malade pour oublier à quel point ma vie est merdique.

Du coup pour faire passer toute cette douleur maintenant que je suis chez moi et que j’ai fini mon travail, je vais m’envoyer trois grands verres d’absinthe avant de m’écrouler sur mon lit.

Joyeux anniversaire…

Cauchemar aggravé

190326

Ma vie a été jalonnée de traumatismes plus ou moins graves. Parmi ceux qui m’ont le plus marqué et qui ont encore de grandes conséquences aujourd’hui, se trouvent mes échec lors des examens en fac de droit. Entre stress et manque de préparation, j’ai eu droit à de mauvais résultats qui m’ont conduit à mettre 7 ans à passer un diplôme que les plus brillants décrochent en 4 ans.

J’ai passé des nuits à pleurer dans ma chambre de CROUS parfois jusqu’à espérer la mort pour enfin être délivré de ces examens et du stress qu’ils me causaient.

Du coup aujourd’hui encore en période de doute sur ce que je fais au niveau de mon travail, je rêve systématiquement que je suis à la fac et que je dois passer un examen important pour lequel je ne suis pas prêt vu que je n’ai pas révisé.

Ces cauchemars sont très puissants vu que leurs scénari (mot italien pluriel en « i » ) s’adaptent lorsque je tente d’en reprendre le contrôle. En clair dans mon songe lorsque je me rappelle que la fac est terminée et que j’ai décroché tous mes diplômes, mon cauchemar se transforme pour reformuler l’angoisse de l’échec en créant un nouveau script sur un autre scénario.

Le sens de ce cauchemar récurrent et pour moi très simple et clair, c’est la peur d’échouer et suite à cet échec d’être jugé et dévalorisé par les autres.

Mais si j’en parle aujourd’hui c’est que cette nuit ce cauchemar routinier et habituel a connu une évolution inquiétante. Je devais passer un examen important pour lequel je n’avais pas révisé comme d’habitude mais cette fois je devais utiliser un genre de clef électronique pour avoir le droit d’entrer dans la salle d’examen. C’est alors que ma clef s’est brisée et que j’ai été refoulé par la machine.

Et là bizarrement j’étais soulagé.

Et c’est justement là que je m’inquiète très fort. Mon subconscient est en train de me dire qu’entre les mutations de mon travail, les difficultés des enfants, le manque de soutien, les inégalités de traitement entre mes collègues et moi et surtout mes doutes sur mes capacités et sur la pertinence de ce que je mets en place, que mon travail autrefois magique, est devenu une source de souffrances et d’angoisses.

Ceci dit, je fais comment pour expliquer à mon subconscient que les années 80 sont loin derrière nous et que je suis obligé de m’accrocher à mon CDI ?

Inter pas net…

190319

Il y a 20 ans, ma vie a basculé avec l’arrivée d’Internet.

Avant Internet je lisais des livres, je faisais des balades dans la nature, je bricolais… Bref je faisais des tas de choses plaisantes et enrichissantes.

Puis un jour à la bibliothèque de la fac un copain m’a collé devant l’écran pour me faire comprendre à quel point ce qui était devant moi allait être le futur de l’humanité et allait bouleverser nos vies. Sur le moment je n’ai pas vraiment compris mais il m’a poussé à ouvrir mon premier compte Email sur Hotmail.com (je l’ai encore d’ailleurs) et nous avons commencé à faire les andouilles sur MSN et tout s’est emballé.

Internet est devenue pour moi une vraie addiction dont je n’arrive à me passer que lorsque je pars en vacances ce qui maintenant ne sera plus possible pour raisons familiales. Du coup l’emprise du net sur ma petite vie va encore se resserrer.

Internet est un monstre qui se nourrit de nos manques de nos envies de nos pulsions et qui est avant tout très friand de notre temps libre. Du coup, un no-life comme moi est un menue de choix pour la bête qui a ainsi dévoré mon existence.

Alors quitte à faire partie de la bête, je tente de faire quelque chose de positif et d’intéressant. Là par exemple je rédige ce message sur mon blog tout en écoutant un documentaire en streaming. Ce blog ne va pas changer le monde, il n’est presque pas lu et c’est très bien comme ça vu que  son but est avant tout de me donner à nouveau l’envie d’écrire pour un jour réaliser un projet plus ambitieux.

