Archive théâtrale

Archive du lundi 19 novembre 2007

Cher Francis,

       Aujourd’hui j’ai accompagné deux enseignants et une vingtaine d’enfants à un spectacle. Il s’agissait d’une interprétation théâtrale du roman « Le meunier hurlant » écrit par Arto Paasilinna. L’histoire était très belle mais d’une tristesse insondable. En 1945 au nord de la Finlande, un homme revient de la guerre et achète le vieux moulin pour le restaurer. Le nouveau meunier a cependant un défaut : à la moindre contrariété, il se réfugie dans les bois pour hurler à la lune tel un loup, empêchant les villageois de dormir. Les jeunes du village avaient pour habitude de se réunir au « moulin de la Bouche » pour assister aux exhibitions du meunier, qui, déchaîné, se moquait allégrement des gens en imitant les fermiers et les animaux. Cela cessa rapidement lorsque les villageois le jugèrent fou et décidèrent de l’envoyer à l’asile d’Oulu. Mais le meunier Huttunen, soutenu par la conseillère rurale et par le postier du village, est bien décidé à se battre pour défendre sa liberté.

La mise en scène de ce spectacle est absolument superbe. Un grand écran composé des bandelettes rotatives sert de support à la projection de films et fourni le décor des différentes séquences. Sur la scène seuls trois acteurs sont humains, les reste des personnages est interprété par des marionnettes manœuvrées par deux des trois comédiens habillés en noir de la tête aux pieds. La photo ci dessus rend bien compte de cet incroyable jeu scénique entre un acteur humain et une marionnette. Au début cela déroute quelque peu mais je m’y suis habitué très vite au point d’oublier la présence pourtant peu discrète des deux comédiens en noir…

Ajoute à cela des séquences filmées de maquettes mobiles d’un réalisme impressionnant, le tout filmé en direct avec une micro-caméra et une musique étrange et envoûtante et tu auras une petite idée de l’intérêt de ce spectacle à la mise en scène si étonnante. 

Cependant les thèmes abordés, la fin tragique de la pièce, les vulgarités prononcées et actées font de ce spectacle (pourtant indiqué comme étant pour des enfants de plus de 9 ans) une œuvre à réserver à un public plus âgé que les enfants que nous accueillons dans notre établissement. L’équipe des enseignants qui avait choisi cette représentation étaient d’accord avec moi. Quant aux enfants, ces derniers n’ont heureusement pas compris grand chose à l’histoire et n’ont donc gardé en mémoire que de petits instantanés de la pièce.

Heureusement d’ailleurs, car à mes yeux d’adulte, cette pièce bien que superbe sur la forme est profondément triste et anxiogène.

Archive complotiste

Archive du mercredi 12 novembre 2008

       Manipulations


 Depuis quelques temps la SNCF accumule une liste impressionnante d’avaries de pannes et au final de retards importants. D’un autre coté, les autorités de notre pays entrainé comme tous les autres dans la spirale de la crise économique, regardent d’un œil inquiet les corpuscules d’extrême gauche qui pourraient profiter des circonstances pour devenir plus visibles et séduire une partie plus grande de l’opinion publique.

Alors bien sûr, nos amis du gouvernement ne se sont pas restés les bras croisés. La période étant très faste pour les amalgames, les médias à la botte des politiques se sont une fois de plus livrés à la demande du pouvoir en place, à une sombre manipulation. Non, les trains ne sont pas en retard à cause de l’état pitoyable du réseau ferré, mal entretenu par cette société d’économie mixte qui préfère engranger les bénéfice que rénover son infrastructure. Non ! ce sont des corpuscules d’extrême gauche qui sont responsables de ça ! D’ailleurs on en a arrêté une dizaine !!! et chez eux figurez vous que la police a découvert… Des ordinateurs !!!

C’est Mickey 3D qui chantait « la France a peur tous les soirs au 20 heure »

Aujourd’hui, les même médias reconnaissent tout penauds qu’il n’existe aucune preuve matérielle contre les personnes arrêtées. Pour les garder au frais le temps que l’affaire se tasse, les enquêteurs trouvent des « éléments troublants » pour justifier leurs garde à vue. Exemple montré au 20 heure ce soir; un livre, peut être coécrit par l’un des dix suspects, dans lequel l’idée de bloquer les voies de chemin de fer pour paralyser la France est avancée.
Les actes mis en avant comme étant le fait des terroristes arrêtés hier soir (présence de plaque de béton sur la ligne Caen Tours), sont à présent évoqués avec plus de prudence, Dans le journal « Le Monde » d’aujourd’hui, Carole Etienne, la procureure de la République d’Alençon  avance que :
« Il est prématuré de dire si cet acte de malveillance a un lien avec les arrestations qui ont eu lieu au niveau national ».