Sinon, sortir d’Internet, retrouver le contrôle est-ce possible ?  Je pense pouvoir le faire mais pourtant je ne le fais pas et ce, non pas par lâcheté ou paresse mais juste par peur. Internet est une drogue qui comme toutes les drogues démultiplie mes sens (être connecté avec le monde c’est le trip total). Cette ivresse divine de pacotille m’empêche ainsi d’être envahi par les angoisses de plus en plus présentes dans ma vie professionnelle et familiale et aussi, voire surtout, de ne pas me retrouver face au vide énorme qui est au centre de mon existence.

Ma seule marge de manœuvre face au monstre réside donc dans la modération volontaire et obligée mais aussi dans mon rôle d’éducateur puisque de par ma fonction je travaille avec l’outil Internet pour aider les jeunes à le découvrir et aussi à prendre de la distance avec lui lorsqu’il devient dangereux. C’est ainsi que demain je relance mon projet de journal vidéo hebdomadaire avec les jeunes de l’établissement.

Par contre c’est une chaine privée non répertoriée alors désolé, je ne pourrais pas la montrer. Car oui, depuis le temps que je suis dans le ventre de la bête, j’ai appris à bien la connaitre et à m’en méfier surtout face aux plus jeunes qui l’adorent déjà bien trop.

Adieu l’ami…

Cette semaine j’avais décidé de rédiger mes articles la veille pour les mettre en ligne aux premières heures du matin. Mais aujourd’hui c’était l’enterrement d’un ami alors du coup j’ai attendu d’assister à la messe de ses funérailles pour écrire aujourd’hui.190312

Il est 19h00, j’ai une canette de ma bière américaine préférée à coté du clavier et je suis là à me rappeler de Serge.

serges

Serge était boulanger de formation. Il a aussi fait la guerre d’Algérie avant de revenir à la planche à pain avant de l’abandonner pour de bon pour entrer à la fonderie des usines Peugeot. C’est à la même époque qu’il rencontra celle qui allait devenir sa femme et vient habiter dans mon village l’année même de ma naissance.

Lorsque j’étais enfant, ses rapports tendus avec mon père (disputes à l’usine) m’avaient empêché de le rencontrer mais à la mort de mon paternel l’année de mes 14 ans, Serge est devenu une personne qui m’avait fasciné par son agitation perpétuelle et par sa bonté qui l’ont poussé à se donner, peut-être trop, aux autres.

C’est simple, Serges était partout, il fallait monter sur un arbre pour installer un haut parleur pour la sono de la fête de la musique ? Serge arrivait avec son échelle et faisait le boulot. Le curé avait besoin de distribuer des enveloppes du denier du culte ou un journal de paroisse ? Serge arrivait avec son vélo et faisait le boulot.Chaque fois qu’un travail devait être fait dans le cadre associatif ou autre, Serge était toujours là et faisait du bon boulot tout en agaçant les gens par son tempérament de survolté qui ne tenait pas en place et qui exprimait en rafales ses opinions sans filtres.

Quand Serge était fâché contre quelqu’un il lui faisait bien sentir et n’en avait rien à faire de la réaction des autres personnes, il était vrai intègre et brut de décoffrage.

Et c’est peut-être cela que j’aimais le plus chez Serge vu que tout comme lui, je ne supporte pas l’hypocrisie et j’exprime toujours le fond de ma pensée quitte à bousculer voire choquer mes collègues.

La bonté de Serge et son souci pour mon sort et celui de ma mère après la mort de mon père ont fait qu’un lien s’est créé entre lui et moi. Moi je trouvais un petit peu de père que je n’avais plus et lui qui était à l’époque dans une relation difficile avec ses filles, pouvait me « paternaliser » sur un mode complice et parfois me secouer les puces comme la fois où voyant que je trainais pour bêcher le jardin. Il avait pris la bêche et commencé à faire le travail pour me faire culpabiliser. Et ça avait marché, cette année là j’avais bêché plus vite que jamais !

Nous avons ainsi passé près de vingt ans à entretenir ce lien permanent par des services rendus l’un à l’autre, par des bières bues chez l’un chez l’autre et à travers toute la vie associative à laquelle je participais activement à l’époque avant que tout s’effondre en 2011 suite à une cascade d’événements malheureux et dramatiques.

La vie associative est toujours portée par une pincée de personnes très charismatiques qui créent un consensus. C’était justement le cas pour la grande association du village dont le fondateur et grand animateur développa un cancer qui le contraignit à s’éloigner de ces activités bénévoles mais parfois très fatigantes.

C’est la même année que Serge dont la vie avait toujours été marquée par des incidents et des ruptures allait une fois de plus rencontrer le malheur sur sa route en étant terrassé par deux AVC successifs qui le plongèrent dans un coma éveillé qui allait durer jusqu’à vendredi dernier, jour où son corps finit par lâcher.