Cette « opération Dreyfus » a en fait non pas deux mais trois utilités; cacher l’état déplorable des lignes SNCF, rappeler aux gauchistes que si ils bougent trop ils se feront mettre en taule sans que la police n’ai besoin de preuves et enfin mettre dans l’esprit des français l’équation : Gauchiste = terroriste afin de discréditer ces mouvements politiques à qui l’actualité donne malgré elle, de plus en plus raison et qui pourraient troubler l’ordre public et la sécurité des classes possédantes.


Entre nous, balancer une plaque de béton sur les rails est plus une idée de jeune con genre adolescent attardé que celle de militants surdiplômés et conscients du fait qu’un accident de train porterai gravement atteinte à leurs revendications.
Mais bon, si le monsieur à la TV le dit, ça doit bien être vrai…


Moi qui voulait faire des photos vers une voie de chemin de fer, je crois que je vais m’abstenir car avec ce que j’écris ce soir dans mon blog je pourrai passer pour un sympathisant de ces gauchistes, ces petits fils à papa élevés dans le luxe et engagés dans des idéaux révolutionnaires pour régler leurs conflits psychologiques avec leurs parents avant de rentrer dans le rang à l’approche de la trentaine pour se gaver de fric sans plus rien avoir à foutre du monde.


Finalement ils la méritent bien leur garde à vue ces petits cons, mais de là à monter ce bateau ridicule…

Archive de cinévore

Archive du lundi 5 novembre 2007

Cher Francis,

        J’ai passé cette journée à tenter de mettre au point un classement rangement de mes DVD. Après avoir sorti la moitié de mon stock je me suis rendu compte que les 3/4 de ma collection étaient des films fantastiques ou d’horreur. 

La pile entassée sur la moquette est par exemple entièrement constituée de films japonais ultra violents et transgressifs.

Mais là encore dans le plus mauvais des films ou dans le plus atroce, je parviens toujours à dégager un intérêt pseudo intellectuel voire un second niveau de compréhension.

Tant pis pour les bien pensants.

Archive polémiste

Archive du dimanche 29 octobre 2006

Cher Francis,

       Ce matin je vais beaucoup mieux, les antibiotiques à large spectre ainsi que les corticoïdes m’ont épurés les sinus. Cependant mon état de santé n’est pas encore assez satisfaisant pour m’autoriser à sortir dans la rue ne serait-ce que pour appeler mon satané siamois.

C’est donc ma mère qui est allé ce matin encore chercher le pain. Vu que nous sommes dimanche elle en a aussi profité pour ramener le journal. 

Après avoir lu en biais les nouvelles régionales et après avoir zappé les trop nombreuses pages consacrées au sport, je suis arrivé à la rubrique concernant les grandes informations nationales. C’est à cet endroit que j’y ai trouvé un article au titre accrocheur et au contenu étonnant.

Ce canard local évoquait tristement un anniversaire manqué. En effet le journal soulignait qu’il y a un an jour pour jour les émeutes urbaines faisaient rage et que pour célébrer cela les jeunes s’étaient limités à brûler deux autobus… 

Le ton de l’article et des autres nouvelles concernant ces évènements me laissent à penser que les médias regrettent le fait que les jeunes n’aient pas relancé de nouvelles guérillas urbaines. Je dirai même que le ton provocateur de certains professionnels de l’information sonne comme un défi, une provocation sans cesse répétée. « Allez-y foutez la merde!!!Même pas cap !!! »

Alors mon bon Francis, tu vas me dire que la fièvre me fait perdre l’esprit et que je ferai mieux de laisser mon clavier tomber sur la couette avant de retourner dans le royaume de Morphée…

Et bien non, sache que je n’ai presque plus de fièvre et que ma perception des choses n’est pas exagérée, les médias ont un rôle voire une grande responsabilité dans la multiplication des violences urbaines et dans la surenchère des actes de destruction commis par les bandes organisées qui se défient les unes les autres par sms et blogs interposés.