Ces huit années qui ont été un cauchemar éveillé pour sa famille, ont été une période étrange pour moi. J’allais parfois le voir à l’EHPAD mais ni ma présence ni ma voix ne provoquaient la moindre réaction chez lui. Je lui parlais mais j’avais l’impression que son âme n’était plus là et que je m’adressais à une coquille vide. Du coup j’avais espacé mes visites jusqu’à finir par considérer que mon ami était là sans y être.

Mais aujourd’hui au moment de bénir son cercueil pour lui dire au revoir, j’ai oublié de lui dire pardon d’avoir été trop lâche et aussi plus important j’ai oublié de le remercier pour toutes ces années où il avait été un ami voire parfois un père pour moi.

Et là en mouillant mon clavier de mes larmes qui ont déjà coulé pendant la cérémonie, je me rend compte que je viens de le faire, enfin j’espère…

Au revoir mon ami, vas retrouver mon père et te prendre la tête avec lui, je t’imagine prendre ma défense pendant que mon père hurle que je suis un raté qui n’a pas joué les cartes qui  m’ont été données et qui a préféré travailler dans le social au lieu de faire une carrière dans le droit comme mes diplômes durement acquis me l’autorisaient.

Alors engueulez-vous! J’arrive bientôt pour envenimer le débat.

 

Carnaval

190305

Aujourd’hui c’est Carnaval. Pas le carnaval de l’école, ni celui, de l’établissement et encore moins celui de la ville du coin ou d’une ville exotique dans un pays lointain. Non aujourd’hui c’est Carnaval avec un grand « C » le Carnaval du calendrier.

Le mot « Carnaval » vient du latin « carne vale » qui se traduit par « l’adieu à la viande ». C’est le dernier jour avant l’entrée en carême pour les chrétiens qui vont marquer le début de cette période religieuse par la cérémonie des cendres demain.

Autrefois ce temps de carême était une période de jeûne strict, les bons chrétiens devaient se priver de viande et de tous les autres plaisirs coupables pour se purifier afin d’être prêts à célébrer Pâques (la résurrection de jésus qui est à la base de la foi des chrétiens) quarante jours plus tard (c’est d’ailleurs le sens du mot carême dans lequel on trouve le mot quarante).

Du coup Carnaval était une fête incroyable où tout le monde adultes comme enfants profitaient à fond de toutes les bonnes choses de la vie avant de s’en priver faute aux règles de l’Église qui gouvernait l’ancien monde et aussi sous le poids de leur propre culpabilité. Aujourd’hui encore, certains carnavals comme celui de Dunkerque qui a préservé un grand nombre de traditions délirantes, sont là pour témoigner à quel point on devait s’amuser ce jour là.

La suite vous la connaissez, les chrétiens eux-même ont arrêté de jeûner bêtement et font aujourd’hui de ce temps de carême une période pour se rapprocher des autres et de Dieu par respectivement des actes de partage et la prière. Du coup Carnaval a cessé d’être une fête sauf pour les enfants de ma génération qui allaient encore déguisés, sonner aux portes des voisins pour demander des friandises. Puis les américains aidés par la grande distribution ont imposé Halloween et du coup depuis quelques années je ne vois même plus d’enfants à ma porte le jour de Carnaval. Les jeunes préfèrent comme moi à leurs ages, les thématiques plus sombres d’Halloween. D’autre part leurs médias ainsi que la grande distribution ne font plus rien pour Carnaval alors que Halloween est devenu un grand supermarché qui concerne la décoration, les déguisements et la nourriture. Le combat Halloween /Carnaval était donc perdu d’avance.

Ce qui est étrange à relever c’est qu’au bout du compte, on arrive à un paradoxe. En se libérant de l’emprise d’une Église toute puissante, bornée et moralisatrice, nous nous sommes aussi privés d’un grand moment festif.

Car oui, même si aujourd’hui avec la fin du carême et du verrouillage de la société par l’Église, tout est autorisé tous les jours et presque sans limites, et bien cela ne nous rend pas plus heureux puisqu’il n’y a plus rien à transgresser de façon festive, collective et intense car limitée dans le temps comme à l’époque des grands carnavals.

Mais ne vous y trompez pas, je ne regrette pas le carême stupide de ma petite enfance où j’étais privé de bonbons pour donner 15 francs aux pauvres avant Pâques. Non, à travers mon article d’aujourd’hui je ne fais que souligner un aspect étrange de la nature humaine. Ce qui devrait être de nature à limiter nos droits et notre plaisir nous aide à prendre conscience des plaisirs de la vie en venant réduire notre jouissance.