Afin de te convaincre laisse-moi t’exposer mon point de vue sur la situation. Les médias font une fortune immense en couvrant ce genre d’informations surtout en leur donnant un aspect spectaculaire et menaçant. Ce faisant, l’industrie de l’information ne se contente pas d’engranger de gros bénéfices mais favorise un autre secteur économique qui est en plein essor ces temps derniers, celui des professions liées à la sécurité dans le milieu privé. En effet ces dernières années les sociétés de gardiennage ainsi que les centre des formation pour agents de sécurité ont le vent en poupe et ne cessant de prospérer en profitant des craintes engendrées par la terreur médiatique savamment entretenue.

Au niveau des politiques pas besoin de te dire quels sont les sinistres individus qui profitent de cette situation . Le premier de ces comploteurs ne se donne même plus la peine de cacher son alliance avec les médias, allant jusqu’à les convoquer pour retransmettre des opérations de police montées de toutes pièces. Le message est clair: « voyez cette violence dans nos rues près de chez vous, je sais vous avez peur, mais moi je vais faire le ménage si vous votez pour moi ».

J’aimerai que tu réalises la signification du mot « média » un média est une chose qui se place en interMEDIAire entre nous et la réalité objective. Dans un monde où l’information est partout mais est transformée manipulée voire crée par les pouvoirs économiques et politiques, il est grand temps pour nous de remettre en doute la véracité des faits qui nous sont ainsi retransmis.

La première solution est de devenir nous-même les médias en témoignant de la réalité objective lorsque nos fonctions nous offrent la légitimité pour le faire. Cependant cela est rarement possible et nos objections à l’image de ce message sur ce blog ne toucheront que très peu de personnes. Cependant nous pouvons utiliser un autre moyen pour nous affranchir de la terreur médiatique. Un moyen plutôt ironique vu qu’il utilise les propres armes de notre ennemi à savoir les multiples formes d’information mises à notre disposition. Le principe est simple, il s’agit d’examiner la même information relayée par de nombreuses sources différentes . En effet, assimiler une multitude de points de vue subjectifs peut nous aider à nous éloigner des tentatives de manipulation des masses et à nous rapprocher de la réalité objective notamment en relevant les incohérences. 

Cependant tout cela demande du temps, une denrée devenue très rare à notre époque. De plus il devient de plus en plus dur de trouver des sources d’information indépendantes et impartiales, la crise de la presse écrite n’arrange rien tout cela. 

J’en viens donc à penser que la meilleure solution actuelle est de boycotter l’information nationale lorsqu’elle est retransmise par les médias de notre pays et d’accéder aux nouvelles en passant par la retransmissions des événements par les journalistes étrangers travaillant pour leurs pays tout en étant en poste dans le nôtre. A ce titre, la couverture des émeutes de l’année dernière par la télévision suisse romande montrait une grande neutralité ainsi que de grandes qualités déontologiques de la part des professionnels qui analysaient la situation, tout le contraire de nos reporters vendus aux industries privées du spectacle et publiques de la terreur.

Voilà mon bon Francis, je t’encourage à repenser à mon coup de gueule d’aujourd’hui lorsque tu allumeras ta télévision pour voir les infos ce soir. Si au moins cela te suggère d’éviter de choisir de regarder le JT de TF1 qui est à lui seul un condensé de tout ce qui a été dit ci-dessus, je n’aurai pas passé tout ce temps à taper ce long message dans mon lit. Cf. photo de la semaine.

Archive d’une soirée bizarre

Archive du lundi 22 octobre 2007

Cher Francis,

       Je viens d’annuler le bail, mon ex-propriétaire m’a fait toute une comédie sur le fait qu’il suffisait de mettre du dégrippant pour fermer la porte du garage. Cela ne m’a pas convaincu car je savais être en présence d’une personne de mauvaise foi. La preuve, cette brave dame a essayé de faire un chèque marqué 90 euros en chiffres et quatre vingt en lettres. La banque en recevant ce chèque aurait donc selon la jurisprudence donné l’avantage aux lettres et j’aurai ainsi perdu 10 euros !

Bon, parlons d’autre chose.