C’est un peu compliqué alors je vais donner une image plus claire: Une chèvre envoyée sur une ile aux falaises abruptes ne sera vraiment libre que quand on lui aura construit un enclos. Sans aucune barrière sa liberté est totale sans limites et n’existe donc pas. Elle finira d’ailleurs par tomber dans l’océan faute de ne pas avoir de limites qui viennent lui expliquer où le danger commence. Sa liberté c’est la taille de son enclos qu’elle connait de façon extensive et qui lui permet de rêver et de se projeter dans ce qui existe au delà.

Pour nous autres les humains, la loi de Dieu n’étant plus la norme de la société (heureusement vu que c’était avant tout la loi des hommes parlant pour Dieu pour leurs propres bénéfices) notre enclos aujourd’hui c’est la Loi avec là encore un grand « L ». Cette Loi qui vient nous rappeler que nos droits se terminent là où l’on commence d’empiéter sur ceux des autres, cette Loi présente à tous les niveaux de notre existence. Car oui la Loi au sens très large ce n’est pas seulement la loi des textes législatifs, mais c’est tout ce qui vient nous façonner en tant qu’êtres humains.

Cela commence à la petite enfance avec le « NON » que l’on finit par nous envoyer à la tronche et qui va nous faire sortir de la toute puissance. « Nous ne sommes pas le centre de l’univers et nos demandes ne sont pas impératives ». Pour le petit enfant, comprendre et intérioriser cela, permet d’accéder à la notion de manque qui va transformer ses pulsions nuisibles à la société en désirs valorisants et structurants.

Il y a aussi la loi naturelle, celle qui fait de nous des mortels et donne ainsi un sens à notre vie puisque nous avons un temps limité pour réaliser nos projets et surtout découvrir, comprendre, apprendre puis transmettre à la génération suivante.

Au bout du compte on se rend compte que la Loi nous libère, nous structure et nous aide à réaliser nos potentiels. Supprimer une loi entraine donc la perte d’une liberté qui lui est attachée. La suppression du carême crétin euh pardon chrétien a donc entrainer le droit de fêter Carnaval à fond comme jadis.

Un mal pour un bien ? Pas sûr, vu qu’un carnaval de 365 jours est tout comme un pré sans clôture, c’est à dire une fausse liberté sans saveur. Mais au fond c’est bien préférable à une injonction religieuse qui ne profite à personne sauf à ceux qui la professent pour asseoir leur autorité sur le peuple.

Alors quitte à être dominé je préfère l’être par la grande distribution 365 jours par an. 😈

Grosse fatigue

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Après avoir toussé comme un tuberculeux toute la nuit, j’ai finalement décidé de me rendre (les bactéries ont encore gagné) chez le médecin.

Ce dernier m’accueille avec un grand sourire. Il me connait bien, il sait que je viens pour ma pharyngite annuelle de printemps. Il lui suffit de tapoter sur son ordi pour me prescrire les mêmes médicaments que chaque année.

Par contre il ne s’arrête pas là, ce médecin en bon praticien s’inquiète de ma prise de poids. Il me demande si je fais des panées du sommeil et évoque une solution chirurgicale pour réduire mon estomac.

Et voilà, j’en suis là… 45 ans, 135 kilos pour 1,85m

Et pourtant mis à part une bière tous les deux trois jours, je ne fais aucun excès. Je ne grignote pas (rien dans la baraque) et je ne mange pas de choses sucrées.

Je pourrais consulter un spécialiste de la diète mais cela ne changerai pas grand chose, mon problème est simple, je ne bouge pas, je suis aussi actif qu’un grabataire…

Ce ne sont pas les occasions ou les raisons de me bouger qui manquent, prise de vue photo, jardin, rangement de mon labo photo… Mais hélas ce n’est pas possible car je suis toujours très fatigué de transporter ma grosse carcasse de bas en haut de ma maison.

Tout ça me déprime, je vais donc aller me recoucher… 😥

Une gentillesse sans limites

Dans ces pages, je fustige souvent de façon humoristique, sarcastique voire amère, les travers de la nature humaine. Mais samedi dernier, enfin dimanche matin à 1h00, j’ai eu une belle leçon de vie qui m’a aidé à remettre les choses en perspective. :mrgreen:

Car oui, dimanche matin, un homme que j’ai rencontré deux fois dans ma vie m’a prêté sa chambre Sinar P 8×10 ! 😯 Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle c’est un appareil photo sur trépied qui permet d’exposer des plans films de 25×20 cm. C’est un matériel rare, lourd et très cher (3000 euros) et il m’a été prêté en échange d’une simple adresse sans limite de temps.