Il n’y a pas longtemps, j’étais invité chez des personnes pour partager un repas. Tout en festoyant, le vin aidant, la discussion est devenue de plus en plus étrange. C’est ainsi que nous sommes passés de la religion aux livres cachés par le Vatican dans ses caves. En effet, ce n’est un secret pour personne, les autorités religieuses de Rome ont censuré et enfermé de nombreux ouvrages jugés trop dérangeants et bien sûr contraires aux intérêts de l’église. Parmi ces livres doivent se trouver des trésors qui resteront à jamais inaccessibles pour le commun des mortels. L’ouverture récente de cette bibliothèque ne porte en effet que sur une infime partie très triée du fond de livres qui y sont détenus.

C’est alors que mes invités me parlèrent de l’ami d’un ami qui avait réussit à mettre la main sur l’un de ces livres maudits. Il en avait fait une photocopie reliée qu’il avait confié à leurs bons soins. Il me tendirent l’imposant fascicule dont je n’ai pu prendre qu’une photo.

Je pris quelques minutes pour parcourir ces photocopies en sélectionnant certains chapitres. Le contenu était vraiment variable et le plus souvent très décevant. ce livre d’inspiration franc-maçonne tournait autour de l’idée selon laquelle les religions avaient toute une origine commune et se perdait dans des digressions très complexes et sur des affirmations très déroutantes. La dernière partie du livre quant à elle se détachait nettement du reste. L’ouvrage se termine en effet sur une très virulente attaque de la colonisation en fustigeant par exemple le fait que les instituteurs français apprennent aux enfants malgaches « nos ancêtres les gaulois ». Une vision pour le moins en avance sur son temps vu que cet ouvrage datant d’avant 1950 va jusqu’à oser affirmer que les noirs africains ne sont pas si ignorants.

Dommage que le reste de l’œuvre, certes bien écrite ne soit qu’un déballage de théories étranges sur des sciences secrètes menant à un savoir ultime par le biais d’une « clef d’or ». 

Une bien étrange soirée en somme…

Les hasards qui n’en sont pas

Archive du Samedi 15 octobre 2005

  Cher Francis,

       En premier lieu j’aimerai te dire que je suis bien reposé quoique fourbu… le travail du jardin m’a occupé toute la journée ramasser couper tailler… et je hais les haies !!!

Il y a de cela quelques jours je parlais avec une personne de mon opinion concernant notre destin d’êtres humains. Je lui disais qu’au fond les grandes lignes étaient tracées et qu’il n’y avait plus qu’à se laisser porter. Cette fatalité de nos devenirs ne se limite pas selon moi à la somme effrayante des déterminismes qui forment un véritable carcan autour de nos existences. 

En fait une autre partie de notre destin semble être déterminé par une volonté d’ordre surnaturel ou au choix par une accumulation curieusement stratégique de hasards.

 Un fait de vie plutôt banal est encore venu me le confirmer aujourd’hui.

Ce matin alors que je me battais vaillamment contre les végétaux de mon jardin qui m’avaient fait croire, les lâches, qu’ils étaient domestiqués, le téléphone se mit à sonner. C’était la voisine d’en face qui appelait pour que je l’aide à faire sortir un oiseau de sa maison sans le blesser. Il faut dire que je suis un peu considéré comme étant le docteur Klein du quartier ceci expliquant cela. Après avoir capturé et relâché le stupide volatile je commençai de parler de choses et d’autres avec cette dame. En abordant le sujet qui me tracasse le plus en ce moment, trouver un stage de seconde année, elle me proposa de but en blanc de me faire profiter du soutien d’une personne très haut placé afin de faire aboutir mes recherches. Elle me parla aussi d’une structure que je ne connaissait pas encore et qui correspondait tout à fait à mon profil et à mes objectifs de stage.

Ainsi c’est peut-être grâce à un simple moineau que je vais trouver un bon stage de seconde année qui aura peut être d’autres conséquences dans ma vie.

Dit comme cela je trouve cette histoire presque effrayante…

16 ans plus tard, je relis cet article avec un petit froid dans le dos. Ce stage avait été une vraie plaie, un parcours du combattant pour moi ainsi que la découverte d’un horrible secteur du médico-social. Ce n’était donc pas un oiseau de bonne augure…

Archive en devenir

Je vais au resto puis au ciné avec ma voisine, du coup cet article sera publié demain matin. 😎

Archive du jeudi 8 octobre 2009

Loupée ?

Entre les ordinateurs et mon travail, je n’ai pas beaucoup eu le temps de faire de photos ces temps derniers. Les colis qui arrivent ces jours-ci des USA et d’ailleurs devraient m’aider à m’y remettre vu qu’ils contiennent du matériel pour remettre mon labo en marche.

En attendant pour ce soir vu que je suis très occupé et la tête remplie de petits soucis, je vous présente cette image prise dans le train. je ne sais pas pourquoi je ne me lasse pas de la regarder.

Techniquement et artistiquement c’est loupé mais il y a tout de même quelque chose qui retient le regard et je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce que c’est.

Archive de parole forte

Archive du dimanche 1er octobre 2006

Cher Francis,

       Cette semaine, un enfant que j’ai l’honneur d’accompagner cette année en tant que référent, a prononcé une parole qui m’a chamboulé. Ce jeune garçon de par sa pathologie, vit chaque jour en étant confronté à de grandes craintes. L’une de ces angoisses est de se rendre à une séance bimensuelle de poney. Mon équipe continue de lui proposer cette activité car une fois hissé sur le dos de sa monture, notre ami oublie sa peur et profite de sa séance le cœur léger. 

Cette semaine avant de monter sur son poney c’est à dire au moment le plus difficile qui correspond pour lui à un pic d’anxiété, le jeune garçon s’est tournée vers l’accompagnatrice sportive pour lui dire une parole d’une force inhabituelle pour un enfant:

– « Tu sais, j’ai décidé d’être heureux, alors je ne veux plus jamais avoir peur »

Alors en ce mois qui commence j’aimerai moi aussi avoir le courage de suivre la philosophie de ce petit garçon que l’on dit handicapé mental. J’aimerai tant ne plus jamais laisser la crainte s’installer en moi, paralyser ma volonté et mener mes entreprises vers un échec certain…

D’un autre coté, suffit-il vraiment d’oublier la peur pour être heureux? Le jeune garçon a compris que dans son cas ce sont les craintes pathologiques qu’il vit au quotidien qui l’empêchent d’être heureux . Pour nous autres, déclarés sains (on les a bien eu hein ?) La réponse est plus difficile.

Le sentiment de peur que nous éprouvons avant de faire un choix ou de nous lancer dans une entreprise périlleuse, peut parfois en cas de problèmes se révéler rétrospectivement comme ayant été un dernier sursaut de notre raison. Par contre si les choses tournent bien pour nous, dans ce cas nous rangeons la peur dans le tiroir des émotions négatives nuisibles à notre épanouissement.

Cependant, l’unique moyen objectif d’apprécier la légitimité de nos peurs est de réfléchir à leurs raisons d’être et ce, dès que nous les ressentons. Ces émotions existent en nous depuis la nuit des temps car elles sont liées à nos instincts animaux de conservation. 

Ainsi suffirait-il pour être heureux de laisser notre raison gérer nos peurs en nous indiquant celles qui sont légitimes et celles qui ne le sont pas?

Cette réponse est vraiment simpliste car au delà des peurs personnelles à court et moyen terme que notre raison parvient à trier, existent des peurs bien plus collectives et effrayantes. Tu sais, ces grandes craintes universelles qui peuvent nous gâcher le plus beau jour de notre vie lorsqu’elles se rappellent à nous… Dès lors, est-il vraiment souhaitable de ne plus avoir peur de la mort qui nous guette? De notre monde qui se meure? De toutes ces menaces qui nous empêchent de croire durablement en un avenir radieux?

Ne plus avoir peur ne signifie pas ignorer ou oublier ces dangers, mais bien au contraire en être conscient tout en ayant assez de force pour les affronter de façon active et philosophique (surtout dans le cas de la mort). Cela revient à remplacer la peur qui paralyse et fait désespérer par la peur qui nous fait prendre conscience des impératifs, des urgences et nous pousse à agir. 

Ainsi au bout de cette réflexion dominicale j’en viens à croire que pour être heureux il faut apprendre à espérer tout en se battant chaque jour pour nos idéaux.

Je désire être heureux et pour cela j’ai décidé de tenter de maîtriser mes peurs.