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Alors oui ce prêt a eu des conséquences un peu violentes comme l’achat de plus de 300 euros de films et de châssis grande taille, mais tout de même, se faire prêter ce genre de chose c’est comme si quelqu’un que vous connaissez à peine vous prêtait sa voiture.

Je suis donc stupéfait, sonné par cet acte aussi généreux qu’altruiste.

Reste à faire quelque chose avec ce matériel, vu le prix unitaire de la photo, je vais bien réfléchir avant d’en faire une. 🙄

J’aime pas l’amour

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Ce titre emprunté à la chanson d’Olivia Ruiz met tout de suite l’ambiance. En cette semaine de la Saint Valentin je vais donc m’attaquer à cette illusion, cette psychose à deux que l’on appelle l’amour. 😈

Après demain nous aurons donc droit à une nouvelle célébration de ce sentiment magnifié à travers les siècles par la mémoire humaine et les arts, cet amour qui en fait n’est qu’un placebo de plus ingurgité par l’humain malade de ne pas pouvoir accepter qu’il n’est qu’un animal qui a été chassé par l’évolution du grand tout universel, cet amour qui est aussi le prétexte permettant à une industrie bien rodée de faire des fortunes en vendant ces jours-ci dans le monde entier des produits que les amoureux dignes de ce nom sont obligés d’acheter. La Saint valentin se transforme vite pour les couples influençables en Saint Cent Euros de dépense… 

Je hais l’amour, cette haine est due en partie à la frustration de n’avoir connu l’amour que de façon unilatérale et d’avoir ainsi amassé assez de râteaux pour ouvrir un magasin de jardinage. Mis à part deux épisodes de trois jours avec deux femmes différentes, je n’ai jamais été aimé et ces deux parenthèses étaient plus liées à ma libido qu’à une recherche de l’âme sœur.  Mon rejet du sentiment amoureux a également été nourri par  l’influence de mes grands maîtres en philosophie sans doute aussi frustrés que moi mais avec le talent en plus, Donatien Alphonse François, Arthur, Friedrich Wilhelm, je pense à vous qui sans doute auriez hurlé en voyant le grand déballage de la Saint Valentin. 🙄

L’amour c’est se mentir à soi-même en pensant que celui que l’on a choisi « librement » met fin à nos manques et nous plonge dans un sentiment de félicité que l’on veut éternel. En vérité le choix du partenaire est tout sauf libre puisqu’il est souvent une résurgence de nos problèmes œdipiens (le partenaire est choisi car il rappelle quelque chose de sa mère ou de son père). Quand à la torpeur que l’on voudrait éternelle, celle-ci se termine vite en divorce lorsque l’on ne dit plus « je t’aime » comme au début mais que l’on se force.  Les statistiques sur le divorce montrent bien que le sentiment amoureux a perdu de sa superbe, on ne se met plus en couple dans une logique de projet familial mais pour faire comme les autres (parce qu’on s’aiiiiiiiime) et à la moindre difficulté on se sépare au lieu de tenter de réparer. L’amour a donc fini par être lui aussi régi par les règles de notre société « moderne » : consommer toujours plus pour être dans la jouissance permanente et jeter quand ça ne marche plus car le SAV n’est pas rentable.

Au fond, l’amour n’ est que la cristallisation d’un instant où quelque chose ressemblant au bonheur semble avoir été atteint. Il suffit d’observer les amoureux dans les parcs pour s’en convaincre.  Les amants les yeux dans les yeux, les mains jointes se retrouvent dans cet état de grand détachement pendant que le temps passe autour de leur couple enlacé. L’amour est donc pour cette raison et pour d’autres une maladie mortelle:

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Les amants ci-dessus semblent morts de s’être trop aimés. Leurs restes enlacés dont l’age est estimé à 6000 ans, ont été retrouvés dans le nord de l’Italie le 6 février 2007 et sont à présent exposés dans un musée. Quelle que soit la raison pour laquelle ils ont été mis en terre dans les bras l’un de l’autre, il y avait forcément un sentiment entre eux. La forme dessinée par le contour de leurs deux cranes qui se font face, évoque un cœur… Ce témoignage d’un grand sentiment d’amour qui a traversé le temps deviendra au final une attraction touristique… J’espère juste que les visiteurs du musée verront en les regardant autre chose que des os exposés de façon bizarre.

Voilà quitte à parler d’amour, je préfère le faire de façon trash. Les zombies romantiques c’est pas mal non plus…  😎