Archive de rebelle

Archive du Dimanche 24 septembre 2006

Cher Francis,

                     Ce matin au réveil j’ai eu du mal à me remettre en tête les évènements d’hier. J’ai passé une journée entière derrière une buvette à servir des canettes de sodas à plus de 600 gamins et gamines. Très vite la fatigue m’a poussé à vouloir m’amuser un peu afin de trouver un peu de plaisir dans cette tache aussi morne que répétitive.

C’est alors qu’avec la complicité d’une jeune fille qui servait avec moi j’ai commencé à mettre en vente à la buvette des objets personnels que j’avais sur moi. Je n’ai eu aucun mal à vendre pour 3 euros de barre chocolatées et de petites bouteilles d’eau. Le but n’était pas de faire un profit mais de voir si les gens achèteraient ce que je leur proposait.

C’était trop drôle, vraiment…

L’autre jeu idiot consistait à jeter le trouble entre deux individus. Pour ce faire il fallait que deux personnes de ma connaissance n’ayant aucun lien entre elles soient présentes au même moment. Je me tournais vers l’une en lui disant mais tu ne dis pas bonjour à X? tu te rappelles pas de X ? En insistant avec le plus grand sérieux je parvenais à ce qu’elles se triturent les méninges pour se trouver une histoire commune. Moi bien sûr je m’éloignais pour savourer le spectacle à bonne distance en m’esclaffant avec ma complice.

Autres délires; se faire passer pour des sociologues qui travaillent à la buvette pour observer la sociologie des grands rassemblements de la jeunesse chrétienne »…

Et tant d’autres bêtises… J’ai du effrayer pas mal de monde avec ma folie frénétique comme par exemple la responsable du rassemblement venu nous demander de fermer la buvette pendant la messe et à qui j’ai répondu que pourtant il n’y avait rien de mieux qu’un bon coca pendant l’anamnèse… Je vois encore son regard choqué et chargé d’incompréhension…

J’ai prêté mon appareil photo numérique à une collègue sur les lieux je vais donc avoir du mal pour la photo de la semaine… Mais bon c’est pas ça qui va m’arrêter…

C’est clair je me marrais bien dans le temps… Pas de honte j’assume ce coté lourdingue limite pervers de ma personnalité. :lol:

Archive narquoise

Archive du mercredi 17 septembre 2008

Cher Francis,

       Mon tout dernier appareil photo m’a fait entrer dans une nouvelle ère de la photo. Les premiers clichés pris sans réfléchir sont vraiment différents et superbes.

Mais je ne peux t’en parler ni encore moins te les montrer car j’ai photographié les enfants de l’établissement qui m’emploie.

Par contre je peux te montrer cette personne photographiée à son insu sur le quai de la gare. Une pauvrette obligée de faire chaque jour l’aller-retour Montbéliard-Besançon pour exercer son activité professionnelle.

Pour elle, pas de prime spéciale, pas de félicitation de sa hiérarchie pour son dévouement exemplaire. Non, il n’y aura que le silence glacial de ce quai de gare quasi désert dont la quiétude ne sera troublée que par le vacarme occasionnel de quelques trains de marchandises.

Et oui, la France qui se lève tôt, très tôt même, ce n’est pas que chez les maraichers, les éducateurs ont aussi leurs oiseaux du matin…

Mais le pire dans la vie de cette jeune éducatrice reste sans doute le fait que l’autre éducateur travaillant avec elle sur le même groupe n’est autre que moi !

Alors là tu imagines sa douleur et sa détresse ! ^^

Tant de détresse ne pouvait me laisser indifférent c’est pour cela que je suis fier de t’annoncer qu’à partir d’aujourd’hui le 17 septembre sera le :

« Jour des éducatrices forcées de venir depuis Besançon pour travailler en supportant les facéties de Watanuki ».

Je monte une association et bientôt nous accepterons les versements via Paypal !

Une fois de plus le hasard (qui n’existe pas) fait bien les choses vu que j’ai revu Fanny la semaine dernière. Elle participait à une fête, je vidais mes poubelles, elle a voulu me parler… 13 ans plus tard. Elle avait fini par quitter notre établissement pour faire un travail plus proche de son domicile. Elle en a aussi profité pour fonder une famille. Bref je suis bien content pour elle… 😎